Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

28.12.2009

n° 38 - Dossier du Pakistan - 26-12 -Fin :- les États-Unis reconnaissent ouvertement que Ben Laden est mort depuis longtemps.


n° 38 - Dossier du Pakistan - 26-12 -Fin :- les États-Unis reconnaissent ouvertement que Ben Laden est mort depuis longtemps.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                                      n° 38 - 26-12

                                           C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-3 Le Pakistan s'interroge sur son rôle en Afghanistan.

3-4 Le corridor de Wakhan, porte chinoise vers l’Afghanistan.

3-5 Les derniers jours du Pakistan ?


3-3 Le Pakistan s'interroge sur son rôle en Afghanistan.

nb- : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Islamabad a apporté une réponse mitigée au discours d'Obama sur la stratégie américaine en Afghanistan.

Non-dits et sous-entendus…

Dans son discours fondateur sur la nouvelle stratégie «Af-Pak», Barack Obama a eu la main légère sur le volet pakistanais.

Et pour cause.

Allié de circonstance, mais néanmoins incontournable, le Pakistan reste une équation difficile à résoudre pour les États-Unis. (…)

Conscient de cette réalité, Obama n'a donc rien exigé ouvertement d'Islamabad dans son discours de West Point, préférant utiliser une nouvelle fois le terme de «partenariat». «Nous allons agir en étant parfaitement conscients que notre succès en Afghanistan est inextricablement lié à notre partenariat avec le Pakistan», s'est contenté de souligner le président américain. Ajoutant, en allusion à la frontière poreuse entre l'Afghanistan et le Pakistan : «C'est là que se trouve l'épicentre du violent extrémisme pratiqué par al-Qaida.»

Obama s'est cependant fait l'écho des préoccupations concernant le nucléaire pakistanais.

Difficile, en effet, pour le président américain d'éviter une question considérée par nombre de responsables à Washington comme l'une des plus épineuses.

«Les enjeux sont encore plus élevés au Pakistan du fait que ce pays possède l'arme nucléaire, parce que nous savons bien qu'al-Qaida et d'autres résistants cherchent les armes nucléaires, et nous avons toutes les raisons de penser qu'ils les utiliseront», a martelé ­Barack Obama.

Au-delà d'une unité de façade dans la lutte contre le terrorisme, force est de constater qu'Islamabad et Washington ont, au bout du compte, des intérêts divergents dans la région. Si, depuis le printemps dernier, l'armée pakistanaise se bat contre les militants islamistes qui menacent le Pakistan - dans la Vallée de Swat et, maintenant, au Sud-Waziristan -, elle n'a jamais caché sa réticence à en découdre avec les résistants afghans. Ce sont pourtant ceux-là que les Américains demandent à Islamabad d'éliminer. Retranchés dans la Zone tribale du Nord-Waziristan, ou à Quetta, au Baloutchistan, alliés à al-Qaida, ils orchestrent les attaques contre les troupes de la coalition en Afghanistan. Mais s'ils mettent en péril la nouvelle stratégie américaine, ils restent un atout pour les Pakistanais au cas où les résistants reviendraient au pouvoir à Kaboul.

Mercredi, le gouvernement d'Islamabad a apporté une réponse mitigée au discours du président américain. «Nous saluons la réaffirmation par le président Obama d'un partenariat entre nos deux pays pour poser les bases d'un intérêt mutuel, d'un respect mutuel et d'une confiance mutuelle», a déclaré le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué. Précisant dans la foulée : «Le Pakistan est impatient de coopérer étroitement avec les États-Unis pour faire en sorte que la nouvelle stratégie n'engendre pas d'effets néfastes pour lui». Islamabad n'en a jamais fait mystère, l'une de ses principales craintes est de voir affluer en territoire pakistanais les rebelles islamistes chassés d'Afghanistan par les troupes de la coalition. Cela ne manquerait pas de compliquer la tâche de l'armée pakistanaise dans sa lutte contre les résistantss et al-Qaida. Pis, ce pourrait être la porte ouverte à une intervention directe des forces américaines dans les Zones tribales pakistanaises et au Baloutchistan, où se cacherait le mollah Omar, le chef spirituel des résistantss. Un cauchemar pour le gouvernement d'Islamabad, qui devrait jongler entre son alliance avec les États-Unis et son opinion publique de plus en plus antiaméricaine. Déjà très affaibli, le régime civil du président Zardari serait à coup sûr emporté par le choc. Or, une crise politique à Islamabad ne servirait pas, non plus, le dessein des Américains dans la région.

02/12

http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/03/01003-200...


3-4 Le corridor de Wakhan, porte chinoise vers l’Afghanistan.

Le passage stratégique du corridor de Wakhan, délimité par un accord de 1895 entre la Russie et le Royaume-Uni, attire l’attention de l’OTAN, en quête de passages logistiques, et de la Chine..

Le corridor de Wakhan est une zone montagneuse située au nord-est de l’Afghanistan, dans la province de Badakhshan. Il s’étend vers l’est sur environ 280km, entre le Tadjikistan au nord et le Pakistan au sud, jusqu’à la Chine qui se trouve à l’extrémité est du corridor. Cette bande montagneuse qui forme la jonction entre les montagnes du Pamir et la chaîne de l’Hindu Kush, est large d’environ 60km dans sa portion la plus vaste et de seulement 15km dans sa partie la plus étroite. Les montagnes de la région reculée du Wakhan culminent entre 3500m et plus de 5000m d’altitude. Le corridor est principalement occupé par les populations tadjikes d’Afghanistan et par une minorité kirghize

Le corridor de Wakhan s’ouvre à l’Ouest, par la ville frontalière de Ishkashim (Eshkashem), qui sert également de point de passage vers le Tadjikistan. Ishkashim est le principal point de contrôle sécuritaire du corridor, où les voyageurs doivent obtenir un laisser-passer avant de pénétrer dans le Wakhan. À l’exception de la ville d’Ishkashim, le corridor n’a connu que très peu d’attaques d’insurgés et bien que des bandes armées y soient présentes, elles se sont assez peu confrontées aux forces de l’ISAF et en l’occurrence à la Bundeswehr, en charge de la province de Badakhshan.

Si le corridor de Wakhan intéresse les occidentaux de par le passage stratégique qu’il offre en contournant le Pakistan, et alors que les autorités afghanes ont entamé des négociations avec la Chine pour l’ouverture de points de passage, le corridor est une déception sur le plan logistique. Depuis Ishkashim, la traversée du corridor se fait sur des pistes rocailleuses le long des trois rivières majeures qui le traversent ou par des sentiers de montagne souvent périlleux. Si plusieurs ponts ont été construits récemment, notamment par les Allemands, ils ne sont probablement pas adaptés aux passages de poids lourds. En été, seuls les véhicules tout-terrain peuvent se frayer un chemin le long des rivières en crue. Enfin, le passage entre l’Afghanistan et la Chine se fait par la passe de Wakhjir, qui est dépourvue de route. Après avoir traversé la frontière, il faut rejoindre une piste sommaire avant de pouvoir rallier, à plus de 80km, la première route majeure de Chine, l’autoroute Karakoram N35/G314.
L’exploitation du corridor de Wakhan comme voie logistique nécessiterait de lourds et coûteux travaux pour permettre le passage de véhicules lourds dans des conditions correctes. Au-delà des contraintes géographiques, la Chine ne semble pas prête à ouvrir un point de passage entre le Wakhan et la préfecture de Kashgar, tant pour des raisons financières, que diplomatiques et politiques. Le gouvernement chinois semble plus soucieux de la sécurisation de la frontière, en fournissant entraînement et aide financière à la police afghane, que du développement du Wakhan, corridor qui débouche sur la province ouïghoure du Xinjiang, où les opérations de sécurité se poursuivent, après les évènements violents de juillet.

Toutefois, la Chine pourrait être amené à revoir l’importance du Wakhan, dans le contexte de ses investissements récents dans les mines de cuivre de la vallée d’Aynak, près de Kaboul. La Chine aura besoin de voies routières capable de supporter le trafic important lié à l’exploitation des matières premières en Afghanistan et devront choisir entre la traversée du Pakistan par la passe de Khyber déjà surchargée, le contournement de la vallée du Wakhan par le Tadjikistan en empruntant la route principale M41, ou la construction de véritables routes à travers le corridor de Wakhan.

Dans les années à venir, la région calme et pauvre du Wakhan pourrait bien attirer à nouveau l’attention des puissances régionales, des siècles après le passage d’Alexandre le Grand, de Marco Polo et des marchands de la route de la soie.

MGN, Zone d’Intérêt


3-5 Les derniers jours du Pakistan ?

(1)

Impuissance des autorités, duplicité d’une armée qui esquive le combat tout en monnayant son (in)action, questions lucides et sans réponses des médias, désarroi d’une population prisonnière, tétanisée ou en fuite… un lugubre air de déjà-vu : l’avenir du Pakistan se compte en semaines – voire en jours.

Le mirage du pouvoir civil, une possible probable guerre civile entre futurs ex-alliés (Pachtoun, Taliban, Arabes) et son basculement côté afghan pour le contrôle d’un grand Pachtounistan, la sécession du Baloutchistan, des accords Taliban-Chine, l’inconnue de la réaction indienne … ces sombres spectres sortent des cavernes où ils grandissent depuis si longtemps – nourris par tant d’intérêts étrangers, créés par tant d’intérêts « nationaux» , si soigneusement masqués..

Une si terrible cécité…

La lecture des média américains laisse songeur :

FOX News, 30 avril :

Tandis que le général David Petraeus annonce que les deux prochaines semaines seront critiques pour la survie du gouvernement pakistanais, que l’hypothèse retenue par les États-Unis est que l’Armée pakistanaise, jugée « supérieure»  au gouvernement civil, survivrait à la chute du gouvernement Zardari face aux Taliban, tout en gardant le contrôle des armes nucléaires, qu’Hillary Clinton déclare que les États-Unis jugent ces armes en sécurité, mais « seulement dans la configuration actuelle du pouvoir« … les membres du Congrès en sont toujours à se battre sur la question politique de savoir si l’aide promise à Islamabad doit être conditionnée à des résultats concrets sur le terrain, et surtout de qui elle doit dépendre : du Département de la Défense ou du Département d’État?

Richard Boucher est favorable à un nouveau mécanisme d’aide financière contrôlé par la Défense, le PCCF (Pakistan Counterinsurgency Capabilities Fund), qui permettrait d’équiper et d’entraîner  immédiatement l’Armée pakistanaise aux techniques de contre-insurrection, celle-ci n’étant préparée que pour une guerre conventionnelle avec l’Inde…

Encore plus fort, les mêmes officiels déclarent que :

« le problème final est que personne aux États-Unis ne peut dire quel est le véritable objectif des Taliban : renverser le gouvernement ou en obtenir le contrôle d’un territoire?» 

On croit rêver.

Informed Comment (le blog du très influent Juan Cole) , 13 avril : Juan Cole ne croit pas à l’alerte de David Kilcullen, qui a averti début avril que « le Pakistan pourrait tomber dans les six mois»  (Sydney Morning Herald).

Cole affirme :

- « In fact, precisely since Pakistan has an army of 650,000 men under arms and another 500,000 reservists, it is absurd to think that a small rural insurgent group like the Taliban could « take over.
- « Many Western military observers just seem to me uncomfortable whenever Pakistan has a civilian government (was the country « unstable»  three years ago under military dictatorship?) And they vastly overestimate the size and power of the groups they call the « Taliban.» 
- « As for « al-Qaeda,»  there isn’t much evidence of there being much left of it. The Pakistani press says there are 8000 foreign fighters holed up in FATA, but many appear to be locals– Uzbeks, Tajiks, etc., who got into trouble with their own government, rather than the classical al-Qaeda of the ‘Arab Afghans‘.» 

Désinformation ou déni ? (nota : la femme de Juan Cole, Shahin Malik, est née à Lahore).

… face à de si lucides observations

Il est pourtant possible de lire en ligne des analyses sérieuses, détaillées, impartiales, qui convergent toutes vers l’issue logique et proche, si proche, de la chute.

Sydney Morning Herald, 13 avril, David Kilcullen :

- « We have to face the fact that if Pakistan collapses it will dwarf anything we have seen so far in whatever we’re calling the war on terror now.
- Pakistan has 173 million people and 100 nuclear weapons, an army which is bigger than the American army, and the headquarters of al-Qaeda sitting in two-thirds of the country which the Government does not control.

- In Afghanistan, it’s easy to understand, difficult to execute. But in Pakistan, it is very difficult to understand and it’s extremely difficult for us to generate any leverage, because Pakistan does not want our help. In a sense there is no Pakistan – no single set of opinion. Pakistan has a military and intelligence establishment that refuses to follow the directions of its civilian leadership. They have a tradition of using regional extremist groups as unconventional counterweights against India’s regional influence.

Pour lui, deux évolutions sont possibles :

« The special US envoy Richard Holbrooke has been charged with brokering a regional compact by reaching out to Iran, Russia and China. This is exactly what he’s good at and it could work. But will it? It requires regional architecture to give the Pakistani security establishment a sense of security which might make them stop supporting the Taliban» 

« The best case scenario is that the US can deal with Afghanistan, with President Obama giving leadership while the extra American troops succeed on the ground – at the same time as Mr Holbrooke seeks a regional security deal» 

« The worst case was that Washington would fail to stabilise Afghanistan, Pakistan would collapse and al-Qaeda would end up running what he called ‘Talibanistan.’

D’où sa conclusion :

« It’s too early to tell which way it will go. We’ll start to know about July. That’s the peak fighting season … and a month from the Afghan presidential election.« 

dawn.com, 11 avril, Irfan Husain :

Un article terriblement lucide… et sans solution. Extraits :

« Imaginez qu’un pays voisin ait assassiné un important leader politique pakistanais, fait exploser un hôtel réputé au centre d’Islamabad, tué des milliers de paramilitaires et de victimes civiles innocentes dans une série d’attentats.
Imaginez encore que le but de cet ennemi est rien moins que la prise du pouvoir. De tels actes constitueraient sûrement une déclaration de guerre.

Dans ce scénario, tout les partis politiques se seraient unis pour faire face à cette agression. Les médias seraient remplis de chansons patriotiques et de messages incitant la nation à soutenir l’action du gouvernement et de l’armée pour défendre le Pakistan. Et, plus important, les forces armées n’auraient pas hésité à agir.
Quiconque suggérant un dialogue avec l’envahisseur ou justifiant son attaque serait dénoncé comme un traître et un défaitiste.

Alors ma question est : pourquoi tout cela ne se passe-t-il pas maintenant ?
[…]
… cela présuppose que l’armée veut combattre les Taliban et protéger les leaders politiques. Et jusqu’ici, nos forces armées n’ont pas montré qu’elles prenaient la menace extrémiste au sérieux.

Selon un récent article du Spiegel :
« 
Les militaires (pakistanais) évitent les affrontements avec les extrémistes. Beaucoup d’officiers ne voient pas les Taliban comme des ennemis. Le véritable ennemi du Pakistan, de leur point de vue, est l’Inde. De nombreux officiers disent que la lutte contre le terrorisme dans les territoires du Nord-Ouest leur est imposée par les États-Unis et qu’ils se trompent de guerre…» 

[…]
Cette flagellation a provoqué des manifestations dans tous le pays. J’ai participé à l’une d’elles à Lahore, la semaine dernière. J’étais content de voir qu’en plus de nombreux amis, un grand nombre de jeunes et d’étudiants participaient à cette marche. Un slogan repris largement était « Les deux démons du Pakistan : son armée et ses taliban»  (Pakistan kay do shaitan: fauj aur uskay Taliban). Ma bannière favorite, elle, disait : « 12 milliards de dollars d’aide pour combattre le terrorisme. Où sont-ils? » 

Minhaj Sisters

.

Une analyse indienne

Maloy Krishna Dhar, 14 avril : une analyse très complète et fouillée, comme toujours, sur le blog de l’ancien directeur du renseignement indien (IB).

Résumé des points forts :

Forces combinées Al Qaïda-Taliban :

1 – Objectifs
- contrôler le pays
- en faire une base pour attaquer l’occident (voir Mumbaï)

2 – Contrôle du territoire
- se répandent rapidement dans le pays et se rapprochent de la capitale
- nombreuses cellules dormantes à Lahore et Karachi (sources : officiers pakistanais)
- sous contrôle des forces ennemies  : totalité du Waziristan, Peshawar, Quetta, Bannu, Mohmand etc.
- Lahore, Islamabad, Chakwal, Multan et Karachi sous influence depuis les attaques fructueuses des forces Al Qaïda-Taliban
- certains villages sont tellement infiltrés qu’ils sont de facto considérés comme “zone interdite” par les villageois voisins

3 – Composition
- une liste mise à jour des mouvements et chefs de guerre  – Tehrik-i-Taliban Pakistan-TTP : Maulana Faqir Mohammad, Maulana Sufi Mohammad / Jaish-e-Islami :  Waliur Rahman a.k.a. Raihan, Maulana Ismail / Karwan-e-Niamatullah : Haji Niamatullah / Dr. Ismail / Maulana Abdullah / Saeedur Rahman / Omar Khalid a.k.a. Abdul Wali / Kamran Mustafa Hijrat a.k.a. Mohammad Yahya Hijrat /  Mangal Bagh’s Lashkar-i-Islam – ainsi que la mutation et la complexité de leur composition ethnique (au Pakistan et en Afghanistan) depuis 2004 (Antonio GiustozziPaul Fishstein)
- Taliban alliés d’Al Qaïda via les myriades de cellules djihadistes créées par l’ISI depuis 1980
- émergence récente du Hezbollah au Bangladesh (Bogra), comme base pour l’Asie du Sud

4- Propagande
- exploitation des bombardements des drones US et des morts des civils

5- Nucléaire et biochimique
- des scientifiques proches d’A.Q. Khan sont en contact avec le commandement d’Al Qaïda (sources : experts de l’IAEA et de la CIA – nota : ce que sait le Mossad depuis longtemps)
- auraient développé des armes bio-chimiques

Armée pakistanaise :

1 – Objectifs
- monnayer son pouvoir sur les terroristes auprès des États-Unis

2- Moyens
- utilise le TTP (Tehrik-i-Taliban Pakistan), les Taliban, Al-Qaïda et consorts comme une armée auxiliaire pour attaquer les USA / l’OTAN en Afghanistan et l’Inde au Cachemire/ sur son sol
- refus d’engager l’armée contre les Taliban : c’est la police qui est partie se battre à Buner
- pour une somme dérisoire, l’armée via l’ISI offre toutes facilités pour former et entraîner des commandos de bombes humaines

3- Propagande
- les attaques terroristes tuant les civils sont expliqués par une conspiration US-Inde-Israël qui vise à déstabiliser le Pakistan pour confisquer son armement nucléaire et asservir le pays à l’Inde (autorités)
- déni pour l’attentat de Lahore contre l’équipe de cricket du Sri Lanka, imputée à l’Inde par le chef de la police de Lahore

Société civile pakistanaise :
- la majorité de la société civile refuse la talibanisation
- ce qui reste des forces démocratiques ne veut pas de la religion de l’armée (l’islam de Zia-ul-Haq)

Inde :
- peu de choses ont changé en Inde depuis le 26/11: aucun renforcement des services de renseignement (sauf au Gujarat, Kerala et Andhra Pradesh), les forces spéciales sont toujours dédiées uniquement au combat conventionnel, aucune modernisation des gardes côtes
- l’Inde n’a pas la capacité de résister à une attaque pakistanaise conjointe armée/TTP/Al-Qaïda
- il reste toujours environ 800 cellules djihadistes identifiées en Inde

Chine :

- la Chine a signé un protocole avec le Jamait-e-Islami Pakistan et le gouvernement pro-TTP des NWFP.

http://www.lescarnetsdeclarisse.fr/2009/05/geopolitique/l...

 

Les derniers jours du Pakistan ?

(2)

La situation du Baloutchistan

Une région vaste comme l’Allemagne, la plus pauvre et la moins développée du pays, où le tremblement de terre d’octobre 2008 a encore accru le dénuement d’une population maltraitée. Plusieurs mouvements sécessionnistes s’y partagent la lutte contre le pouvoir central, plus ou moins financés et aidés par des États étrangers.

 • État des lieux

Il faut lire sur Informed Comment ce commentaire anonyme :

« De toutes les autres ethnies, le peuple baloutche est celui qui a le plus souffert sous une administration dominée par les Punjabi. La région du Baloutchistan est principalement composée de déserts et terres non-cultivables. Par contre, la région est riche en ressources minérales (gaz naturel, pétrole). Dans les faits, la région fournit 90% des besoins énergétiques du Pakistan. Mais l’ironie est que cette province ne reçoit même pas 5% de l’électricité qu’elle produit. C’est encore trop pour la fraternité islamique!

Le revenu moyen y est proche de zéro, comparé au revenu moyen dans le reste du pays. Il y a peu d’écoles et de collèges, à part dans la capitale de Quetta. Les Baloutches doivent faire de grandes distances pour avoir accès aux premières nécessités, comme l’eau, la nourriture. Il n’y a (presque) pas de routes ou de chemin de fer, sauf à Quetta.

L’Armée pakistanaise viole les femmes et les jeunes filles, tue les non-combattants; en règle générale, elle répand le malheur parmi la population. Et ce n’est pas comme si les autorités civiles ou militaires n’étaient pas au courant de ces faits. Car de l’autre côté, l’Administration soutient totalement les méthodes cruelles utilisées par l’armée pakistanaise pour mater les Baloutches. C’est la réponse de l’Administration pakistanaise à l’audace des Baloutches qui ont osé demander leurs droits, les droits de base de tout être humain.
[...]
Je ne comprends vraiment pas pourquoi les médias du monde libre ont choisi d’ignorer la tragédie humaine qui se joue chaque jour dans un pays aussi connu que le Pakistan. Je me demande aussi pourquoi les leaders occidentaux ne demandent pas à l’administration pakistanaise pourquoi ces gens souffrent tant, après tous les milliards de dollars d’aide (que le pays a reçu).» 

et le rapport d’Amnesty International sur la triste question des disparus :

« Des centaines de personnes ont en effet été placées en détention dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » ou de la lutte contre l’opposition interne, par exemple au Baloutchistan.

En mai 2008, le sénateur Babar Awan, secrétaire du Comité de réconciliation avec le Baloutchistan du Parti du peuple pakistanais au pouvoir avait annoncé la création d’une commission, dirigée par Nawabzada Haji Lashkri, chargée de retrouver la trace des « disparus » du Baloutchistan, dans le cadre des efforts faits pour répondre aux doléances des Baloutches.

À ce jour, le gouvernement n’a pas rendues publiques les conclusions de ses enquêtes ni les actions entreprises pour apporter une réponse dans les affaires de disparitions forcées de Baloutches.

Le BLUF (à ne pas confondre avec le Front de libération du Baloutchistan qui existe de longue date) affirme que 6 000 militants baloutches sont au nombre des personnes « portées disparues ». Toujours selon le BLUF, 141 femmes en font partie. Le groupe exige leur libération en échange de celle de John Solecki. Le gouvernement pakistanais a nié ces allégations.» 

violences

Début avril, des violences ont éclaté au Baloutchistan, après la mort de trois leaders nationalistes qui auraient été enlevés et torturés par les forces de sécurité pakistanaises. D’après l’IRIN (service de nouvelles humanitaires rattaché à l’ONU) :

« Trois jours de violence et d’émeutes, qui ont fait au moins 11 morts et de nombreux blessés au Baloutchistan, ont été déclenchés par la découverte, le 9 avril, des cadavres mutilés de trois éminents leaders nationalistes baloutchis dans la ville de Turbat, à environ 1 000 kilomètres au sud de Quetta.

Selon les Services de relations publiques de l’armée pakistanaise (ISPR), organisme porte-parole des forces militaires, ces meurtres sont le fait « d’éléments hostiles à l’Etat », désignés sans plus de précision, qui cherchent à saboter les efforts de réconciliation déployés par le gouvernement au Baloutchistan. Mais d’autres en sont moins sûrs.

«Tout porte à croire que des membres des forces de sécurité publique ont arrêté les trois victimes, les ont torturées et tuées avant de se débarrasser de leurs cadavres, qui ont été retrouvés mutilés et décomposés », a déclaré Asma Jahangir, présidente de la Commission pakistanaise de défense des droits humains, un organisme indépendant.» 

La talibanisation de Quetta

• Manipulations en tous genres

Comme toujours au Pakistan, difficile de savoir qui aide qui, qui fait quoi, qui manipule qui, et dans quel but…

La seule certitude est un profond souhait d’autonomie d’une partie des chefs tribaux baloutches, qui cherchent une alliance avec leurs cousins du Sud de l’Iran (une minorité sunnite) … et selon les officiels pakistanais :
- avec l’appui d’un régime sunnite extérieur comme les Émirats Arabes Unis,
- avec l’appui de l’Inde, via des camps d’entraînement en Afghanistan, sous supervisation de contractors britanniques.

Les États-Unis, quant à eux, estimant que le danger est la talibanisation de la région de Quetta (pachtoune) dans le but d’une alliance des Taliban avec les groupes séparatistes de la région… affirment que :
- l’ISI appuie les Taliban basés à Quetta, où Mollah Omar est réfugié,
- les drones déployés actuellement dans le nord-ouest seront utilisés à Quetta.

Les militants liés à Al-Qaïda ont ainsi attaqué plusieurs religieux modérés de la région.

.

L’inconnu du nucléaire.

 Pour Maloy Krishna Dhar :

« The US and allies are worried about Al Qaeda infiltrating several Pakistani nuclear scientists and stealing some of the stored armed nuclear devices. Pakistan has stores its nuclear materials at eleven different locations, following British and U.S. advice to keep the warheads separate from the triggering devices. Also, the missiles or planes that could carry the bombs are far removed from the nuclear devices. Chaklala, Sargodha, Quetta and Karachi are reported to be the primary strategic materials storage depots. In 2002 Washington supplied Pakistan ‘permissive action links’ (PAL) locks at a cost of over $100 million, to detect and alert national authorities of any attempted tampering. The claims that US are physically guarding the nuclear facilities are yet to be confirmed by Pakistan army sources. Some sensitive friends in Pakistan claim that about 8 close associated of Dr. A. Q. Khan are in touch with Al Qaeda and they have the capability of manufacturing dirty Nukes.» 

.

Quelques réflexions, en guise de conclusion.

• L’avertissement russe

Le Centre antiterroriste de la Communauté des États indépendants (CEI) dirigé par Andreï Novikov a annoncé, lors d’une récente réunion des chefs du renseignement des pays de la CEI :

- une détérioration de la situation en Asie centrale est à prévoir,
- une menace très sérieuse pour les États d’Asie centrale émane de l’Afghanistan et du Pakistan.

« C’est la raison pour laquelle la correction des paramètres de coopération dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme dans le contexte actuel de crise socio-économique est plus actuelle que jamais »

« Je n’exclus pas que les organisations extrémistes dans un contexte de crise économique passent à l’autofinancement (…). Ainsi, elles vont obtenir de moyens nécessaires en attaquant des banques, des convoyeurs de fonds et des poids-lourds

• La stratégie chinoise

L’armement des forces Taliban-Al Qaïda en Afghanistan est principalement chinois.

Un des objectifs est aussi d’affaiblir l’Inde, déjà menacée au Cachemire.

On connaît la stratégie du collier de perles de la marine chinoise

(lire) : la constitution d’un réseau de bases navales et de facilités portuaires tout autour de l’océan Indien (Birmanie-détroit d’Ormuz), avec le port de Gwadar, financé à 85 % par la Chine).

Une raffinerie de pétrole, des cuves de stockage, des installations de défense aérienne, une base navale, bientôt une extension en eaux profondes (travaux en cours) : Gwadar est une liaison vitale pour la Chine par les 2500 km de la route du Karakorum (KKH).

Ce qui explique l’accord avec les Taliban. Car la Chine connaît certainement mieux les Taliban et Al-Qaïda que les États-Unis : on se souviendra du rôle de la Chine alliée aux États-Unis lors de la guerre soviétique en Afghanistan, dont les réseaux et les contacts ont été renforcés et mis à profit pour d’autres objectifs stratégiques nationaux.

 

Relecture d’une carte américaine.

Pour ceux qui se souviennent de cette carte (lire ici), on reste songeur en pensant à la situation de l’Afghanistan, de l’Irak, du Pakistan… etc.

Articles cités :

IRIN PAKISTAN: Des habitants non originaires du Baloutchistan fuient la province

Amnesty International – Le Pakistan n’a toujours pas dit la vérité sur les détentions secrètes

Maloy Krishna Dhar – Frakensheikh al Qaeda: CIA, ISI, Saudi creation blows back

http://www.lescarnetsdeclarisse.fr/2009/05/geopolitique/l...




Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Commentaires

Merci pour cet article

Ecrit par : Mutuelle | 28.12.2009

Your compilation is useful. Thanks.

Ecrit par : Maloy Krishna Dhar | 22.02.2010

Écrire un commentaire