19.12.2009
n°307 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie 'de l'Afghanistan- 17-12 - : (suite) : - Les exilés afghans «dans la force de l'âge» doivent «assumer» leur devoir et défendre leur liberté dans leur pays.
n°307 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie 'de l'Afghanistan- 17-12 - : (suite) : - Les exilés afghans «dans la force de l'âge» doivent «assumer» leur devoir et défendre leur liberté dans leur pays.
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan
n°307 17/12/09
C.De Broeder & M.Lemaire
Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
| Sommaire : 1 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion (suite) 1-4 La guerre contre la terreur se poursuit avec l’approche de la « main tendue ». 1-5 John R. MacArthur: Obama, comme ses prédécesseurs. 1-6 Pourquoi Obama fait des malheureux parmi les gens de gauche. 1-7 La police, maillon faible du plan 'Obama.'. |
1-4 La guerre contre la terreur se poursuit avec l’approche de la « main tendue ».
Les dernières nouvelles concernant la guerre d’occupation de l’Afghanistan nous indiquent que le scénario le plus probable que nous avions esquissé est en train de se matérialiser (Afghanistan : La panique s’empare du Pentagone).
L’Administration Obama est déterminée à poursuivre cette guerre jusqu’à la conquête achevée de cette région de l’Asie centrale : « Après huit années au cours desquelles nous n’avons eu, à mon avis, ni les ressources ni la stratégie nécessaires pour finir le boulot, j’ai l’intention de le finir », a déclaré récemment le Président Obama (AFP, 2009, Journal de Québec, p. 32). Selon le National Priorities Project les coûts de cette guerre pour les contribuables étatsuniens atteignaient le total de près de 232 milliards 256 millions de dollars en date du 29 novembre 2009 (U.S. Military Operations in Afghanistan).
Les renforts d’environ 5000 soldats promis par les membres de la coalition à la « main tendue » du Prix Nobel de la Paix 2009 vont s’ajouter aux 9000 marines que le Pentagone devrait déployer dans la province du Halmand.
Un contingent additionnel de 25 000 soldats sera envoyé un peu plus tard, car, selon les médias étatsuniens on évalue à 34 000 le total des forces supplémentaires qui seront éventuellement mobilisées. Cette annonce qui sera faite mardi prochain devrait satisfaire les seigneurs de guerre que sont les généraux de l’armée de l’Oncle Sam et les plus belliqueux du parti républicain. On peut donc penser que la stratégie du président Obama serait de faire accepter au compte-gouttes par l’opinion publique des États-Unis l’envoi de renforts alors que celle-ci se montrait de plus en plus défavorable à la poursuite de ce conflit armé de longue durée.
Le nouveau mode opératoire, sur le terrain, est de sécuriser les villes et laisser les campagnes sous le contrôle des résistants, les Résistants ou les résistants. Cette approche devrait permettre de disposer du temps voulu (on a évoqué une période de cinq ans) pour entraîner et former une armée nationale afghane capable de remplacer les forces militaires internationales.
Cette guerre sera par la suite livrée par et entre les Afghans eux-mêmes. C’est la façon privilégiée par l’impérialisme dans la plupart des conflits armés qu’il génère et entretient à un endroit ou l’autre de la planète. Cette façon d’opérer, dans la mesure où les soldats de l’Occident ne sont pas directement impliqués dans des combats, sera plus facile à faire accepter par les populations étatsuniennes et européennes. Pour le lobby des industries de la mort la poursuite de cette guerre sera une bonne nouvelle dans la mesure où la résistance permettra de justifier des dépenses militaires importantes sur une longue période ; le président Obama a mentionné une dizaine d’années. Il s’agit donc de s’assurer que les motifs initiaux sous-jacents à la décision d’envahir et d’occuper l’Afghanistan continuent d’être bien saisis par l’opinion publique des pays occidentaux : « Combattre le terrorisme à sa racine et protéger ainsi le monde libre ».
Des pions sur l’échiquier mondial
Pendant ce temps, les forces impérialistes continuent de veiller à leurs intérêts en s’assurant que les pions qu’ils ont placés dans la majorité des pays se comportent comme tels.
Des conflits armés de grande envergure semblent se dessiner avec de plus en plus de netteté au Moyen Orient. C’est l’impasse dans le conflit israélo-palestinien, car Israël ne veut pas stopper, une fois pour toutes, le mouvement d’expansion de ses colonies en Cisjordanie et les pressions excercées sur l’Iran s’intensifient avec la résolution concernant son programme de développement nucléaire adoptée récemment par le conseil de l’Agence Internationale de l’Énergie atomique (AIEA).
Des élections organisées par un gouvernement illégalement au pouvoir et répudié par l’ensemble des nations sont tenues au Honduras, un processus soutenu par Washington qui les considère comme un pas dans la bonne direction, c’est-à-dire dans le sens du maintien de son hégémonie en Amérique latine (Le Figaro). Vraiment, le droit international reçoit, ici, encore une fois, une gifle cinglante.
La pandémie du capitalisme mondialisé par les guerres et les règles injustes du commerce mondial : un processus terrorisant
Le système économique capitaliste mondialisé par les guerres et les règles injustes des échanges commerciaux peut s’apparenter à une véritable pandémie d’origine virale. Il pénètre dans les organismes vivants, les sociétés et les communautés humaines comme le fait un virus. il provoque la désintégration des systèmes traditionnels de vie en les remplaçant par un seul et même credo, celui du profit obtenu dans un environement concurrentiel sans frontières où seuls les plus puissants font la loi et imposent leur logique implacable en annihilant les plus faibles. Cette métamorphose détruit peu à peu le vivant, appauvrit la diversité biologique, déshumanise les écosystèmes et conduit inéluctablement à la destruction des fondements de la vie et des valeurs universelles. Ce virus est la véritable terreur contre laquelle il faut lutter, car il ne pourra que nous conduire vers une humanité de plus en plus affamée et désoeuvrée sur une terre de moins en moins productive, un prélude de l’extinction de l’espèce humaine.
Jules Dufour, Ph.D., est président de l’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l’Université du Québec à Chicoutimi, membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l’Ordre national du Québec.
Références
AFP. 2009. L’OTAN adopte une nouvelle stratégie en Afghanistan. Cyberpresse.ca. Le 23 octobre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200910/23/01-914285-lotan-adopte-une-nouvelle-strategie-en-afghanistan.php
AFP. 2009. Obama dira bientôt comment il compte « finir le boulot ». Le Journal de Québec, le 25 novembre 2009, p. 31.
AFP. 2009. Afghanistan : jusqu’à 5 000 soldats promis. Cyberpresse.ca. Le 27 novembre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200911/27/01-925738-afghanistan-jusqua-5-000-soldats-promis.php
AFP. 2009. Afghanistan : Obama annoncera le déploiement de 9 000 Marines, Cyberpresse.ca. Le 28 novembre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200911/28/01-926091-afghanistan-obama-annoncera-le-deploiement-de-9-000-marines.php
AFP. 2009. Honduras : "farce électorale" (Chavez). LE FIGARO.fr. Le 29 novembre 2009. En ligne : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/11/29/01011-20091129FILWWW00143-honduras-farce-electorale-chavez.php
DUFOUR, Jules. 2009. Le coup d’état au Honduras : un autre épisode des guerres impériales en Amérique latine. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 27 juillet 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=14547
DUFOUR, Jules. 2009. Afghanistan : des élections pour l’imposition de la « démocratie » ? Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 21 août 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php ? context=va&aid=14871
DUFOUR, Jules. 2009. Afghanistan : La panique s’empare du Pentagone. Montréal, Centre de recherché sur la mondialisation (CRM), le 5 octobre 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=15539
National Priorities Project : http://www.nationalpriorities.org/
4 décembre 2009
Source : Mondialisation.ca
http://www.newsoftomorrow.org/index.php/local/cache-vigne...
1-5 John R. MacArthur: Obama, comme ses prédécesseurs.
Maintenant que Barack Obama s'est décidé à intensifier sa folie en Afghanistan, ce serait peut-être le bon moment de réfléchir aux origines d'une stratégie à première vue carrément débile.
Je ne parle pas là des objectifs tactiques à court terme poursuivis par les conseillers politiques du président.
Pour eux, les archiréalistes, il est évident qu'une augmentation des troupes dans le pays des Pachtounes n'a rien à voir avec la possibilité de gagner quoi que ce soit d'un point de vue antiterroriste ou militaire.
D'une part, tous ceux qui connaissent ce pays, sauf les théocrates doctrinaires de la contre-insurrection, savent que la guerre en Afghanistan est déjà perdue. Entité impossible à quantifier, al-Qaïda existe un peu partout dans le monde musulman (y compris chez nos chers alliés en Arabie saoudite), donc les bombardements de drones contre la population civile à Kandahar ne mènent à rien, sauf à un recrutement accru de partisans pour les résistants. Se défendre contre al-Qaïda est un travail de police, de contre-espionnage et de diplomatie (rappelons-nous qu'Oussama ben Laden a rompu avec la famille royale à Riyad lorsqu'elle a permis à l'armée américaine de lancer l'invasion du Koweït et de l'Irak depuis la terre sainte de La Mecque).
D'autre part, si l'on persiste dans la fantaisie selon laquelle le but de l'Amérique et de l'OTAN est de stabiliser l'Afghanistan, l'intervention de 30 000 soldats supplémentaires qui ne parlent ni pachto ni dari garantit le contraire: plus de violence dirigée vers l'envahisseur occidental et sa marionnette siégeant à Kaboul et plus de réfugiés afghans pour déstabiliser le Pakistan. Même si le «gouvernement» d'Hamid Karzaï n'était pas complètement corrompu par le trafic d'opium et les vols d'argent du contribuable américain, les traditions indépendantes, sauvages et parfois primitives des tribus afghanes ne conduiront pas à la démocratie telle qu'elle est pratiquée à Des Moines ou à Detroit.
Non, la voie guerrière choisie par Rahm Emanuel et les autres proches d'Obama est une quête pour la victoire électorale, et non pas militaire. Comme l'a récemment expliqué le grand politologue américain Gary Wills dans le New York Review of Books, la pensée orthodoxe chez les politiques (une pensée que Wills partage) est qu'une retraite de l'Irak et de l'Afghanistan rendrait presque certaine la défaite d'Obama en 2012: «Les accusations seraient mortelles, soit qu'il s'est montré faible, antipatriotique, niant les sacrifices déjà faits, trahissant nos morts, abandonnant tous les investissements précédents en vies et en argent.»
Toutefois, les tactiques électorales simples et crues n'expliquent pas totalement la politique cynique et autodestructrice américaine. Pour mieux comprendre le discours du président donné à West Point la semaine dernière, il faudrait consulter des non-Américains et peut-être même... un Français! Effectivement, je n'ai pas trouvé d'analyse plus pertinente que celle de Jean-Philippe Immarigeon dans son livre (troisième d'une trilogie)
L'Imposture américaine.
Immarigeon cherche à expliquer comment le joli et gentil «rêve américain» incarné dans l'ascension d'Obama en novembre 2008 n'est ni tellement joli ni vraiment gentil dans ses origines. Un peu dans le courant de Sigmund Freud («l'Amérique est une erreur, une gigantesque erreur il est vrai, mais une erreur tout de même»), Immarigeon met en cause la supposée vertu des principes fondateurs de la république anglo-saxonne. S'attendre, soit en Amérique soit en France, à un retour à un éden mythique sur les épaules «du messie sauveur d'un système qui n'en finit pas de chavirer» est mal comprendre le fondement philosophique des États-Unis. Au fait, «le soi-disant nouveau maître du monde est à la tête d'une nation qui n'est plus maître de ses horloges... Barack Obama va devoir se battre pour retenir une puissance qui file entre les doigts d'une Amérique qui s'est crue démiurge et qui se découvre mortelle».
D'où sort le péché originel dans le jardin d'Obama? D'après Immarigeon, «l'approche très particulière que les États-Unis ont de l'histoire et du monde, leur assurance d'être la nouvelle Jérusalem, ne doit pas tant à leur religiosité très agaçante... qu'à leur croyance en une méthode infaillible» tirée, ironiquement, du philosophe français René Descartes. Cette confiance absolue dans «son Moi identitaire» contient des aspects totalitaires qui mènent l'Amérique à faire beaucoup de mal au nom du bien: «Concrètement, cela commence par la conquête d'un continent immense et riche en matières premières, dont on extermine les primo-occupants parce que l'homme nouveau doit se retrouver seul. Ensuite, on importe des dizaines de millions d'émigrants à qui l'on demande, si ce n'est pour cultiver ce folklore familial si amusant lors des fêtes de famille, d'oublier tout leur passé, toutes leurs racines, toute leur histoire ancienne.»
Avec une telle arrogance, la «promesse américaine» peut parfois devenir un cauchemar. Étant donné que l'Amérique est «persuadée d'être exceptionnelle et délivrée des lois de l'histoire», elle se permet toutes sortes de vilenies — de la colonisation brutale des Philippines en 1898, à la libéralisation économique radicale des années vingt et quatre-vingt-dix, au Vietnam, à l'invasion de l'Irak, à un niveau de consommation qui menace la planète...
Comment s'en sortir?
Immarigeon aurait voulu qu'Obama soit un Gorbatchev américain, un grand homme qui aurait avoué que les idées américaines primordiales — dont «la fiction» énoncée dans la Déclaration d'indépendance «d'une égalité naturelle [octroyée par Dieu] dont découlerait l'égalité juridique» — ne sont pas tout à fait comme il faut. Bref, accepter la défaite, «une défaite par épuisement des forces, de Kaboul à Wall Street», et «simplement admettre que son modèle a été parfaitement adapté à un moment d'histoire de l'humanité, mais qu'aujourd'hui, il ne sert plus à rien.»
Trop tard. Obama joue le jeu de ses prédécesseurs jusqu'au bout, mais pas plus que les résistants. Notez bien comme le fait Immarigeon: «La magie rationaliste enseignée à West Point ne tient pas une seconde face à un adversaire qui a décidé de lui rester insensible.»
John R. MacArthur
7 décembre 2009
John R. MacArthur est éditeur de Harper's Magazine, publié à New York. Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.
http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/278728/o...
1-6 Pourquoi Obama fait des malheureux parmi les gens de gauche.
En décidant de renforcer la présence américaine en Afghanistan, le locataire de la Maison-Blanche a déçu les électeurs qui ont placé des espoirs ‘démesurés’ en lui.
10.12.
Avant même l’annonce du renforcement de la présence militaire américaine en Afghanistan, le soutien des ‘progressistes’ à la politique afghane du président avait chuté de 22 points, passant de 81 % en juillet à 59 % fin novembre, selon un sondage Washington Post-ABC News.
Quant à la cote de popularité d’Obama auprès des gens de gauche, elle est descendue à 80 %, contre 94 % au printemps, et ce pourcentage devrait encore diminuer.
Certains adeptes de l’Eglise d’Obama le Sauveur ont récemment découvert que leur chef spirituel n’était qu’un faux prophète. Voyez le choc qu’a subi le documentariste Michael Moore, qui a lancé un appel au président à la veille de l’annonce de l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan. “Vous allez commettre le pire que vous puissiez faire : détruire l’espoir et les rêves que vous incarnez aux yeux de tant d’individus, écrivait le cinéaste. En l’espace d’un seul discours, vous allez transformer la foule de jeunes gens qui ont été la colonne vertébrale de votre campagne en cyniques désenchantés. Vous allez leur prouver que ce qu’ils ont toujours entendu dire est vrai : tous les hommes politiques se valent.”
Obama, évidemment, ne s’est pas laissé émouvoir par les propos de son fidèle supporter.
Il faut se demander pourquoi Michael Moore et des millions d’individus ont cru que le président agirait autrement. Ce dernier n’a jamais dit pendant sa campagne qu’il ordonnerait un retrait d’Afghanistan.
Il s’était même engagé à monter en puissance. “Lorsque je serai président, je ferai de la lutte contre Al-Qaida et les résistants la priorité qu’elle doit être”, a-t-il déclaré en juillet 2008, promettant d’envoyer au moins deux brigades supplémentaires en Afghanistan. Néanmoins, Michael Moore a incontestablement raison quand il évoque le désenchantement des partisans d’Obama.
Pour tous ses jeunes partisans, Obama était l’incarnation de tous leurs espoirs progressistes.
Ils voyaient en lui une figure du changement, qui mettrait fin à la guerre, sauverait la planète du réchauffement climatique, rétablirait la situation économique.
Leur messie se révèle n’être qu’un menteur (sous-titre de la rédaction)
Obama, qui a fait campagne sur le changement et l’espoir, porte bien sûr une certaine responsabilité dans ce culte messianique. “Je vous demande de cesser d’adhérer à ce que les cyniques nous disent qu’il faut accepter”, disait-il souvent pour conclure ses discours. “Donnons-nous les moyens d’atteindre ce que nous savons possible : une nation guérie, un monde réparé, une Amérique qui croit à nouveau.” Sur d’autres questions, Obama est véritablement revenu sur ses engagements de campagne. Certains de ses conseillers sont déçus de la lenteur de la fermeture de la prison de Guantanamo. Les partisans de la transparence de l’Etat sont dépités, et on les comprend, car Obama, après avoir assuré que les lobbyistes “n’auraient pas leur place dans ma Maison-Blanche”, fait aujourd’hui des exceptions qui leur permettent d’accéder à des postes clés au gouvernement.
Mais la responsabilité de ce désenchantement incombe au moins autant aux progressistes qui, tout simplement, attendaient trop de lui.
Certains sont déçus que le lauréat du prix Nobel de la paix ait proposé un budget de la Defense plus élevé encore que celui de George W. Bush. Or Obama n’avait jamais affirmé qu’il réduirait le budget du Pentagone. D’autres regrettent aujourd’hui qu’il ne défende pas plus vigoureusement l’idée d’un assureur public dans le débat sur la réforme de la santé. Mais ce n’est en aucun cas un point sur lequel Obama a mis l’accent pendant sa campagne. En dépit de toutes les envolées lyriques du candidat Obama sur l’espoir et le changement, il était évident, déjà durant la campagne, que l’homme était un gradualiste. Sa politique en Afghanistan relève avant tout d’une stratégie pragmatique et non idéologique. Il respecte sa promesse de campagne de lutter contre les résistants, mais il s’efforce aussi de bâtir un consensus.
On aurait pu s’attendre à ce que ses partisans applaudissent ce type de présidence réfléchie et méthodique, à des années-lumière du gouvernement doctrinaire de Bush. Mais non, ils y vont de surnoms du genre “O’Bomber”. Le site progressiste MoveOn.org a lancé une pétition contre sa politique. Code Pink, une organisation pacifiste qui pendant des années a apostrophé les représentants du gouvernement Bush, s’est mise début décembre à vilipender les conseillers d’Obama au Capitole. L’éditorialiste de gauche Arianna Huffington a même déclaré à la télévision que la nouvelle stratégie afghane d’Obama “remettait en question toute sa présidence”. Voilà ce qui se passe quand de vrais croyants prennent un simple mortel pour un messie
http://www.courrierinternational.com/article/2009/12/10/p...
1-7 La police, maillon faible du plan 'Obama.'
Sous-payés, sous-équipés, sous-formés, surexposés et souvent corrompus, les 93 000 policiers d'Afghanistan constituent le maillon faible de l'ambitieuse stratégie de la communauté internationale visant à confier la Defense du pays aux forces locales pour permettre le retrait des troupes étrangères. À l'heure où les Occidentaux tentent de faire de l'Afghanistan un État viable, ces policiers ont un rôle crucial à jouer pour rendre les villes sûres et gagner la loyauté des Afghans, dont beaucoup estiment qu'au moins, sous le régime taliban, la criminalité était faible.
Le président Hamid Karzaï a déclaré lors de sa réinvestiture jeudi qu'il voulait voir les forces afghanes prendre la tête de la sécurité du pays d'ici cinq ans. Certains spécialistes tablent plutôt sur une dizaine d'années pour que la sécurité des villes puisse être assurée par la police, tant cette dernière est corrompue, illettrée et manque de professionnalisme.
«Le niveau de formation de la police n'a vraiment rien à voir avec celui de l'armée», explique l'analyste militaire Anthony Cordesman, du Centre d'études stratégiques et internationales, basé à Washington. La hiérarchie policière est souvent en relation avec «des potentats, des criminels, des trafiquants de drogue et les résistants», ajoute-t-il. Si la situation ne change pas, l'Afghanistan «risque de perdre la guerre».
La police est «le facteur vraiment décisif et l'élément le plus important de notre politique de sécurité et d'état de droit», déclarait récemment le ministre afghan de la Defense, le général Abdul Rahim Wardak, en inaugurant un nouveau quartier général de l'OTAN chargé de superviser la formation supérieure des forces afghanes. Dans la rue ou aux postes de contrôle, les policiers se retrouvent souvent en première ligne face à l'insurrection et ont trois fois plus de chances de mourir que les soldats. Entre janvier 2007 et juillet 2009, 1973 policiers ont été tués, contre 735 militaires.
«On nous demande de lutter contre les résistants, pas seulement les criminels», constate Khan Mohammed Zazaï, chef de la police de la province de Kandahar, dans le Sud, l'un des bastions des résistants. Ses hommes manquent de fusils d'assaut, de mitrailleuses, pistolets, munitions et véhicules tout-terrain. «On n'aurait pas besoin d'armes sophistiquées si on ne luttait pas contre une insurrection, mais nous luttons aussi contre une insurrection. Si nous n'obtenons pas de meilleur équipement, nous perdrons», prévient-il.
Tout manque. Sur un marché de Kaboul, le commandant Ahmed Farid Hotak, chargé de la sécurité dans le centre de la capitale, montre du doigt un jeune policier qui rentre les épaules en cette froide soirée de novembre. «Vous voyez: c'est l'hiver et il porte toujours un uniforme de printemps.» Le commandant, quant à lui, a payé son uniforme d'hiver sur ses propres deniers. Aujourd'hui, il faut vraiment être désespéré pour s'engager dans la police, et même les désespérés la quittent, souvent en emportant leur équipement. Il faut recruter à tour de bras pour maintenir les effectifs, alors que le pays est censé disposer de 160 000 policiers à l'horizon 2013.
Dans un pays où 72% de la population ne sait ni lire, ni écrire, seuls «les illettrés acceptent le salaire qu'on touche dans la police», reconnaît le général Khudadad Agah, chargé de la formation. Un policier commence à 6000 afghanis (environ 120 $) par mois, sauf à Kandahar, où c'est 9000 afghanis (environ 184 $), pour essuyer les nombreuses attaques des résistants. «Quelqu'un d'éduqué ne travaille pas pour 6000 afghanis par mois», lâche-t-il. Une maigre somme dont il faut souvent déduire les 30% à verser à son chef, selon des policiers.
Au rythme actuel, un quart des policiers auront quitté leur poste d'ici la fin 2010. Des milliers d'autres auront été tués ou blessés. Le commandant Hotak, dont 370 des 642 hommes sont rentrés dans leur province faute d'arriver à joindre les deux bouts dans la capitale, en vient à recruter des volontaires sans formation, sur simple vérification des antécédents. Dans ces conditions, il est difficile aussi de s'assurer que les résistants n'infiltrent pas les rangs. Un policier afghan a tué cinq soldats britanniques dans la province de Helmand ce mois-ci: même si ses motivations restent floues, la confiance entre les policiers et leurs formateurs étrangers risque d'en être entamée.
Même avec davantage de formation et un meilleur équipement, Mark Moyar, de l'Université du corps de Marines, estime que le succès dépendra de la mise en place d'une hiérarchie non corrompue et du professionnalisme dans toute la force, des hauts gradés aux policiers de rue. Ces derniers, assure le général Agah, sont moins corrompus que leurs supérieurs et rackettent souvent les vendeurs de rues «sur ordre de leurs commandants». Mais c'est la corruption au quotidien qui affecte les Afghans ordinaires et renforce l'insurrection, car le régime taliban rejetait officiellement toute corruption.
Sur le marché central de Kaboul, un petit vendeur de chaussures, Golam Azat, affirme qu'il verse un pot-de-vin à la police chaque semaine, comme ses collègues. «C'est illégal de vendre dans la rue. Si je ne paie pas, ils vont me chasser», dit-il. Environ la moitié de ce qu'il gagne chaque jour, soit 100 afghanis (2 $), part dans la poche des policiers. «Je n'ai pas d'argent. Comment nourrir mes enfants? Les affaires vont mal, comment payer?», se plaint-il. «Du temps des Talibans, ils ne faisaient pas ça».
22/11
http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2009/11/2...
08:38 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pakistan, al qaida, talibans, résistants, occupants, usa, attentats, 11-septembre, amérique, militaire




Commentaires
Très bon commentaire
Ecrit par : Michel Pilon | 21.12.2009
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