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06.02.2010

n°315 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Début - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

n°315   - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Début  - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°315                                                                                                                            05/02/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

Tiré à part :

Otan et armée afghane préparent une vaste offensive.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Rick Rozoff : La doctrine Obama : «Dans une humanité imparfaite, la guerre perpétuelle est de mise».

1-2 Danielle Bleitrach : Obama An II : Coucou revoilà Ben Laden.

1-3 Danielle Bleitrach Les Américains ne sont pas rancuniers.

1-4 Gérard Chaliand : L'année 2010 sera cruciale pour l'Afghanistan.

Suite

1-5 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

1-6 Seumas Milne : Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs.

1-7 Docteur Balawi, agent triple et kamikaze.

1-8 Le retour de la Russie en Afghanistan.

1-9 2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell.

Fin

1-10 Natalie Nougayrède : La stratégie hésitante des Occidentaux…

1-11 Chris HEDGES : Un jour nous serons tous des résistants.

1-3 Danielle Bleitrach Les Américains ne sont pas rancuniers.

1-4 Gérard Chaliand : L'année 2010 sera cruciale pour l'Afghanistan.

1-5 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

1-6 Seumas Milne : Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs.

1-7 Docteur Balawi, agent triple et kamikaze.

1-8 Le retour de la Russie en Afghanistan.

1-9 2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell.

Fin

1-10 Natalie Nougayrède : La stratégie hésitante des Occidentaux…

1-11 Chris HEDGES : Un jour nous serons tous des résistants.

2 Annexe

2-1 Les outils de l’impérialisme.

2-2 Oscar Fortin : Vérité-mensonge-vérité.

2-3 G. Houbballah : Voila pour lequel ont se bat.

2-4 Eric Ouzounian : Armée française: la tentation des mercenaires.



Avant propos

·                    Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...



Tiré à part :

Otan et armée afghane préparent une vaste offensive.

Forces américaines et afghanes se préparent à une vaste offensive contre les résistants afin de prendre le contrôle de leur grand bastion dans la province méridionale du Helmand. Les "marines" projettent une action massive contre un labyrinthe de canaux tenus par les résistants à Marjah, une opération dont ils espèrent qu'elle pourrait renverser le cours de la guerre.

Pour les autorités afghanes aussi, cette opération servira de test de leur capacité à rétablir rapidement l'autorité du régime de Kaboul sur une région qui échappe depuis des années à son contrôle.

Le gouvernement du district de Marjah, Hadji Zaïr, qui visite régulièrement la zone mais n'y vit pas en raison de l'emprise des résistants, a déclaré que ses administrés réclament l'intervention des troupes internationales et afghanes.

Hadji Zaïr : "Un grand nombre de résistant se trouvent à Marjah.", et ils sont au courant des projets de sécuriser leu ville grâce aux tracts largués, aux émissions de radio et aux réunions avec les chefs tribaux.

QUAND LE DRAPEAU AFGHAN FLOTTERA SUR MARJAH

Le général afghan Mohayedin Ghori, qui commande la brigade qui participera à cette opération, a déclaré qu'aucun policier ne se trouvait dans la ville et que les seuls uniformes qu'on y apercevait étaient ceux d'ennemis.

Marjah, qui recèle un vaste réseau d'irrigation mis en place il y a plusieurs dizaines d'années dans le cadre d'une aide américaine au développement, est l'un des lieux de la province encore administré par les résistant. Ils y règnent sur une population de 75.000 à 100.000 habitants.

La reprise de la zone sera un test du potentiel militaire de l'Otan mais également de la crédibilité et de l'efficacité de l'armée afghane, dont l'Occident accélère la formation pour pouvoir se ménager un retrait en bon ordre du pays à partir du milieu de l'an prochain.

"Si ce que nous faisons aujourd'hui n'implique pas demain les forces afghanes, que fait-on ici?

Si tout ce qu'on fait contribue à les préparer, c'est la bonne façon de faire", a confie le général Larry Nicholson, commandant des marines dans le Sud afghan.

Il prédit que de nombreux habitants influents de Marjah, considérant l'opération en cours de préparation inéluctable voudront se trouver du côté des vainqueurs et envisagent de se rallier aux autorités de Kaboul.

"Lorsque le drapeau afghan flottera sur Marjah, ils ne voudront pas être considérés comme des sympathisants des résistants ni des parias."

4/1

http://fr.news.yahoo.com/4/20100204/twl-afghanistan-offen...



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Rick Rozoff : La doctrine Obama : «Dans une humanité imparfaite, la guerre perpétuelle est de mise».

Métamorphose (suite)

Dans le brouhaha de la réunion de Copenhague sur les changements climatiques, avec la pause des fêtes, le discours de réception du prix Nobel de la paix du président Obama est passé à la vitesse de l’éclair.

Pourtant, il s’agit d’un discours important qui, de façon bien contradictoire, justifie la guerre, surtout celle de l’empire américain et ses alliés envers le reste du monde, et la glorifie presque.

La plupart des médias ont glorifié son habileté oratoire à traiter en même temps de la guerre et de la paix. Les Républicains ont tous été d’accord avec ses propos !

Nous vous soumettons ici une autre analyse tirée du site internet ‘globalresearch.ca’ (10 décembre 2009).

Barack Obama, président et commandant en chef des armées des États-Unis d’Amérique a prononcé son discours d’acceptation du prix Nobel de la paix à Oslo le 10 décembre dernier. Immédiatement, un débat s’est enclenché dans les médias sur une possible doctrine Obama.

En faisant référence à Martin Luther King jr. et Mohandas Gändi, (en n’utilisant que son nom de famille), en ne mentionnant pas les ex-présidents américains ayant obtenu le prix antérieurement soit, Théodore Roosevelt, Woodrow Wilson et Jimmy Carter, et en ne mentionnant que Ronald Reagan, Richard Nixon, et John f. Kennedy parmi ses prédécesseurs, le chef du pouvoir incontesté de la super puissance américaine a parlé avec l’assurance et la conviction personnelle d’un clairvoyant et d’un probable prophète. Pour le philosophe allemand Friedrich von Schlegel, le genre de prophète qui se tourne vers le passé.

Avec une allure visionnaire et un rythme de discours solennel il a déclaré : « La guerre est un moyen parmi d’autres qui est apparu sur terre avec les premiers hommes ». Peut-être que cette assertion non démontrée réfère au livre de la Genèse qui raconte le meurtre d’Abel par son frère Caïn. Il ne s’agissait pourtant pas là d’une guerre, loin s’en faut. Le président Obama ne nous a pas donné d’indication quant à la formation de sa conviction que la guerre contemporaine fait partie intégrale de l’histoire humaine.

Les paléontologues font généralement remonter l’arrivée de l’homme actuel, l’homo sapiens, à deux cent mille ans, même si les premières preuves historiques écrites ne remontent pas à plus de deux mille quatre cent ans. Peut-être que des journalistes aventureux se permettront de demander au président et à ses rédacteurs de discours comment ils peuvent masquer cent quatre-vingt-dix-sept mille six-cents ans d’histoire et prétendre prouver que la pratique de la guerre est aussi vieille que l’humanité et inséparable de la condition humaine. Peut-être que l’illusion de l’omniscience serait la réponse.

Le discours d’Oslo est rempli de signes d’appropriation d’attributs divins pour soi-même, d’un fatalisme anthropologique et historique et d’une profonde conception pessimiste de la Providence.

Le président affirme que : « … aucune guerre sainte ne peut être juste. Parce que si vous êtes convaincuEs que vous portez la volonté divine vous n’aurez aucune limite (…) Rejoignons le monde qui doit être,(celui) qui reflète la part de divin qui réside en chacun de nous ». Donc, tout argument contre le divin est faux, une hérésie un sacrilège ; Washington est vrai, ne se trompe pas, se suffit à lui-même et peut justifier toute action aussi violente et mortelle qu’elle soit. Une démonstration non équivoque de la vieille théorie manichéenne transportée dans le monde moderne.

Au début de son discours, le premier président américain en exercice à se voir attribuer le prix Nobel de la paix en quatre-vingt-dix ans, souligne : « …peut-être que le problème le plus profond qui entoure le fait qu’on m’attribue ce prix vient de ce que je sois le Commandant en chef des armées d’une nation qui mène deux guerres en ce moment ». Il n’a fait aucun effort pour justifier une de ces deux guerres, celle d’Irak mais, il endosse et défend la poursuite de la seconde, celle en Afghanistan et de plus en plus au Pakistan tout en parlant de façon peu flatteuse des Croisades européennes du Moyen-âge.

L’attribution de ce prix prestigieux et le million quatre-cent-mille dollars qui l’accompagne, à un commandant en chef d’armées déjà impliqué dans deux guerres simultanées hors de ses frontières, dans des pays dont ni les populations ni les gouvernements n’ont jamais représenté quelque menace que ce soit pour sa propre population, ne semble troubler ni le comité Nobel ni ses membres prestigieux.

Dans des termes encore jamais entendus dans des discours d’acceptation du prix, M. Obama a ajouté : « …nous sommes en guerre et je suis responsable du déploiement de centaines de jeunes AméricainEs sur des champs de batailles éloignés. Certains vont tuer, d’autres seront tuéEs ».

Sans crainte de ridiculiser la nation, sans manifester de sens de la mesure ou même une miette de dérision, il ironise sur le fait que, « la technologie moderne permet à une petite poignée d’hommes dotés d’une dose démesurée de rage, d’assassiner quantité d’innocentEs ». Il ne dit pourtant rien des ordres qu’il a émis pour que des engins sans pilotes, les drones, liés par des satellites, bombardent en Afghanistan et au Pakistan semant ainsi la mort parmi les populations.

Les thèmes centraux du discours du président sont la réaffirmation des politiques américaines introduites il y a une dizaine d’années avec le déclenchement de la guerre en Yougoslavie, sans autorisation de l’ONU et sans le moindre effort pour l’obtenir. Donc, les États Unis et ses alliés militaires dans le monde occidental peuvent décider seuls ou collectivement, quand, avec quel niveau d’intensité, où, et pour quel motif ils veulent utiliser la force, n’importe où dans le monde. Et cette prérogative est exclusive aux États-Unis à ses alliés de l’OTAN et à des ‘clients’ militaires sélects hors de la zone euro-atlantique comme la Colombie, l’Éthiopie, la Géorgie, Israël et l’Arabie Saoudite.

Ce qui est unique dans l’argumentation du discours du président Obama, c’est le manque de franc-parler avec lequel il réaffirme cette doctrine de politique internationale qui fait fi de la loi. On retrouve dans les extraits se rapportant à ce thème, derrière les qualificatifs ingénieux et le langage décoratif de camouflage les phrases suivantes : « Nous devons commencer par prendre en compte la dure vérité : nous ne viendrons pas à bout des conflits violents de notre vivant. Il y a des moments où les nations, agissant isolément ou de concert, trouveront que l’usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié ». Et il nous offre un résumé d’arguments qu’unE recherchiste de la Maison Blanche aurait pu trouver dans Wikipedia : « À titre de chef d’État qui a fait le serment de protéger et défendre ma nation, je ne peux être guidé par leurs seuls exemples (ceux de Ghandi et de Martin L. King), je suis face au monde tel qu’il est et je ne peux pas demeurer passif devant les dangers qui menacent le peuple américain. Ne vous méprenez pas ; le mal existe dans le monde (…). Je me réserve le droit, comme tout chef d’État d’agir unilatéralement si nécessaire pour défendre ma nation ». Le mal est un substantif, pas un adjectif. Il est employé deux fois dans ce discours ; il est emblématique d’un ton quasi théologique qui alterne avec des phrases plutôt froides et d’autres durement pragmatiques. Voici quelques exemples de cette catégorie : « Les moyens de la guerre ont un rôle à jouer dans la protection de la paix ». « La non violence ne serait pas venue à bout des armées d’Hitler. Aucune négociation n’arriverait à convaincre les leaders d’Al Qaïda de rendre les armes. Ce n’est pas être cynique que de dire que l’usage de la force est parfois nécessaire…. ». « Si je soulève ce point, si je commence par ce point, c’est qu’aujourd’hui il y a beaucoup d’ambivalence quant à l’usage de la force armée dans beaucoup de pays. Quelle que soit la cause à défendre. Et, à l’occasion, ce sentiment s’accompagne d’une certaine suspicion face à l’Amérique la seule superpuissance militaire du monde ».

Il est absurde de comparer une poignée de membres d’Al Qaïda à Hitler et sa Wehrmacht. Peu importe ce qu’il est, Al Qaïda ne possède pas tant d’armes à rendre. Mais l’Amérique, elle, celle d’Obama possède le plus grand stock d’armes conventionnelles et nucléaires du monde.

Sa façon de jouer intempestivement la carte de l’Allemagne nazie n’est qu’une manœuvre de rectitude rhétorique sans justification historique. Nous n’aurions pas eu à confronter les troupes nazies si, en temps voulu, les gestes diplomatiques nécessaires avaient été posés quand Hitler a envoyé son armée dans la vallée du Rhin en 1936 ; si la Grande-Bretagne et la France n’avaient pas, avec l’Allemagne d’ Hitler et l’Italie de Mussolini soutenu le blocus naval contre la République espagnole pendant que l’aviation allemande y bombardait Guernica et d’autres villes et que les troupes allemandes et italiennes se répandaient dans le pays pour soutenir l’insurrection du Général Franco. Et, finalement, si la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie ne s’étaient pas entendus à Munich en 1938 pour sacrifier les Sudètes tchécoslovaques aux mains d’Hitler et ainsi ouvrir tout droit la route à ses intentions meurtrières vers l’est. Ces mêmes quatre pays se sont réunis soixante-dix ans plus tard, c’est-à-dire l’an dernier, pour répéter la trahison de Munich en organisant la sécession du Kosovo, démontrant ainsi combien peu a été appris depuis.

Quant à l’accusation que plusieurs pays font preuve d’une soit disant « profonde ambivalence face à l’usage de la force armée » et pire « d’une suspicion à l’égard de l’Amérique, la seule superpuissance dans le monde », elle est d’une arrogance, d’une attitude moralisatrice et d’une absolue imperméabilité à la réalité de la politique extérieure du pays ces dernières années tout comme par le passé. Selon cette « unique superpuissance mondiale » impériale, ni la Maison Blanche, ni le Pentagone ne peuvent se tromper. Même pas partiellement, par inadvertance ou inintentionnellement.

Si qui que ce soit trouve quelque faute dans ce que fait ce super pouvoir militaire, c’est qu’il est sous l’influence de son pacifisme ou de son « anti-américanisme » viscéral et pathologique. Peut-être que cela fait parti des « menaces contre le peuple américain » mentionnées au paravent puisqu’aucune autre, qu’elle vienne de l’Afghanistan ou d’ailleurs dans le monde, n’a été démontrée dans ce discours.

Sa partie la plus notable et la plus gênante est ce que M. Obama caractérise comme la « reconnaissance de l’histoire ; les imperfections humaines et les limites de la raison ». De peur que cette observation ne soit interprétée que comme un exemple personnel ou d’humilité toute nationale, d’autres formulations l’entourant ne laissent aucun doute sur le fait que les faiblesses en questions ne concernent que les non-Américains. Gloire à l’américano centrisme !

On chercherait en vain une pareille assertion chez n’importe quel autre chef d’État américain. Il est alarmant d’entendre le chef actuel de cet État, le premier fondé sur les principes des Lumières du dix-huitième siècle et sur ceux des Âges de la raison précédents, insister sur l’inhérente et indélébile faiblesse humaine qui par rapport à certains aspects de la vérité, serait séparée de la raison et lui serait supérieure. Il laisse ainsi la porte ouverte à l’irrationnel sous toutes ses formes et justifie en fin de compte, la conception du droit qui invoque les impératifs nationaux pour définir le bien et le mal.

Si les humains sont imparfaits par nature et que leur jugement l’est tout autant, il en découle pour l’humanité « Née pour mourir et ne raisonnant que pour se tromper » , (Alexander Pope) qu’ il se peut bien que la guerre soit un droit acquis à la naissance et que par conséquent, l’éradication des conflits violents ne se fasse pas de si tôt dans l’histoire. La guerre qui a commencé avec l’arrivée de l’homme sur terre ne s’arrêtera donc qu’avec son extinction. Arrivés ensemble, ils s’éteindront ensemble, selon M. Obama.

Comment le leader de l’Occident, comment la nation et l’individu en sont-ils arrivés à cette impasse déterministe qui est aussi mentionnée dans le discours lorsqu’il parle des événements déterminants de la fin de la guerre froide qui ont marqué le nouveau siècle.

Il passe facilement de : « Je crois que la force peut être justifiée par des considérations humanitaires comme elle l’a été dans les Balkans et dans d’autres endroits qui ont été marqués par la guerre. L’inaction de notre part troublerait notre conscience et pourrait obliger à des interventions plus coûteuses plus tard. C’est pourquoi toute nation responsable doit s’engager militairement avec des mandats clairs et jouer ainsi un rôle pour maintenir la paix ».

À : « La conviction que la paix est nécessaire est rarement suffisante pour y arriver. La paix a besoin du sens des responsabilités. La paix suppose des sacrifices. Voilà pourquoi l’Otan continue à être indispensable ».

En faisant ces déclarations et en exprimant des sentiments concordants, M. Obama a fait référence au pays dont il était l’hôte, en parlant de la guerre en Afghanistan : « …quarante deux pays se sont joints à nous, y compris la Norvège, dans un effort pour nous défendre aussi bien que toutes les autres nations, contre de futures attaques ».

Encore une fois les menaces perçues sont amplifiées pour atteindre une dimension universelle. Toutes les nations de la planète sont menacées et quelques unes d’entre elles, soit les quarante trois membres de l’OTAN et leurs partenaires, tiennent les barbares au loin. Pas facile de faire la différence entre la nouvelle ‘doctrine Obama’ de celle soutenue par G.W.Bush et Tony Blair antérieurement, sauf pour ce qui est de l’étendue assumée.

Pour le président, il existe une mission hors du temps, de l’espace et des contraintes normales : « Les États-Unis d’Amérique ont aidé à façonner la sécurité globale durant plus de soixante ans avec le sang versé par ses citoyenNEs et la force de ses armes. (…) L’engagement de l’Amérique envers la sécurité planétaire ne vacillera jamais. Mais dans un monde où les menaces sont plus diffuses et les missions plus complexes, l’Amérique ne peut pas agir seule. L’Amérique seule ne peut garantir la paix. C’est vrai en Afghanistan. C’est vrai dans des pays où l’État n’existe plus comme en Somalie (…) Et malheureusement, cela va se poursuivre dans les régions instables dans les années à venir (…) Les leaders et les membres des forces armées des pays de l’OTAN comme d’autres amis et alliés, nous démontrent qu’ils partagent cette vérité par leur engagement courageux en Afghanistan ».

Et le président des États-Unis cite par leur nom les nations qui représentent une menace pour son pays, ses valeurs, ses alliés et l’ensemble du monde ; en plus de l’Afghanistan et de la Somalie, ce sont l’Iran, le Myanmar, la Corée du Nord, le Soudan et le Zimbabwe. Ces cinq derniers pays faisaient partie de la liste post onze septembre 2001 de Georges W.Bush comme des États soutenant le terrorisme et, plus tard, de celle de Condoleezza Rice signalant ‘les avant postes de la tyrannie’ ou les deux.

L’espoir que les politiques typiques de l’époque des prédécesseurs du président Obama soient maintenant hors de l’histoire, qu’elles ne se soient appliquées que dans l’immédiat après onze septembre 2001, est bien mort. L’escalade rapide de la guerre en Afghanistan et au Pakistan en est la triste preuve. La guerre n’est pas la mise entre parenthèse des principes bibliques mais le fondement de la politique nationale.

Dans son roman, La bête humaine, Émile Zola dépeint la foule française revendiquant une désastreuse guerre contre la Prusse en scandant : « À Berlin ! À Berlin ! » devant une locomotive avançant à toute allure sans conducteur. Le discours du président Obama à Oslo montre que l’Amérique est toujours prête à se lancer en guerre même si elle a changé de conducteur. Les vieux champions de la guerre, Robert Gates, James Jones, Richard Holbrooke, David Petraeus et Stanley McChrystal ont chargé la machine pour un long voyage.

Rick Rozoff
Le 15 janvier 2010

Stop NATO

Mondialisation.ca,

Article original en anglais : The "Obama Doctrine" : Eternal War For Imperfect Mankind, "For make no mistake : Evil does exist in the world.",

publié le 11 décembre 2009.

Traduction : Alexandra Cyr, Presse-toi à gauche.

Comité Valmy

20 janvier 2010,

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article489

Rick Rozoff est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticl...


1-2 Danielle Bleitrach : Obama An II : Coucou revoilà Ben Laden.

Coucou le revoilà Ben Laden est réapparu opportunément pour donner corps à une politique extérieure du président des Etats-Unis qui tranche de moins en moins sur celle de son prédecesseur, qu’il s’agisse du piétiennement au Moyen orient, de l’offensive contre les gouvernements progressistes en Amérique latine et Caraïbe et même la mise sur le chantier de nouvelles guerres invasions.

Dans un tel contexte marqué par l’augmentation du chômage aux Etats-Unis, les cadeaux au capital, c’est la déception, le repli des couches populaires et l’avancée des idées les plus réactionnaires comme ici l’apologie de la torture et la guerre anti-terroriste sans limite.

On se demande ou plutôt on ne se demande plus dans les mains de qui sont les pseudos terroristes et comment il s’agit d’en finir avec les espérances suscitées par l’élection d’Obama et de préparer une présidence la plus belliciste qui se puisse imaginer.

Cette présidence héritera alors des « travaux » de Clinton, installation de nouvelles bases en Amérique latine, reconquêtes de la droite dans certains pays, au Moyen orient de fait carte blanche laissée à Israël, aggravation et extension de la guerre vers le Pakistan, le Yemen et préparation d’une offensive vers la Chine. C’est dans un tel contexte qu’il faut apprécier le nouveau recours à l’exaltation de « la menace terroriste ».

(note Danielle Bleitrach)

LE MONDE  

Washington Correspondante


1-3 Danielle Bleitrach Les Américains ne sont pas rancuniers.

Prenez John Yoo. C’est lui qui a rédigé, en 2002, certains des fameux « mémorandums sur la torture » qui ont permis au président George Bush et au vice-président Dick Cheney de justifier la détention secrète et la torture des suspects de terrorisme.

A l’époque, il était membre du bureau des conseillers juridiques du ministère de la justice.

Il a théorisé que la « guerre contre le terrorisme » échappait à l’application des Conventions de Genève.

Se terre-t-il dans quelque obscur bureau où il médite sur sa définition de la torture : une souffrance « comparable à celle qui accompagne une blessure sérieuse, telle que la mort ou la défaillance d’un organe  » ?
Pas le moins du monde. M. Yoo est la coqueluche de Washington, où il présente son dernier livre, Crisis and Command (ed. Kaplan), une histoire du pouvoir exécutif de George Washington à George Bush. Même John Stewart l’a invité à son émission satirique. « Pour une fois, j’ai fait quelque chose qui a intéressé mes étudiants », ironise-t-il. Après son départ de la Maison Blanche,

M. Yoo a été réintégré à Berkeley, où il enseigne le droit. « La République populaire de Berkeley », aime-t-il à dire d’un campus qui est parmi les plus à gauche du pays.

Le livre de John Yoo est une justification des pouvoirs extraordinaires qu’est en droit de s’arroger le président des Etats-Unis en cas de crise, affirme-t-il, bien que la Constitution lui impose d’en référer au Congrès. De George Washington (qui a eu recours aux tribunaux militaires) à Abraham Lincoln (qui a suspendu l’habeas corpus pendant la guerre civile et envoyé des troupes dans le Sud sans consulter le Congrès), l’histoire des Etats-Unis montre que l’une des branches du pouvoir doit prendre le pas sur les autres quand l’heure est grave, expose-t-il.

George Bush, autrement dit, n’a fait que son devoir lorsqu’il a autorisé le waterboarding (simulacre de noyade) ou caché au Congrès que l’Agence de sécurité nationale (NSA) écoutait les communications des Américains avec l’étranger… « Les grands présidents sont ceux qui, en temps de crise, ont répondu en exploitant l’étendue de leurs pouvoirs, expliquait-il récemment devant l’American Enterprise Institute, le cercle de réflexion des néoconservateurs.

Les présidents médiocres sont ceux qui se sont d’abord tournés vers les autres branches du gouvernement pour agir. »

M. Yoo est moins déçu qu’il ne l’aurait pensé par Barack Obama. « J’ai été encouragé par l’envoi de renforts en Afghanistan ou le discours d’Oslo. » Mais il déplore les rechutes du président démocrate, comme la décision de poursuivre devant des tribunaux civils Khaled Cheikh Mohammed, l’organisateur des attentats du 11-Septembre, ou Omar Farouk Abdulmutallab, le jeune Nigérian qui a tenté de faire sauter un avion le 25 décembre 2009. Signe, selon lui, qu’ »Obama a peur d’exercer à plein ses pouvoirs de commandant en chef et préfère en référer aux tribunaux ».

Avec l’élection de M. Obama, partisan de privilégier le retour de la lutte antiterroriste dans le giron de la justice, le débat sur la « guerre » semblait être dépassé. La tentative d’attentat contre le vol Amsterdam-Detroit l’a furieusement relancé. Guerre ou pas guerre ? Aux yeux des républicains, les démocrates font preuve d’hypocrisie. Exemple : les drones Predator, dont M. Obama fait plus grand usage que son prédécesseur au Pakistan. Si ce n’est pas le signe d’une guerre, ironise M. Yoo : « En temps normal, personne n’est censé tirer sur les autres avec des missiles. »

Lorsque M. Obama a ostensiblement utilisé le mot « guerre » dans son intervention sur la tentative d’attentat, le 6 janvier, les républicains ont eu l’impression qu’il se joignait à leur club. « Il a enfin franchi le pas et utilisé le mot « guerre »", s’est félicité l’ancien maire de New York Rudy Giuliani. Il est arrivé à Janet Napolitano, la responsable de la sécurité intérieure, d’utiliser l’expression de « désastre causé par l’homme « . Aujourd’hui, M. Obama et ses collaborateurs emploient le terme de guerre. Mais ils précisent qu’ »Al-Qaida » est l’ennemi.

Pour les républicains, le président a évolué sur la sécurité nationale. « Lentement, souvent à son corps défendant, il a évolué du paradigme de maintien de l’ordre à celui de guerre », constate Roger Pilon, du Cato Institute, un cercle de réflexion de droite. Certains relèvent les détails qui les arrangent et leur font penser que M. Obama cultive les ambiguïtés. « Quand il a été interrogé sur les techniques d’interrogatoire renforcé, il n’a pas prononcé d’exclusion définitive, dit Terry Eastman, du magazine Weekly Standard. Il a dit qu’il n’avait pas vu de circonstances dans lesquelles elles pourraient s’appliquer. »

Le 22 janvier 2009, Barack Obama avait promis de fermer Guantanamo en un an.

Jeudi, après le départ de deux Algériens vers leur pays, il restait 195 détenus.

Il y a un mois, la Cour suprême a refusé de se saisir de la plainte de quatre anciens détenus de « Gitmo » contre les mauvais traitements subis.

L’avocat de l’administration Obama a adopté la même ligne que le gouvernement Bush, recommandant à la Cour de ne pas se saisir du dossier. Motif : il n’était pas « clairement établi », entre 2002 et 2004, que les traitements subis étaient illégaux, compte tenu de la définition de la torture telle qu’établie par M. Yoo et ses collègues. Comme l’a dit au New York Times Jameel Jaffer, de l’ACLU, l’association de défense des libertés civiques, « l’administration Bush a construit un cadre légal pour la torture. L’administration Obama construit un cadre légal pour l’impunité ».

John Yoo ne renie rien. Pas même les mémorandums. « C’était mon job, dit-il. J’étais le juriste et j’avais un client. »

( Danielle Bleitrach)

LE MONDE  

Washington Correspondante

25 janvier

http://socio13.wordpress.com/2010/01/25/barack-obama-an-i...


1-4 Gérard Chaliand : L'année 2010 sera cruciale pour l'Afghanistan.

Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

QUESTIONS

> A la conférence de Londres on évoquera, notamment, un éventuel retrait des troupes occidentales d'Afghanistan à l'horizon 2015. Cet objectif vous paraît-il réaliste ?

Gérard Chaliand : (Expert (…) en géostratégie et relations internationales)

Il l'est beaucoup plus que le précédent qui fixait à 2011 la date du départ des troupes. C'est là la reconnaissance que, dans cette situation, il est nécessaire de se donner du temps.

> Pour quoi faire ?

Coté américain, il s'agit de le mettre à profit pour reprendre l'initiative militaire sur le terrain, dès ce printemps ou cet été. Mais aussi pour parfaire la formation des troupes afghanes susceptibles de prendre le relais. Déjà cette formation porte ses fruits et les soldes commencent enfin à être augmentées, ce qui limitera la corruption et les désertions.

Des résultats sont obtenus.

Ainsi, ce sont des soldats afghans qui ont affronté le commando suicide qui a récemment attaqué Kaboul.

Mais coté résistant, ce temps aussi peut être utile. Ils savent bien que rien ne pourra se faire sans eux et qu'à un moment il faudra bien négocier, aucune des deux parties ne pouvant l'emporter sur l'autre. Il leur faudra se préparer.

> Si l'option militaire est sans issue, alors à quoi bon envoyer plus de troupes ?

Un retrait pur et simple serait la pire des solutions. Rappelons-nous, après le départ des Russes, il y a vingt ans, les moudjahidins ont réussi à faire croire à leur peuple que, non seulement ils avaient réussi à vaincre l'URSS, mais aussi précipité son effondrement.

Pour les Occidentaux, à commencer par les Américains, Il s'agit donc d'une question de crédibilité. Enfin, il convient d'infliger des coups sévères aux résistants, de préférence en les frappant à la tête, avant d'entamer dans les meilleures conditions les négociations.

Pour le moment les résistants ont encore le sentiment de gagner.

> Mais négocier avec les résistants, n'est-ce pas se renier ?

Dans une certaine mesure.

Lorsqu'il s'agira de négocier les Occidentaux voudront que l'Afghanistan conserve sa constitution et les résistants voudront imposer la Charia. Comme sur le plan militaire nous assisterons à la confrontation, au choc, de deux volontés.

Gérard Chaliand

http://www.leprogres.fr/fr/france-monde/article/2626370,1...


n°315 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Suite - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.


n°315   - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Suite  - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.




                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°315                                                                                                                            05/02/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Suite

1-5 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

1-6 Seumas Milne : Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs.

1-7 Docteur Balawi, agent triple et kamikaze.

1-8 Le retour de la Russie en Afghanistan.

1-9 2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell.


 


 1-5 Mounir Chafiq : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.


Le droit de résister à l’occupation étrangère et le droit de résister à l’agression militaire extérieure prennent leur source dans le droit à l’auto-défense tant au niveau du peuple que de la communauté et de l’individu.

De même, ils prennent leur source dans le droit à l’égalité des peuples quant à la souveraineté sur leur pays et l’illégalité de l’agression extérieure armée contre cette souveraineté ainsi que l’illégalité de piétiner celle-ci en transformant cette agression en occupation permanente ou temporaire.

Je considère l’agression militaire extérieure comme étant un acte contraire aux droits des peuples. Elle est illégale du point de vue du droit international qui repose sur des traités conclus entre les pays du monde entier afin de poser les bases de la paix et de la coexistence entre ces pays. Sans cela, il régnerait les guerres et le chaos. Le fort pourrait légalement agresser le faible et disposer de lui conformément à la loi du plus fort qui ressemble à la loi de la jungle.
C’est pour cela qu’eut lieu un accord mondial, entre tous les pays y compris les grandes puissances, les pays colonisateurs et les pays impérialistes, qui ont pratiqué, et qui continuent de pratiquer, la politique du plus fort et de la domination. Ces accords rendent illégales l’agression, la colonisation et l’occupation des terres des autres. L’objectif est de délégitimer l’agression d’un peuple par un autre ou d’un pays par un autre tant que tous reconnaîtront l’égalité, la coexistence et la coopération. Sinon, il régnerait le chaos et on retournerait à la loi de la jungle.
Il est vrai que les grandes puissances qui ont usé, et qui continuent d’user, de la force militaire, ou de pratiquer la politique du plus fort, afin d’imposer leurs objectifs aux autres, ont approuvé et signé ces accords. Cela a contraint les grandes puissances à avoir recours à la politique des deux poids deux mesures concernant le droit international. Les grandes puissances ont installé ce droit pour réguler les relations entre elles et pour protéger leurs intérêts et leurs zones d’influence d’une part ; et d’autre part elles étaient obligées de l’accepter sous la pression des autres peuples - la majorité des peuples du monde - qui ont un intérêt sûr à rendre illégales l’agression militaire et l’occupation en dehors de la légalité internationale.
Il est important de souligner que l’adoption du droit international, avec le droit à la légitime défense et l’égalité entre les peuples, oblige à reconnaître le droit à la résistance dans toutes ses variétés. Notamment, la résistance armée du peuple qui est exposé à une agression militaire extérieure ou qui vit sous l’occupation étrangère ; que cette occupation soit colonialiste ou néo-colonialiste, ou que ce soit une colonisation de peuplement, ou bien par des traités colonialistes qui lui ont été imposés par la force ou par une guerre d’occupation. Ce droit à la résistance armée, ou à la résistance sous toutes ses formes, a aussi été énoncé dans les accords et toutes les normes internationales, notamment dans la Charte des Nations Unies.
En d’autres termes, il est du droit du peuple opprimé ou de l’Etat agressé par un autre de résister à une agression militaire ou à une occupation résultant d’une agression militaire (l’occupation et le blocus représentent une agression militaire continue). Ce droit rejoint le principe de justice et les principes de la liberté et de la dignité visant à l’établissement d’un système mondial qui sorte vraiment du monde de la jungle ou du monde des requins des océans.
Ainsi est considérée la justice de cette cause qui a engendré la résistance armée et son soutien mondial. Elle est considérée comme une partie de la justice mondiale qui reflète l’intérêt et le bien des peuples.

Mounir Chafiq

23 janvier

Source : With Resistance

Traduction : Souad Khaldi

Source : Rim

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Mounir_Chafi...


1-6 Seumas Milne - Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs.

Extrait

Loin de protéger sa souveraineté, le gouvernement égyptien l’a vendue à l’étranger pour continuer à toucher des subsides et maintenir son despotisme dynastique, sacrifiant toute prétention à son rôle historique de leader du monde arabe, écrit Seumas Milne.

Si une survivante de l’Holocauste, âgée de 85 ans, avait fait la grève de la faim en soutien d’un peuple assiégé dans une autre partie du monde, et si des centaines de manifestants plutôt occidentaux avaient été pris pour cible et battus par la police, vous pouvez être sûr que nous aurions entendu parler de tout cela.

Mais parce que cela s’est passé dans l’Egypte soutenue par l’Occident plutôt qu’en Iran, et parce que le peuple soutenu par les manifestants était les Palestiniens de Gaza au lieu de, disons, les Tibétains, la plupart des gens en Europe et en Amérique du Nord n’en ont rien su.

Ces deux dernières semaines, deux groupes composés de centaines de militants se sont affrontés avec des policiers et des officiels égyptiens pour pouvoir pénétrer dans la bande de Gaza afin d’exprimer leur solidarité avec la population sous blocus, à l’occasion du premier anniversaire de l’assaut dévastateur d’Israël.

Hier soir [6 janvier], le convoi Viva Palestina de George Galloway, fort de 500 personnes et transportant de l’aide médicale, a finalement été autorisé à entrer dans Gaza, déduction faite de 50 de ses 200 véhicules, après avoir été bloqué plusieurs fois, détourné et soumis à des menaces->] par la sécurité égyptienne - avec une agression brutale le mardi soir [5 janvier] dans le port égyptien d’El Arish qui a eu pour résultat des dizaines de blessés malgré la présence d’un député britannique et de 10 députés turcs.

Ceci succédait à une tentative [d’entrer dans Gaza] des 1400 manifestants de « la Marche pour la Liberté de Gaza » venus de plus de 40 pays - seuls 84 d’entre eux ayant été autorisés à traverser la frontière. C’est ce qui a conduit Hedy Epstein, dont les deux parents sont morts à Auschwitz, à refuser de s’alimenter au Caire tandis que les manifestants étaient violemment dispersés et que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, était reçu à bras ouverts non loin de là.

Hier, des manifestations organisées du côté de la frontière de Gaza par les Palestiniens contre le harcèlement subi par le convoi « Viva Palestine » ont conduit à des affrontements violents avec les forces de sécurité égyptiennes au cours desquels un soldat égyptien a été tué et de nombreux Palestiniens blessés.

Mais bien que la confrontation ait été largement ignorée en Occident, cela a été un événement médiatique majeur au Moyen-Orient et qui n’a fait de tort qu’à l’Egypte. Et tandis que le gouvernement égyptien affirme qu’il ne fait que maintenir sa souveraineté nationale, ces événements ont en revanche clairement exposé sa complicité avec le blocus de Gaza et la punition collective imposée à ses 1,5 million d’habitants - blocus voulu par les Etats-Unis et soutenu par l’Union Européenne.

Le principal protagoniste de l’état de siège, Israël, ne contrôle que trois côtés de la bande de Gaza. Sans l’Egypte qui contrôle le quatrième, le blocus serait inefficace. Mais après avoir toléré des tunnels qui ont sauvé les habitants de Gaza de l’état d’extrême mendicité, le régime du Caire a lancé, afin de rendre le blocus total, la construction d’un mur souterrain en acier - appelé « le mur de la honte » par beaucoup d’Égyptiens - sous l’étroite supervision des Etats-Unis.

C’est en partie parce que le dictateur égyptien vieillissant, Hosni Mubarak, craint une contamination à travers la frontière de l’administration du Hamas élue à Gaza dont les alliés idéologiques dans l’organisation interdite des Frères Musulmans seraient susceptibles de remporter des élections organisées librement en Egypte.

Mais deux autres facteurs semblent avoir joué un rôle décisif pour convaincre le Caire de se plier aux pressions américaines et israéliennes et de serrer la vis sur les Palestiniens de Gaza ainsi que sur ceux qui les soutiennent. Le premier était une menace américaine de supprimer des centaines de millions de dollars d’aide si l’Egypte ne sévissait pas contre la « contrebande » d’armes et autres produits. Le second est le besoin d’un acquiescement de la part des États-Unis dans la succession très attendue et héréditaire de Gamal, ex-banquier et fils de Moubarak, à la présidence.

Ainsi loin de protéger sa souveraineté, le gouvernement égyptien l’a vendue à l’étranger pour continuer à toucher des subsides et maintenir son despotisme dynastique, sacrifiant toute prétention à son rôle historique de leader du monde arabe.

D’un point de vue international plus large, c’est précisément cet appui par l’Occident de régimes tels que l’Egypte, répressifs et qui ne représentent qu’eux-mêmes, en même temps que son soutien indéfectible à l’occupation israélienne et à la colonisation des terres palestiniennes qui sont au cœur de la crise au Moyen-Orient et dans le monde musulman.

Des décennies d’un soutien, affamé de pétrole, de despotes, de l’Iran à Oman, de l’Egypte à l’Arabie saoudite, en même temps que l’échec du nationalisme arabe à achever la décolonisation de la région, ont alimenté en premier lieu l’islamisme puis l’éruption de sa variante Al-Qaida il y a maintenant plus d’une décennie.

Mais, loin de comprendre que l’hostilité naturelle à un contrôle étranger sur la région et à ses ressources était au centre du conflit, la réponse désastreuse a été d’étendre la présence de l’Occident encore plus profondément, avec de nouvelles et encore plus destructrices invasions et occupations en Irak, Afghanistan et ailleurs. Et le court flirt de l’administration Bush avec la démocratisation dans les États clients tels que l’Egypte a été rapidement abandonné une fois qu’il est devenu clair qui était susceptible d’être élu.

Sous Barack Obama la logique empoisonnée de ce bourbier impérial conduit inexorablement à la propagation de la guerre. À la suite de l’attentat manqué sur un vol à destination de Detroit le jour de Noël, le président américain a annoncé cette semaine deux nouveaux fronts dans la guerre contre le terrorisme, Gordon Brown emboîtant fidèlement le pas : le Yémen où le candidat à l’attentat aurait été formé, et la Somalie où Al-Qaida a également pris racine dans le bourbier de la guerre civile et de la désintégration sociale chronique.

Le renforcement de l’intervention militaire occidentale dans ces deux pays va certainement aggraver le problème. En Somalie, il l’a déjà fait, après que les États-Unis aient soutenu l’invasion éthiopienne de 2006 qui a renversé la relativement pragmatique « Union des tribunaux islamiques » et a engendré le mouvement Shabab, plus extrémiste, lié à Al-Qaida et qui exerce maintenant son contrôle sur de grandes parties du pays.

L’extension du soutien américain à l’impopulaire gouvernement yéménite, déjà confronté à une rébellion armée dans le nord et à la menace d’une sécession du sud rebelle - qui a été le seul a réussir en 1967 à pousser au départ le régime colonial britannique - ne peut que jeter de l’huile sur le feu.

Le premier ministre britannique a essayé cette semaine de nous convaincre que la croissance d’Al-Qaida au Yémen et en Somalie illustrait le fait que la stratégie occidentale « fonctionnait », parce que l’escalade de la guerre en Afghanistan et au Pakistan aurait contraint Al-Qaeda à chercher à établir des sanctuaires ailleurs. En réalité, il s’agit d’une manifestation de l’échec grotesque de toute la guerre contre le terrorisme. Depuis son lancement en octobre 2001, Al-Qaida s’est propagé à partir des montagnes de l’Afghanistan à travers toute la région : l’Irak, le Pakistan, la corne de l’Afrique et bien au-delà !

Plutôt que de réduire l’aide occidentale aux dictatures et aux occupations qui alimentent le terrorisme dans sa variante Al Qaeda, et plutôt que de concentrer ses ressources policières pour la contrer, les États-Unis et leurs alliés ont répété et étendu inexorablement les monstruosités qui ont produit ce terrorisme. C’est une recette pour une guerre sans fin contre le terrorisme.

* Seumas Milne est journaliste et éditeur associé au journal britannique The Guardian

7 janvier 2010 - The Guardian –

Vous pouvez consulter cet article à :http://www.guardian.co.uk/commentis...
Traduction : Claude Zurbach Seumas Milne

http://nasr-moqawama.blogspot.com


1-7 Docteur Balawi, agent triple et kamikaze.

Comment un djihadiste prétendument repenti, devenu la principale source d’informations des Américains, a attiré dans son piège – et décimé – la cellule de la CIA chargée de la traque des principaux chefs d’Al-Qaïda.

L’opération kamikaze qui a ciblé, le 30 décembre, à Khost, capitale de la province du même nom, la base Chapman, où se trouve le quartier général de la CIA en Afghanistan, constitue un revers cuisant pour le renseignement américain dans sa traque des principaux leaders de la nébuleuse islamiste. Non seulement Oussama Ben Laden demeure insaisissable, mais ses ouailles ont réussi à frapper au cœur le dispositif mis en place par les États-Unis pour retrouver sa trace.

Al-Qaïda a même poussé l’audace jusqu’à emprunter un mode opératoire jusque-là labellisé CIA: l’agent double.

Traitée de « nulle » par le Pentagone – dirigé par Robert Gates, un ancien de la maison –, devenue la risée des confrères des quinze autres agences américaines de renseignements, dont les rivaux du FBI, la CIA a perdu dans l’opération des officiers quasi irremplaçables. En outre, l’attentat de Khost a jeté le discrédit sur le mode de collecte d’informations et remis en question la fiabilité des services secrets partenaires dans la lutte antiterroriste, au premier rang desquels les moukhabarat jordaniennes – pourtant réputées comme étant parmi les plus efficaces du monde arabe –, responsables d’avoir permis l’introduction du loup dans la bergerie. 

Amateurisme et négligence

Le loup en question, un certain Houmam Khalil Abou Moulal al-Balawi, médecin jordanien de 32 ans, était présenté comme la source de renseignement principale pouvant mener à la tanière d’Aymen al-Zawahiri, numéro deux d’Al-Qaïda, aussi insaisissable que son patron. Le 30 décembre dernier, quatre membres de la section Alex, nom de code de la cellule chargée de la traque des chefs d’Al-Qaïda, attendent l’arrivée du précieux informateur, accompagné de son officier traitant jordanien, le capitaine Cherif Ali Ibn Zayd, brillant officier des moukhabarat, qui plus est membre de la famille royale des Hachémites. La réunion est suffisamment importante pour que la Maison en soit informée. Sont présents, outre quatre officiers de la CIA, dont deux sont venus directement de Langley (Virginie), siège de l’agence, pour l’occasion, deux agents de la compagnie privée de sécurité Blackwater et le commandant de la base Chapman. Ni Balawi ni le capitaine Ibn Zayd ne sont fouillés à leur arrivée au camp militaire.

Le kamikaze pénètre enfin dans le saint des saints, l’endroit sans doute le mieux protégé d’Afghanistan, qui abrite le centre de commandement des opérations de liquidation des chefs d’Al-Qaïda et des émirs résistants. Le capitaine Ibn Zayd présente à l’assistance sa perle rare: « l’homme qui sait où dort Zawahiri ». Balawi actionne alors sa ceinture d’explosifs, tuant les sept Américains et le cousin du roi Abdallah II. Dans les milieux du renseignement, on n’en revient pas de l’amateurisme conjoint de la CIA, du commandement de la base et des gorilles de Blackwater, censés protéger les deux émissaires de Langley. Pis: l’auteur de l’attaque n’est pas inconnu des services occidentaux. Houmam Khalil al-Balawi, alias Abou Doujana al-Khourasani, était répertorié comme un idéologue de la mouvance djihadiste. Une de ses fatwas, datée de janvier 2007, avait contraint les services de sécurité français à placer sous protection le philosophe toulousain Robert Redeker, auteur d’une chronique au vitriol contre le Coran publiée en septembre 2006 par Le Figaro. En réussissant à frapper au cœur le « Satan » américain, Balawi est entré au panthéon de l’internationale djihadiste. Qui était-il

Médecin bénévole pendant « Plomb durci »

Né en 1977 à Koweït City, où son père, un Palestinien réfugié de 1948, s’était installé depuis plusieurs années en qualité de conseiller pédagogique, Houmam est issu de la tribu des Abou Moulal, réfugiée en Jordanie après la naissance de l’État d’Israël. Enfance sans histoire mais adolescence perturbée par l’invasion irakienne du Koweït, en 1991. La famille Balawi est de nouveau contrainte à l’exil. Houmam, ses huit frères et sœurs, ainsi que ses parents se retrouvent à Amman, dans le quartier chic de Nouzha. Brillant élève, Houmam décroche son bac avec mention en 1995. Ce qui lui vaut une bourse d’études à l’étranger. Ayant grandi dans une famille pieuse et assez conservatrice, Houmam choisit Istanbul, en Turquie, pour y poursuivre des études de médecine. Il y rencontre Dafnae, militante islamiste, qui deviendra son épouse et avec laquelle il aura deux filles. Son diplôme de médecin en poche, il retourne à Amman en 2003, l’année de « Liberté immuable », nom de code de l’invasion de l’Irak.

Le docteur Balawi travaille dans de nombreuses cliniques de la capitale jordanienne. Casanier, porté sur la lecture, il a peu d’amis, fréquente rarement les mosquées salafistes… mais n’en pense pas moins. Sans même que ses proches s’en rendent compte, le docteur Balawi devient Abou Doujana al-Khourasani. C’est sous ce pseudonyme qu’il signe des articles incendiaires sur les forums islamistes qui polluent Internet. Son style lui vaut une rapide notoriété dans les milieux djihadistes, mais rares sont ceux qui connaissent l’identité exacte de celui qui dirige, depuis 2007, le site Hesba, l’un des mieux informés sur les activités d’Al-Qaïda, diffusant, quasiment en temps réel, les images d’attentats ou d’otages occidentaux détenus en Irak ou en Afghanistan. L’opération « Plomb durci », menée par Tsahal entre décembre 2008 et janvier 2009, marque le docteur Balawi. Il est alors médecin bénévole à l’UNRWA, l’agence onusienne d’aide aux réfugiés palestiniens.

Une « balance » très loquace

Le spectacle d’enfants brûlés au phosphore blanc le traumatise.

Abou Doujana écrit alors une tribune où il explique que « la plume du djihadiste ne saurait lui garantir le paradis si son sang ne coule pas pour la cause ». Si l’on sait quand il a décidé d’agir (manifestement après son voyage à Gaza, en février 2009), nul n’est en mesure d’affirmer si l’idée, le mode opératoire et le timing sont de son fait.

Toujours est-il que le docteur Balawi décide de tomber le masque d’Abou Doujana. Il est arrêté par les services jordaniens en mars. Incarcéré, il fait le repenti, celui qui a peur d’être torturé, et balance à tout-va. Les limiers jordaniens n’en reviennent pas. La terreur Abou Doujana se révèle une poule mouillée, qui plus est cupide, puisqu’il s’intéresse aux millions de dollars que promettent les Américains en échange d’informations pouvant mener aux « stars » d’Al-Qaïda. Au bout de quinze jours, le docteur est libéré, officiellement pour « insuffisance de preuves ».

En fait, les services jordaniens sont convaincus d’avoir déniché un filon en or dans la traque de Ben Laden. Au fil des mois, la balance Balawi est réellement efficace. Ses « informations » permettent de déjouer un attentat contre le roi Abdallah II. Les préparatifs n’étaient nullement une fiction et les personnes arrêtées étaient effectivement « mandatées » par Al-Qaïda pour s’attaquer au souverain jordanien. Le docteur Balawi devient le protégé du capitaine Ali, cousin du monarque. Il dénonce également quelques chefs résistants. L’information est transmise à la section Alex, qui envoie des drones à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Balawi devient la perle qu’évoquent les moukhabarat jordaniennes devant leurs interlocuteurs de la CIA. 

Sur les traces de Zawahiri

En août 2009, quelques jours après l’élimination par la CIA – grâce à lui? – de Baitullah Mehsud, chef des résistants du Pakistan, il propose à son officier traitant une mission au Pakistan pour localiser Zawahiri. Pour mieux tromper le capitaine Ibn Zayd, il exige de ne pas partager les 25 millions de dollars promis par l’administration américaine.

Les deux hommes se rendent au Pakistan. L’espion jordanien n’en croit pas ses yeux. Le docteur Balawi est comme un poisson dans l’eau à Peshawar, ville du nord-ouest du Pakistan, mythique aux yeux des djihadistes et des vétérans arabes de la première guerre d’Afghanistan. Ibn Zayd se retrouve en compagnie de Hakimullah Mehsud, successeur de son cousin Baitullah à la tête des résistants pakistanais. Il assiste, sans le savoir, à l’enregistrement de la revendication de l’attentat qui lui coûtera la vie et qui sera diffusé par Al-Jazira le 9 janvier.

Le 26 décembre, Langley est dans la tourmente.

L’attentat déjoué contre un vol Amsterdam-Detroit le jour de Noël a provoqué la colère du président Barack Obama. « Des têtes vont tomber », promet-il. C’est dans ce contexte tendu que parvient une bonne nouvelle d’Islamabad. Le capitaine Ibn Zayd annonce en langage codé que Zawahiri a été localisé.

Rendez-vous est pris pour le 30 décembre, à Khost. On connaît la suite…

A

26/1

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2558p044-046.x...


1-8Le retour de la Russie en Afghanistan.

La nouvelle stratégie militaire américaine en Afghanistan est sur le point d’avoir une conséquence pour le moins inattendue… Le retour de la Russie sur ce théâtre d’opérations.

Quand on songe que les USA ont soutenu les Talibans pour contrer l’intervention soviétique dans l’ancienne Bactriane, cela laisse pour le moins rêveur quand aux retournements et clins d’œil de l’histoire.

La volonté d Obama d’augmenter les effectifs et surtout de les Otaniser pose déjà des problèmes. L’attitude servile du président français a peu d’impact sur le plan logistique qui reste de loin l’essentiel. Les USA savent ne plus pouvoir vraiment compter sur une base capitale. Il s’agit de la base de Manas au Kirghizstan.

Le Kirghizstan a insisté sur le fait que sa décision de fermer une base aérienne installée par les Etats-Unis sur son territoire, vitale pour l’approvisionnement des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, était « définitive ». Le Tadjikistan est prêt lui au contraire a autoriser le transit de matériel vers la coalition internationale en Afghanistan après la décision du Kirghizstan.

Comme pour montrer qu’elle menait le jeu, la Russie, qui souhaitait ardemment la fermeture de cette base, a affirmé qu’elle permettrait le transit de matériel envoyé par les Etats-Unis en Afghanistan.

Le véritable motif de la démarche de Bichkek est à chercher en effet du côté de Moscou.

En effet, conformément à l’accord signé le 3 février par les présidents des deux pays, la Russie octroie au Kirghizistan, dont la situation économique est catastrophique, une aide financière de 150 millions de dollars et un crédit de 300 millions de dollars.

La Russie construira également une centrale hydroélectrique au Kirghizistan, qui connaît des crises énergétiques à répétition. Enfin, la dette contractée par Bichkek auprès de Moscou – 180 millions de dollars – sera annulée en échange d’une participation russe dans quelques entreprises kirghizes et de l’ouverture d’un centre culturel russe à Bichkek. L’éviction des 1 200 soldats américains déployés sur la base de Manas est une victoire pour Moscou.

Hantée par la restauration de sa puissance perdue, la Russie cherchait depuis longtemps à reprendre pied en Asie centrale.

L’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitri Rogozine a affirmé que Moscou reprendrait les réunions formelles du Conseil Otan-Russie.

Cela arrivera, avait-il assuré, mais cela devra venir « à l’initiative de l’OTAN ». »C’est un intérêt commun d’unir nos efforts contre les résistants en Afghanistan donc nous avons beaucoup de travail à l’avenir », avait ajouté Rogozine. »L’Afghanistan est une des zones où l’OTAN et la Russie voient d’un même œil l’importance de la coopération et je pense que vous allez constater un approfondissement », a dit plus tard le porte-parole de l’Otan.

Selon le porte-parole, la Russie et l’OTAN considèrent toutes deux que la coopération en Afghanistan doit être élargie politiquement et si possible militairement, mais Ivanov a prévenu qu’aucun déploiement de troupes russes n’était envisagé.

En tout cas pour le moment en attendant peut être que les UUSA et l’OTAN ne s’enfoncent encore plus dans ce piège afghan qui permet à Moscou de revenir en force en Asie centrale.

Pierre LAMBERT

http://www.mecanopolis.org/?p=3788


1-9 2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell.

Attention

A voir si on peut assimiler l'invasion britannique au 19 ème et l'intervention soviétique au 20ème comme le  prétend ce texte du Grd Soir.

Personnellement, je ne le crois pas

Sinon : texte dénonçant les mensonges notamment  la procédure d'inversion dans les discours ainsi que le recours à un terme fourre-tout, diabolisé (Résistants, Al Quaeda, autrefois Viet Cong et bien d'autres)

Intéressant

2010 : Bienvenue dans le monde d’Orwell.

John PILGER

Dans son livre « 1984 », George Orwell décrit un super état nommé Oceania dont le langage guerrier inversait les termes pour en faire des mensonges qui « sont passés dans l’histoire comme des vérités. « Celui qui contrôle le passé, » disait le slogan du Parti, « contrôle le futur : celui qui contrôle le présent contrôle le passé. »

Barack Obama est le dirigeant de l’Oceania contemporain. En deux discours en cette fin de décennie, le lauréat du prix Nobel de la paix a affirmé que la paix n’était plus la paix, mais plutôt une guerre permanente qui « s’étend bien au-delà de l’Afghanistan et du Pakistan » jusqu’à des « régions agitées et des ennemis diffus » (*). Il l’a définie comme la « sécurité globale » et nous conviait à nous montrer reconnaissants. A l’intention du peuple d’Afghanistan, que les Etats-Unis ont envahi et occupé, il a déclaré avec malice : « Nous n’avons aucun intérêt à occuper votre pays ».

Dans l’état d’Oceania, vérité et mensonge ne font qu’un. Selon Obama, l’attaque américaine contre l’Afghanistan en 2001 fut autorisée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il n’y a jamais eut d’autorisation des Nations Unies. Il a dit que « le monde » soutenait l’invasion au lendemain du 11 septembre alors qu’en réalité dans 34 des 37 pays sondés par l’institut Gallup, une écrasante majorité s’y opposait. Il a dit que les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan « uniquement après que les Résistants aient refusé de livrer (Oussama) Ben Laden ». En 2001, les Résistants ont tenté à trois reprises de livrer Ben Laden, selon le régime militaire du Pakistan, mais ils furent ignorés. Et même la mythification du 11 septembre par Obama pour justifier sa guerre est fausse. Plus de deux mois avant l’attaque des tours jumelles, le ministre des affaires étrangères du Pakistan, Niaz Naik, était informé par l’administration Bush qu’une attaque militaire allait être lancée mi-octobre. Le régime résistants à Kaboul, qui avait été secrètement soutenu par l’administration Clinton, n’était plus considéré comme suffisamment « stable » pour garantir le contrôle américain sur les oléoducs et gazoducs vers la mer Caspienne. Le régime devait donc être renversé.

Le mensonge le plus éhonté d’Obama est que l’Afghanistan aujourd’hui est un « havre » pour Al-Qaeda et ses attaques contre l’Occident. Mais son propre conseiller à la sécurité nationale, le Général James Jones, a déclaré au mois d’octobre qu’il y avait « moins de 100 » membres d’Al-Qaeda en Afghanistan. Selon les services de renseignement US, 90 % des Résistants sont à peine des Résistants, mais « une insurrection tribale locale qui s’oppose aux Etats-Unis parce ces derniers constituent à leurs yeux une force d’occupation. » La guerre est une arnaque. Il faut avoir un encéphalogramme à plat pour croire encore à la « paix mondiale » qu’Obama veut nous vendre.

Cependant, en coulisses se prépare un véritable plan. Sous le commandement du troublant Général Stanley McCrystal, qui fut distingué pour ses escadrons de la mort en Irak, l’occupation d’un des pays les plus pauvres est un modèle pour les « régions agitées » du monde qui échappent encore au contrôle d’Oceania. Il est connu sous le nom de COIN, ou « counter-insurgency network » (réseau de contre insurrection), qui rassemble militaires, organisations humanitaires, psychologues, anthropologues, média et consultants en relations publiques. Noyé sous un jargon qui parle de gagner les coeurs et les esprits, son objectif est de provoquer des conflits interethniques et une guerre civile : Tadjiks et Ouzbekes contre Pashtouns.

C’est ce que les Américains ont fait en Irak où ils ont détruit une société multiethnique. Ils ont acheté des gens et construit des murs entre des communautés où auparavant on connaissait des mariages mixtes, ils ont procédé à un nettoyage ethnique des sunnites et exilé des millions à l’étranger. Les médias embarqués ont présenté tout ceci comme « la paix », et les universitaires américains à la solde de Washington et les « experts en sécurité » coachés par le Pentagone sont apparus à la télévision pour répandre la bonne nouvelle. Comme dans « 1984 », c’est le contraire qui était vrai.

Quelque chose de similaire est prévu pour l’Afghanistan. La population sera déportée dans des « zones cibles » contrôlées par des chefs de guerre financés par Washington et le trafic d’opium. Que ces chefs de guerre soient notoirement connus pour leur barbarie n’a aucune importance. « Cela ne nous dérange pas » avait déclaré un diplomate de l’administration Clinton en référence de la persécution des femmes sous le régime « stable » des Résistants. Des organisations humanitaires, des ingénieurs et des agronomes seront désignés pour gérer la « crise humanitaire » et ainsi « sécuriser » les zones tribales.

Voilà pour la théorie. Ca a bien fonctionné en Yougoslavie où une partition éthnique sectaire a balayé une société qui était jadis pacifique, mais ça a échoué au Vietnam où le programme des « hameaux stratégiques » de la CIA dont l’objectif était de regrouper la population et la diviser pour battre le Viet Cong – un terme fourre-tout que les américains employaient pour désigner les résistants, comme aujourd’hui ils emploient le terme « Résistants ».

Une part de responsabilité incombe aux Israéliens, qui depuis longtemps conseillent les Américains en Irak et en Afghanistan. Les nettoyages ethniques, la construction de murs, les points de contrôle, les punitions collectives et la surveillance constante sont revendiqués comme des innovations israéliennes qui ont permis le vol de la majorité du territoire Palestinien. Et pourtant, malgré toutes les souffrances endurées, les Palestiniens n’ont pas été irrévocablement divisés et résistent en tant que nation, contre toute attente.

Les précurseurs les plus emblématiques du Plan Obama, que le lauréat du Prix Nobel de la Paix et son étrange général et ses hommes en charge des relations publiques aimeraient nous faire oublier, sont ceux qui ont échoué en Afghanistan justement.

Les Britanniques au 19eme siècle et les Soviétiques au 20eme siècle ont tenté de conquérir le pays sauvage par le nettoyage ethnique mais ont du déguerpir, après avoir provoqué un bain de sang. Leurs mémoriaux sont les cimetières des empires. Le pouvoir d’un peuple, parfois déroutant, souvent héroïque, est comme des graines qui germent sous un manteau de neige, et les envahisseurs le craignent.

« C’était curieux », a écrit Orwell dans « 1984 », «  de penser que le ciel était le même pour tous, en Eurasie, en Estasie ou ici. Et que les gens sous ce ciel étaient très semblables, partout dans le monde... des gens qui s’ignoraient, séparés par des murs de haine et de mensonges, et qui pourtant étaient pratiquement les mêmes qui ... accumulaient dans leurs coeurs, leurs ventres et leurs muscles l’énergie qui un jour allait renverser le monde. »

John Pilger

01-01-10
http://ww.johnpilger.com

traduction VD pour le Grand Soir

(*) Discours du président Obama en français : http://french.chad.usembassy.gov/di...

URL de cet article : http://www.legrandsoir.info/2010-Bienvenue-dans-le-monde-...

http://www.leprogres.fr/fr/france-monde/article/2626370,1...


n°315 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Suite - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.

n°315   - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 05/02/10 - : Suite  - : Le droit de résister à l'occupation et à l'agression.




                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

n°315                                                                                                                            05/02/10

C.De Broeder    &   M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 Fin

1-10 Natalie Nougayrède : La stratégie hésitante des Occidentaux…

1-11 Chris HEDGES : Un jour nous serons tous des résistants.

2 Annexe

2-1 Les outils de l’impérialisme.

2-2 Oscar Fortin : Vérité-mensonge-vérité.

2-3 G. Houbballah : Voila pour lequel ont se bat.

2-4 Eric Ouzounian : Armée française: la tentation des mercenaires.



1-10 Natalie Nougayrède : La stratégie hésitante des Occidentaux…

Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

Alors que les enjeux de la lutte contre Al-Qaida viennent d'être remis en évidence par la tentative d'attentat, le 25 décembre 2009, sur un avion de ligne reliant Amsterdam à Detroit, puis par la spectaculaire attaque-suicide du 30 décembre contre une base de la CIA à Khost, en Afghanistan, la communauté internationale se prépare à se réunir de nouveau au chevet de l'Afghanistan.

L'opération de la coalition internationale sous mandat de l'ONU est désormais entrée dans sa neuvième année.

Une conférence internationale, prévue à Londres le 28 janvier, vise à faire repartir sur de meilleures bases la relation compliquée entre le président afghan, Hamid Karzaï, réélu en novembre 2009 pour cinq ans, et les gouvernements occidentaux qui cherchent à stabiliser son pays face à l'extension de l'insurrection résistante.

De lourdes incertitudes planent sur la conférence. Annoncée en novembre 2009 par le premier ministre britannique, Gordon Brown, qui est en pleine campagne électorale, elle est jugée prématurée par certains experts, car le renfort de troupes décidé par le président américain, Barack Obama, commence à peine à se mettre en place. "De quoi discutera-t-on au juste ?", s'interrogent des diplomates, d'autant que "personne n'a d'argent supplémentaire à mettre au pot".

Une autre question se pose : M. Karzaï aura-t-il formé son gouvernement avant cette date ? Cet aspect est important pour les Occidentaux, qui veulent plus que jamais obtenir de lui des engagements de "bonne gouvernance" et de lutte contre la "corruption".

Le 3 janvier, le Parlement afghan a récusé les deux tiers des ministres que M. Karzaï proposait. Des diplomates se demandent si le dirigeant afghan ne cherchera pas à tirer argument de cette situation pour faire baisser une partie de la pression qui s'exerce sur lui.

L'enjeu pour les partenaires de l'Afghanistan est de relégitimer la relation avec un président dont la reconduction s'est faite dans des conditions chaotiques : fraudes au premier tour, annulation du second tour. "C'est une reprise en main un peu illusoire de Karzaï, après la tragi-comédie de l'élection", commente une source européenne. Le soutien des opinions publiques occidentales est dans la balance.

Depuis 2001, les conférences internationales sur l'Afghanistan se succèdent à un rythme soutenu - en moyenne une par an. Celle de Londres à la particularité d'intervenir au moment où l'arrivée progressive de 30 000 soldats américains supplémentaires devrait, d'ici à l'été (en ajoutant les contributions nouvelles d'autres pays : 10 000 soldats, dont 7 000 de l'OTAN), porter la force internationale au-delà des 130 000 hommes.

La France et l'Allemagne réservent leur réponse. Y aura-t-il des annonces à l'occasion de la conférence de Londres ? Les Etats-Unis demandent 1 500 soldats de plus à Paris, qui a déployé à ce jour 3 750 hommes sur l'ensemble du théâtre des opérations. Le président Nicolas Sarkozy serait, selon nos sources, tenté de "couper la poire en deux" en envoyant 600 ou 700 hommes de plus.

L'idée est de renforcer la présence de gendarmes français (aujourd'hui 150) chargés de former des policiers afghans, d'envoyer d'autres instructeurs et aussi de dépêcher environ 200 soldats de plus pour les opérations de combat. Ce renfort est souhaité par la hiérarchie militaire française.

Paris semble vouloir en savoir plus sur les intentions allemandes avant de fixer son choix. En Allemagne, les retombées politiques de la "bavure" militaire de Kunduz en septembre 2009 (plus de 140 civils tués dans un bombardement) compliquent le dossier pour la chancelière, Angela Merkel.

Plus généralement, le débat qui s'est focalisé ces derniers mois sur le nombre de troupes fait craindre une dérive vers le tout-militaire, au détriment de la reconstruction et avec les risques de nouvelles pertes civiles que cela pourrait comporter.

Selon l'ONU, sur les 2 021 civils tués au cours des dix premiers mois de l'année 2009, près de 1 400 ont péri dans des attaques des résistants et 465 dans des actions de la coalition. Non sans calculs politiques, le président Karzaï continue de concentrer ses critiques sur les pertes causées par l'OTAN.

Le représentant spécial de l'ONU en Afghanistan, le Norvégien Kai Eide, dont le successeur devrait être annoncé le 28 janvier, met en garde : "Le surge militaire ne doit pas miner les objectifs civils, qui sont tout aussi importants. Ni l'élaboration d'une stratégie à dominante politique", a-t-il dit devant le Conseil de sécurité. "Autrement, nous allons échouer."

L'année 2009 a été la plus meurtrière pour la coalition.

La qualité des renseignements dont l'OTAN dispose sur le terrain vient d'être fustigée par un de ses responsables à Kaboul, le général Michael Flynn.

Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, assure pour sa part que le "grand atout" des troupes françaises est de "savoir parler aux paysans" afghans, qui "nous font confiance".

Paris considère que la tenue d'une autre conférence internationale, au printemps, à Kaboul cette fois, permettrait de mieux souligner la volonté de transfert de responsabilités aux Afghans.

Natalie Nougayrède

9/1

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/01/09/a... 


1-11 Chris HEDGES : Un jour nous serons tous des résistants.

Syed Fahad Hashmi pourrait vous en raconter sur le côté sombre des Etats-Unis.

Il sait que nos droits défendus par le Premier Amendement ne sont plus qu’une farce, que l’habeas corpus n’existe plus et que nous torturons, non seulement dans des trous noirs comme la base aérienne de Bagram ou à Guantanamo, mais aussi dans le centre de détention métropolitain de Manhattan.

Hashmi est un citoyen étasunien d’origine musulmane. Il a été emprisonné sous deux accusations de fournir de l’aide matériel et un soutien à Al-Qaeda. Alors que la date de son procès approche, son calvaire démontre que la plus grande menace qui nous guette ne vient pas des extrémistes islamiques mais de la codification de procédures draconiennes qui nient aux américains leurs droits élémentaires et un procès équitable. Hashmi serait mieux placé que moi pour vous expliquer tout ça, mais le problème c’est qu’il n’a pas le droit de parler.

Si l’histoire peut nous apprendre quelque chose, c’est qu’un jour cette corruption de notre système judiciaire ne sera plus réservée aux seuls accusés de terrorisme, ni même aux musulmans américains. Dans la perspective des agitations et crises économiques à venir, ce traitement sera appliqué à tous ceux qui seront qualifiés d’agitateurs ou de subversifs.

Hashmi endure ce que beaucoup d’autres, non musulmans, vont endurer plus tard. Des militants radicaux, des mouvements écologistes, altermondialistes, antinucléaires, du développement durable et anarchistes – qui sont d’ores et déjà placés dans des centres de détention spéciaux avec les musulmans accusés de terrorisme – ont découvert que son sort était aussi le leur. Des groupes courageux ont organisé des protestations, dont des veillées devant le centre de détention de Manhattan. On peut les découvrir sur www.educatorsforcivilliberties.org ou www.freefahad.com. Pendant la journée Martin Luther King, le 18 janvier prochain (2010), une manifestation sera organisée devant le centre pour exiger le respect des droits constitutionnels. Allez-y, si vous pouvez.

Le dossier contre Hashmi, comme dans la plupart des affaires de terrorisme déclenchées par l’administration Bush, est incroyablement vide. C’est peut-être la raison pour laquelle l’état a crée des codes civils et pénaux parallèles réservés à ceux qu’il accuse d’entretenir des liens avec le terrorisme. S’il ne s’agissait que d’une question d’éléments concrets à présenter, des militants comme Hashmi, accusé d’avoir facilité la livraison de chaussettes à Al Qaeda, n’auraient probablement jamais été présentés devant la justice.

Hashmi, qui risque 70 ans de prison, a été maintenu en isolement depuis plus de deux ans et demi. Des mesures administratives spéciales (Special administrative measures – SAM) ont été imposées par le Département de Justice pour empêcher ou strictement limiter toute communication avec d’autres prisonniers, avocats, famille, médias ou personnes extérieures à la prison. Il n’a pas droit aux journaux ni aux livres. Hashmi n’a pas le droit d’assister aux séances de prières. Il est sous surveillance vidéo 24/24h et enfermé 23h par jour. Il doit se doucher et aller aux toilettes sous l’oeil des caméras. Il a le droit d’écrire une lettre par semaine à un seul membre de sa famille, mais il ne peut pas utiliser plus de trois feuilles de papier. Il n’a pas accès à l’air libre et doit passer son heure de recréation dans une cage. Son « penchant pour la violence » est invoqué pour expliquer ces mesures, même s’il n’a été jamais été accusé ou condamné pour des actes de violence.

« Mon frère était un militant », m’a dit au téléphone son frère, Faisal, depuis sa maison dans le Queens. « Il s’exprimait sur des sujets qui préoccupent les musulmans, particulièrement les guerres en Irak et en Afghanistan. Son arrestation et ses tortures n’ont rien à voir avec la fourniture de ponchos ou de chaussettes à Al Qaeda, ce dont on l’accuse, il s’agit d’une manipulation de la loi pour réprimer les militants et effrayer la communauté musulmane aux Etats-Unis. Mon frère est un exemple. Le traitement qui lui est infligé est destiné à montrer aux musulmans ce qui les attend s’ils s’expriment sur le sort infligé aux musulmans. Nous avons perdu tous les appels en justice pour préserver son humanité et faire lever les mesures administratives spéciales. Ces mesures sont destinées uniquement à briser psychologiquement les prisonniers et à terroriser la communauté musulmane. Ces mesures illustrent la malveillance à l’égard des musulmans qui existe chez nous et la malveillance à l’égard des millions de musulmans qui sont considérés comme des animaux en Irak et en Afghanistan. »

La privation sensorielle infligée à Hashmi est une forme de torture psychologique très efficace pour briser la volonté et désorienter les détenus. C’est une forme de science appliquée à la torture. En Allemagne, la Gestapo brisait les os tandis que son successeur, la Stasi communiste est-allemande, brisait les esprits. Nous sommes semblables à la Stasi. Nous avons perfectionné l’art de la désintégration psychologique et traîné devant des tribunaux secrets des accusés qui n’avaient plus la capacité mentale et psychologique de se défendre.

« Le droit de Hashmi à un procés équitable a été violé, » dit Michael Ratner, le président du Centre pour les Droits Constitutionnels (Center for Constitutional Rights ). « Une bonne partie des éléments à charge a été classifiée sous la loi CIPA (Classified Information Procedures Act (CIPA)), Hashimi n’a donc pas été autorisé à en prendre connaissance. L’accusation n’a fourni que récemment quelques éléments des pièces à conviction à ses avocats. Hashmi n’a pas le droit de communiquer avec les média, ni directement ni par l’intermédiaire de ses avocats. Ses conditions de détention ont détérioré son état mental et sa capacité à participer à sa propre défense.

La procédure contre Hashmi, un militant notoire au sein de la communauté musulmane, viole ses droits garantis par le Premier Amendement ainsi que ceux des autres. » ajoute Ratner. « Alors que les croyances religieuses et politiques de Hashmi, ainsi que sa liberté d’expression et d’association sont protégées par la Constitution, le gouvernement s’est vu accorder une grande latitude par le tribunal pour les utiliser comme preuves quant à son état d’esprit et, par extension, à ses intentions. Les éléments à charge qui sont présentés se basent sur une criminalisation par association. Ce qui pourrait aboutir à la suspension des droits garantis par le Premier Amendement pour d’autres, particulièrement pour les militants et les musulmans.

Des déclarations, croyances et associations qui sont garanties et protégées par la Constitution peuvent donc être considérées comme des crimes. Des dissidents, même ceux qui n’enfreignent aucune loi, peuvent voir leurs droits suspendus et se voir emprisonner sans procès équitable. C’est l’équivalent d’une guerre préventive. L’état peut emprisonner et poursuivre des gens non pas pour ce qu’ils ont fait, ni même pour ce qu’ils avaient l’intention de faire, mais pour avoir exprimé des croyances religieuses ou politiques considérées comme séditieuses. Les premiers ciblés ont été les musulmans pratiquants, mais ils ne seront pas les derniers.

« La plupart des éléments du dossier sont classifiés », m’a dit Jeanne Theoharis, professeur de sciences politiques à Brooklyn College, qui a eu Hashmi comme élève, « mais Hashmi n’y a pas accès. Il est citoyen américain. Mais en Amérique, vous pouvez désormais passer devant un tribunal sans connaître les éléments à charge présentés contre vous. Vous pouvez passer 2 ans et demi en isolement avant d’être accusé de quoi que ce soit. On a parlé des gens enlevés et remis à des états tiers, de Guantanamo et d’Abou Ghraib avec cette idée que si ces gens étaient jugés aux Etats-Unis, leurs procès seraient justes et équitables. C’est faux. Ce qui a rendu Guantanamo possible c’est l’abolition de l’état de droit ici et Hashmi n’est pas le seul à la subir. »

Hashmi a été, comme beaucoup de gens arrêtés dans les années Bush, brièvement présenté comme un cas d’école dans la « guerre contre le terrorisme ». Il a été arrêté en Grande Bretagne le 6 juin 2006, suite à un mandant d’arrêt lancé par des Etats-Unis. Son arrestation a fait la une des journaux de CBS et NBC, qui présentaient des graphismes qui disaient « Sur la piste du terrorisme » ou « Réseau résistants ». Il a été détenu pendant 11 mois à la prison Belmarsh à Londres, puis il est devenu le premier citoyen américain à être extradé par la Grande-Bretagne. L’année prédédent son arrestation, Hashmi, diplomé de Brooklyn College, avait obtenu un diplôme d’études supérieures (master’s degree) en relations internationales au London Metropolitan University. Son dossier est aussi vide que celui des sept hommes arrêtés sous l’accusation de complot pour faire sauter la tour Sears, une affaire où, malgré les cinq condamnations prononcées et après deux jugements cassés, un directeur adjoint du FBI a reconnu que le complot relevait plus d’une « aspiration que d’une opération ». Et ça rappelle aussi l’affaire plus ancienne du militant palestinien Sami Al-Arian, actuellement assigné à résidence en Virginie, persécuté par le Département de Justice alors qu’il aurait du être légalement libéré. Au début du mois de mars, la juge Leonie Brinkema, chargée du dossier Al-Arian, a critiqué les actions du procureur dans cette affaire en déclarant sèchement : « je crois qu’il y a quelque chose de plus importante en jeu ici, et c’est l’intégrité du Département de Justice ».

L’affaire Hashmi repose sur le témoignage de Junaid Babar, citoyen étasunien lui aussi. Au début de 2004, Babar a vécu pendant deux semaines avec Hashimi dans l’appartement de ce dernier à Londres. Dans ses bagages, selon le gouvernement, Babar transportait des imperméables, des ponchos et des chaussettes imperméabilisées, qu’il a ensuite livré à un membre d’Al-Qaeda dans le sud du Waziristan, au Pakistan. Hashmi aurait autorisé Babar à utiliser son téléphone portable pour communiquer avec des conspirateurs impliqués dans des projets résistants.

« Hashmi a grandi ici, il était bien connu, il avait un franc-parler, très charismatique et très politisé » dit Theoharis. « Le véritable message envoyé aux musulmans américains est que le militantisme politique a un prix. Ca n’a rien à voir avec la livraison de chaussettes ou de ponchos ou d’imperméables. Croyez-vous réellement qu’Al-Qaeda est incapable de se procurer des chaussettes et des ponchos au Pakistan ? Le gouvernement veut présenter au procès des enregistrements de conversations politiques de Hashmi lorsqu’il était étudiant à Brooklyn College. Pourquoi tolérons-nous ceci ? Parce qu’ils sont musulmans et que cela ne nous concernerait pas ? Tous ceux qui croient aux droits garantis par le Premier Amendement devraient être terrifiés. Il s’agit d’un des enjeux les plus importants de notre époque en matière de droits civiques. Nous l’ignorons à nos risques et périls. »

Babar fut arrêté en 2004 et a plaidé coupable pour quatre accusations de soutien matériel à Al-Qaeda et risque lui aussi 70 ans de prison. Mais il a accepté de témoigner pour le gouvernement et l’a déjà fait lors de deux procès sur le terrorisme en Grande-Bretagne et au Canada. Babar bénéficiera d’une réduction de peine pour services rendus, et beaucoup pensent qu’il sera libéré à l’issue du procès de Hashmi. Puisqu’il n’existe que très peu d’éléments liant Hashmi à des activités résistantss, le gouvernement s’appuiera sur le témoignage de Babar pour démontrer l’existence d’une intention. La réalité de cette intention serait prouvée par des conversations et des déclarations formulées par Hashmi en présence de Babar. Hashmi, qui était membre d’une organisation politique New-yorkaise, Al Muhajiroun, lorsqu’il étudiait à Brooklyn College, a tenu des propos provocateurs en qualifiant les Etats-Unis de la « plus grande organisation résistants au monde ». Mais l’organisation Al Muhajiroun n’est pas considérée par l’administration comme une organisation résistante et en être membre n’est pas illégale. Et quant à la complicité des Etats-Unis dans des actes de terrorisme d’état, c’est simplement une vérité historique.

Il y aura d’autres Hashmis, et le Département de Justice, en prévision d’autres détentions, a fait construire en 2006 dans la prison fédérale de Terre Haute, dans l’Indiana, un bâtiment isolé appelé Communication Management Unit. Pratiquement tous les détenus sont musulmans. Un deuxième batiment a été construit à Marion, dans l’Illinois. Là aussi, le plupart des détenus sont musulmans mais on y trouve aussi des défenseurs d’animaux et des militants écologistes, dont Daniel McGowan, accusé de deux incendies sur un site d’exploitation forestière dans l’Oregon.

La peine prononcée a été durcie pour cause de « dimension résistants » dans le cadre de la loi Patriot Act. Amnesty International a qualifié les conditions de détention à Marion de « inhumaines ». Dans ces deux unités spéciales, tous les appels et courriers – généralement considérés par les administrations pénitentiaires comme faisant partie de la vie privée – sont surveillés. La communication entre prisonniers doit se faire uniquement en anglais. Les détenus considérés les plus dangereux sont enfermés dans un centre de sécurité maximum (Penitentiary Administrative Maximum Facility) appelé Supermax, à Florence, dans le Colorado. Là-bas, les détenus n’ont pratiquement aucun contact humain, exercice physique ou stimulation mentale.

On y reproduit les conditions de détention que connaissent la plupart des détenus à Guantanamo. Si des détenus étaient transférés de Guantanamo à la prison de Thomson, dans l’Illinois, ils ne remarqueraient pas une grande différence. Ils y connaîtraient des conditions semblables à celles de Guantanamo, avec le froid en plus.

Notre décadence n’est que l’expression du mal dont souffrent tous les empires en déclin. La tyrannie que nous imposons aux autres finit par se retourner contre nous. L’afflux de militants américains non-musulmans dans ces sites de détention n’est qu’une sinistre tendance de plus. Elle présage la poursuite du démantèlement de l’état de droit, l’élargissement d’un système où les prisonniers sont brisés psychologiquement par des privations sensorielles, un isolement extrême et des tribunaux fantoches tenus à huis clos où les accusés sont condamnés sur la base de rumeurs ou de sous-entendus et n’ont pas accès au dossier d’accusation.

La dissidence n’est plus le devoir d’un citoyen engagé mais est en train de devenir un acte de terrorisme.

Chris Hedges

30 décembre 2009

ARTICLE ORIGINAL : http://www.truthdig.com/report/item/one_day_well_all_be_terrorists_20091228/

traduction VD pour le Grand Soir

URL de cet article : http://www.legrandsoir.info/Un-jour-nous-serons-tous-des-...



2 Annexe

2-1 Les outils de l’impérialisme.

Qu’importe le chômage, la malnutrition, la dégradation des infrastructures publiques (routes, ponts, chemins de fer) à l’abandon sur le sol des Etats-Unis eux-mêmes, l’armée impériale continue à s’équiper pour agresser, envahir, mater les révolutions et les vraies indépendances (pas celle des pantins impérialistes à Kaboul, Bagdad, Manille, Pristina, Tegucigalpa, Bogota, Panama… (liste non exhaustive)

Le nouvel outil est un navire de guerre permettant de forts coups de poing locaux. Il s’agit du LCS, en anglais « landing combat ship ».

Ce navire navigue à plus de 40 nœuds, est porteur d’hélicoptères, de drones, d’engins de débarquement et de commandos. Il est la plus exacte représentation contemporaine du BIG STICK (gros bâton) de la doctrine Monroe. Il est conçu pour intervenir dans les guerres dites asymétriques, c’est à dire dans tous les conflits contemporains où une menace anonyme, mal identifiée (terrorisme, piraterie..) ou faussement identifiée (« false flag operations ») contre les intérêts des Etats-Unis et de leurs multinationales est détectée

L’US NAVY qui a déjà acquis 4 LCS pendant l’ère BUSH, doit choisir entre deux modèles : le premier serait construit par General Dynamics (images1 et 1 bis)

le second (2) par un groupement composé de Lockheed-Martin, Gibbe and Cox et les chantiers italiens Fincantieri

L’Image ci-dessous fait apparaitre (triangles bleus) les contributions de l’industrie d’armement israélienne à l’équipement du navire.

Ceci permet de souligner que s’ajoutent à l’aide US budgétaire directe à l’armée israélienne qu’OBAMA vient de faire reconduire pour une période de 10 ans au niveau de 3 milliards de $ par an , les contrats industriels passés par les industriels US aux équipementiers israéliens.

Subsidiairement, on imagine assez bien l’usage que la marine israélienne pourrait faire de cet engin sur les côtes libanaise ou syrienne.

Quel que soit le constructeur choisi, le nouveau programme prévu porte sur l’achat de 55 navires pour un prix voisin de 500 millions de $ pièce soit un total compris entre 25 et 30 milliards de dollars et il est connu, même dans les couloirs du Congrès à Washington, que les devis militaires sont le plus souvent dépassés. Le prix des quatre premiers LCS en service a été multiplié par deux entre la commande et la livraison.

Avec 55 navires, l’US NAVY se donne les moyens d’intervenir à tout moment sur tous les littoraux de la planète et l’administration OBAMA donne une nouvelle démonstration de sa politique agressive et de sa totale soumission au complexe militaro-industriel.

COMAGUER

30 décembre 2009

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URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Les-outils-de-l-imperialisme....


2-2 Oscar Fortin : Vérité-mensonge-vérité.

Le plus grand défi que nos sociétés ont à relever, n’est plus celui des guerres ou celui des crises économiques, mais celui de la vérité. Si nos démocraties reposent sur la responsabilité des électeurs et électrices et que cette dernière ne peut que s’alimenter à la vérité, il est donc indispensable qu’elle leur soit accessible dans sa forme la plus pure. Or voilà bien le dilemme qui se présente au monde d’aujourd’hui : la VÉRITÉ qu’on nous présente n’est pas toujours la VÉRITÉ et le MENSONGE n’est pas toujours le MENSONGE. Comment, pour les citoyens et citoyennes que nous sommes, nous y retrouver de manière à assumer pleinement nos responsabilités ?

Dans un passé, pas encore bien lointain, nous pouvions discerner le mensonge chez ceux qui cherchaient à en faire une vérité. Certains rougissaient, d’autres regardaient dans le vide, certains autres parvenaient à soutenir le regard des autres en jurant sur la tête de leur mère, de leur père, de leurs enfants. Cependant, dans tous les cas, ils finissaient par se trahir eux-mêmes. Aujourd’hui, il n’en est plus ainsi. Des universités en arrivent à former des spécialistes qui transforment, avec la conscience la plus tranquille du monde, la vérité en mensonge et le mensonge en vérité, tout comme le physicien transforme l’atome en énergie nucléaire et le pacifiste, la paix en guerre.

Ce problème est d’autant plus grave que ces nouveaux spécialistes de la métamorphose de la vérité en mensonge et du mensonge en vérité sont aussitôt recrutés par ceux-là mêmes pour qui ce type de traitement est de toute importance. Ils rejoindront des équipes spécialisées et auront la tâche de procéder à ces mutations selon les ordres reçus. Leurs principaux employeurs seront évidemment les grandes agences de presse et les propriétaires des principaux médias qui assurent l’information à l’ensemble de la planète. Ils sont des alliés inconditionnels d’oligarchies politiques et économiques dont les intérêts couvrent le monde.

Un ancien diplomate britannique, Lord Arthur Ponsoby (1871-1946) avait élaboré les principes de propagandes de guerre :

• Le camp adverse est le seul responsable de la guerre
• Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou l’« affreux » de service)
• C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers
• L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement. (1)

Ce général serait, sans doute, heureusement surpris de la qualité et du raffinement des moyens mis à la disposition des spécialistes d’aujourd’hui pour assurer l’application de ses principes. Un survol des principales guerres menées par l’OCCIDENT CHRÉTIEN que ce soit en Asie, au Moyen Orient, en Amérique Latine, en Europe de l’Est, en Afrique, nous confirmeront que les populations des pays de cet OCCIDENT CHRÉTIEN avaient été bien préparées pour soutenir les actions « humanitaires » de leurs militaires contre de gros méchants, totalement dépourvus d’humanisme et de chrétienté. Comme le résumait G.W. BUSH, « les forces du bien contre les forces du mal », DIEU contre le DIABLE, les CIVILISÉS contre les TERRORISTES.

Je trouve terrible que nos repaires de connaissances et de jugements soient ainsi pris en charge par des puissances dont les seuls objectifs sont ceux de leurs intérêts. Ils ont la possibilité de faire des lavages de cerveaux à volonté. Ils font, des humains que nous sommes, des robots dont la pensée est alimentée par l’information dont ils ont seuls le secret.

Je pense que l’information alternative a un rôle essentiel à jouer pour briser ce monopole. Le défi est grand et les moyens hautement disproportionnés. N’empêche que la force morale d’une conscience qui n’est pas à vendre peut atteindre une influence exponentielle que n’arrivera jamais à atteindre la force d’une conscience vendue.

Je vous laisse avec une référence de quelques exemples de l’application des principes de notre général….

BONNE ANNÉE 2010

Oscar Fortin 
Québec, 1er janvier 2010
http://humanisme.blogspot.com

http://www.alterinfo.net/Guerres-me...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Verite-mensonge-verite.html


2-3 G. Houbballah : Voila pour lequel ont se bat.

Voici les principaux extraits du contenu de la charte (par G. Houbballah, pour Al Manar) :
L’hégémonie américaine
Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis se sont imposés en tant que projet central de domination, un projet fondé sur un développement dans les mécanismes de domination et d'asservissement sans précédent, renforcé par des réalisations à tous les niveaux de la connaissance scientifique, culturelle, technologique, économique et militaire.
Un projet politique et économique qui ne conçoit le monde que comme une ouverture à des marchés qui doivent être régis par leurs propres lois.
La chose la plus dangereuse dans la logique de l'hégémonie de l'Occident, et plus particulièrement les États-Unis, est de considérer que le droit de dominer le monde est naturel, et donc la stratégie économique capitaliste du projet est de nature globale, sans limites dans ses ambitions avides.
Les facteurs de contrôle du capitalisme sauvage, qui se composent d'un président et de réseaux internationaux soutenus par des sociétés transnationales, des institutions internationales, notamment financières appuyées par la force militaire supérieure, ont provoqué des conflits : conflits d'identités, de cultures et de modes de civilisations, contradictions entre riches et pauvres, etc.
Le capitalisme sauvage a transformé la mondialisation en un mécanisme de domination, de désunion, de discorde et de destruction des identités voire de l'aliénation culturelle, économique et sociale.
Cette mondialisation a atteint son paroxysme quand elle s’est transformée en militaire : dont les exemples au Moyen-Orient ne manquent comme l'Afghanistan, l'Irak, la Palestine, le Liban, avec la guerre globale de Juillet de 2006, exécutée par les Israéliens.
L'hégémonie et la domination des États-Unis ont atteint des niveaux dangereux récemment, surtout depuis la dernière décennie du XXe siècle et aujourd'hui encore, de façon ascendante après la chute de l'Union soviétique, une opportunité historique pour l'hégémonie américaine de conduire le monde au nom de la responsabilité historique et d’imposer l’idée qu'il n'y a pas de distinction entre les intérêts du monde et les intérêts américains.
Cette hégémonie a atteint son apogée avec l'administration Bush, qui a exprimé sa vision dans un document "Project for the New American Century" (1), écrit avant les élections américaines en l’an 2000.
Rien d'étrange ni de surprenant que ce document insiste sur la question du renforcement des capacités des USA à travers le monde, à travers une politique stratégique fondée sur le renforcement des capacités militaires. Ces dernières ne sont plus une force de dissuasion, mais aussi une force d’intervention, à la fois pour effectuer des frappes «préventives» à des fins « thérapeutiques » pour traiter des crises après qu'elles se produisent.
L'administration Bush a considéré les événements du 11 Septembre 2001 comme une occasion de réaliser cette vision, à travers le slogan de la « guerre mondiale contre le terrorisme » et cette administration a travaillé comme suit :
1 - militarisation de la politique étrangère et de ses relations diplomatiques,
2 - éviter de dépendre des cadres multilatéraux, et monopoliser la prise de décision stratégique, et la coordination en cas de besoin, avec les alliés qui peuvent être convoqués,
3 - résoudre la guerre en Afghanistan rapidement pour se préparer à la prochaine étape, à savoir : contrôle de l'Irak, qui servira de pont principal pour l'établissement d'un nouveau Moyen-Orient en rapport avec les exigences du monde après le 11 Septembre. Cette administration n'a pas hésité à recourir à toutes les méthodes de camouflage, de tromperie et les mensonges éhontés pour justifier les guerres, particulièrement la guerre en Irak, contre tous ceux qui résistent à ses projets néocoloniaux.
Dans ce contexte, l’administration a tenu à établir un lien entre le terrorisme et la résistance pour lui soutirer toute légitimité reconnue dans les droits de l'homme et ainsi justifier la lutte contre les guerres de toutes sortes, et donc réduire à néant les derniers bastions de la défense des peuples et de leur droit de vivre dans la liberté, la dignité et la fierté, à vivre leur propre expérience, à assumer leurs rôles dans le mouvement de l'histoire humaine, culturellement et intellectuellement.
Le « terrorisme » a servi d’argument à la domination américaine à travers divers moyens : poursuites judiciaires, saisie et détention arbitraire, absence des éléments les plus fondamentaux d'un procès équitable, tel que constaté dans les lieux de détention de "Guantanamo", intervention directe dans la souveraineté des États, déclenchement de guerres destructrices et dévastatrices sans distinguer l'innocent du coupable, ni entre les enfants et les hommes, les femmes et les jeunes...
Le prix humain des guerres américaines contre le terrorisme a dépassé le nombre de millions de personnes sans compter la destruction des infrastructures, mais aussi la structure et les composantes des communautés elles-mêmes, démantelées…
Il ne fait aucun doute que le terrorisme américain est à l'origine de tout le terrorisme dans le monde, et l'administration Bush a fait des États-Unis une menace pour le monde entier à tous les niveaux. Si, aujourd'hui, on fait un sondage de l'opinion mondiale, les Etats-Unis apparaîtront comme le pays le plus haï dans le monde.
L'échec subi par la guerre en Irak et la situation évolutive de la résistance, l'échec de la soi-disant « guerre contre le terrorisme », notamment en Afghanistan, où l’on assiste à un retour en force du mouvement des Résistants et la reconnaissance de leur rôle en cherchant à faire des compromis avec eux, ainsi que l'échec de la guerre américaine contre la résistance au Liban et en Palestine, via l’occupation israélienne, tout cela a frappé de plein fouet le prestige américain au niveau international lui causant un repli stratégique dans sa capacité à agir.
Toutefois, cela ne signifie pas que les Etats-Unis se retireraient de la scène facilement, ils feront tout le nécessaire pour protéger ce qu'ils appellent leurs « intérêts stratégiques », parce que les politiques visant à promouvoir l'hégémonie américaine, les projets idéologiques, alimentés par des tendances extrémistes

G. Houbballah 


2-4 Eric Ouzounian : Armée française: la tentation des mercenaires.

Largement utilisées par les anglo-saxons, les sociétés militaires privées sont un sujet délicat en France. Cela n'empêche pas la Défense d'étudier la possibilité d'y avoir recours.

Bagdad, 16 Septembre 2007. Quatre camions blindés transportant des employés de la société Blackwater quittent la zone verte. L'équipe, nom de code Raven 23, s'apprête à secourir sans instructions un autre groupe menacé par une attaque à la voiture piégée. Arrivée Place Nisour, un quartier fréquenté de la ville, Raven 23 bloque la circulation, ouvre le feu sur une voiture qui circule à vitesse réduite, puis sur les passants. Bilan: 17 morts et plus d'une vingtaine de blessés. Scandalisé, le Premier ministre Nouri al-Malik exige le départ de Blackwater, sans succès.

….

L'apparition de sociétés commerciales privées qui ont fait de la guerre un business lucratif date de la chute du mur de Berlin.

Les Etats occidentaux ont rapidement pris la mesure des économies potentielles que permettrait une cure d'amaigrissement de leurs ressources militaires, devenues moins utiles après le déclin de la menace soviétique. La professionnalisation, l'outsourcing sont devenus la règle.

En France, la notion de force armée légitime, conception latine issue de la Révolution française, définit l'utilisation de la violence d'Etat.  

Pour le Général Bruno Neveux, une figure de l'armée française qui a commandé avec brio la délicate opération Artémis en RDC en 2003, La force légitime émane d'un pouvoir politique légitime. «La force ne peut trouver sa raison d'être  que dans un objectif politique, ce n'est pas une finalité en soi, mais un instrument au service d'une société démocratique. La force armée est de nature régalienne, apanage de l'Etat. Personne ne remet en cause le contrôle absolu de l'Etat».

L'objectif du ministère de la Défense est d'inverser le pourcentage entre les effectifs opérationnels à même de remplir des fonctions militaires (40%) et ceux qui sont affectés à d'autres tâches. Il s'agit par exemple d'accompagnement des forces armées qui ne touchent pas à l'essence même de la fonction militaire parce qu'elles ne nécessitent pas l'usage d'armes (60%). Cela concerne essentiellement  la logistique, l'intendance ou la formation et peut s'étendre à des missions de protection, de surveillance et accompagnement qui nécessitent d'être armé».

Michèle Alliot-Marie avait demandé une réflexion sur le sujet dès les années 2000. L'emploi de sociétés militaires privées est une option, mais l'Institution militaire reste prudente. Pour le Général Baptiste, le porte parole de la Défense qui dirige la Délégation à l'Information et à la Communication de Défense, le temps est encore à l'étude: «La réflexion n'est pas aboutie, il n'y a pas de position officielle. Le pouvoir politique n'est pas pressé, même si l'on constate un lobbying en direction des parlementaires. Cette solution présente des avantages, mais on a vu en Irak les limites morales et philosophiques. Cela peut véhiculer un sentiment négatif dans un pays, en ce qui concerne le soutien à ses propres troupes. Actuellement, sur les théâtres d'opérations où elle intervient, la France n'externalise des tâches qu'à des personnels civils qui ne sont pas armés. Il s'agit principalement de restauration et de blanchisserie, d'entretien où de logistique».

La loi sur la répression de l'activité de mercenariat, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 3 avril 2003 n'interdit pas vraiment l'activité des SMP. Pourtant, les sociétés françaises ne travaillent qu'à l'étranger. Pierre Marziali, dirigeant de SECOPEX, une société spécialisée dans le conseil militaire privé et l'intelligence économique, le déplore: «Il y a des intérêts économiques en jeu, et la quasi-totalité de ce marché est détenu par les anglo-saxons. Cela permettrait également la reconversion de personnel issu de la défense et l'intérieur, pour des métiers qui vont du linguiste au démineur en passant par le nageur de combat. Cela répond aussi à des intérêts d'externalisation, mais jusqu'à maintenant en France, rien ne bouge

Mais les choses pourraient s'accélérer. La Révision Générale des Politiques Publiques offre un bel avenir aux sociétés privées. Les effectifs doivent être réduits alors que les opérations extérieures (Afghanistan, Côte d'Ivoire) se multiplient. Le recours à l'externalisation est perçu comme un outil efficace pour diminuer le nombre de personnels administratifs.

Comme le concède le Général Neveux, si le recours aux SMP semble inéluctable, encore faut il que cette évolution soit préparée et encadrée. La Convention de Montreux, signée par 17 pays, ouvre la voie à une régulation précise de ces activités, afin d'éviter les abus et les exactions qui ont été constatées en Irak. Car le glissement entre activités privatisées de pure logistique et opérations armées sur le terrain est parfois difficile à empêcher.

Eric Ouzounian

6/1

http://www.slate.fr/story/15253/armee-francaise-la-tentat...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

  

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