06.02.2010
n°315 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Début - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.
n°315 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Début - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan
n°315 05/02/10
C.De Broeder & M.Lemaire
Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
| Sommaire : Tiré à part : Otan et armée afghane préparent une vaste offensive. 1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 1-1 Rick Rozoff : La doctrine Obama : «Dans une humanité imparfaite, la guerre perpétuelle est de mise». 1-2 Danielle Bleitrach : Obama An II : Coucou revoilà Ben Laden. 1-3 Danielle Bleitrach Les Américains ne sont pas rancuniers. 1-4 Gérard Chaliand : L'année 2010 sera cruciale pour l'Afghanistan. Suite 1-5 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression. 1-6 Seumas Milne : Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs. 1-7 Docteur Balawi, agent triple et kamikaze. 1-8 Le retour de la Russie en Afghanistan. 1-9 2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell. Fin 1-10 Natalie Nougayrède : La stratégie hésitante des Occidentaux… 1-11 Chris HEDGES : Un jour nous serons tous des résistants. 1-3 Danielle Bleitrach Les Américains ne sont pas rancuniers. 1-4 Gérard Chaliand : L'année 2010 sera cruciale pour l'Afghanistan. 1-5 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression. 1-6 Seumas Milne : Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs. 1-7 Docteur Balawi, agent triple et kamikaze. 1-8 Le retour de la Russie en Afghanistan. 1-9 2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell. Fin 1-10 Natalie Nougayrède : La stratégie hésitante des Occidentaux… 1-11 Chris HEDGES : Un jour nous serons tous des résistants. 2 Annexe 2-1 Les outils de l’impérialisme. 2-2 Oscar Fortin : Vérité-mensonge-vérité. 2-3 G. Houbballah : Voila pour lequel ont se bat. 2-4 Eric Ouzounian : Armée française: la tentation des mercenaires. |
Avant propos
· Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...
Tiré à part :
Otan et armée afghane préparent une vaste offensive.
Forces américaines et afghanes se préparent à une vaste offensive contre les résistants afin de prendre le contrôle de leur grand bastion dans la province méridionale du Helmand. Les "marines" projettent une action massive contre un labyrinthe de canaux tenus par les résistants à Marjah, une opération dont ils espèrent qu'elle pourrait renverser le cours de la guerre.
Pour les autorités afghanes aussi, cette opération servira de test de leur capacité à rétablir rapidement l'autorité du régime de Kaboul sur une région qui échappe depuis des années à son contrôle.
Le gouvernement du district de Marjah, Hadji Zaïr, qui visite régulièrement la zone mais n'y vit pas en raison de l'emprise des résistants, a déclaré que ses administrés réclament l'intervention des troupes internationales et afghanes.
Hadji Zaïr : "Un grand nombre de résistant se trouvent à Marjah.", et ils sont au courant des projets de sécuriser leu ville grâce aux tracts largués, aux émissions de radio et aux réunions avec les chefs tribaux.
QUAND LE DRAPEAU AFGHAN FLOTTERA SUR MARJAH
Le général afghan Mohayedin Ghori, qui commande la brigade qui participera à cette opération, a déclaré qu'aucun policier ne se trouvait dans la ville et que les seuls uniformes qu'on y apercevait étaient ceux d'ennemis.
Marjah, qui recèle un vaste réseau d'irrigation mis en place il y a plusieurs dizaines d'années dans le cadre d'une aide américaine au développement, est l'un des lieux de la province encore administré par les résistant. Ils y règnent sur une population de 75.000 à 100.000 habitants.
La reprise de la zone sera un test du potentiel militaire de l'Otan mais également de la crédibilité et de l'efficacité de l'armée afghane, dont l'Occident accélère la formation pour pouvoir se ménager un retrait en bon ordre du pays à partir du milieu de l'an prochain.
"Si ce que nous faisons aujourd'hui n'implique pas demain les forces afghanes, que fait-on ici?
Si tout ce qu'on fait contribue à les préparer, c'est la bonne façon de faire", a confie le général Larry Nicholson, commandant des marines dans le Sud afghan.
Il prédit que de nombreux habitants influents de Marjah, considérant l'opération en cours de préparation inéluctable voudront se trouver du côté des vainqueurs et envisagent de se rallier aux autorités de Kaboul.
"Lorsque le drapeau afghan flottera sur Marjah, ils ne voudront pas être considérés comme des sympathisants des résistants ni des parias."
4/1
http://fr.news.yahoo.com/4/20100204/twl-afghanistan-offen...
1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
1-1 Rick Rozoff : La doctrine Obama : «Dans une humanité imparfaite, la guerre perpétuelle est de mise».
Métamorphose (suite)
Dans le brouhaha de la réunion de Copenhague sur les changements climatiques, avec la pause des fêtes, le discours de réception du prix Nobel de la paix du président Obama est passé à la vitesse de l’éclair.
Pourtant, il s’agit d’un discours important qui, de façon bien contradictoire, justifie la guerre, surtout celle de l’empire américain et ses alliés envers le reste du monde, et la glorifie presque.
La plupart des médias ont glorifié son habileté oratoire à traiter en même temps de la guerre et de la paix. Les Républicains ont tous été d’accord avec ses propos !
Nous vous soumettons ici une autre analyse tirée du site internet ‘globalresearch.ca’ (10 décembre 2009).
Barack Obama, président et commandant en chef des armées des États-Unis d’Amérique a prononcé son discours d’acceptation du prix Nobel de la paix à Oslo le 10 décembre dernier. Immédiatement, un débat s’est enclenché dans les médias sur une possible doctrine Obama.
En faisant référence à Martin Luther King jr. et Mohandas Gändi, (en n’utilisant que son nom de famille), en ne mentionnant pas les ex-présidents américains ayant obtenu le prix antérieurement soit, Théodore Roosevelt, Woodrow Wilson et Jimmy Carter, et en ne mentionnant que Ronald Reagan, Richard Nixon, et John f. Kennedy parmi ses prédécesseurs, le chef du pouvoir incontesté de la super puissance américaine a parlé avec l’assurance et la conviction personnelle d’un clairvoyant et d’un probable prophète. Pour le philosophe allemand Friedrich von Schlegel, le genre de prophète qui se tourne vers le passé.
Avec une allure visionnaire et un rythme de discours solennel il a déclaré : « La guerre est un moyen parmi d’autres qui est apparu sur terre avec les premiers hommes ». Peut-être que cette assertion non démontrée réfère au livre de la Genèse qui raconte le meurtre d’Abel par son frère Caïn. Il ne s’agissait pourtant pas là d’une guerre, loin s’en faut. Le président Obama ne nous a pas donné d’indication quant à la formation de sa conviction que la guerre contemporaine fait partie intégrale de l’histoire humaine.
Les paléontologues font généralement remonter l’arrivée de l’homme actuel, l’homo sapiens, à deux cent mille ans, même si les premières preuves historiques écrites ne remontent pas à plus de deux mille quatre cent ans. Peut-être que des journalistes aventureux se permettront de demander au président et à ses rédacteurs de discours comment ils peuvent masquer cent quatre-vingt-dix-sept mille six-cents ans d’histoire et prétendre prouver que la pratique de la guerre est aussi vieille que l’humanité et inséparable de la condition humaine. Peut-être que l’illusion de l’omniscience serait la réponse.
Le discours d’Oslo est rempli de signes d’appropriation d’attributs divins pour soi-même, d’un fatalisme anthropologique et historique et d’une profonde conception pessimiste de la Providence.
Le président affirme que : « … aucune guerre sainte ne peut être juste. Parce que si vous êtes convaincuEs que vous portez la volonté divine vous n’aurez aucune limite (…) Rejoignons le monde qui doit être,(celui) qui reflète la part de divin qui réside en chacun de nous ». Donc, tout argument contre le divin est faux, une hérésie un sacrilège ; Washington est vrai, ne se trompe pas, se suffit à lui-même et peut justifier toute action aussi violente et mortelle qu’elle soit. Une démonstration non équivoque de la vieille théorie manichéenne transportée dans le monde moderne.
Au début de son discours, le premier président américain en exercice à se voir attribuer le prix Nobel de la paix en quatre-vingt-dix ans, souligne : « …peut-être que le problème le plus profond qui entoure le fait qu’on m’attribue ce prix vient de ce que je sois le Commandant en chef des armées d’une nation qui mène deux guerres en ce moment ». Il n’a fait aucun effort pour justifier une de ces deux guerres, celle d’Irak mais, il endosse et défend la poursuite de la seconde, celle en Afghanistan et de plus en plus au Pakistan tout en parlant de façon peu flatteuse des Croisades européennes du Moyen-âge.
L’attribution de ce prix prestigieux et le million quatre-cent-mille dollars qui l’accompagne, à un commandant en chef d’armées déjà impliqué dans deux guerres simultanées hors de ses frontières, dans des pays dont ni les populations ni les gouvernements n’ont jamais représenté quelque menace que ce soit pour sa propre population, ne semble troubler ni le comité Nobel ni ses membres prestigieux.
Dans des termes encore jamais entendus dans des discours d’acceptation du prix, M. Obama a ajouté : « …nous sommes en guerre et je suis responsable du déploiement de centaines de jeunes AméricainEs sur des champs de batailles éloignés. Certains vont tuer, d’autres seront tuéEs ».
Sans crainte de ridiculiser la nation, sans manifester de sens de la mesure ou même une miette de dérision, il ironise sur le fait que, « la technologie moderne permet à une petite poignée d’hommes dotés d’une dose démesurée de rage, d’assassiner quantité d’innocentEs ». Il ne dit pourtant rien des ordres qu’il a émis pour que des engins sans pilotes, les drones, liés par des satellites, bombardent en Afghanistan et au Pakistan semant ainsi la mort parmi les populations.
Les thèmes centraux du discours du président sont la réaffirmation des politiques américaines introduites il y a une dizaine d’années avec le déclenchement de la guerre en Yougoslavie, sans autorisation de l’ONU et sans le moindre effort pour l’obtenir. Donc, les États Unis et ses alliés militaires dans le monde occidental peuvent décider seuls ou collectivement, quand, avec quel niveau d’intensité, où, et pour quel motif ils veulent utiliser la force, n’importe où dans le monde. Et cette prérogative est exclusive aux États-Unis à ses alliés de l’OTAN et à des ‘clients’ militaires sélects hors de la zone euro-atlantique comme la Colombie, l’Éthiopie, la Géorgie, Israël et l’Arabie Saoudite.
Ce qui est unique dans l’argumentation du discours du président Obama, c’est le manque de franc-parler avec lequel il réaffirme cette doctrine de politique internationale qui fait fi de la loi. On retrouve dans les extraits se rapportant à ce thème, derrière les qualificatifs ingénieux et le langage décoratif de camouflage les phrases suivantes : « Nous devons commencer par prendre en compte la dure vérité : nous ne viendrons pas à bout des conflits violents de notre vivant. Il y a des moments où les nations, agissant isolément ou de concert, trouveront que l’usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié ». Et il nous offre un résumé d’arguments qu’unE recherchiste de la Maison Blanche aurait pu trouver dans Wikipedia : « À titre de chef d’État qui a fait le serment de protéger et défendre ma nation, je ne peux être guidé par leurs seuls exemples (ceux de Ghandi et de Martin L. King), je suis face au monde tel qu’il est et je ne peux pas demeurer passif devant les dangers qui menacent le peuple américain. Ne vous méprenez pas ; le mal existe dans le monde (…). Je me réserve le droit, comme tout chef d’État d’agir unilatéralement si nécessaire pour défendre ma nation ». Le mal est un substantif, pas un adjectif. Il est employé deux fois dans ce discours ; il est emblématique d’un ton quasi théologique qui alterne avec des phrases plutôt froides et d’autres durement pragmatiques. Voici quelques exemples de cette catégorie : « Les moyens de la guerre ont un rôle à jouer dans la protection de la paix ». « La non violence ne serait pas venue à bout des armées d’Hitler. Aucune négociation n’arriverait à convaincre les leaders d’Al Qaïda de rendre les armes. Ce n’est pas être cynique que de dire que l’usage de la force est parfois nécessaire…. ». « Si je soulève ce point, si je commence par ce point, c’est qu’aujourd’hui il y a beaucoup d’ambivalence quant à l’usage de la force armée dans beaucoup de pays. Quelle que soit la cause à défendre. Et, à l’occasion, ce sentiment s’accompagne d’une certaine suspicion face à l’Amérique la seule superpuissance militaire du monde ».
Il est absurde de comparer une poignée de membres d’Al Qaïda à Hitler et sa Wehrmacht. Peu importe ce qu’il est, Al Qaïda ne possède pas tant d’armes à rendre. Mais l’Amérique, elle, celle d’Obama possède le plus grand stock d’armes conventionnelles et nucléaires du monde.
Sa façon de jouer intempestivement la carte de l’Allemagne nazie n’est qu’une manœuvre de rectitude rhétorique sans justification historique. Nous n’aurions pas eu à confronter les troupes nazies si, en temps voulu, les gestes diplomatiques nécessaires avaient été posés quand Hitler a envoyé son armée dans la vallée du Rhin en 1936 ; si la Grande-Bretagne et la France n’avaient pas, avec l’Allemagne d’ Hitler et l’Italie de Mussolini soutenu le blocus naval contre la République espagnole pendant que l’aviation allemande y bombardait Guernica et d’autres villes et que les troupes allemandes et italiennes se répandaient dans le pays pour soutenir l’insurrection du Général Franco. Et, finalement, si la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie ne s’étaient pas entendus à Munich en 1938 pour sacrifier les Sudètes tchécoslovaques aux mains d’Hitler et ainsi ouvrir tout droit la route à ses intentions meurtrières vers l’est. Ces mêmes quatre pays se sont réunis soixante-dix ans plus tard, c’est-à-dire l’an dernier, pour répéter la trahison de Munich en organisant la sécession du Kosovo, démontrant ainsi combien peu a été appris depuis.
Quant à l’accusation que plusieurs pays font preuve d’une soit disant « profonde ambivalence face à l’usage de la force armée » et pire « d’une suspicion à l’égard de l’Amérique, la seule superpuissance dans le monde », elle est d’une arrogance, d’une attitude moralisatrice et d’une absolue imperméabilité à la réalité de la politique extérieure du pays ces dernières années tout comme par le passé. Selon cette « unique superpuissance mondiale » impériale, ni la Maison Blanche, ni le Pentagone ne peuvent se tromper. Même pas partiellement, par inadvertance ou inintentionnellement.
Si qui que ce soit trouve quelque faute dans ce que fait ce super pouvoir militaire, c’est qu’il est sous l’influence de son pacifisme ou de son « anti-américanisme » viscéral et pathologique. Peut-être que cela fait parti des « menaces contre le peuple américain » mentionnées au paravent puisqu’aucune autre, qu’elle vienne de l’Afghanistan ou d’ailleurs dans le monde, n’a été démontrée dans ce discours.
Sa partie la plus notable et la plus gênante est ce que M. Obama caractérise comme la « reconnaissance de l’histoire ; les imperfections humaines et les limites de la raison ». De peur que cette observation ne soit interprétée que comme un exemple personnel ou d’humilité toute nationale, d’autres formulations l’entourant ne laissent aucun doute sur le fait que les faiblesses en questions ne concernent que les non-Américains. Gloire à l’américano centrisme !
On chercherait en vain une pareille assertion chez n’importe quel autre chef d’État américain. Il est alarmant d’entendre le chef actuel de cet État, le premier fondé sur les principes des Lumières du dix-huitième siècle et sur ceux des Âges de la raison précédents, insister sur l’inhérente et indélébile faiblesse humaine qui par rapport à certains aspects de la vérité, serait séparée de la raison et lui serait supérieure. Il laisse ainsi la porte ouverte à l’irrationnel sous toutes ses formes et justifie en fin de compte, la conception du droit qui invoque les impératifs nationaux pour définir le bien et le mal.
Si les humains sont imparfaits par nature et que leur jugement l’est tout autant, il en découle pour l’humanité « Née pour mourir et ne raisonnant que pour se tromper » , (Alexander Pope) qu’ il se peut bien que la guerre soit un droit acquis à la naissance et que par conséquent, l’éradication des conflits violents ne se fasse pas de si tôt dans l’histoire. La guerre qui a commencé avec l’arrivée de l’homme sur terre ne s’arrêtera donc qu’avec son extinction. Arrivés ensemble, ils s’éteindront ensemble, selon M. Obama.
Comment le leader de l’Occident, comment la nation et l’individu en sont-ils arrivés à cette impasse déterministe qui est aussi mentionnée dans le discours lorsqu’il parle des événements déterminants de la fin de la guerre froide qui ont marqué le nouveau siècle.
Il passe facilement de : « Je crois que la force peut être justifiée par des considérations humanitaires comme elle l’a été dans les Balkans et dans d’autres endroits qui ont été marqués par la guerre. L’inaction de notre part troublerait notre conscience et pourrait obliger à des interventions plus coûteuses plus tard. C’est pourquoi toute nation responsable doit s’engager militairement avec des mandats clairs et jouer ainsi un rôle pour maintenir la paix ».
À : « La conviction que la paix est nécessaire est rarement suffisante pour y arriver. La paix a besoin du sens des responsabilités. La paix suppose des sacrifices. Voilà pourquoi l’Otan continue à être indispensable ».
En faisant ces déclarations et en exprimant des sentiments concordants, M. Obama a fait référence au pays dont il était l’hôte, en parlant de la guerre en Afghanistan : « …quarante deux pays se sont joints à nous, y compris la Norvège, dans un effort pour nous défendre aussi bien que toutes les autres nations, contre de futures attaques ».
Encore une fois les menaces perçues sont amplifiées pour atteindre une dimension universelle. Toutes les nations de la planète sont menacées et quelques unes d’entre elles, soit les quarante trois membres de l’OTAN et leurs partenaires, tiennent les barbares au loin. Pas facile de faire la différence entre la nouvelle ‘doctrine Obama’ de celle soutenue par G.W.Bush et Tony Blair antérieurement, sauf pour ce qui est de l’étendue assumée.
Pour le président, il existe une mission hors du temps, de l’espace et des contraintes normales : « Les États-Unis d’Amérique ont aidé à façonner la sécurité globale durant plus de soixante ans avec le sang versé par ses citoyenNEs et la force de ses armes. (…) L’engagement de l’Amérique envers la sécurité planétaire ne vacillera jamais. Mais dans un monde où les menaces sont plus diffuses et les missions plus complexes, l’Amérique ne peut pas agir seule. L’Amérique seule ne peut garantir la paix. C’est vrai en Afghanistan. C’est vrai dans des pays où l’État n’existe plus comme en Somalie (…) Et malheureusement, cela va se poursuivre dans les régions instables dans les années à venir (…) Les leaders et les membres des forces armées des pays de l’OTAN comme d’autres amis et alliés, nous démontrent qu’ils partagent cette vérité par leur engagement courageux en Afghanistan ».
Et le président des États-Unis cite par leur nom les nations qui représentent une menace pour son pays, ses valeurs, ses alliés et l’ensemble du monde ; en plus de l’Afghanistan et de la Somalie, ce sont l’Iran, le Myanmar, la Corée du Nord, le Soudan et le Zimbabwe. Ces cinq derniers pays faisaient partie de la liste post onze septembre 2001 de Georges W.Bush comme des États soutenant le terrorisme et, plus tard, de celle de Condoleezza Rice signalant ‘les avant postes de la tyrannie’ ou les deux.
L’espoir que les politiques typiques de l’époque des prédécesseurs du président Obama soient maintenant hors de l’histoire, qu’elles ne se soient appliquées que dans l’immédiat après onze septembre 2001, est bien mort. L’escalade rapide de la guerre en Afghanistan et au Pakistan en est la triste preuve. La guerre n’est pas la mise entre parenthèse des principes bibliques mais le fondement de la politique nationale.
Dans son roman, La bête humaine, Émile Zola dépeint la foule française revendiquant une désastreuse guerre contre la Prusse en scandant : « À Berlin ! À Berlin ! » devant une locomotive avançant à toute allure sans conducteur. Le discours du président Obama à Oslo montre que l’Amérique est toujours prête à se lancer en guerre même si elle a changé de conducteur. Les vieux champions de la guerre, Robert Gates, James Jones, Richard Holbrooke, David Petraeus et Stanley McChrystal ont chargé la machine pour un long voyage.
Rick Rozoff
Le 15 janvier 2010
Mondialisation.ca,
Article original en anglais : The "Obama Doctrine" : Eternal War For Imperfect Mankind, "For make no mistake : Evil does exist in the world.",
publié le 11 décembre 2009.
Traduction : Alexandra Cyr, Presse-toi à gauche.
20 janvier 2010,
http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article489
Rick Rozoff est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticl...
1-2 Danielle Bleitrach : Obama An II : Coucou revoilà Ben Laden.
Coucou le revoilà Ben Laden est réapparu opportunément pour donner corps à une politique extérieure du président des Etats-Unis qui tranche de moins en moins sur celle de son prédecesseur, qu’il s’agisse du piétiennement au Moyen orient, de l’offensive contre les gouvernements progressistes en Amérique latine et Caraïbe et même la mise sur le chantier de nouvelles guerres invasions.
Dans un tel contexte marqué par l’augmentation du chômage aux Etats-Unis, les cadeaux au capital, c’est la déception, le repli des couches populaires et l’avancée des idées les plus réactionnaires comme ici l’apologie de la torture et la guerre anti-terroriste sans limite.
On se demande ou plutôt on ne se demande plus dans les mains de qui sont les pseudos terroristes et comment il s’agit d’en finir avec les espérances suscitées par l’élection d’Obama et de préparer une présidence la plus belliciste qui se puisse imaginer.
Cette présidence héritera alors des « travaux » de Clinton, installation de nouvelles bases en Amérique latine, reconquêtes de la droite dans certains pays, au Moyen orient de fait carte blanche laissée à Israël, aggravation et extension de la guerre vers le Pakistan, le Yemen et préparation d’une offensive vers la Chine. C’est dans un tel contexte qu’il faut apprécier le nouveau recours à l’exaltation de « la menace terroriste ».
(note Danielle Bleitrach)
LE MONDE
Washington Correspondante
1-3 Danielle Bleitrach Les Américains ne sont pas rancuniers.
Prenez John Yoo. C’est lui qui a rédigé, en 2002, certains des fameux « mémorandums sur la torture » qui ont permis au président George Bush et au vice-président Dick Cheney de justifier la détention secrète et la torture des suspects de terrorisme.
A l’époque, il était membre du bureau des conseillers juridiques du ministère de la justice.
Il a théorisé que la « guerre contre le terrorisme » échappait à l’application des Conventions de Genève.
Se terre-t-il dans quelque obscur bureau où il médite sur sa définition de la torture : une souffrance « comparable à celle qui accompagne une blessure sérieuse, telle que la mort ou la défaillance d’un organe » ?
Pas le moins du monde. M. Yoo est la coqueluche de Washington, où il présente son dernier livre, Crisis and Command (ed. Kaplan), une histoire du pouvoir exécutif de George Washington à George Bush. Même John Stewart l’a invité à son émission satirique. « Pour une fois, j’ai fait quelque chose qui a intéressé mes étudiants », ironise-t-il. Après son départ de la Maison Blanche,
M. Yoo a été réintégré à Berkeley, où il enseigne le droit. « La République populaire de Berkeley », aime-t-il à dire d’un campus qui est parmi les plus à gauche du pays.
Le livre de John Yoo est une justification des pouvoirs extraordinaires qu’est en droit de s’arroger le président des Etats-Unis en cas de crise, affirme-t-il, bien que la Constitution lui impose d’en référer au Congrès. De George Washington (qui a eu recours aux tribunaux militaires) à Abraham Lincoln (qui a suspendu l’habeas corpus pendant la guerre civile et envoyé des troupes dans le Sud sans consulter le Congrès), l’histoire des Etats-Unis montre que l’une des branches du pouvoir doit prendre le pas sur les autres quand l’heure est grave, expose-t-il.
George Bush, autrement dit, n’a fait que son devoir lorsqu’il a autorisé le waterboarding (simulacre de noyade) ou caché au Congrès que l’Agence de sécurité nationale (NSA) écoutait les communications des Américains avec l’étranger… « Les grands présidents sont ceux qui, en temps de crise, ont répondu en exploitant l’étendue de leurs pouvoirs, expliquait-il récemment devant l’American Enterprise Institute, le cercle de réflexion des néoconservateurs.
Les présidents médiocres sont ceux qui se sont d’abord tournés vers les autres branches du gouvernement pour agir. »
M. Yoo est moins déçu qu’il ne l’aurait pensé par Barack Obama. « J’ai été encouragé par l’envoi de renforts en Afghanistan ou le discours d’Oslo. » Mais il déplore les rechutes du président démocrate, comme la décision de poursuivre devant des tribunaux civils Khaled Cheikh Mohammed, l’organisateur des attentats du 11-Septembre, ou Omar Farouk Abdulmutallab, le jeune Nigérian qui a tenté de faire sauter un avion le 25 décembre 2009. Signe, selon lui, qu’ »Obama a peur d’exercer à plein ses pouvoirs de commandant en chef et préfère en référer aux tribunaux ».
Avec l’élection de M. Obama, partisan de privilégier le retour de la lutte antiterroriste dans le giron de la justice, le débat sur la « guerre » semblait être dépassé. La tentative d’attentat contre le vol Amsterdam-Detroit l’a furieusement relancé. Guerre ou pas guerre ? Aux yeux des républicains, les démocrates font preuve d’hypocrisie. Exemple : les drones Predator, dont M. Obama fait plus grand usage que son prédécesseur au Pakistan. Si ce n’est pas le signe d’une guerre, ironise M. Yoo : « En temps normal, personne n’est censé tirer sur les autres avec des missiles. »
Lorsque M. Obama a ostensiblement utilisé le mot « guerre » dans son intervention sur la tentative d’attentat, le 6 janvier, les républicains ont eu l’impression qu’il se joignait à leur club. « Il a enfin franchi le pas et utilisé le mot « guerre »", s’est félicité l’ancien maire de New York Rudy Giuliani. Il est arrivé à Janet Napolitano, la responsable de la sécurité intérieure, d’utiliser l’expression de « désastre causé par l’homme « . Aujourd’hui, M. Obama et ses collaborateurs emploient le terme de guerre. Mais ils précisent qu’ »Al-Qaida » est l’ennemi.
Pour les républicains, le président a évolué sur la sécurité nationale. « Lentement, souvent à son corps défendant, il a évolué du paradigme de maintien de l’ordre à celui de guerre », constate Roger Pilon, du Cato Institute, un cercle de réflexion de droite. Certains relèvent les détails qui les arrangent et leur font penser que M. Obama cultive les ambiguïtés. « Quand il a été interrogé sur les techniques d’interrogatoire renforcé, il n’a pas prononcé d’exclusion définitive, dit Terry Eastman, du magazine Weekly Standard. Il a dit qu’il n’avait pas vu de circonstances dans lesquelles elles pourraient s’appliquer. »
Le 22 janvier 2009, Barack Obama avait promis de fermer Guantanamo en un an.
Jeudi, après le départ de deux Algériens vers leur pays, il restait 195 détenus.
Il y a un mois, la Cour suprême a refusé de se saisir de la plainte de quatre anciens détenus de « Gitmo » contre les mauvais traitements subis.
L’avocat de l’administration Obama a adopté la même ligne que le gouvernement Bush, recommandant à la Cour de ne pas se saisir du dossier. Motif : il n’était pas « clairement établi », entre 2002 et 2004, que les traitements subis étaient illégaux, compte tenu de la définition de la torture telle qu’établie par M. Yoo et ses collègues. Comme l’a dit au New York Times Jameel Jaffer, de l’ACLU, l’association de défense des libertés civiques, « l’administration Bush a construit un cadre légal pour la torture. L’administration Obama construit un cadre légal pour l’impunité ».
John Yoo ne renie rien. Pas même les mémorandums. « C’était mon job, dit-il. J’étais le juriste et j’avais un client. »
( Danielle Bleitrach)
LE MONDE
Washington Correspondante
25 janvier
http://socio13.wordpress.com/2010/01/25/barack-obama-an-i...
1-4 Gérard Chaliand : L'année 2010 sera cruciale pour l'Afghanistan.
Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information
QUESTIONS
> A la conférence de Londres on évoquera, notamment, un éventuel retrait des troupes occidentales d'Afghanistan à l'horizon 2015. Cet objectif vous paraît-il réaliste ?
Gérard Chaliand : (Expert (…) en géostratégie et relations internationales)
Il l'est beaucoup plus que le précédent qui fixait à 2011 la date du départ des troupes. C'est là la reconnaissance que, dans cette situation, il est nécessaire de se donner du temps.
> Pour quoi faire ?
Coté américain, il s'agit de le mettre à profit pour reprendre l'initiative militaire sur le terrain, dès ce printemps ou cet été. Mais aussi pour parfaire la formation des troupes afghanes susceptibles de prendre le relais. Déjà cette formation porte ses fruits et les soldes commencent enfin à être augmentées, ce qui limitera la corruption et les désertions.
Des résultats sont obtenus.
Ainsi, ce sont des soldats afghans qui ont affronté le commando suicide qui a récemment attaqué Kaboul.
Mais coté résistant, ce temps aussi peut être utile. Ils savent bien que rien ne pourra se faire sans eux et qu'à un moment il faudra bien négocier, aucune des deux parties ne pouvant l'emporter sur l'autre. Il leur faudra se préparer.
> Si l'option militaire est sans issue, alors à quoi bon envoyer plus de troupes ?
Un retrait pur et simple serait la pire des solutions. Rappelons-nous, après le départ des Russes, il y a vingt ans, les moudjahidins ont réussi à faire croire à leur peuple que, non seulement ils avaient réussi à vaincre l'URSS, mais aussi précipité son effondrement.
Pour les Occidentaux, à commencer par les Américains, Il s'agit donc d'une question de crédibilité. Enfin, il convient d'infliger des coups sévères aux résistants, de préférence en les frappant à la tête, avant d'entamer dans les meilleures conditions les négociations.
Pour le moment les résistants ont encore le sentiment de gagner.
> Mais négocier avec les résistants, n'est-ce pas se renier ?
Dans une certaine mesure.
Lorsqu'il s'agira de négocier les Occidentaux voudront que l'Afghanistan conserve sa constitution et les résistants voudront imposer la Charia. Comme sur le plan militaire nous assisterons à la confrontation, au choc, de deux volontés.
Gérard Chaliand
http://www.leprogres.fr/fr/france-monde/article/2626370,1...
09:32 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pakistan, al qaida, résistants, occupants, usa, attentats, 11-septembre, amérique, militaire




Écrire un commentaire