Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

05.02.2010

n°314 - dossiers de l'Afghanistan - 04-02- Début:- "La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"

n°314  - dossiers de l'Afghanistan  - 04-02- Début:- "La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°314 du 04-02

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Dossiers

1-1 Préparation de la 'conférence internationale' de Londres.

1 Pas besoin d'avoir les faveurs des Occidentaux"

2 Un plan de réconciliation avec les résistants au menu de la conférence sur l'Afghanistan.

3 La conférence sur l'Afghanistan: combien coûte les Résistants ?

4 Conférence de Londres sur l’Afghanistan : « Une perte de temps », selon les résistants.

1-2 La 'Conférence internationale’.

1 140 millions de dollars pour se réconcilier avec les résistants.

2 La conférence sur l'Afghanistan marque-t-elle un tournant dans la gestion du conflit contre le terrorisme?

1-3 Mehmanparast: la déclaration de Londres était d'un ton patriarcal.

1-4 Le gouvernement Karzaï invite les résistants à une Jirga.

1-5 New Delhi place ses pions en Afghanistan.

1-6 Blackwater veut se lancer dans la formation de la police afghane...

Suite

2 Guantanamo & extension : Les Brèves

1"La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"

2 Trois détenus de Guantanamo arrivent en Slovaquie.

3 Retour à Alger pour deux détenus de Guantanamo.

4 La Suisse hésite à accueillir deux Ouïgours de Guantanamo.

5 Omar Khadr reste à Guantanamo.

6 Les Etats-Unis publient les noms des 645 détenus de la prison de Bagram.

3 Guantanamo & extension : Les dossiers

1 Guantánamo, huit ans plus tard.

2  50 détenus de Guantanamo resteraient emprisonnés indéfiniment.

3 Guantanamo est l'expression d'un système qui favorise l'état de non-droit.

4 Dahlia Lithwick : Guantanamo: silence, on torture.

(fin

5 Dahlia Lithwick : Il n'y a pas torture (puisqu'on peut s'en remettre).

6 Des prisons de la CIA en Lituanie.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

l'exercice.

3-2 Les militaires s’entraînent sur une base afghane… dans le Var.

3-3 "Afghanistan : Aucun renfort français ! "

3-4 Des milliers d'Afghans quittent la zone contrôlée par l'armée française à cause des combats.

3-5 Napakatbra : Le Pentagone plombé par ses sous-traitants... vive les fonctionnaires !

3-6 Sébastien Fontenelle : La Drone De Guerre.



1 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Préparation de la 'conférence internationale' de Londres.

1 Pas besoin d'avoir les faveurs des Occidentaux"

Le président afghan Hamid Karzaï, dont le pays bénéficie des milliards de dollars de l'aide étrangère, a estimé dans une interview à la chaîne internationale de télévision Al-Jazeera qu'il n'avait pas besoin "d'avoir les faveurs" des Occidentaux, à trois semaines de la Conférence de Londres sur l'avenir de l'Afghanistan, dans une interview

Les Occidentaux "sont là pour combattre le terrorisme et nous travaillons avec eux pour la sécurité et la stabilité de l'Afghanistan", "Ils doivent respecter l'Afghanistan et son gouvernement et doivent comprendre que nous sommes un peuple, nous sommes un pays, nous avons notre histoire, notre fierté, notre dignité",. "Notre pauvreté ne doit pas être une raison pour nous ridiculiser ou nous insulter", "Je veux que les pays de l'Otan comprennent que la guerre contre le terrorisme n'est pas la poursuite de tout homme portant un turban, une barbe et le costume traditionnel", a lancé M. Karzaï.

"Nous demanderons (aux forces internationales, ndlr) de cesser leurs fouilles de nuit dans les maisons afghanes", a-t-il dit en réponse à une question sur ses attentes à la Conférence de Londres le 28 janvier.

Le président afghan accuse régulièrement l'Otan de tuer sans discernement les civils afghans lors d'opérations de recherche de résistants.

Fin décembre, dix civils, dont 8 écoliers, avaient été tués dans la province de Kunar, déclenchant la colère de M. Karzaï. Les forces internationales avaient affirmé avoir réagi en état de légitime défense contre des personnes "en âge de combattre" et leur tirant dessus.

Le président afghan a également mis en garde les Etats-Unis sur l'arrivée de plus de 30.000 soldats en renfort dans les mois à venir.

"Si ces forces viennent pour fournir une protection au peuple afghan et améliorer sa vie, ils sont bienvenus. Mais si elles viennent seulement pour traquer les résistants au détriment des civils afghans, alors bien sûr cela ne va pas avoir de bonnes conséquences pour nous", a souligné M. Karzaï.

Reconnaissant que les résistants gagnaient du terrain dans le pays, le président afghan a estimé qu'il s'agissait d'une "combinaison" de fautes de son gouvernement et des forces internationales.

"Il y a eu des opérations inutiles (de l'Otan), les sanctuaires (des résistants) à la frontière afghane (avec le Pakistan) n'ont pas assez retenu notre attention, nos forces afghanes n'ont pas été renforcées à temps, nos propres forces ont fait des erreurs et les forces de l'Otan ont fait des erreurs sérieuses", a-t-il estimé.

08.01.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41338427@7-6...


2 Un plan de réconciliation avec les résistants au menu de la conférence sur l'Afghanistan.

Comment gagner la guerre en Afghanistan?

La question est au cœur de la conférence qui réunira jeudi à Londres les chefs de la diplomatie d'une soixantaine de pays, et portera notamment sur un plan afghan de réconciliation visant à convaincre les combattants résistants de déposer les armes. La conflit afghan est sans doute à un tournant alors que le président Barack Obama a décidé récemment l'envoi de 30.000 soldats américains en renfort tout en annonçant un début de retrait des troupes en 2011. Les pays participant à la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN doivent pour leur part dépêcher sur place 7.000 soldats supplémentaires.

La guerre est encore loin d'être gagnée. Les pertes des forces occidentales sont en augmentation alors que le soutien au conflit dans les pays de la coalition est en baisse, et que les résistants se montrent de plus en plus audacieux, comme l'ont montré leurs attaques sanglantes du 18 janvier en plein coeur de Kaboul.

La conférence de Londres réunira le Premier ministre britannique Gordon Brown, le président afghan Hamid Karzaï, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et les ministres des Affaires étrangères d'une soixantaine de pays. Elle devrait approuver, et peut-être financer, un plan du gouvernement afghan visant à inciter les combattants résistants de base à déposer les armes et à rejoindre le processus politique. Une stratégie soutenue par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, même si les dirigeants résistants la jugent vouée à l'échec.

"L'insurrection n'est pas monolithique. Elle comprend de nombreux groupes différents qui ont dans une plus ou moins large mesure coopté des combattants étrangers, des tribus locales, ceux qui sont impliqués dans le trafic de drogue et des combattants mercenaires payés à partir de seulement 10 dollars par jour", explique le chef de la diplomatie britannique David Miliband. "Nous savons que les différents groupes (...) se soutiennent mutuellement. Mais avec la bonne stratégie politique (...) nous pouvons exploiter ces divisions."

Le gouvernement Karzaï compte proposer des emplois, des formations professionnelles et des incitations financières pour convaincre les combattants résistants de retourner à la vie civile. L'objectif est d'amener 20.000 à 35.000 combattants à quitter les rangs résistants. Certains observateurs doutent toutefois du succès de l'opération, faisant valoir que de nombreux résistants pensent être bien partis pour gagner la guerre.

La conférence devrait soutenir un nouveau calendrier pour l'extension des forces de sécurité afghanes et le transfert à celles-ci du contrôle de régions du pays dans la perspective d'une réduction des forces de la coalition dès la mi-2011, si possible. Les chefs de la diplomatie discuteront également du renforcement de l'aide internationale à l'Afghanistan tout en cherchant à lutter contre la corruption au sein du gouvernement afghan.

La réunion pourrait en outre aboutir à la nomination d'un nouveau haut coordinateur civil pour l'Afghanistan. "La conférence de Londres est cruciale pour l'avenir et la réussite de l'engagement en Afghanistan", affirme dans un communiqué l'ambassade d'Afghanistan en France.

Reste qu'elle a été conçue (au moins en partie) pour soutenir deux dirigeants en difficulté: Gordon Brown et Hamid Karzaï. Le Premier ministre britannique espère redorer son blason à l'approche d'élections générales prévues au plus tard en juin, tandis que le président afghan souhaite démontrer que son gouvernement bénéficie toujours d'un large soutien international.

26/1

http://fr.news.yahoo.com/3/20100126/twl-gb-afghanistan-co...


3 La conférence sur l'Afghanistan: combien coûte les Résistants ?

Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

La conférence sur l'Afghanistan qui se tient le 28 janvier à Londres devrait s’efforcer de déterminer les voies, les méthodes, les moyens et, c’est là l'essentiel, les fonds nécessaires pour assurer la sécurité et une vie pacifique et civilisée en Afghanistan, mais aussi l’intégration des résistants dans cette vie pacifique.
Les deux objectifs sont extrêmement complexes et aussi peu réalistes l’un que l’autre.

Il sera impossible d'atteindre le premier sans la participation des Résistants qui sont dans leur majorité des Pachtounes, ethnie représentant 45% de la population de l'Afghanistan. Quant au deuxième objectif, avec la stratégie actuelle des États-Unis et le gouvernement d'Hamid Karzaï, il s’avère plus difficile à atteindre que de déclencher une nouvelle guerre afghane.
La conférence s'est ouverte dans un contexte préoccupant et dont l’issue est aisément prévisible. Il a d'abord été annoncé que les élections législatives en Afghanistan seraient reportées de mai à septembre : après l'élection entièrement truquée du président Hamid Karzai qui s’est déroulée l'année dernière, le "vote" parlementaire réduirait en poussière les restes de son "prestige". Le mot "prestige" est un peu fort puisque ce dernier ne dépasse pas les quartiers gouvernementaux de Kaboul. Bref, l'ONU a "gelé" un versement à Kaboul (au cabinet Karzaï) de plus de 50 millions de dollars pour les élections.
A ce grand forum, la proposition du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est la plus judicieuse et réelle qui soit. Moscou se propose de reconstruire tous les ouvrages industriels et économiques qu'il y avait jadis construits en Afghanistan. Le financement devrait être assumé par l'Occident, dans la mesure où ces ouvrages ont été détruits par des armes livrées par l'Occident aux Résistants.
En fait, il est facile de faire des prévisions sur ce genre de conférences. Celles-ci commencent par des banquets comme celui de la soirée du 27 janvier donné par le prince Charles, continuent par des discours, atteignent le niveau d'un communiqué et finissent par l’enterrement du problème jusqu'à la crise suivante.
Le lieu de la conférence sur l'Afghanistan à laquelle participent 77 États et à laquelle ont été invités tous les 43 participants à la campagne militaire afghane et tous les voisins de l'Afghanistan (notre pays y est représenté par Sergueï Lavrov) devrait contribuer à son succès. Qu’on le veuille ou non, Lancaster House de Londres (aujourd'hui, la maison des réceptions et des conférences internationales relevant du Foreign Office) a tout de même vu toutes sortes de règlements de conflits. Parmi les plus importants, on peut citer la signature des textes sur l'indépendance du Nigéria, du Zimbabwe (Rhodésie) et du Kenya.
En ce qui concerne l'Afghanistan, les participants pourraient profiter de l'expérience des Britanniques. Entre le milieu du XIXème siècle et le début du XXème siècle, les Britanniques avaient mené trois guerres en Afghanistan. Dans deux d'entre elles, ils avaient battu les Afghans et auraient pu rester dans le pays s'ils ne s'étaient pas rendus compte à temps de l'évidence : vaincre les tribus afghanes dans des guerres et les contrôler, ce sont deux choses différentes. Ils s'étaient par conséquent retirés d'Afghanistan qui accéda à l'indépendance en 1919.
On perçoit la volonté de la conférence de faire une "nouvelle lecture" de l'expérience britannique. Il y est proposé de rayer de la "liste noire" de l'ONU les noms de certaines personnalités afghanes ayant fait partie des Résistants ou s’étant opposées activement au régime. Évidemment, cette proposition vise à les amener à participer aux négociations sur le règlement du conflit et à associer d'autres chefs de Résistants à la réconciliation. La liste avait été dressée par l'ONU en 2001, aussitôt après les attentats de New York, et les personnes qui y figurent sont considérées comme liées à Al Qaïda et aux Résistants, proclamés hors la loi et leurs comptes en banques étrangères bloqués.
Certes, personne n'avait l'intention de rayer de la liste les fieffés terroristes d'Al Qaïda, mais sa révision pourrait être effectivement salutaire : pardonner les erreurs signifie inviter aux pourparlers et stimule les autres.
Tout irait fort bien si tous les "pardonnés" ne s'étaient pas réconciliés depuis longtemps avec le régime actuel de Kaboul et s'ils ne coopéraient pas depuis longtemps avec le gouvernement. L'ancien ministre Résistant des Affaires étrangères Wakil Mutavaki est revenu et vit tranquillement à Kaboul depuis déjà quatre ans. L'ancien vice-ministre de la Planification Moussa Hotak est membre du parlement et président du comité de sécurité depuis 2007. L'ex-ministre de la protection des frontières Abdul Hakim a rompu avec les Résistants il y a trois ans et assume aujourd'hui les fonctions de gouverneur de la province d'Oruzgan.
Voici en quoi consiste le plan de réintégration des résistants dans la vie de l'Afghanistan proposé lors de la conférence : aide financière pour le recyclage des Résistants passés du côté des autorités légales, installation et octroi d’un travail. Tout cela n'est qu'un euphémisme pour le mot "achat" (des Résistants, naturellement). Lorsqu'il s'agit d'argent, l'Orient cesse d'être une "affaire délicate" et devient mercantile. Malgré toutes les affirmations, il y est plus facile d'acheter la loyauté que de l'imposer. Mais pour combien de temps ?
Qui plus est, le "coût" de la loyauté des anciens Résistants est évalué à 500 millions de dollars seulement qui seront versés au "Fonds d'intégration". L'Oxfam britannique, l'une des plus grandes organisations mondiales de bienfaisance, a calculé que l'entretien d'un soldat américain en Afghanistan revient à un million de dollars par an. Sur l’ensemble des sept années d'occupation, 93 dollars seulement par habitant ont été accordés pour les besoins du développement économique de l'Afghanistan.
Faut-il en déduire que le règlement demande de l'argent et que Karzaï est le problème principal ? Mais peu nombreux sont ceux qui oseraient dire : « Sans Karzaï, l'Afghanistan serait tout de suite sur la voie de la guérison ». D'ailleurs, il n'y a toujours pas de solutions de "remplacement". Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband s'est exprimé dans le style du président Eisenhower (qui avait dit à propos du dictateur nicaraguayen Somosa: « C'est un salaud, mais un salaud à nous ») mais sans sa franchise : « L'alternative que nous aurions à ce projet très, très difficile (Karzaï et son cabinet) et sur laquelle nous travaillons est encore pire ».
D’ailleurs, personne n'est venu chercher cette alternative.
Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

http://fr.rian.ru/
http://www.alterinfo.net/La-conference-sur-l-Afghanistan-...


4 Conférence de Londres sur l’Afghanistan : « Une perte de temps », selon les résistants.
La conférence internationale de Londres sera une nouvelle « perte de temps », ont estimé hier les résistants dans un communiqué, répétant qu’ils ne négocieront pas avant le retrait des forces internationales.
« Il y a eu des conférences semblables par le passé, aucune n’a résolu les problèmes de l’Afghanistan, ce sera la même chose pour celle de Londres », « La conférence de Londres a, en fait, pour objectif d’étendre l’invasion de l’Afghanistan par les forces d’occupation, c’est juste une perte de temps », « L’émirat islamique de l’Afghanistan considère que la seule solution aux problèmes de l’Afghanistan est le départ immédiat de toutes les troupes d’occupation », conclut  le communiqué du Conseil du commandement des résistants..

A l’exception des résistants, tous les acteurs du conflit, qui entre dans sa neuvième année, doivent se réunir jeudi à Londres pour fixer les objectifs à long terme, en particulier le transfert du maintien de la sécurité aux forces afghanes et la question de la réconciliation avec les résistants.

Une soixantaine de pays seront présents, qu’ils soient contributeurs de troupes ou simples voisins de l’Afghanistan. Selon un projet de communiqué publié lundi dans le quotidien britannique The Times, Kaboul s’engagera à « prendre en charge et mener la majorité des opérations dans les régions à risque dans les trois ans » et à assumer directement la responsabilité de la sécurité « d’ici à cinq ans ». Aucun calendrier de retrait des alliés ne sera fourni, mais de « nouveaux chiffres » seront annoncés concernant un renforcement de l’armée et de la police afghanes, a indiqué lundi le Premier ministre Gordon Brown.

27/1

http://www.elwatan.com/Conference-de-Londres-sur-l


1-2 La 'Conférence internationale’.

1 140 millions de dollars pour se réconcilier avec les résistants.

La somme servira à financer la première année du programme de «réintégration» des résistants repentis, à condition que ceux-ci renoncent à la violence.

C'est le principal objectif retenu par la conférence de Londres sur l'Afghanistan.

La conférence de Londres sur l'Afghanistan a approuvé jeudi l'objectif de Kaboul de réconciliation avec les résistants, de transfert des responsabilités en matière de sécurité dans les cinq ans et de lutte contre la corruption, selon les termes du communiqué final.

Plus de 140 millions de dollars ont été promis pour financer la première année de ce «programme de réintégration» des résistants, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband en clôturant la conférence.

Ces promesses d'argent viendront abonder le fonds international spécialement destiné à financer ce programme, lequel vise à donner travail et argent aux résistants repentis mais à condition qu'ils renoncent à la violence. Selon des sources diplomatiques allemandes, il réunirait au total 500 millions de dollars.

Responsabilité dévolue à l'armée afghane d'ici 5 ans

«Les participants à la conférence ont accueilli favorablement les projets du gouvernement afghan d'offrir une place honorable dans la société à ceux qui veulent renoncer à la violence», ont répondu les délégués de la conférence, à la proposition du président afghan Hamid Karzaï de «tendre la main» aux résistants.

Mais les résistants concernés devront «respecter les principes inscrits dans la constitution afghane, couper leurs liens avec Al-Qaeda et les autres organisations terroristes et poursuivre leurs objectifs de manière pacifique», avertit le texte.

Les quelque 70 nations rassemblées à Londres ont également salué l'objectif du gouvernement afghan «visant à ce que les forces armées afghanes prennent le commandement de la majorité des opérations dans les zones instables d'ici trois ans et assument la responsabilité de la sécurité physique d'ici cinq ans», selon le texte final.

Transfert de responsabilités dans certaines provinces

A plus court terme, le document souhaite le transfert du «commandement d'un certain nombre de provinces aux forces armées afghanes, à condition que les conditions le permettent, d'ici la fin 2010, ou le début de 2011».

La conférence a permis à «l'Afghanistan et la communauté internationale» d'entrer dans une «nouvelle phase» vers une pleine souveraineté afghane, ajoute le texte.

La communauté internationale a aussi accepté «une hausse de 50% dans les deux prochaines années de l'aide au développement délivrée par l'intermédiaire du gouvernement afghan».

Mais «ce soutien est conditionné par les progrès du gouvernement dans le renforcement des mécanismes de gestion des finances publiques» et «la réduction de la corruption», ont souligné les signataires du communiqué.

Des observateurs étrangers, «experts éminents, afghans et autres» seront invités à participer à une mission d'évaluation chargée de lutter contre la corruption en Afghanistan, qui effectuera sa première visite en Afghanistan d'ici trois mois, écrivent les délégués.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/monde/0101616223-140-millions-de...


2 La conférence sur l'Afghanistan marque-t-elle un tournant dans la gestion du conflit contre le terrorisme?

Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

C'était l'ambition des 70 Etats réunis, hier.
Outre les trois objectifs clairs énoncés dans le communiqué final -assurer la sécurité, promouvoir le développement et la gouvernance, favoriser la coopération régionale-, l'enjeu principal de la conférence sur l'Afghanistan à Londres était la crédibilité qui pouvait être accordée au président Karzaï dans sa volonté d'ouvrir une politique de réconciliation nationale.

Le chef de l'Etat afghan n'a pas déçu ses partenaires: les six points de son exposé ont mis l'accent sur un engagement ferme pour initier le dialogue avec les résistants «conciliables» et ouvrir la voie à la stabilisation. «Le discours du président Karzaï a changé» a souligné Bernard Kouchner, qui précisait qu'à l'échelle locale des contacts prometteurs avaient été engagés.

Dans cette phase inédite où le politique prend toute son importance, l'Hexagone a affiché une position déterminée: il n'y aura pas de nouveaux combattants français sur le théâtre d'opérations afghan. Seuls de nouveaux contingents pourraient intervenir en tant que formateurs de l'armée afghane.
La voie anglo-saxonne
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont de leur côté annoncé le renforcement de leur dispositif militaire, ont pleinement illustré cette nouvelle option faite de transition. Mais en amont de la conférence de Londres, la rencontre d'Istanbul puis la réunion sur le Yémen les ont projeté dans un ballet diplomatique à toute épreuve et témoigné de la réactivité de deux Etats pressés par leur opinion publique de rendre compte.

La guerre en Afghanistan est devenue impopulaire. Gordon Brown le sait. Sur le point d'être convoqué dans le cadre de l'enquête sur la guerre en Irak, il a annoncé fermement hier qu'al-Qaïda sera vaincu par les forces alliées en donnant des chiffres et des échéances. La stratégie de sortie est vitale pour son avenir politique, déjà largement fragilisé.
En marche vers Kaboul
2010 serait donc une année décisive?

 Le triptyque leadership afghan/coopération régionale/partenariat international suscite de vraies attentes en matière d'unité et de cohérence. Reste à savoir s'il faut y voir un verre à moitié plein ou à moitié vide. Car le ralliement des résistants est loin d'être gagné et l'Iran a refusé de se déplacer. Un premier bilan tombera au printemps prochain à la conférence de Kaboul.

29 janvier

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/mon...


1-3 Mehmanparast: la déclaration de Londres était d'un ton patriarcal.

"La déclaration finale de Londres sur l'Afghanistan a fixé des devoirs lourds pour régler les problèmes de ce pays", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, en faisant état de ses regrets vis-à-vis des conséquences de la conférence de Londres.

Ramin Mehmanparast a souligné que les articles, inclus dans la déclaration finale de Londres étaient d'un ton patriarcal et contraires à l'esprit de l'indépendance et de la souveraineté nationale des pays. Mehmanparast a critiqué l'attitude sélective envers le phénomène du terrorisme, insérée à la déclaration de Londres, attitude qui témoigne, selon lui, d'impuissance des forces étrangères face à la crise afghane". "Le communiqué du ministère britannique des Affaires étrangères sur la non-participation de l'Iran à la Conférence de Londres n'aura absolument aucun impact sur le rôle que peut jouer la RII dans le règlement des problèmes de l'Afghanistan" a ajouté Mehmanparast avant de préciser que l'Iran suivait de près et minutieusement la question de sa participation à la Conférence internationale sur l'Afghanistan à Londres, mais que les tractations en coulisse entre la Grande-Bretagne et certains pays dans le but d'adopter une déclaration non constructive envers le dossier afghan qui allait à l'opposé des positions de la RII, mettant l'accent sur le rétablissement de la paix, la lutte contre la culture du pavot et le trafic de drogue, le refus de toute attitude sélective envers le terrorisme, ainsi que l'essor économique de l'Afghanistan, avaient, tous, ramené l'Iran à renoncer à participer à une telle conférence.
" Seule, une solution régionale pourra, d'après la RII, venir à bout des problèmes de l'Afghanistan", a conclu Mehmanparast.

IRNA –

31 Janvier

http://french.irib.ir/index.php/info/30482-mehmanparast-l...

Archétype : Angleterre : Imposer le terrorisme comme thème permanent…

Depuis l’échec du Sommet de Copenhague à imposer une éco-dictature anti-population et anti-développement, et l’émergence d’une alliance d’Etats-Nation souverains pour changer le système monétaire international, les provocations terroristes se sont multipliées de par le monde, devenant la nouvelle « menace » en vogue dans la plupart des médias internationaux, américains en particulier. Pour Lyndon LaRouche, ces diversions constantes sont typiques du modus operandi de l’Empire britannique.

Les britanniques tentent constamment de changer de sujet, a expliqué LaRouche.

Ce changement apparent de priorité dans les affaires internationales n’a rien de réel, puisqu’il est entièrement contrôlé par les forces de l’Empire britannique.

La seule réalité, a-t-il dit, est leur volonté de détourné l’attention.

C’est d’autant plus clair que lorsque l’on en vient à parler terrorisme, le rôle de Londres et de l’Arabie saoudite est sans cesse ignoré. Surnommée « Londonistan » par les connaisseurs, la capitale anglaise sert de plateforme de recrutement et de financement pour les mouvements islamistes radicaux, avec le large concours de réseaux saoudiens qui se prêtent au jeu impérial britannique depuis l’époque de Laurence d’Arabie. Si tout le monde dans la communauté internationale sait que le déploiement militaire en Afghanistan est un bourbier voué à l’échec, pourquoi est-ce que personne n’envisage un plan B ? Pourquoi est-ce qu’Obama, Brown et Sarkozy prévoient d’y envoyer encore plus de soldats ?

« Obama n’a pas de plan, a expliqué LaRouche, en revanche, l’Empire britannique, lui, en a un », et les Etats-Unis comme l’UE se précipitent pour l’y aider.

Le Président américain s’est empressé, dans un de ses « instants W. Bush », de déclarer les résistants yéménites comme le nouvel ennemi de l’Amérique. Maintenant, sous l’impulsion du Premier ministre britannique, les membres de l’Otan envisagent de créer une force de police au Yémen, pays arabe présenté comme le nouveau sanctuaire d’al-Qaïda. Tout cela sera décidé le 28 janvier prochain à…Londres. C’est d’ailleurs lors de cette double conférence sur l’Afghanistan et le Yémen que Nicolas Sarkozy devrait annoncer l’envoi de troupes supplémentaires.

Tout cela n’est qu’une conséquence de la défaite britannique à Copenhague, a réaffirmé LaRouche. Imposer le terrorisme comme thème permanent est un classique de l’Empire britannique afin de dévier l’attention des accords sur le crédit et les infrastructures établis entre la Russie, la Chine et l’Inde (voir ici et là). Le but est d’empêcher que les Etats-Unis puissent en venir à s’associer à cette démarche et devenir un acteur clé dans la refonte d’un système international, qui rejetterait l’impérialisme monétaire et émettrait le crédit nécessaire aux grands projets de développement.

(Nouvelle Solidarité) -

Archétype

6 janvier 2010

 (Source : Solidarité & Progrès)

http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?article7171


1-4 Le gouvernement Karzaï invite les résistants à une Jirga.

Le gouvernement afghan a invité les dirigeants des résistant à une Loya Jirga (Grande Assemblée) des anciens destinée à ramener la paix dans le pays.

Hamid Karzaï a en outre prié l'Arabie saoudite d'apporter son aide aux efforts de paix. Cette dernière a néanmoins posé ses conditions à son implication dans le processus de paix.

"Nous devons tendre la main à tous nos compatriotes, en particulier nos frères déçus, qui n'appartiennent pas à Al Qaïda ou à d'autres réseaux terroristes, qui acceptent la Constitution afghane", a dit le président afghan.

Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ont fait savoir qu'ils ne s'impliqueraient pas dans la Jirga et que c'était aux Afghans à mener les efforts de réconciliation.

Washington espère que l'envoi de 30.000 hommes en renfort ainsi que l'argent dépensé pour inciter les résistants de base à abandonner le combat affaibliront suffisamment l'insurrection pour mettre les Occidentaux en position de force lors de la négociation d'un accord.

Le chef de la diplomatie française a salué les efforts de réconciliation déployés par le président afghan.

"C'est toujours la solution d'une guerre que de parler avec ses ennemis", a déclaré Bernard Kouchner.

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a convoqué la conférence de Londres alors que la guerre, déclenchée au départ en raison du refus du gouvernement résistant de livrer des dirigeants d'Al Qaïda après les attentats du 11 septembre 2001, entre dans sa neuvième année.

"RÔLE MAJEUR" SAOUDIEN

Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays de l'Otan, le soutien de l'opinion publique à la guerre en Afghanistan baisse à mesure que s'alourdit le bilan des soldats étrangers et des civils afghans victimes des combats.

Une élection présidentielle entachée de fraudes, la corruption et le bilan contesté de Karzaï ont aussi alimenté les critiques sur l'intervention militaire en Afghanistan.

Hamid Elmi, porte-parole du gouvernement afghan, a déclaré que les résistant seraient invités à participer à la Loya Jirga.

Les résistant n'ont jusqu'ici manifesté publiquement aucune volonté d'ouvrir des discussions, mais certains analystes les disent las des combats et conscients qu'ils n'ont pas davantage de chances que les Américains de gagner la guerre grâce aux seuls moyens militaires.

Les gouvernements occidentaux ont souligné qu'il ne pourrait y avoir de compromis avec ceux qui maintiennent des liens avec Al Qaïda.

"Quant aux résistants qui refusent d'accepter les conditions de réintégration, nous n'avons d'autre choix que de les pourchasser militairement", a déclaré Gordon Brown.

Mais l'attitude des Occidentaux consistant à accepter la participation au processus de paix d'une partie au moins des résistant témoigne d'un assouplissement.

"Je suppose que la question sera de savoir où l'on tracera la ligne entre ceux avec lesquels on pourra parler et les autres", a résumé le ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Paet.

Hamid Karzaï a invité l'Arabie saoudite, qui a accueilli dans le passé des discussions entre représentants du gouvernement afghan et des résistant, à participer aux efforts de paix. "Nous espérons que Sa Majesté le roi (saoudien) Abdullah bin Abdoul Aziz aura la bonté de jouer un rôle majeur de guide et de soutien au processus de paix", a-t-il dit.

RYAD POSE SES CONDITIONS

Ryad a répondu qu'il ne participerait aux efforts de paix que si les résistant n'accordent pas refuge au chef d'Al Qaïda, Oussama ben Laden, et rompent tout lien avec les réseaux d'activistes islamistes.

"A moins que les résistant renoncent à la question du sanctuaire, je ne pense pas que des négociations avec eux soient possibles ou susceptibles d'aboutir", a déclaré à des journalistes le prince Saoud al Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne.

Hamid Karzaï a aussi demandé aux voisins de l'Afghanistan, et en particulier au Pakistan, de soutenir les efforts de paix.

L'Arabie saoudite, le Pakistan et les Emirats arabes unis sont les trois seuls pays à avoir reconnu le régime des résistant lorsque ces derniers étaient au pouvoir à Kaboul.

Washington affirme que le mollah Muhammad Omar, chef des résistant afghans, et d'autres dirigeants de l'insurrection, sont basés au Pakistan, ce que dément Islamabad.

Face à une opinion publique lassée de la guerre, les gouvernements occidentaux espèrent entamer un retrait de leurs troupes en 2011.

"D'ici le milieu de l'an prochain, il nous faudra inverser le courant dans la lutte contre l'insurrection", a dit Gordon Brown à la conférence.

Les résistants n'ont pas réagi dans l'immédiat à l'offre de discussions d'Hamid Karzaï.

Avant la conférence, ils avaient qualifié de ruse le plan du gouvernement afghan consistant à offrir de l'argent aux combattants qui déposeraient les armes, affirmant que la seule solution à la guerre serait le retrait des troupes étrangères.

Ces dernières sont au nombre de 110.000 hommes, dont 70.000 Américains.

28/1

http://fr.news.yahoo.com/4/20100128/twl-afghanistan-confe...


1-5 New Delhi place ses pions en Afghanistan.

nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse de l'auteur mais doit être vu comme information

Le retrait du territoire afghan annoncé par les Américains pour 2011 inquiète les Indiens.

Pour assurer leurs arrières, ces derniers doivent participer à la formation de l’armée afghane, estime le politologue Srinath Raghavan.

Le 1er décembre, après avoir annoncé l’envoi de 30 000 sol­dats supplémentaires en Afghanistan, Barack Obama s’est empressé d’ajouter que le retrait des troupes commencerait en juil­let 2011.

Voilà qui ne présage rien de bon pour l’Afghanistan. La nature et la persistance de l’insurrection conduite par les résistants ne permettent pas d’envisager un succès des Etats-Unis, dont la stratégie s’inspire de celle conduite en Irak, surtout dans un laps de temps aussi court. Dans ces circonstances, il est temps pour les autorités indiennes de commencer à réfléchir sérieusement aux perspectives qui s’offrent à elles.
Alors qu’elle ne fait pas partie des pays traditionnellement donneurs,
l’Inde a offert une généreuse contribution de 1,2 milliard de dollars [835 millions d’euros] pour aider à la reconstruction et au développement de l’Afghanistan.(…)

New Delhi est désormais le premier bailleur de fonds de la région et le sixième au niveau international. Près de 4 000 Indiens travaillent actuellement en Afghanistan, où ils construisent des routes et remettent sur pied l’agriculture et les infrastructures sanitaires. A mesure que l’Inde s’engageait de plus en plus activement dans la reconstruction du pays, les attaques contre les travailleurs indiens en Afghanistan se multipliaient. Désormais, New Delhi envoie des forces paramilitaires pour protéger ses ressortissants.
Si l’Inde ne change pas de stratégie, elle se retrouvera à l’été 2011 confrontée à un douloureux dilemme : renforcer sa présence militaire en Afghanistan ou accepter que ses efforts soient peu à peu réduits à néant. La première option n’est guère envisageable. L’Histoire montre que la présence de troupes étrangères sur le sol afghan suscite immanquablement l’animosité de la population. La deuxième, toutefois, serait fort regrettable. Plusieurs sondages révèlent en effet qu’une grande majorité des Afghans, y compris les Pachtounes, approuvent les initiatives indiennes dans leur pays. La meilleure façon de préserver le travail déjà accompli et de montrer notre volonté de nous engager à long terme serait de participer à la formation de l’armée nationale afghane.
L’armée nationale afghane compte actuellement 91 000 hommes, répartis en 117 bataillons. L’OTAN a prévu d’augmenter les effectifs, pour arriver à un total de 134 000 hommes d’ici à décembre 2011 et de 240 000 d’ici à 2014. La coalition occidentale n’a toutefois pas prévu suffisamment de conseillers militaires, d’équipement ou de ressources pour former 40 000 nouveaux soldats dans les deux ans à venir.
En 2008, le ministère de la Défense américain affirmait que 7 bataillons d’infanterie sur 42 (soit 17 %) étaient parvenus à un stade d’autonomie et de “capacité opérationnelle totale”.
Ces chiffres ont toutefois été contestés par des analystes indépendants. Le Congrès américain a récemment estimé que seules 40 % des unités de l’armée nationale afghane étaient en mesure de mener des opérations militaires sans le soutien de la coalition. De toute évidence, il y a encore beaucoup de travail à faire au niveau de ­l’armée afghane.
L’administration Obama en aurait touché deux mots au gouvernement indien, mais celui-ci se méfie naturellement des propositions américaines. La même requête formulée par Kaboul susciterait peut-être une réponse différente. Quoi qu’il en soit, tout engagement militaire prolongé – si limité soit-il – ne sera certainement pas du goût de l’opinion publique indienne.

Le souvenir de l’intervention ratée au Sri Lanka à la fin des années 1980 est encore vif dans les mémoires [en 1989, l’armée indienne, déployée au départ pour faciliter le processus de paix, a dû se retirer du territoire sri-lankais sous la pression du président Premadasa, anti-indien]. Une solution possible consisterait à former les forces afghanes sur le territoire indien.

Cela fait plusieurs années qu’un petit nombre de cadets de l’armée afghane font leurs classes dans les écoles militaires indiennes.

On pourrait facilement aménager ce programme de manière à en augmenter les effectifs.
En outre, la méthode de l’armée indienne est peut-être la plus appropriée pour former des soldats d’origines ethniques diverses. L’armée indienne, après tout, est un exemple classique de force nationale multi­ethnique. Bref, nous avons bien les moyens de former l’armée afghane, mais le temps presse. Si nous attendons le départ des soldats américains pour agir, il sera sans doute trop tard. N’oublions pas ce qui s’est passé après notre soutien tardif aux combattants antirésistants dans les années 1990 [après l’arrivée au pouvoir à Kaboul des résistants, en 1996, l’Inde est devenue un allié actif de l’Alliance du Nord, procurant notamment du matériel militaire au commandant Massoud]. L’attitude que l’Inde adoptera dans les prochains mois pourrait donc se révéler décisive pour le long terme.

01.01.

http://www.courrierinternational.com/article/2010/01/01/n...


1-6 Blackwater veut se lancer dans la formation de la police afghane...

Les problèmes judiciaires de l'entreprise de sécurité américaine Blackwater ne l'empêchent pas d'avoir des projets en Afghanistan. Désormais nommée Xe Services, cette firme serait en lice pour conclure un contrat avec le Pentagone d'une valeur potentielle d'un milliard de dollars (693 millions d'euros) pour la formation de la police nationale afghane. L

La compagnie a changé ses activités, se spécialisant désormais dans la formation et d'autres activités liées à l'aviation et à la logistique, depuis que plusieurs de ses agents de sécurité ont été accusés, il y a plus de deux ans, d'avoir tué en Irak des civils qui n'étaient pas armés. La fusillade avait provoqué la mort de 17 civils le 16 septembre 2007 à Bagdad.

Même avec un nouveau nom et de nouvelles activités, faire jouer un tel rôle à Xe Services serait toutefois inattendu, les démocrates ayant une opinion très négative de cette entreprise depuis cette affaire qu'on est loin d'avoir oublié à Bagdad et à Washington.

Pendant la campagne présidentielle américaine, Hillary Clinton, alors sénatrice de New York, avait apporté son soutien à une législation interdisant toute présence en Irak à Blackwater et à d'autre sociétés de sécurité privées.

Xe Services a fini par perdre sa licence pour fournir des agents de sécurité aux diplomates américains en Irak, et le Département d'Etat, avec Hillary Clinton à sa tête, a choisi de ne plus avoir recours aux services de l'entreprise quand son contrat est arrivé à expiration en 2009. Des retards pour faire travailler une nouvelle société sur place ont toutefois entraîné une prolongation temporaire du contrat avec le Département d'Etat.

La veille du Nouvel An, un juge fédéral a prononcé un non-lieu à l'encontre de cinq agents de sécurité de Blackwater impliqués dans la mort de civils irakiens, en se basant sur des erreurs de procédure répétées des procureurs fédéraux. Le gouvernement irakien souhaite toutefois toujours poursuivre Blackwater devant les tribunaux, ce qui tend un peu plus les relations entre les Etats-Unis et l'Irak.

Par ailleurs, mercredi, Xe Services est parvenue à un accord à l'amiable après une série de plaines au civil dans lesquelles plusieurs dizaines d'Irakiens l'accusaient de cultiver des méthodes aboutissant à la mort de civils innocents. Mais jeudi, deux anciens salariés d'une filiale de Xe Services ont été arrêtés pour meurtres après la mort l'an dernier de deux Afghans tués dans des tirs à la suite d'un accident de circulation à Kaboul.

Malgré cela, les Etats-Unis s'appuient fortement sur Xe en Afghanistan, et sa charge de travail dans le pays pourrait augmenter. n porte-parole de Xe, Mark Corallo n'a pas voulu confirmer si la compagnie, basée à Moyock, en Caroline du Nord, avait effectivement déposé une offre pour le contrat de formation de la police afghane. Mais d'après un responsable américain informé de l'appel d'offres, la firme est bien en lice.

Actuellement, Xe Services fournit des services de sécurité en Afghanistan, mais de manière moins importante que ce qu'elle faisait en Irak. En novembre dernier, l'entreprise disposait de plus de 200 agents de sécurité sur le terrain en Afghanistan, selon des documents détaillant les opérations de Xe Services.

Deux de ses gardes ont été tués le 30 décembre lors de l'attentat-suicide perpétré dans une base de la CIA dans le sud-est du pays, soulevant une nouvelle fois des questions sur les services que la firme fournit à la CIA. A la fin de l'année dernière, le directeur de la CIA Leon Panetta avait mis fin à l'emploi de personnels de Xe pour le chargement et d'autres activités logistiques des drones utilisés pour traquer les militants islamistes au Pakistan.

Xe est aussi un fournisseur prolixe de services d'aviation en Afghanistan. Presidential Airways, l'une de ses filiales, a transporté en avion et hélicoptères des milliers de passagers et des kilos de courrier et cargaison dans le cadre de contrats avec le Commandement des transports américain, d'une valeur potentielle de près de 870 millions de dollars (603 millions d'euros), selon une commande.

AP

11-01

http://fr.news.yahoo.com/3/20100110/twl-usa-blackwater-af...


n°314 - dossiers de l'Afghanistan - 04-02- Suite - "La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"


n°314  - dossiers de l'Afghanistan  - 04-02- Suite - "La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°314 du 04-02

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Guantanamo & extension : Les Brèves

1"La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"

2 Trois détenus de Guantanamo arrivent en Slovaquie.

3 Retour à Alger pour deux détenus de Guantanamo.

4 La Suisse hésite à accueillir deux Ouïgours de Guantanamo.

5 Omar Khadr reste à Guantanamo.

6 Les Etats-Unis publient les noms des 645 détenus de la prison de Bagram.

3 Guantanamo & extension : Les dossiers

1 Guantánamo, huit ans plus tard.

2  50 détenus de Guantanamo resteraient emprisonnés indéfiniment.

3 Guantanamo est l'expression d'un système qui favorise l'état de non-droit.

4 Dahlia Lithwick : Guantanamo: silence, on torture.

 

 



2 Guantanamo & extension :   Les Brèves

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.

1"La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"

EXTRAIT

Après les attentats du 11 septembre 2001, l'administration Bush avait déclaré une "guerre contre le terrorisme" d'ampleur mondiale et mis en place le centre de détention de Guantanamo ainsi que d'autres sites où les membres présumés d'Al Qaïda étaient hors de portée des tribunaux nationaux, dit le document.

"La politique de détention secrète a revêtu de nombreuses formes. La CIA a créé ses propres lieux de détention secrets afin d'interroger des 'détenus de grande valeur'. Elle a demandé à des partenaires au passé médiocre sur le plan des droits de l'homme d'interroger des personnes en son nom."

Après le début des conflits d'Irak et d'Afghanistan, des prisonniers ont été placés au secret et privés de tout droit à un procès, à un avocat et à des contacts avec leurs familles, poursuit le rapport.

D'anciens détenus ont déclaré aux enquêteurs qu'ils avaient subi des tortures qui consistaient à les obliger à rester nus, à les soumettre à des bruits assourdissants ou à les priver de sommeil pendant leur période de détention secrète.

Nombre de suspects capturés par les Etats-Unis ont été transférés par la CIA dans d'autres pays aux fins d'interrogatoire, dit le rapport qui cite à ce propos l'Ethiopie, Djibouti, l'Egypte, la Jordanie, le Maroc, le Pakistan et la Syrie.

D'autres semblent avoir été envoyés dans des pays alliés comme la Thaïlande, la Pologne et la Roumanie, ajoute-t-il.

Les enquêteurs de l'Onu se réjouissent de ce que l'administration Obama ait pris l'engagement de fermer des centres de détention de la CIA à son entrée en fonctions il y a un an, mais ils jugent des éclaircissements nécessaires sur le sort de personnes détenues par la CIA en Irak ou en Afghanistan.

L'étude a été dirigée par Manfred Nowak, rapporteur spécial de l'Onu sur la torture, et Martin Scheinin, rapporteur spécial sur le terrorisme et les droits de l'homme.

26/1

http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-detention-secrete-...


2 Trois détenus de Guantanamo arrivent en Slovaquie.

Trois anciens détenus du camp américain de Guantanamo à Cuba sont arrivés lundi en Slovaquie, a annoncé à l'AFP à Bratislava le porte-parole de la police slovaque, Martin Korch.

 "Trois détenus de Guantanamo ont été escortés en Slovaquie, lundi matin très tôt", a indiqué M. Korch.

"La police ne fournira aucun commentaire ni détail concernant ces gens-là", a-t-il ajouté.

En annonçant la semaine dernière l'arrivée de ces prisonniers que la Slovaquie avait accepté d'accueillir à la demande américaine, le ministre slovaque des Affaires étrangères Miroslav Lajcak a précisé qu’il s’agirait de personnes qui "n'ont jamais été inculpés ou condamnés".

25/1

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41498534@7-6...


3 Retour à Alger pour deux détenus de Guantanamo.

Deux détenus algériens de la prison américaine de Guantanamo ont été renvoyés dans leur pays, a annoncé, jeudi 21 janvier, le ministère de la justice américain. Le transfert de Hassan Zemiri et Adil Hadi al-Jazairi Bin Hamlili signifie qu'il reste 196 détenus dans la prison militaire, située à Cuba, que le président américain, Barack Obama, avait promis de fermer.

Le secrétaire à la justice, Eric Holder, a laissé entendre le mois dernier que le camp de Guantanamo pourrait fermer ses portes cet été après l'acquisition par le gouvernement d'un centre de détention dans l'Illinois pour accueillir les détenus. Peu après son investiture, il y a un an, Barack Obama avait promis que Guantanamo, ouvert par l'administration de George Bush en 2002 après les attentats du 11 septembre, serait fermé à la date du 22 janvier 2010 avant de reconnaître que ce calendrier ne pourrait pas être respecté.

Le Washinghton Post, qui cite des sources anonymes, rapporte dans son édition de vendredi qu'un groupe de travail du ministère de la justice a conclu qu'une cinquantaine de détenus de Guantanamo devaient être détenus indéfiniment, sans être jugés. C'est la première fois que l'administration Obama donne une indication du nombre de détenus qu'elle estime trop dangereux pour être relâchés.

21/1

http://fr.news.yahoo.com/64/20100122/twl-retour-alger-pou...


4 La Suisse hésite à accueillir deux Ouïgours de Guantanamo.

Le vice-premier ministre chinois, Li Keqiang, était reçu à Berne, mardi 26 janvier, dans la perspective d'un accord de libre-échange. Or, depuis quelques semaines, un autre dossier grippe les relations entre les deux pays : celui de deux frères ouïgours, Bahtiyar et Arkin Mahnut, détenus depuis presque huit ans à Guantanamo et que la Suisse pourrait accueillir. Mardi, cette brûlante affaire n'a cependant pas été évoquée en public par le dirigeant chinois et la présidente de la confédération, Doris Leuthard, qui donnaient un "point de presse" où les journalistes étaient priés de ne pas poser de questions.

Juste avant Noël, l'ambassade de Chine à Berne avait adressé une lettre au Conseil fédéral (gouvernement), rappelant que "les terroristes présumés de nationalité chinoise, quelle que soit leur ethnie, doivent être rapatriés en Chine".

Les frères Mahnut, innocentés par les Américains comme les vingt autres Ouïgours de Guantanamo, y étaient décrits comme membres d'une organisation terroriste. "Nous ne voulons absolument pas voir cette affaire porter atteinte aux relations Chine-Suisse", prévenaient les Chinois.

Depuis, la polémique fait rage. Craignant de mettre à mal les relations sino-helvétiques - 11,1 milliards de francs suisses d'échanges commerciaux en 2008 -, la commission de politique de sécurité du Conseil national (Chambre basse du Parlement) a recommandé de ne pas accueillir les Ouïgours. D'autres parlementaires, comme la sénatrice démocrate-chrétienne Anne Seydoux, estiment "inadmissible que la Suisse se laisse dicter sa politique humanitaire par la Chine". En décembre, suite aux conclusions d'un groupe de travail qui s'était rendu à Guantanamo, le Conseil fédéral avait estimé que les Ouïgours remplissaient "tous les critères pour une admission". Berne doit maintenant trancher, alors que le Jura, seul canton disposé à recevoir les ex-détenus, doit confirmer son offre.

"Lieu approprié"

La semaine dernière, l'avocate américaine Elisabeth Gilson, invitée par Amnesty International, était à Berne pour rappeler le destin tragique de ses clients, "deux pauvres réfugiés qui n'ont jamais commis de délit". Bahtiyar a quitté le Xinjiang au printemps 2001. Refoulé du Kazakhstan, il gagne le Pakistan, puis l'Afghanistan pour rejoindre une communauté ouïgoure.

Fuyant les bombes, il est finalement vendu aux troupes américaines dans un village pakistanais.

Parti à sa recherche en 2001, son frère aîné, Arkin, a, lui, été capturé à Mazar-e-Charif. Les deux frères, âgés de 34 ans et 45 ans, ont passé près de deux ans en cellule d'isolement. "La Suisse, qui a une grande expérience dans le traitement des victimes de torture, est donc un lieu approprié", estime Mme Gilson.

27/1

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/01/27/sous-la-pression-de-pekin-la-suisse-hesite-a-accueillir-deux-ouigours-de-guantanamo_1297318_3214.html#ens_id=1073709


5 Omar Khadr reste à Guantanamo.

Le plus haut tribunal devait statuer sur un appel du gouvernement contre une décision d'août dernier de la cour d'appel fédérale, qui lui ordonnait de faire revenir "dès que possible" le jeune homme. Tout en estimant que les droits du jeune homme avaient été violés, cette dernière a précisé, vendredi 29 janvier, que le gouvernement canadien n'était pas tenu de rapatrier Omar Khadr.

Le pouvoir exécutif avait argué dans son appel que le retour du jeune homme relevait uniquement de ses compétences et non de celles des tribunaux. Cette argumentation a été acceptée par la cour.

Omar Khadr est le seul citoyen d'un pays occidental encore détenu dans la prison militaire américaine. Au Canada comme ailleurs dans le monde, nombreux sont ceux qui ont pris sa défense, tels l'ancien garde des sceaux français Robert Badinter ou le sénateur canadien et ex-général Roméo Dallaire. Une quarantaine d'organismes de défense des droits de l'homme, dont Avocats sans frontières et Amnesty International, ont lancé des pétitions pour réclamer son rapatriement au Canada, arguant notamment du fait qu'il aurait dû être considéré comme un enfant-soldat, compte tenu de son âge au moment de son arrestation, en juillet 2002.

Mais l'histoire familiale de l'accusé ne plaide sans doute pas en sa faveur. Le père du prisonnier, Ahmed Said Khadr, ingénieur de formation, aurait été l'un des piliers du réseau terroriste d'Oussama Ben Laden. Surnommé "le Canadien", il est mort en octobre 2003 lors d'une attaque contre des combattants d'Al-Qaida, à la frontière du Pakistan et de l'Afghanistan. Comme ses frères avant lui, Omar est confié en 2002 à des formateurs d'Al-Qaida par son père.

Selon l'acte d'accusation américain, il espionne des convois américains, place des engins explosifs sur leur passage. Lors d'une attaque américaine en juillet 2002, il aurait tué un sergent américain avec une grenade.

Pour son avocat aux Etats-Unis, William Kuebler, le sergent a pu être victime d'un "tir ami".

Dans Guantanamo's Child (avril 2008, éditions Wiley, Toronto), la journaliste du Toronto Star Michelle Shephard doute aussi de l'identité du lanceur de grenade.

30/1

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/01/29/le-detenu-canadien-omar-khadr-reste-a-guantanamo_1298728_3222.html


6 Les Etats-Unis publient les noms des 645 détenus de la prison de Bagram.

Le Pentagone a rendu public pour la première fois le nom des 645 détenus de la prison située sur la base américaine de Bagram en Afghanistan et souvent appelée le "Guantanamo afghan", a annoncé samedi l'ACLU, organisation de défense des libertés civiles.

 La liste, qui date du 22 septembre 2009, a été divulguée par le secrétariat américain à la Défense en vertu de la loi américaine sur la Liberté d'informer (FOIA), à la suite d'une plainte de l'ACLU.

Elle a cependant été largement censurée, ne laissant apparaître que les prénoms et noms de famille de chaque prisonnier mais pas d'"autres informations essentielles comme leurs nationalités, depuis combien de temps ils sont emprisonnés, dans quel pays ils ont été arrêtés ou les circonstances de leur capture", a regretté l'ACLU dans un communiqué.

L'âge des détenus n'est pas non plus mentionné.

"Il ne s'agit que d'un premier pas, des centaines de personnes sont enfermées à Bagram dans des conditions épouvantables sans même savoir ce qui leur est reproché ou qu'on leur donne la possibilité de se défendre", a assuré Melissa Goodman, avocate à l'ACLU.

La puissante organisation avait déposé une demande officielle en avril. Devant le refus tant du Département à la Défense que de l'agence américaine du renseignement (CIA), elle avait envoyé des courriers en août puis déposé plainte en septembre.

Alors que le président Obama a promis de fermer la prison de Guantanamo, où 198 prisonniers sont toujours enfermés, l'attention des organisations de défense de droits de l'Homme s'est davantage tournée vers Bagram, où les Etats-Unis ont parfois transféré des prisonniers qui auraient aussi bien pu atterrir sur la base navale américaine de Cuba.

L'Otan et l'Afghanistan ont signé un accord début janvier pour que le contrôle de la prison de Bagram soit transféré aux autorités afghanes.

En septembre, le gouvernement Obama avait annoncé que les prisonniers de Bagram pourraient accéder à leur dossier et contester leur détention devant un conseil militaire chargé de réexaminer chaque dossier individuellement.

Parallèlement, la question de l'accès aux tribunaux américains des détenus de Bagram qui ne sont pas de nationalité afghane ni n'ont été arrêtés en Afghanistan est actuellement examinée par la cour d'appel fédérale de Washington.

16/1

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41419027@7-6...



3 Guantanamo & extension : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Guantánamo, huit ans plus tard.

Ces deux ex-détenus ouïgours de Guantanamo savourent leur liberté retrouvée aux Bermudes. Salahidin Abdulahat (à droite), décrivait en juin dernier sa première baignade à vie dans l'océan comme le «plus beau jour de sa vie».

(Los Angeles) Le 11 janvier 2002, 20 hommes faits prisonniers par les troupes américaines en Afghanistan débarquaient à la prison de Guantánamo, à Cuba. Huit ans plus tard, près de 200 détenus, dont le Canadien Omar Khadr, sont toujours à Guantánamo, une épine au pied du président Obama.

Que sont devenus les 550 détenus libérés de Guantánamo au fil des ans? La vaste majorité d'entre eux ont repris leur vie, à tout jamais marquée par les années passées en détention dans la tristement célèbre prison américaine.

Pour un ex-détenu sur cinq, par contre, les États-Unis sont devenus l'ennemi à abattre. Environ 20% des prisonniers libérés de Guantánamo retrouvent une vie de militantisme antiaméricain ou de terrorisme, selon le Pentagone.

Le plus connu d'entre eux, le Saoudien Saeed Ali Shahri, réfugié au Yémen, est devenu le numéro 2 d'Al-Qaeda dans la péninsule arabique.

Ce groupe a revendiqué l'attentat raté du vol 253 de Northwest Airlines dans le ciel de Detroit durant les Fêtes.

Cela vient compliquer la tâche de l'administration Obama, qui prévoyait renvoyer chez eux de 40 à 50 détenus yéménites, soit près de 50% des détenus restants, dans les prochaines semaines. Obama a annoncé l'arrêt du processus.

Une source officielle au département d'État, citée anonymement par Time Magazine, explique le malaise du gouvernement: «Nous regardons le Yémen et nous nous disons: bon Dieu, ça ne sent pas bon. Normalement, quand on renvoie des détenus à un gouvernement compétent, il garde un oeil sur eux. Au Yémen, le gouvernement n'a pas cette capacité. Nous ferions preuve de négligence si nous choisissions de passer outre.»

Le porte-parole de la Maison-Blanche, lui, se veut rassurant: «Nous n'avons jamais pensé transférer quiconque dans son pays d'origine ou dans un pays tiers si nous avions des raisons de croire qu'il y aurait des problèmes de sécurité pour nous ou pour ce pays», a expliqué Robert Gibbs la semaine dernière.

Le chiffre de 20%, dévoilé à certains médias américains par le Pentagone, fait sourciller les groupes de défense des doits de l'homme, selon qui ces statistiques sont à prendre avec un grain de sel.

«Je suis sceptique, a dit Marc Falkoff, un avocat qui défend plusieurs prisonniers détenus à Guantánamo. Le gouvernement ne dit pas qui sont les récidivistes ou ce qu'ils ont fait de mal.»

Problème pour Obama

À son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama avait promis de fermer la prison de Guantánamo avant le 22 janvier 2010. Or, le président a dû revoir ses plans, et il refuse aujourd'hui de donner une date pour la fermeture de la prison.

Le plus récent objectif de l'administration est d'envoyer les prisonniers restants dans un pénitencier de Thompson, en Illinois, où le gouvernement fédéral planifie d'acheter une prison d'État sous-utilisée.

Aussi, cette année, cinq des détenus de Guantánamo accusés d'avoir planifié les attentats du 11 septembre 2001 seront jugés en cour fédérale à New York.

L'attentat raté du temps des Fêtes et les tergiversations au sujet de Guantánamo ne semblent pas nuire à l'image du président Obama. Un sondage dévoilé hier par CNN montre que les deux tiers des Américains font confiance ou très confiance au président pour ce qui est de la sécurité nationale.

Grève de la faim

Pendant ce temps, des groupes en faveur de la fermeture de la prison de Guantánamo ont manifesté hier devant la Maison-Blanche. Habillées de combinaisons orange comme celles des prisonniers, une cinquantaine de personnes ont défilé en silence, la tête couverte d'une cagoule.

Les organisateurs ont dit que 50 personnes allaient faire une grève de la faim jusqu'au 22 janvier, date à laquelle le président Obama avait promis de fermer Guantánamo, mais que le gouvernement n'entend plus respecter.

GUANTANAMO EN CHIFFRES :

Nombre de prisonniers : 198

Nombre de prisonniers provenant du Yémen : 90

Nombre de détenus transférés ou libérés : 550

Détenus transférés ou libérés sous Obama : 42

Nombre de décès : 6

Taux de récidive des ex-détenus : 20%

Sources : ABC News, Pentagone.

12/1

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201001...


2  50 détenus de Guantanamo resteraient emprisonnés indéfiniment.

Ces détenus sont jugés trop dangereux pour être libérés, mais il n'existe pas de charges suffisantes contre eux pour permettre un procès pénal.

Le Washington Post affirme vendredi 22 janvier que l'administration Obama souhaite garder enfermés environ 50 détenus de Guantanamo jugés trop dangereux pour être libérés et contre lesquels n'existent pas de charges suffisantes pour permettre un procès pénal.
Citant des responsables de l'administration Obama, le quotidien affirme que le groupe de travail interministériel chargé d'examiner la situation individuelle de chaque détenu a établi une liste définitive d'une cinquantaine d'hommes - parmi les 196 encore à Guantanamo - ni jugeables ni libérables.
Les détenus concernés pourront cependant encore contester leur détention au civil, devant des juges de droit commun, qui auront le dernier mot. Il s'agit de déterminer si le gouvernement est fondé à les garder enfermés en vertu de la loi de la guerre, guerre que le Congrès a autorisé après les attentats du 11 septembre 2001.

Habeas corpus
Appelé Habeas corpus, la possibilité de contester sa détention au civil est une des pierres angulaires du droit anglo-saxon. Les détenus de Guantanamo ont obtenu ce droit de la Cour suprême des Etats-Unis en juin 2008.
"Nous avançons encore, de manière plus réfléchie et plus méthodique qu'avant", a assuré un responsable de l'administration américaine au journal, sous couvert d'anonymat. "Toute politique bute sur la réalité et c'est douloureux mais celle-ci nous embarrasse davantage que les autres", a-t-il ajouté.
Les organisations de défense des droits de l'homme et de nombreux spécialistes ont critiqué la décision du président américain de garder enfermés indéfiniment certains détenus de Guantanamo.

Contre un transfèrement
Alors qu'elle fête vendredi le premier anniversaire jour pour jour de la signature du décret présidentiel ordonnant la fermeture de Guantanamo dans les 12 mois, l'administration doit acquérir une prison dans l'Illinois pour accueillir ces hommes et ceux qu'elle entend traduire devant des tribunaux militaires d'exception.
Mais au Congrès, la plupart des élus Républicains sont contre un transfèrement de détenus de Guantanamo sur le sol américain.
Le Washington Post précise encore que parmi les quelque 110 détenus qui ont été déclarés libérables, une trentaine de Yéménites ont été placés "dans une catégorie à part", leur retour étant conditionné à la stabilisation du pays, ébranlé par des violences attribuées à Al-Qaïda.
Quatre-vingt autres prisonniers - dont une autre trentaine de Yéménites selon le quotidien - devraient être relâchés dans leur pays ou dans des pays tiers dans les prochains mois, dont environ 45 d'ici cet été.

22/1

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/a...


3 Guantanamo est l'expression d'un système qui favorise l'état de non-droit.

Devenu le symbole de la mondialisation de l'état d'urgence, de la détention arbitraire sans frontière, des prisons free zone et des commissions militaires, Guantanamo est désormais l'expression d'un système qui favorise l'état de non-droit en ce début du 21ème siècle.
La fermeture de Guantanamo signifie le freinage d'un état d'exception qui risque de devenir chronique avec la culture de la peur.
Pour mettre fin au système Guantanamo, une dizaine d'ONG ayant milité depuis des années pour la fermeture du camp de la honte vous invite à une soirée débat avec la participation, entres autres, de:
Anne- Marie Lizin, sénatrice indépendante Belge et Représentante spéciale pour Guantanamo-OSCE
William Bourdon, Président de Sherpa et avocat des ex-détenus à Guantanamo
Violette Daguerre, Présidente de la Commission arabe des droits humains (ACHR)
Sami el Haj, cameraman d´Aljazeera détenu pendant 6 ans à Guantanamo, directeur du département des droits humains à Aljazeera.
Haytham Manna, Porte-parole de la Commission arabe des droits humains, ancien porte-parole de la Global Coordination against Guantanamo.
Cette rencontre se déroulera en présence de la délégation euro-américaine des ONG pour la fermeture de Guantanamo et de personnalités concernées comme d´anciens détenus. Nous vous y attendons.
12 janvier 2010 de 18h30 à 21h30
A la salle Polyvalente de la maison de la vie associative
26, rue Victor Hugo - 92240 Malakoff
Métro Malakoff-Plateau de Vanves

Envoyé par Basta! dans Basta

1/07/2010


4 Dahlia Lithwick : Guantanamo: silence, on torture.

Les médias américains et l'administration Obama ignorent volontairement des preuves de torture à Guantanamo.

Mardi 26-01

Certaines histoires de torture sont tout simplement trop horribles à raconter, tandis que d'autres sont trop compliquées à comprendre. La révélation de Scott Horton au sujet des éventuels meurtres de trois prisonniers à Guantanamo en 2006 n'est ni l'une, ni l'autre: elle est simplement trop atroce pour être possible.

C'est pourquoi elle a été largement ignorée cette semaine par les principaux médias et peu abordée par les apologistes habituels de la torture que l'on trouve à droite.

Le fait que trois prisonniers de Guantanamo —dont aucun n'avait de lien avec le terrorisme et dont deux devaient être libérés— ont peut-être été assassinés là-bas et que leur mort ait pu avoir été couverte devrait faire la une de tous les journaux.

Que l'administration Obama n'ait mené qu'une enquête superficielle à l'apparition de nouvelles preuves fournies par des militaires de cette possible atrocité devrait tout de même garantir un retour de bâton quelconque. Mais modifier ce que nous voulons croire de la torture changerait la manière dont nous nous sommes réconciliés avec l'idée de torturer.

Personne dans ce pays n'est prêt à ça. Alors, nous avons choisi de l'ignorer.

Si vous n'avez pas lu l'article d'Horton, faites-le. Vous trouverez ici le résumé qu'en fait Andy Worthington. À la suite d'une étude publiée en décembre par Mark Denbeaux à l'université de Seton Hall, Horton a trouvé de nouvelles preuves —pour la plupart fournies par quatre gardiens du camp— que trois «suicides» qui se seraient soi-disant déroulés la même nuit à Gitmo en juin 2006 n'étaient en fait pas des suicides du tout.

Comme le conclut l'étude de Seton Hall, le rapport de l'U.S. Naval Criminal Investigative Service (NCIS) sur l'incident publié en 2008 est littéralement incroyable.

Voilà ce qu'Horton écrit:

Selon le NCIS, chaque prisonnier a fabriqué un nœud coulant avec des draps et des t-shirts déchirés, et l'a accroché, à 2,50 m de haut, au plafond de sa cellule aux parois en maille de fer. Chaque prisonnier s'est débrouillé pour s'attacher lui-même les mains, et, dans au moins un cas, les pieds, puis a réussi à s'enfoncer lui-même d'autres chiffons au fond de la gorge. Nous devons ensuite croire que chaque prisonnier, tout en suffoquant à cause de ces chiffons, est monté sur son lavabo, a glissé la tête dans le nœud coulant, l'a resserré, et s'est laissé tomber du lavabo pour se pendre jusqu'à ce que survienne la mort par asphyxie.

Le rapport du NCIS suggère aussi que les trois prisonniers, enfermés dans des cellules qui n'étaient pas voisines, ont agi presque simultanément.

Le rapport du NCIS ne se demande pas pourquoi il a fallu deux heures pour découvrir ces suicides alors que les gardes contrôlaient les prisonniers toutes les dix minutes. Horton, rapportant des entretiens avec quatre membres des renseignements militaires assignés à la garde de Camp Delta, suggère que ces hommes sont en fait morts au «Camp Non» (pour «Non, il n'existe pas»), site noir officieux de Guantanamo, avant d'être transportés à la clinique.

Une gigantesque entreprise de dissimulation s'en est suivie.

Les versions officielles ont rapidement changé.

Au départ, les trois hommes se seraient étouffés eux-mêmes avec des chiffons, avant que l'histoire plus élaborée des pendaisons ne soit avancée. Le vice-amiral Harry Harris, alors commandant à Guantanamo, n'a pas seulement qualifié ces décès de «suicides» mais a reproché aux victimes «un acte de guerre asymétrique dirigé contre nous». Conséquence, le moindre bout de papier détenu par les prisonniers de Camp America a été saisi, soit quelque 483kg, pour la plupart de la correspondance confidentielle entre des avocats et leurs clients. Les corps des trois supposés suicidés ont été renvoyés à leurs familles, qui ont demandé des autopsies indépendantes. Celles-ci ont révélé «l'ablation de la structure qui aurait été le point de focalisation logique de l'autopsie: la gorge».

Passé sous silence

Quand cette histoire a été mise au jour pour la première fois, Andrew Sullivan a écrit: «Cela mérite d'être la plus grosse affaire de torture depuis Abu Ghraib —parce qu'elle menace de mettre à bas le mur de mensonges et de dénégations qui a empêché les Américains d'être confrontés à ce que la dernière administration a vraiment fait.» Mais à l'exception d'un seul article d'AP, les médias américains ont passé le sujet sous silence. Les journaux britanniques l'ont évoqué. Les apologistes de la torture de droite n'en ont pratiquement rien dit. Et, à part une citation, dans l'article de l'AP, du colonel Michael Bumgarner accusant le sergent Joe Hickman, l'un des gardes qui a parlé à Horton, «d'essayer de se faire mousser», pratiquement personne n'a contesté la version d'Horton.

Glenn Greenwald a déjà souligné que ce silence est la conséquence de deux bobards vendus au grand public américain par les médias, les plus grands mensonges de la torture sous Bush: premièrement, que seuls quelques terroristes, qui ne l'avaient pas volé, ont été torturés par quelques rares mauvais sujets. Et deuxièmement, que la meilleure chose à faire au sujet de toutes ces histoires de torture, c'est de les laisser derrière nous.

Mais nous ne laisserons jamais tout cela derrière nous. Horton a écrit cet article parce qu'Hickman a ouvertement fait part de ses inquiétudes. Comme le remarque Andrew Sullivan, ce n'est pas la première fois qu'être un bon soldat signifie oser dire la vérité. Pour son service au camp, Hickman a été nommé «sous-officier du trimestre» de Guantanamo et a été décoré (récompense pour laquelle il avait été recommandé par Bumgarner). De retour aux États-Unis, il a été promu sergent-chef. Quand Barack Obama a été élu président, Hickman a décidé qu'il ne pouvait plus garder le silence. Il a confié à Horton: «J'ai pensé que sous une nouvelle administration, et de nouvelles idées, je pourrais vraiment me faire entendre. ... Cela me hantait.»

Pourquoi l'armée est contre la torture

Hickman a commencé par faire part de ses tourments à Denbeaux, de la faculté de droit de la Seton Hall University. Josh, le fils du professeur Mark Denbeaux, a accepté de représenter Hickman. Hickman ne souhaitait pas parler à la presse, mais il sentait que «garder le silence était mal». La chose importante est qu'Hickman et les autres gardes ont fait part de leurs soupçons de torture pour la même raison que le général Antonio Taguba et le général Barry McCaffrey, ainsi qu'un nombre incalculable d'éminents juristes militaires, se sont prononcés, très tôt et très souvent, contre la torture. Quelles sont leurs motivations? Un indice: ce n'est ni par amour de l'ennemi, ni pour la gloire. C'est parce les membres de l'armée comprennent mieux que quiconque ce que signifie de demander à un soldat de participer à la maltraitance de prisonniers.

Comme l'écrivait Richard Schragger dans Slate.com en 2006: «Les juristes militaires ne se préoccupent pas seulement de la façon dont l'ennemi traite nos soldats. Ils s'inquiètent aussi des traitements infligés par nos troupes à l'ennemi —et pas uniquement parce ce genre de traitements peut être moralement choquant et/ou peu avisé d'un point de vue stratégique. Comme le dit l'un de mes collègues, lui-même officier du JAG [bras judiciaire de l'armée américaine], si les conventions de Genève sont à ce point respectées par les juristes militaires, c'est parce qu'elles protègent l'humanité de nos propres troupes. Les conventions empêchent les gradés d'ordonner à leurs subordonnés de se livrer à des actes répugnants, et offrent aux soldats sur le terrain des éléments pour faire la différence entre tuer et détruire légalement, et tuer et détruire de façon criminelle.»

J'y pense à chaque fois que j'entends quelqu'un —en général sur un fil de commentaires— clamer que si on lui donnait un quart d'heure, Khalid Sheikh Mohammed et une pique à escargots, il obtiendrait une confession. On ne voudrait pas que ce type entre dans l'armée, et pour être honnête, l'armée ne le voudrait pas non plus. Nos soldats sont opposés à la torture non pas parce qu'ils ont envie de dorloter les terroristes, mais parce qu'ils veulent nous protéger de nos pires instincts. Le troisième gros mensonge que les médias ont fait avaler au public américain alors que nous discutions joyeusement du scénario de «la bombe prête à exploser» [justification de la torture en cas d'urgence, l'explosion imminente d'une bombe par exemple] et de la possible efficacité de la torture, c'est que nos soldats ne sont pas affectés lorsqu'on leur demande de participer à ce genre de sévices ou de mentir après les faits.

Je n'ai aucune raison de douter du travail d'investigation de l'équipe d'Horton ou de Denbeaux, et toutes les raisons de penser que l'enquête de l'administration Obama sur le récit d'Hickman était loin d'être exhaustive. Mais au-delà de la version peu plausible élaborée par le NCIS et les curieuses autopsies de la gorge des morts, il se trouve que quatre militaires de Guantanamo se sont sentis obligés de parler pour faire part du malaise que leur inspirent les mauvais traitements infligés aux prisonniers, et personne ne semble estimer que le sujet justifie qu'on en parle. Les membres de l'armée méritent qu'on les honore et qu'on les respecte. Écouter les soldats qui soulèvent la question de l'honneur de l'armée est une des manières de le faire. Même si le fait de torturer ne nous empêche pas de dormir, nous devrions avoir pitié des soldats qui, eux, n'y arrivent plus.

Dahlia Lithwick rédactrice en chef à Slate.com

Traduit par Bérengère Viennot

http://www.slate.fr/story/16309/torture-guantanamo-silence-obama-bush


n°314 - dossiers de l'Afghanistan - 04-02- Fin- "La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"


n°314  - dossiers de l'Afghanistan  - 04-02- Fin- "La détention secrète reste pratiquée au nom du contre-terrorisme à travers le monde"


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°314 du 04-02

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3 Guantanamo & extension : Les dossiers (fin)

5 Dahlia Lithwick : Il n'y a pas torture (puisqu'on peut s'en remettre).

6 Des prisons de la CIA en Lituanie.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

l'exercice.

3-2 Les militaires s’entraînent sur une base afghane… dans le Var.

3-3 "Afghanistan : Aucun renfort français ! "

3-4 Des milliers d'Afghans quittent la zone contrôlée par l'armée française à cause des combats.

3-5 Napakatbra : Le Pentagone plombé par ses sous-traitants... vive les fonctionnaires !

3-6 Sébastien Fontenelle : La Drone De Guerre.


5 Dahlia Lithwick : Il n'y a pas torture (puisqu'on peut s'en remettre).

L'Amérique peut-elle et doit-elle oublier les tortures légalisées sous la présidence de Bush?

Un poison cynique a été, semble-t-il, additionné aux quatre notes internes du ministère américain de la Justice qui viennent d'être publiées. C'est la logique du prompt rétablissement: onze jours de privation de sommeil, ce n'est pas de la torture illégale tant que le prisonnier peut rattraper ses heures de sommeil ultérieurement.

Un assistant de l'attorney général [l'équivalent du ministre de la Justice] de l'époque, Jay Bybee, avait écrit: «les effets de la privation de sommeil s'estompent généralement après une ou deux nuits de sommeil ininterrompu.» Dans le même mémo, on apprend que la simulation de noyade («waterboarding») n'est pas illégale parce qu'elle ne dure qu'entre 20 et 40 secondes et que, par conséquent, «le moment où on verse de l'eau sur la tête du suspect n'est qu'un procédé stressant contrôlé, sans période prolongée qui fasse souffrir.» De la même façon, la technique du mur, dite «walling» (qui consiste à pousser violemment les détenus contre un mur), ne relève pas non plus de la torture, puisque «la tête et le cou sont soutenus par une capuche ou une serviette enroulée qui fait office de minerve pour éviter un coup du lapin».

En somme, les arguments de ces mémos consistent à dire qu'il n'y a pas torture tant qu'on s'en remet.

C'est exactement la logique sur laquelle s'appuie l'annonce du président Obama du jeudi 16 avril. Un message qui a accompagné la publication de ces notes internes de l'administration Bush: Il faut avancer maintenant. La douleur est derrière nous:

«L'heure est à la réflexion et non pas au châtiment. Je respecte les points de vue très fermes et les émotions profondes que suscitent ces questions. Nous avons traversé un sombre et douloureux chapitre de notre histoire. Mais de grands défis nous attendent et il ne faut pas diviser le pays. On ne gagnera rien à consacrer notre temps et notre énergie à formuler des griefs à propos du passé. La grandeur de la nation américaine réside dans sa faculté de se remettre sur le droit chemin en accord avec ses valeurs fondamentales, et d'aller de l'avant en toute confiance.»

La torture, un «procédé stressant contrôlé»

Le président Obama estime que dans la mesure où la torture a cessé, que les mémos qui viennent d'être publiés ne sont plus applicables et que le service juridique qui les a rédigés est actuellement «en réparation», la nation n'a pas subi de tort durable. Pour reprendre le langage de Jay Bybee, notre brève incursion dans la torture illégale n'était un «procédé stressant contrôlé». Il s'en est remis. A nous de nous en remettre aussi.

On a beaucoup écrit sur le sophisme de l'assertion que les crimes du passé doivent rester enterrés dans le passé. Après le discours de Barack Obama, Keith Olbermann a adressé cette mise en garde convaincante:

«Ce pays n'est jamais allé de l'avant "en toute confiance" sans s'être racheté au préalable de ses erreurs passées. De fait, toutes les tentatives de tracer une ligne dans le sable et de décréter que le passé est enterré n'ont servi qu'à perpétuer le passé et souvent à le faire revivre de plus belle.»

La note de Jay Bybee, qui date d'août 2002 et les notes signées par Steven Bradbury en 2005 sont un cahier des charges qui invitent au non-respect des lois. Avec leurs arguties juridiques froides et le langage servile qui consiste à donner ce qu'on veut, ces mémos sont un mode d'emploi pour que le gouvernement puisse enfreindre secrètement la loi. Ils ont par ailleurs servi de base à tous les avocats ayant pour consigne de violer le droit.

Quand le gouvernement viole le droit en toute impunité

En fait, les trois mémos signés de la main de Steven Bradbury - qui autorisaient de nouveau le régime de torture que son prédécesseur, Jack Goldsmith, avait interdit en 2004 pour cause de «raisonnement sans rigueur» et d'«erreurs juridiques» - montre précisément ce qu'il se passe quand la violation du droit par un gouvernement reste sans conséquence: la tentation de continuer à ignorer le droit est irrésistible.

Quand Obama promet à «ceux qui ont exercé leurs fonctions en suivant de bonne foi les conseils juridiques du ministère de la Justice [qu'ils] ne seront pas passibles de poursuites judiciaires», c'est suffisamment ambigu pour donner lieu à des interprétations particulièrement divergentes. Le journaliste Andrew Cohen, de CBS News, comprend les choses ainsi: l'administration Obama «ne se contentera pas de ne pas poursuivre ceux qui ont commis des délits sous Bush, elle les protègera contre des poursuites ou une enquête du Congrès». De son côté, Jameel Jaffer, de l'organisation American Civil Liberties Union, demande qu'on fasse appel à un procureur spécial. Le sénateur du Vermont Patrick Leahy a réitéré son appel à l'institution d'une commission d'enquête non partisane.

Quant au sénateur du Wisconsin Russ Feingold, il ne pense pas que l'annonce d'Obama exclue des poursuites. Après le discours du président américain, il avait déclaré: «Tel que je la comprends, la décision [d'Obama] ne veut pas dire que ceux qui livrés à des actes que le ministère [de la Justice] n'avait pas approuvés, ceux qui ont fourni des conseils juridiques inappropriés ou ceux qui ont autorisé ces actes ne pourront pas être poursuivis». En ce moment, le Bureau de la responsabilité professionnelle du ministère de la Justice passe en revue la nature des conseils juridiques prodigués par Bybee, Bradbury et leur confrère John Yoo, du service juridique.

Ironie, irresponsabilité, immunité

Il faut tout de même noter l'ironie de cette affaire. Ces avocats ne risquent rien parce ce ne sont pas eux qui ont asséné des gifles humiliantes. En effet, le jour même de l'annonce d'Obama, le procureur général espagnol, Candido Conde Pumpido, a déconseillé de poursuivre les six concepteurs présumés du programme de torture de la CIA sous Bush, parce que les responsables mis en cause n'ont pas eux-mêmes pratiqué la torture. «Si on intente des actions pour sanctionner le crime de maltraitance sur les prisonniers de guerre, la plainte doit viser les auteurs du crime», a-t-il déclaré.

D'une part, on a pratiquement accordé l'immunité à ceux qui ont participé aux actes de torture, car ils croyaient suivre tout bêtement des conseils juridiques. D'autre part, les experts s'accordent à dire qu'il est presque impossible de poursuivre au pénal les avocats qui n'ont fait que proposer leurs conseils. Ce cercle vicieux pousse la non-responsabilité à son comble!

Pour autant, le président Obama a-t-il raison de dire que l'Amérique a eu le temps de digérer cet épisode et de se remettre de ses blessures? Peut-on simplement balayer d'un revers de main l'ignoble image de violence et de cruauté qui ressort dans ces mémos du service juridique et du rapport de 43 pages du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sur lequel Mark Danner a attiré l'attention le mois dernier? La décision de brutaliser des prisonniers était-elle une forme de démence passagère qui, comme l'a expliqué le 16 avril le directeur du renseignement américain, Dennis C. Blair, est justifiable au regard du «contexte des événements passés» et de «l'horreur associée aux attentats du 11 septembre»? Est-il acceptable que des avocats et du personnel médical du gouvernement ainsi que des fonctionnaires très haut placés collaborent pour rendre légale la simulation de noyade et permettent son utilisation la prochaine fois que le «contexte» et «l'horreur» nous feront collectivement perdre la tête?

Obama revêt le pardon et l'oubli

Les nouvelles notes internes et le rapport du CICR minimisent les atrocités et les humiliations qui ont eu lieu à la prison d'Abou Ghraib. Pourtant, en 2004, quand les sévices infligés aux prisonniers ont été révélés au grand jour, ce ne sont pas seulement les gauchistes haineux, ennemis de l'Amérique, qui ont été horrifiés. Nous l'avons tous été.

Que s'est-il passé ces cinq dernières années pour que ce qui nous a donné la nausée soit devenu un débat partisan?

Le président Obama revêt le pardon et l'oubli d'un caractère terriblement émouvant: l'Amérique est dans la tourmente économique.

Les jours et les semaines qui ont suivi le 11 septembre ont été extrêmement angoissants. Il faut que les responsables du renseignement puissent protéger les Américains sans avoir à regarder derrière eux. On ne doit pas punir des gens bien sous prétexte qu'ils ont reçu des mauvais conseils.

Tout cela, c'est du passé.

Mais au fond, le confort à court terme de dire qu'on s'en est remis vaut-il le prix à payer à long terme pour être devenus des tortionnaires, et s'en être cavalièrement remis?

Parce que le véritable risque, si on arrive à se remettre de pareilles ignominies, c'est qu'elles se reproduisent.

Article de Dahlia Lithwick,

paru sur Slate.com,

traduit par Micha Cziffra

http://www.slate.fr/story/4209/il-ny-pas-torture-puisquon-peut-sen-remettre 


6 Des prisons de la CIA en Lituanie.

Une Commission d’enquête sur les prisons de la CIA,  instituée par le Parlement lituanien  (Seimas), part du principe que les services secrets lituaniens (VSD) étaient au courant de leur existence. Un fait est avéré : en Lituanie les conditions nécessaires ont été établies dans les années 2004-2005. À cette époque le VSD était de temps à autre un « État dans l’État ». Il faut «désormais y mettre fin» a déclaré Audronius Azubalis,  Président de la Commission parlementaire aux Affaires étrangères. Adamkus, alors Président de Lituanie, aurait été lui aussi au courant  selon un commentaire d’Audrius Baeiulis dans l’hebdomadaire « Veidas » (voir Gazeta wyborcza du 23/12/2009, Varsovie)

Et voici que Rolandas Paksas, l’ex-Président de Lituanie, a fait à ce sujet une révélation sensationnelle. Paksas est à l’heure actuelle député européen. Il avait été élu Président au second tour de janvier  2003 où il affrontait son prédécesseur Adamkus. «  Ma charge de Président m’a conduit à savoir qu’on souhaitait interner en Lituanie des personnes accusées de terrorisme», a déclaré Paksas.  Il déclare que Mecys Laurinkus, l’ex-dirigeant du Département de la Sûreté de l’État (VSD)  lui a demandé au printemps 2003 s’il était possible d’interner en Lituanie, sans le faire savoir officiellement, des personnes suspectées de terrorisme par les USA. Laurinkus laissait entendre qu’une réponse positive rendrait service aux partenaires étrangers. Des politiciens lituaniens frappaient alors à la porte de l’OTAN ; ils étaient nombreux à Vilnius à  déclarer que la Lituanie souhaitait en devenir membre et estimaient qu’il était nécessaire, pour accélérer le processus d’admission, de faire en direction du pays qui joue les premiers violons dans l’organisation -les USA- « un geste d’amitié ». Paksas déclare avoir néanmoins rejeté la proposition du chef des services secrets. Six mois plus tard éclatait le plus grand scandale politique de toute l’histoire lituanienne, qui entraîna la révocation de Paksas. À l’automne 2003, Mecys Laurinkus, de son « exil doré » au poste d’ambassadeur à Madrid, avait fait parvenir aux médias occidentaux  des informations compromettantes accusant Roland Paksas d’entretenir d’étroites relations avec l’oligarque russe Iouri Borissovitch. Paksas lui aurait conféré illégalement la nationalité lituanienne en échange du financement de sa campagne.

En avril 2004, alors que la Lituanie fêtait son entrée dans l’OTAN, le Parlement lituanien vota une procédure d’impeachment à l’encontre du Président Paksas. Paksas fut contrait de démissionner. Et peu de temps après la prison secrète de la CIA fut ouverte à Antavilia, à 20 km de Vilnius. « Je pense que mon refus de principe d’ouvrir cette prison de la CIA est en relation directe avec ma chute », a déclaré Paksas lors d’une récente audition au Parlement lituanien. C’est aussi la version, par exemple, du journal « Russkij Berlin » dans sa rubrique Odna Chestaïa dans son numéro 51 de l’année 2009. L’article publié était de la plume de Vladimir Vodo et Alexander Reutov, du journal russe « Kommersant ».

 Selon certains experts, la procédure d’impeachment à l’encontre du Président Paksas a été fort utile aux USA. Premièrement beaucoup voyaient en Paksas un politicien pro-russe. Deuxièmement les services secrets Usaméricains avaient dû abandonner fin 2003 leur prison secrète dans la Pologne voisine. En effet la révélation de son existence avait déclenché un énorme scandale dans le pays et la CIA était donc à la  recherche d’une autre base du même type en Europe. En Lituanie le seul obstacle était cet empêcheur de tourner en rond de Paksas. Son départ supprimait l’obstacle. Les membres « frais émoulus » de l’OTAN, dont la Lituanie, étaient si reconnaissants aux  USA de les avoir aidés à y entrer qu’ils disaient amen à tout  ce que ceux-ci demandaient, selon le Général Richard Clarke, ex-conseiller en chef de George Bush pour la guerre contre le terrorisme (déclaration sur ABC News). «  Nous savions parfaitement que la CIA travaillait à Antavilia » a déclaré au Washington Post  Domas Grigaliunas, ex-officier des Services secrets lituaniens.

La réélection en juin 2004 de l’Américano-lituanien Adamkus au poste de Président a joué un rôle décisif dans l’affaire. Né en 1926 à Kaunas (Lituanie), Valdas Adamkus, fils d’un haut fonctionnaire lituanien, avait fui le pays avec ses parents  en 1944 vers l’Allemagne, devant l’avancée de l’Armée rouge. Après une formation militaire dans son propre pays, Adamkus y était revenu après un petit stage de perfectionnement chez les nazis. Il y a combattu l’Armée Rouge à Seda dans une unité lituanienne en octobre 1944 (au cours de l’Opération balte [14 sept.-24 nov. 1944]). Non sans avoir préalablement reçu de « hautes distinctions » de la main des nazis, Adamkus, après la défaite allemande dans les pays baltes, s’est réfugié une seconde fois en Allemagne où il aurait, paraît-il, poursuivi sa formation militaire dans la Wehrmacht. Plusieurs témoins dignes de foi affirment qu’il aurait été un gradé SS de haut rang. On n’en sait pas plus sur ses activités durant cette période.

Après la guerre Adamkus a obtenu son Abitur (baccalauréat) au lycée lituanien du monastère de Rebdorf près d’Eichstätt, puis fait des études à l’Université Ludwig-Maximilian de Munich. Ensuite il a émigré aux USA (1949). Il y a travaillé dans les Services de renseignements militaires et a dirigé des organisations clandestines  lituaniennes. En 1960 il a obtenu un diplôme d’ingénieur de l’Institute of Technology de l’Illinois. Il a fait carrière dans l’Agence américaine pour l’environnement (EPA) tout en poursuivant son engagement dans le Mouvement indépendantiste lituanien. En 1997, après avoir pris sa retraite, il est rentré en Lituanie où il a été élu président une première fois en 1998. C’est lui qui a donné son accord à l’ouverture d’au moins une prison de la CIA sur le sol lituanien. Mais la Lituanie avait déjà été admise dans l’OTAN en « remerciement de ses efforts ».

La prison de la CIA occupait une villa d’aspect extérieur élégant, munie de cellules souterraines et d’une salle garnie de micros. Selon les informations dont on dispose, on y a également pratiqué la torture. La Présidente lituanienne en exercice, Dalia Grybauskaïté, et son gouvernement, ne déplorent cependant pas qu’il y ait eu en Lituanie une prison pratiquant la torture, mais « que le gouvernement d’alors n’en ait pas été informé ». Andreus Kubilius, le Premier ministre, s’est  déclaré profondément affecté que « quelqu’un ait pu installer en Lituanie des prisons dont le gouvernement ignorait tout.» L’une des conséquences en a été le rappel par la Présidente Dalia Grybauskaïté de Mecys Laurinkus, devenu ambassadeur lituanien en Géorgie.

Laurinkus a sûrement été, vu son expérience des services secrets, un « précieux » conseiller de l’Occident avant et pendant  la guerre russo-géorgienne d’août 2008.

Hans-Jürgen FALKENHAGEN & Brigitte QUECK

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice

Source : In Litauen wurde die Existenz von CIA-Gefängnissen aufgedeckt



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Kaboul : des milliers de recrues afghanes à l'exercice.

La scène évoque la Grande Armée de Napoléon: au centre d'entraînement militaire de Kaboul (KMTC), 9.000 recrues de l'Armée nationale afghane manœuvrent dans un décor en cinémascope, une large plaine désertique encadrée de massifs aux pentes arides et ocres.

Des bataillons entiers se groupent autour de leurs instructeurs, s'entraînent au lancer de grenades, à la patrouille de reconnaissance ou au tir, le tout en bon ordre, paquetage réglementaire sur les épaules.

Dépaysement garanti. Le KMTC, qui accueille 14.000 recrues de l'ANA au total, n'est pourtant situé qu'à quelques minutes de voiture du centre de Kaboul, sur la route de Jalalabad (est de l'Afghanistan).

Ancien centre d'instruction soviétique, le camp est jonché de centaines de carcasses de blindés, d'avions, d'hélicoptères abandonnés par l'Armée rouge dans sa retraite et préservés de la rouille par un air exceptionnellement sec. "L'équivalent d'une division blindée soviétique", note un officier français.

Depuis 2002, la France s'est spécialisée dans la formation initiale des officiers afghans, l'opération "Epidote". Près de 6.500 cadets sont déjà passés par là.

C'est au KMTC que se joue pour une bonne part l'avenir de l'ANA dont les effectifs doivent être portés de 94.000 hommes aujourd'hui à 134.000 d'ici à la fin 2011, et à 240.000 d'ici trois à cinq ans. De la réussite de cette montée en puissance, dépendra le rythme du retrait de la coalition internationale déployée en Afghanistan.

Le président américain Barack Obama entend ramener au pays les premiers soldats américains à l'été 2011, d'où l'enjeu majeur représenté par la formation des forces de l'armée et de la police afghanes.

La France, pour sa part, a laissé entendre qu'elle pourrait dépêcher de nouveaux "formateurs" en Afghanistan à l'issue de la conférence de Londres qui réunira le 28 janvier l'ensemble des protagonistes du dossier, à l'exception des résistants.

Sur les 3.300 soldats français dépêchés sur le sol afghan, 380 sont déjà affectés à l'instruction de l'ANA: 300 au sein de 6 équipes d'instructeurs insérées dans les unités afghanes, 65 au KMTC et une vingtaine d'autres, issus des forces spéciales, à l'école des commandos.

"Nous formons des lieutenants, des capitaines mais aussi d'anciens moudjahidine qui sont ensuite réintégrés dans l'ANA à leur grade d'origine", explique le colonel Bruno du Sartel, chef du détachement "Epidote".

Sur le camp, deux compagnies de cadets réunissent 140 hommes chacune. Elles sont renouvelées toutes les 20 semaines, le temps de leur formation initiale.

"Pour accompagner la montée en puissance de l'ANA, il est prévu de créer une compagnie supplémentaire en février 2010 et peut-être une autre encore en juin", explique le colonel Du Sartel.

Tels des maréchaux d'Empire, officiers afghans et français partagent un déjeuner traditionnel sur un petit promontoire, observant la manoeuvre au loin.

"Les deux compagnies (encadrées) par les Français sont des bons exemples de notre académie militaire", assure le colonel afghan Saïd Akbar qui fut lui-même l'un des premiers cadets formés par les Français en 20O2.

Un seul détail dénote. Les recrues afghanes sont équipées de fusils M16 fournis par les Américains, une incongruité au pays de la Kalachnikov reine. "Quand on leur demande de changer leurs armes, ils traînent les pieds et certains se font même porter pâle", confie, amusé, un officier français.

21/1

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5inYUsV...


3-2 Les militaires s’entraînent sur une base afghane… dans le Var.

Fait sans précédent, l’armée de terre a reconstitué un camp militaire afghan pour aider les soldats à se « mettre en condition » avant la guerre, la vraie. Revue de détail.

Dans le jargon des bidasses, cela s’appelle une « mise en condition opérationnelle ».

Traduction, en langage civil, il s’agit d’acclimater les soldats qui s’apprêtent à partir pour le front aux spécificités d’un théâtre d’opérations, en l’occurrence, celui d’Afghanistan.

Fait sans précédent, l’armée française a recréé de toutes pièces, à Canjuers dans le Var, une base militaire qui ressemble à s’y méprendre à une garnison érigée au pays des Taliban
Cette FOB (pour « forward operating base », dixit l’armée tricolore qui a depuis longtemps perdu la bataille de la langue française) est entrée en service dans les derniers jours de décembre 2009. L’initiative en revient au chef d’état-major de l’armée de terre, le général Elrick Irastorza, qui a ordonné son édification dès le mois d’avril dernier.

Travail de Titan

Désormais, tous les soldats en partance pour Kaboul, sans exception, viendront parfaire leur formation au sein de cette base afghane reconstituée au plus près.

Ce passage est obligatoire et n’est pas laissé à l’appréciation des chefs de corps des unités.

L’armée a fait les choses en grand, comme l’explique à France-Soir le lieutenant-colonel Jacquart, chef du détachement d’assistance opérationnelle-Afghanistan du 1er régiment de chasseurs d’Afrique (le DAO-A du 1er RCA, pour satisfaire les accrocs aux acronymes). Plus de 30.000 tonnes de pierres ont été acheminées sur le site de Canjuers, avant d’être concassées par les hommes du génie et de servir à ériger les épaisses protections de la FOB.

– 10 °C au matin et sous les balles

Sur place, les militaires disposent de tous les matériels qu’ils rencontreront en Afghanistan, tels, par exemple, les canons mobiles géants César, à même de cracher de puissants obus de 55 mm à une distance de 38 kilomètres. L’idée, résume le colonel Jacquart, « n’est pas de restituer dans le moindre détail une base afghane, mais d’acquérir les réflexes et les habitudes du théâtre ». Question climat, les militaires sont immédiatement plongés dans l’ambiance. Sur la FOB de Canjuers, il règne un froid de canard, –10 ou – 15 °C au petit matin à 900 mètres d’altitude. Le relief montagneux varois ressemble à s’y méprendre à celui des provinces de Kapisa ou de Surobi où les Français sont appelés à crapahuter.

Mais la mise en condition ne serait pas complète sans quelques spécialités locales.

Les soldats se livrent ainsi à des « exercices de défense de la FOB » en essuyant des tirs de roquettes ou des attaques au sol. Ambiance.
En permanence, quelque 250 soldats parachèvent leur formation à Canjuers avant de s’envoler pour six mois de mission en Afghanistan. Les premiers à être passés par cette base unique en son genre sont des OMLT (les futurs formateurs de l’armée nationale afghane), puis un bataillon de soutien qui se trouve actuellement sur le terrain, plus précisément sur le camp de Warehouse près de la capitale afghane. La guerre, pour de vrai, cette fois.

EPA

http://www.francesoir.fr/etranger/2010/01/22/afghanistan-...


3-3 "Afghanistan : Aucun renfort français ! "

nb Ndlr : La publication de l’article signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.
23 janvier
Sarkozy a prévu d’annoncer lors de la Conférence de Londres du 28 janvier les détails de la contribution française.
Alors que, dans un sondage paru début décembre, 82% des sondés s’opposent à l’envoi de nouveaux soldats français, nous exigeons du président Nicolas Sarkozy qu’il renonce à toute augmentation des troupes en Afghanistan, qu’il s’agisse de forces spéciales, de troupes régulières ou d’instructeurs militaires.

La fuite en avant militaire décidée par Barack Obama, soutenue par l’Otan et saluée par le président Nicolas Sarkozy ne peut qu’aggraver la situation dramatique du peuple Afghan et déstabiliser encore plus la région. Nous condamnons le cynisme honteux du gouvernement français qui, dans le même temps, soutient l’escalade militaire et renvoie des réfugiés afghans dans un pays en guerre.
Cette sale guerre est une impasse. Dans un pays détruit par 30 années d’occupations étrangères et de guerres civiles, la reconstruction de l’Afghanistan sera difficile. Cela passera par une aide civile et financière de la part des pays qui participent ou cautionnent cette guerre et cette occupation, en réparation des dommages infligés au pays et à ses habitants. Cela exige en premier lieu l’arrêt des opérations militaires et le retrait des troupes de l’Otan afin de rendre au peuple afghan son indépendance et les clés de la reconstruction du pays.
Nous refusons que le gouvernement français, qui justifie les plans de licenciements et les attaques sur nos services publics au nom de la crise, utilise des centaines de millions d’euros pour l’occupation militaire de l’Afghanistan. Nous refusons que le manque d’avenir donné à la jeunesse soit utilisé comme argument pour l’enrôler dans l’armée pour défendre des intérêts qui ne sont ni les siens ni ceux du peuple afghan.
Nous appelons à faire des 23 et 24 janvier des journées de mobilisation populaire dans toutes les villes de France pour exiger du gouvernement qu’il renonce à envoyer ne serait-ce qu’un soldat supplémentaire en Afghanistan et pour exprimer notre solidarité avec le peuple afghan en premier lieu avec ceux et celles qui se sont réfugiés dans notre pays. Nous appelons notamment à participer à la manifestation qui aura lieu à Paris le samedi 23 [corrigé] janvier. Nous sommes solidaires des mobilisations qui auront lieu autour de la Conférence du 28 janvier, au Royaume uni et dans de nombreux pays...
Premiers signataires : PCF, PCOF, Le Mouvement de la Paix, Organisation Femmes Egalité, Le Cedetim, Collectif des iraniens contre la guerre, NPA, PG, Collectif Faty KOUMBA : association des libertés, droits de l’homme et non-violence, Union Pacifiste, FSU, Union syndicale Solidaires, les Alternatifs…

http://www.demosphere.eu/node/15903
http://www.fischer02003.over-blog.com/article-pas-un-seul...


3-4 Des milliers d'Afghans quittent la zone contrôlée par l'armée française à cause des combats.

Signe de la détérioration de la situation dans la région où sont déployées les troupes françaises en Afghanistan, plusieurs milliers de déplacés ont quitté cette zone ces derniers mois.

Selon le ministère afghan aux réfugiés et aux déplacés, "près de 7 000 personnes se sont rendues dans un camp de déplacés situés dans les faubourgs de Kaboul, à l'est de la capitale".

Originaires des districts de Nijrab et d'Alasaï, dans la province de Kapisa, au nord-est de Kaboul, ils auraient fui les combats qui opposent les résistants aux troupes afghanes et aux soldats français.

Toujours selon le ministère afghan aux réfugiés et aux déplacés, les bombardements de la coalition et des opérations menées par l'armée française seraient à l'origine de ces départs.

D'après des témoignages recueillis par l'organisation humanitaire Action contre la faim (ACF), des témoins ont assuré avoir été victimes d'erreurs de tirs et auraient quitté leur village par crainte pour leur vie.

Les personnels locaux d'ACF ont rapporté au réseau d'information IRIN rattaché au Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU que "148 enfants de moins de cinq ans souffraient de graves problèmes de malnutrition". Les forces françaises présentes dans cette région et les autorités provinciales afghanes de Kapisa ont admis que les opérations de ces derniers mois avaient donné lieu à "des mouvements de population", sans pour autant confirmer les erreurs de tirs.

Alertés par ces déplacements, des membres du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) à Kaboul ont enquêté sur ces mouvements de population. Les premiers éléments fournis par le gouvernement afghan faisaient état de "plusieurs dizaines de milliers de déplacés" venant de Kapisa.

Après vérification, notamment par le biais de visites nocturnes dans le camp, il est apparu que cette estimation devait être revue à la baisse, d'où le chiffre corrigé "de près de 7 000", donné, lundi 25 janvier, par le ministère afghan aux réfugiés et aux déplacés.

Police rurale

Il semble, d'après le HCR, que des personnes présentes à Kaboul depuis des mois ou vivant chez des parents dans la capitale venaient dans le camp, au cours de la journée, grossir les rangs des déplacés récemment arrivés de Kapisa. Tous étaient néanmoins originaires de cette région.

Le HCR les suspecte d'avoir ainsi voulu faire pression sur les autorités pour obtenir davantage de ravitaillement ou se voir allouer des terres pour s'installer.

Le départ de ces deux cents familles des villages de Kapisa inquiète les troupes françaises, qui tentent de trouver des solutions pour conserver un lien avec les populations locales. Selon un membre du cabinet du ministère de la défense à Paris, une part de la réponse pourrait venir du déploiement sur place de gendarmes français à qui l'on prête un savoir-faire en matière de "police rurale". "De même, estime-t-on au ministère, nous allons nous entourer, dans un avenir proche, de davantage d'experts civils pour comprendre notre environnement."

26/1

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/01/26/d...



3-5 Napakatbra : Le Pentagone plombé par ses sous-traitants... vive les fonctionnaires !

Le Pentagone vire ses mercenaires privés pour embaucher des soldats fonctionnaires, 44 000 euros moins cher....

Pentagone mercenaires privés embaucher soldats fonctionnaires 44 000 euros.

Le Pentagone plombé par ses sous-traitants... vive les fonctionnaires ! –

Comment réduire les coûts du Pentagone ?

Grave question, à laquelle le Congrès vient de trouver une réponse : en remplaçant ses sous-traitants privés par des fonctionnaires, l'Etat économisera 44 000 dollars par poste !

Une pierre dans le jardin du l'ultralibéralisme et... un Nobel de l'économie pour Obama ?

Le département de la Défense américain estime qu'il pourra économiser 44.000 dollars tous les ans pour chaque poste de sous-traitant remplacé par un fonctionnaire, selon un rapport du Sénat détaillé par le Washington Post.

D'où le vote, samedi au Congrès, d'une ligne de crédit de 5 milliards de dollars pour embaucher de nouveaux agents gouvernementaux amenés à remplacer ces onéreux contractants, aux Etats-Unis comme à l'étranger. L'histoire ne dit pas combien d'employés seront embauchés, pas plus qu'elle ne précise le nombre de contractuels débauchés.

La faillite de la privatisation de l'armée

A l'occasion de la guerre en Irak, l'administration Bush a largement favorisé le recours au privé. À l'époque, les responsables de la Défense faisaient valoir que le Pentagone avait un besoin urgent et temporaire de personnel ; la guerre était encore considérée comme une opération devant se solder par un triomphe rapide. Le fait que les décès de mercenaires tués dans les zones de combat ne sont pas comptabilisés officiellement n'était pas pour déplaire non plus. Et le privé étant soumis à la sacro-sainte règle de libre concurrence, l'objectif était également d'économiser de l'argent. Las, l'an dernier, le Congrès a indiqué que le gouvernement devait s'acquitter de la modique somme annuelle de 250 000 dollars pour chaque employé contractuel engagé, là où il n'en dépensait que 200 000 pour un fonctionnaire du ministère.

Plus de mercenaires que de soldats de l'armée

Le 7 juin dernier, le rapport d'une commission bipartite révélait que près de 250 000 contractuels privés participent aux guerres d'Afghanistan et d'Irak.

En Irak, il y a quasiment autant de soldats privés (133 000) que de militaires gouvernementaux. Quant à l'Afghanistan, ils sont plus nombreux (68 000) ! Sans compter le personnel non combattant. Et ça ne risque pas de s'arranger, car si Obama a décidé d'envoyer 30 000 fantassins supplémentaires en Afghanistan, les sous-traitants devraient voir leur nombre s'accroitre de 56 000.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")http://www.lesmotsontunsens.com:80/le-pentagone-plombe-par-ses-sous-traitants-vive-les-fonctionnaires-6600


3-6 Sébastien Fontenelle : La Drone De Guerre.

L’autre jour, je sais plus dans quel jité - je crois que c’était sur France 2 -, y avait ce long reportage sur la nouvelle guerre des airs, qui est si ludique, mâme Dupont, qu’on aimerait avoir la même sur nos Wii.

Ça commençait assez fort, avec un commentaire du genre, nous sommes dans un des endroits les plus secrets du monde (UDELPSDM), aux États-Unis d’Amérique, et ça va vous trouer le cul, mâme Dupont, mais c’est d’ici que sont pilotés les drones qui lancent des missiles sur des Résistants, à 11.000 kilomètres de distance - reconnaissez quand même que c’est pas tous les jours que France 2 vous raconte des trucs aussi rares.

Traduction : les communicants de l’US Army, détectant que j’avais le profil type du servile passeur de plats, m’ont proposé de faire de moi un pubard de la tuerie high tech made in USA, et, naturellement, j’ai dit oui, merde alors, trois coups de langue au bas d’un gradé yankee sont pas cher payer pour être admis dans UDELPSDM.

Et donc, ça disait comme ça, en gros, que la guerre est quand même vachement plus jolie en 2010, mâme Dupont, qu’à l’époque heureusement révolue où elle se résumait à l’éviscération de l’occupant britannique par les kilteux de Mel Gibson, puisque sormais, raffinement technologique oblige, t’as le siège sanglé dans un fauteuil à roulettes à Asshole Town (UDELPSDM), t’appuies sur le petit bouton rouge, et bim, ça nique un digène à l’autre bout du monde.

C’est quand même un vrai progrès, ça met le muslim massacre à la portée du geek, plus besoin de s’emmerder avec des entraînements à la con, une simple maîtrise de Call of Duty suffira - et quand t’auras fini ton Dr Pepper, Buddy, ça serait bien que tu m’effaces les Pakis dont voici les coordonnées ; et, s’il te plaît, essaie de faire ça proprement, cette fois-ci, l’autre jour t’as mis des morceaux de bébés partout, c’était franchement limite au niveau des droits de l’homme.

(Naaaaan, Buddy, je rigole : c’est des bougnoules - on les enc***, les droits de l’homme, don’t be a liberal pussy, Buddy.)

Bien sûr, l’envoyé spécial de France 2 dans UDELPSDM ne s’appesantissait qu’assez peu sur les dommages collatéraux de la drone de guerre - si que tu commences à gamberger, tu t’ôtes tout le plaisir du jeu -, de sorte qu’il faut chercher ailleurs les précisions qu’il omettait de trop développer, occupé qu’il devait être à lécher le fondement du major Smith.

Concrètement, le tir sur cible (supposément) pileuse depuis les sous-sols de l’Alabama donne des infos un peu sibyllines, comme, aujourd’hui : « Trois missiles ont frappé un site abritant des Résistants tôt samedi matin dans la région de Mohammad Khel, dans la province du Nord-Waziristan frontalière de l’Afghanistan ».

Ou : « Depuis le début de l’année, plus d’une dizaine de frappes attribuées aux forces de la CIA présentes au Pakistan ont été menées dans cette zone tribale, où l’armée américaine vise des combattants Résistants ».

Videmment : ces frappes violent quelques très menues dispositions du droit international, relatives, notamment, à la souveraineté des États - et plus généralement au droit des peuples à disposer de leur petit déj sans que des barbouzes US ravagées ne les anéantissent en jurant que ces foutus bâtards étaient des benladistes saturés d’intentions belliqueuses.

(Et puis de toute façon, personne ira vérifier, hein ?

Puisque vos journaleux, quand vient le moment de choisir entre une incursion au Nord-Waziristan et la visite guidée d’UDELPSDM, optent généralement pour la solution 2, où les transferts aéroport-UDELPSDM et la demi-pension sont il est vrai compris.)

Mais bon, comme d’hab, si c’est Uncle Sam qui pratique le terrorisme d’État, c’est plutôt regardé comme une contribution désintéressée à la défense du monde libre : l’autre jour, le chef de l’État français, traité par Laurence Ferrari, n’a d’ailleurs pas manqué de lui rappeler que si qu’on perd l’Afghanistan, le Pakistan tombe, mâme Ferrari, et que si que le Pakistan tombe, le barbu va nous déferler sur avec la ferme et coutumière intention d’emburqer nos filles et nos compagnes, pire que dans un éditorial d’Ivan Rioufol.

(Et me dites pas qu’on vous a déjà fait le coup avec l’Irak, mâme Ferrari : un, c’est pas du tout la même chose - là tout le monde sait que le Résistant est aussi à l’aise dans le Pakistan qu’un maire phobique dans l’UMP - et, deux, si vous me broutillez trop longuement les talonnettes, je vais vous demander de révéler le conséquent montant de votre salaire devant des millions de Françai(se)s, alors ta gueule.)

Et bon, a priori, l’aéronef lance-missiles sans (vrai) pilote a vocation à s’universaliser, comme souvent les merveilles de la technologie : en sorte que nous pouvons d’ores et déjà essayer d’imaginer ce qui se passerait si, par exemple, le gouvernement cubain, échaudé par trop d’attentats et pris d’une tardive envie de sécurité sur ses marches occidentales, envoyait quelques drones Hasta La Victoria vaporiser du béret vert à Fort Bragg (ou du néo-nazi cubain à Miami), dans le cadre, non moins (il)légitime au demeurant que celui où s’inscrit la CIA au Nord-Waziristan, d’une guerre préventive contre la terreur ?

À mon avis : France 2 négligerait d’envoyer à La Havane, dans U(autre)DELPSDM, un appliqué JRI chargé de faire de belles nimages de Juan Felipe le gamer et de son joystick - mais bon, je peux me tromper.

Sébastien Fontenelle

 30 janvier 2010

 (Don’t Be A Liberal Pussy, Buddy)



  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Toutes les notes