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30.11.2009

n°20 - journal d'Iran - 10- 11 au 29-11-: Début - "Aucune force mondiale ne peut penser à menacer le peuple iranien"

n°20 - journal d'Iran -  10- 11 au 29-11-: Début  -  "Aucune force mondiale ne peut penser à menacer le peuple iranien"



journal d'Iran n°20 du 10- 11 au 29-11

                                    C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html<...

Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

Tiré à part :

Préparation de la guerre…

Nucléaire: l'AIEA condamne l'Iran.

Amato critique le double langage de l'Occident sur le nucléaire.

Paroles & action du président...

Obama : l'Iran va devoir assumer "les conséquences" d'un blocage.

Obama met en garde l'Iran 

1 Politique

1) Iran

Suite

2 Politique Internationale

1 Usa

2 Les voisins

3 Organisations Mondiales & régionales

Fin

4 Le Monde

 



Tiré à part :

Préparation de la guerre…

Nucléaire: l'AIEA condamne l'Iran.

L'AIEA a condamné vendredi l'Iran pour son programme nucléaire controversé, demandant la «suspension» de la construction d'un nouveau site nucléaire, vote immédiatement dénoncé par Téhéran qui a laissé entendre qu'il pourrait rejeter un compromis proposé sur l'enrichissement d'uranium.

Sur les 35 pays membres du conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), 25 ont voté en faveur de la résolution, trois contre (Venezuela, Malaisie et Cuba) et six se sont abstenus (Afghanistan, Afrique du Sud, Brésil, Egypte, Pakistan, Turquie). L'Azerbaidjan était absent au moment du vote, ont précisé des diplomates.

Cette résolution, la première à l'encontre de l'Iran depuis février 2006, va être déférée au Conseil de sécurité de l'ONU, qui aura à en tirer les conséquences et, éventuellement, décider de nouvelles sanctions contre Téhéran, les trois précédentes n'ayant pas été suivies d'effet.

Pour les Six (cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine - plus l'Allemagne), comme pour l'AIEA, il s'agit de faire la lumière sur la nature véritable du programme nucléaire iranien : purement civil comme l'affirme le régime islamique ou, au contraire, également militaire comme le soupçonnent les grandes puissances.

L'AIEA demande aussi à l'Iran de fournir des informations sur les objectifs du site et son calendrier de réalisation. Enfin, les grandes puissances réclament instamment au régime islamique de «confirmer» qu'il «n'a pas pris de décision quant à la construction ou l'autorisation de construction de quelque installation nucléaire que ce soit qui n'ait pas été signalée à l'AIEA».

L'Iran avait donné des assurances similaires à l'AIEA en septembre 2008 avant d'être contraint d'admettre, un an plus tard, en raison d'images satellite des services secrets américains, la construction du site de Fordo qui, selon Téhéran, avait débuté à la mi-2007.

Israël et les Etats-Unis ont salué cette résolution, tandis que Moscou a enjoint Téhéran «à prendre au sérieux le signal contenu dans la résolution». La France attend elle «des gestes concrets» après ce coup de semonce.

Le soutien à cette résolution de la Chine et de la Russie, jusque là réticentes dès qu'il s'agissait de condamner l'Iran, est interprété comme un signe de la frustration grandissante de la communauté internationale face au refus de Téhéran de coopérer.

«Nous tendons la main et appelons l'Iran à la saisir», avait lancé avant le vote l'ambassadeur allemand à l'AIEA, Rüdiger Lüdeking, parlant au nom des Six. Après l'adoption, l'ambassadeur américain, Glyn Davies, a souligné que «la patience s'épuisait», tout en indiquant qu'il ne «s'agissait pas d'un acte punitif» et en exprimant «l'espoir d'un nouvel élan sur le plan diplomatique».

De même, le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, a souligné vendredi que la résolution de l'AIEA était «le plus fort des signaux» pour inciter Téhéran à remplir ses obligations internationales.

Agence France-Presse

27 novembre 2009 à 09h50 |

 

Amato critique le double langage de l'Occident sur le nucléaire  

L'ex-Premier ministre italien a critiqué le double langage de l'Occident dans son approche du nucléaire et à l'égard de certains pays. Selon le correspondant de l'IRIB rapportant de Berlin, Giuliano Amato, s'exprimant à Berlin sur la restauration des relations de l'Occident avec la Russie et l'Iran, a déclaré que l'hostilité de l'Occident aux activités nucléaires pacifiques de l'Iran était illogique et faisait état d'une politique du double langage envers le nucléaire de différents pays.

L'ancien Premier ministre italien a ajouté qu'on ne pouvait mettre sous pression certains Etats en raison de leur opposition avec la politique occidentale.

06/11/2009

 http://french.irib

http://www.alterinfo.net/notes/

Pourquoi La Russie Et La Chine Ont Soutenu La Décision Politique Anti Iran

L’AIEA vient d’adopter une résolution entièrement politique contre le programme nucléaire iranien qui n’a aucune base légale, une « erreur historique » qui sape sa crédibilité et ouvre une nouvelle aire dangereuse de confrontation entre les puissances occidentales et l’ Iran. Le changement d’attitude de la Russie et de la Chine s’explique par des promesses et pressions faites par la bande des 3+1 pour satisfaire aux pressions et dictat sioniste. Les Russes et les Chinois baisseront-ils pantalon en acceptant de voter de nouvelles sanctions contre l’Iran au Conseil de Sécurité ?

Une résolution de l’AIEA totalement politique ne reposant sur aucune base légale

L’AIEA vient d’adopter une résolution entièrement politique contre l’Iran sur proposition du P5+1 (Cinq membres permanents du Conseil de Sécurité + l’Allemagne) condamnant le programme nucléaire iranien, exigeant que l’Iran cesse la construction de son nouveau centre d’enrichissement de Fardoo prés de Qom, garantisse qu’aucun autre centre n’est en construction, et applique les résolutions antérieures du CSONU lui demandant de suspendre son programme d’enrichissement d’uranium à la centrale de Natanz.
Cette résolution n’a aucune base légale : signataire du TNP, l’Iran est autorisée à développer une activité d’enrichissement d’uranium sous le contrôle de l’AIEA, ce qu’il fait. La centrale de Natanz, qui produit du LEU (UE à 3.5%) est entièrement son contrôle des inspecteurs de l’AIEA, et les exigences du CSONU de suspension du programme d’enrichissement n’ont aucun fondement légal mais un caractère 100% politique.
L’Iran a prévenu l’AIEA de la construction de Fardoo en Septembre, soit 6 mois au moins avant la fin de la construction de celle-ci, répondant ainsi aux exigences de l’AIEA. De plus les inspecteurs de l’AIEA ont eu récemment et par deux fois accès à cette centrale et selon les dires du directeur général sortant de l’AIEA Mohamed El Baradei – qui fait une sortie des plus pitoyables en cédant aux pressions politiques ce qui décrédibilise un peu plus l’agence – déclarant à propos de Fordoo «c’est un trou dans la montagne… pas de quoi s’inquiéter ».
Les Iraniens ont fourni une explication raisonnable sur les motifs de construction de ce nouveau centre d’enrichissement d’uranium : les menaces répétées depuis plusieurs années – et non condamnées comme elles auraient dû l’être par l’ONU - des US et d’Israël d’attaquer les installations nucléaires de l’Iran les ont amené à planifier tout un système de construction d’installations souterraines d'urgence pour éviter toute interruption de leur production d’uranium enrichi pour alimenter à des fins pacifiques leur centrale nucléaire de production d’électricité, et protéger leur matériel sensible. Il n’y a rien d’illégal pour un pays signataire du TNP à prendre des dispositions afin de protéger son programme nucléaire de toute attaque extérieure et ce d’autant plus que l’AIEA a eu accès à la centrale de Fordoo .
Il n’y a donc pas eu dissimulation et mauvaise volonté de la part de l’Iran comme le trompettent les médias occidentaux propagandistes qui ont commencé à battre le rappel médiatique des troupes pour justifier une attaque militaire contre l’Iran.
Une analyse indépendante d’imagerie satellite pour l’Institute for Science and International Security du centre nucléaire iranien de Fordoo par Paul Brannan, un expert américain de réputation mondiale dans ce domaine, avait conclu à la construction d’un tunnel intégré à un système de «centres d’urgence » existant à travers le pays contre des attaques aériennes américaine et ou israéliennes comme l’ont déclaré les autorités iraniennes dans un courrier adressé le 28 Octobre dernier à l’AIEA.
L’AIEA, et son directeur général sortant, Mohammed El Baradei, viennent de montrer à quel point les pressions politiques occidentales ont eu raison de l’impartialité et neutralité politique de l’AIEA, discréditant l’Agence encore un peu plus et la transformant, comme le CSONU, en instrument des grandes puissances pour décider des guerres à venir.
De plus, l’AIEA en interne est de plus en plus manipulée par le directeur du Département de Sauvegarde, Olli Heinonen, qui avait déjà monté en épingle l’histoire du prétendu programme militaire nucléaire iranien basée sur des documents douteux fournis par des services secrets, dont ceux des US de la France et d’Israël et que l’Iran a accusé d’être des faux.
Pour les puissances occidentales, traiter le site de Fordoo comme faisant partie d’un programme nucléaire clandestin iranien leur permet d’accroitre la pression sur l’Iran et vise à imposer illégalement à l’Iran de cesser son activité d’enrichissement d’uranium, une exigence des Sionistes qui depuis le début font pression par tous les moyens y compris le chantage au bombardement des installations nucléaires iraniennes, via leur puissant réseau de lobbying mondial.
Israël entend bien rester la seule puissance nucléaire au Moyen Orient, la seule force de dissuasion du régime sioniste pour s’y maintenir - alors même que son armée, vaincue au Liban en 2006, fortement décrédibilisée par l’Opération Plomb Durci l’hiver dernier contre la population de Gaza et accusée de crimes de guerre par le rapport Goldstone – restant la bombe atomique ( 200 et + à sa disposition et les capacités terrestres aériennes et maritimes pour le Big Bang moyen oriental qui verrait son complexe de Massada se concrétiser).

La Russie achetée par Sarkozy pour dire oui à la résolution

Jusqu’à cette décision entièrement politique, la Russie avait, aidée par la Chine, contenu toute tentative d’accroître les sanctions contre l’Iran. Le président russe, Dimitri Medvedev, vient de déclarer à une puissante délégation du Congrés Juif Européen pro sioniste en visite à Moscou que les Russes ne considèrent pas l’Iran comme la plus grande menace nucléaire mais la Corée du Nord et le Pakistan (ces deux pays ayant la bombe nucléaire). Le Lobby sioniste du CJE a également tenté de faire pression pour que les Russes ne livrent pas les systèmes de défense missiles anti missiles S300 commandés par les Iraniens en 2005 et payés et qui mettraient les installations nucléaires iraniennes à l’abri de toute attaque aérienne américanosioniste.
Le Lobby sioniste européen du CJE est sorti satisfait de ses rencontres cette semaine avec plusieurs responsables politiques russes et son président, Moshe Kantor, a déclaré : « je pense que nous devons encourager les doutes de la Russie (sur le programme nucléaire iranien) et soutenir les délais dans la livraison (des S300) ». S’exprimant sur la politique américaine et européenne envers l’Iran, Kantor a dit qu’il était urgent que la communauté internationale «respecte les intérêts russes dans d’autres endroitspour faire en sorte que la Russie soit à l’aise pour prendre les décisions correctes et appréciées ».

Coïncidence ?
François Fillon - premier larbin de Sarkozy- a salué vendredi 27 novembre, lors d’un séminaire bilatéral franco russe portant sur l’énergie, la proximité de vision entre la France et la Russie sur les questions économiques et climatiques et rappelé en présence de son homologue russe, Vladimir Poutine, la volonté française de développer à terme un espace économique commun entre l'Union européenne et la Russie. Pour se faire, Moscou et Paris ont signé un accord sur les migrations professionnelles, pour faciliter les échanges humains et économiques.
Pour que la Russie, dont la flotte de navires de guerre est en mauvais état, continue de jouer les bons élèves en soutenant de nouvelles sanctions contre l’Iran, la France étudie la possibilité de fabriquer et vendre un puissant navire de guerre de type Mistral à la Russie selon ce qu’a déclaré François Fillon "Je confirme que nous examinons une demande officielle du gouvernement russe « tout en précisant que cela se ferait en "respectant parfaitement la Géorgie" qui voit d’un mauvais œil un tel navire ancré au large de ses côtes.
De plus, dans le domaine de l’énergie des entreprises françaises et russes devaient signer plusieurs accords et contrats. Vladimir Poutine a ainsi salué l'engagement de plus en plus fort des poids lourds français du secteur. "Nous assistons à un changement qualitatif. Non seulement les sociétés françaises étendent leur champ d'action dans la production, mais aussi dans les infrastructures", a dit Vladimir Poutine, citant notamment la signature d'un accord entre EDF et Gazprom sur le projet de gazoduc South Stream.
SarkoSioniste s'est d’ailleurs félicité hier à Port-of-Spain de la condamnation de l'Iran par l'AIEA notant satisfait que la Chine et la Russie avaient voté pour. "Ce qui est très important, c'est que le conseil d'administration de l'AIEA ait voté une résolution" qu'elle va "transmettre au Conseil de sécurité, ce qui prépare les sanctions" a-t-il dit.
L’Iran a par conséquent tout à fait raison de se méfier des Russes dans le cadre du transfert de son LEU à 3.5% aux Russes pour qu’ils l'enrichissent à 20% puis le passent aux Français chargés de le transformer en barres de combustible pour alimenter sa centrale de recherche prés de Téhéran pour la production d’isotopes utilisés en médecine par plus de 200 hôpitaux iraniens pour traiter les cancers et autres pathologies. Les Russes agissent semble-t-il d’abord et avant tout selon leurs intérêts du moment.

Les US font pression sur la Chine en faisant du chantage à une attaque israélienne contre l’Iran

Comme la Russie, la Chine- un important partenaire économique de l’Iran où des entreprises chinoises ont investi notamment dans la construction d’installations de raffineries de pétrole ce qui rendrait inopérant tout embargo sur les produits raffinés pétroliers à destination de l’Iran – s’était jusqu’à présent abstenue de toute décision pouvant ouvrir la porte à de nouvelles sanctions du CSONU contre l’Iran. Le premier ministre chinois, Wen Jiaba, a déclaré cette année que son gouvernement chercherait «une coordination rapprochée avec l’Iran en matière d’affaires internationales » et que la « coopération dans le commerce et l’énergie s’étendra et s’approfondira ».
Alors pourquoi la Chine a-t-elle décidé de soutenir cette résolution illégale et totalement politique de l’AIEA contre l’Iran ?
Deux semaines avant la visite d’Obama en Chine, deux hauts responsables de l’Administration Obama se sont rendus en « mission spéciale » à Beijing et prévenu qu’Israël pourrait bombarder l’Iran ce qui conduirait à une crise majeure dans la région du Golfe Persique et provoquerait presque inévitablement des problèmes d’approvisionnement en pétrole pour la Chine qui en a besoin pour répondre à son développement économique principalement tourné vers l'exportation.
Ces deux visiteurs, le premier Denis Ross, un sioniste juif américain notoirement connu pour appuyer une attaque militaire américaine contrez l’Iran, et Jeffrey Bader, tous deux occupant de hautes fonctions au sein du Conseil National de Sécurité US, ont informé les Chinois qu’une telle attaque aurait des conséquences graves. C’est donc en utilisant le chantage au bombardement par Israël de l’Iran sous prétexte qu’Israël considérait ce pays comme « un problème existentiel et que les pays qui ont un problème existentiel n’écoutent pas les autres pays » qu’ils ont fait pression sur la Chine.
Au cours de cette visite, décrite comme un effort par la Maison Blanche pour isoler l’Iran, les Chinois ont été prévenus que le programme nucléaire iranien augmentait les risques d’un conflit régional, ferait flamber les cours du pétrole et pourrait même interrompre l’approvisionnement en pétrole et déclencher une course à l’armement nucléaire. Ross et Bader ont averti les Chinois que l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie pourraient démarré leur propre programme nucléaire et « une fois que l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie le feront que se passerait-il » ? Ils ont ajouté que le Japon - qui a les capacités de construire la bombe atomique mais jusqu’à présent s’est abstenu de le faire- pourrait aussi mettre en place ce type de programme. Le Japon est la principale puissance en compétition avec la Chine pour l'hégémonie régionale.
Ross et Bader sont même allés jusqu’à dire que « cela pourrait fragiliser toutes les fondations du régime de non prolifération ». En fait, c’est la résolution politique illégale de l’AIEA qui vient d’être votée contre l’Iran avec l’aide de la Chine qui aura comme désastreuse conséquence de développer la méfiance des pays non alignés vis-à-vis de l’agence et éventuellement de les pousser à développer des programmes nucléaires clandestins.
Obama lors de sa visite en Chine la semaine dernière a insisté, comme l’avait fait auparavant Ross, auprès du président Hu Jintao, des conséquences que pourraient avoir le fait que l’Iran développe sa propre capacité d’enrichissement d’uranium.
Suite à cette visite de Ross en forme de chantage/menace et dont le contenu a donc eu l’aval d’Obama les Chinois ont prévenu Washington en début de semaine qu’ils soutiendraient une résolution critiquant l’Iran.
Obama veut éloigner les Chinois de l’Iran pour l’isoler économiquement allant même jusqu’à faire pression sur les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite pour qu’ils développent leurs exportations pétrolières vers la Chine pour diminuer l’importance des exportations iraniennes de pétrole vers celle-ci, l’Iran étant le deuxième fournisseur de pétrole de la Chine.

Les Sionistes jubilent, les Russes et Chinois baisseront-ils pantalon au Conseil de Sécurité ?

Les Israéliens qui ont fait profil bas assurés d’être soutenus par les gouvernements occidentaux du P3+1 et s’appuyant sur leur puissant réseau de lobbying mondial comme on vient encore de le constater avec la visite opportuniste du CJE à Moscou, et celle faite auparavant par leur agent d’influence au sein de l’Administration Obama, Dennis Ross, se réjouissent du vote de la résolution de l’AIEA contre l’Iran. Le ministère des affaires étrangères a fait l’éloge de l’AIEA vendredi, disant de cette résolution qu’elle était «extrêmement importante». Maintenant les Israéliens veulent qu’un agenda précis soit établi pour son application et appellent à des sanctions si l’Iran se dérobe à celui-ci.
Le régime sioniste ayant obtenu ce qu’il voulait des P5+1 concernant le nucléaire iranien, a annoncé cette semaine – mercredi juste avant la décision de l’AIEA, la aussi simple coïncidence ? – un semblant de gel provisoire des colonies (moratoire de 10 mois) pour remercier la communauté internationale de son empressement à servir la cause sioniste et aussi pour diminuer le semblant de pression américaine sur Tel Aviv et afin de cesser d’être accusé de bloquer les « pourparlers de paix » selon le jargon hypocrite des pays occidentaux.
La résolution illégale et entièrement politique votée par l’AIEA sera transmise au CSONU qui a l’autorité de décider de sanctions contre l’Iran. Sous l’administration Bush, la Russie et la Chine ont œuvré ensemble pour amoindrir les sanctions contre l’Iran. Alors même que l’une retrouve une stature internationale et l’autre accède au rang de puissance mondiale dite émergente de premier plan, ces deux nations vont-elles céder aux sirènes des Sionistes par l’entremise de leurs agents d’influence dans les différents lobbys activés de par le monde pour les soutenir inconditionnellement?
En termes crus, la Russie et la Chine vont-elles baisser pantalon, capituler et voter de nouvelles sanctions contre l’Iran au Conseil de Sécurité, l’une pour satisfaire des intérêts à cours terme, l’autre en se laissant manipuler par le chantage américano sioniste alors que toutes deux ont amplement les moyens politiques et économiques de répondre non ?
L’Iran en condamnant cette résolution de l’AIEA a dit d’elle que c’était une «erreur historique».
En votant la résolution de l’AIEA, La Russie et la Chine ont-elles donné leur feu vert à une attaque militaire américano sioniste contre l’Iran ?

29-11

http://www.planetenonviolence.org/AIEA-Pourquoi-La-Russie...


Paroles & action du président...

Obama : l'Iran va devoir assumer "les conséquences" d'un blocage.

Les Etats-Unis et la Chine ont averti l'Iran qu'il devrait assumer "les conséquences" d'un blocage sur la question de son programme nucléaire, a déclaré Obama 
Obama : "Nous sommes tombés d'accord sur le fait que la république islamique d'Iran doit fournir des assurances à la communauté internationale selon lesquelles son programme nucléaire est pacifique et transparent", "Sur cette question, nos deux pays et le reste du groupe des 5 (Russie, France, Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) sont unis", a-t-il poursuivi.
"L'Iran a l'occasion de montrer ses intentions pacifiques, mais s'il ne saisit pas cette chance, il y aura des conséquences", a averti M. Obama à la presse en faisant un point de sa réunion bilatérale avec le président Hu.
La Chine est traditionnellement très réticente à des sanctions contre l'Iran et tente toujours de privilégier la diplomatie.

17/11

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=11...

 

Obama met en garde l'Iran

Extrait

Obama a affirmé sa volonté de dialogue dans le dossier nucléaire nord-coréen mais a averti l'Iran que les Etats-Unis et leurs alliés discutaient désormais des conséquences du refus de Téhéran du projet d'accord sur le nucléaire.

"La porte est ouverte pour régler ces questions de façon pacifique et de permettre à terme à la Corée du Nord de voir ses sanctions réduites et de mieux s'intégrer dans la communauté internationale. Mais cela ne se produira que si la Corée du Nord consent de sérieuses avancées sur la question nucléaire", a déclaré M. Obama.

Bouclant sa première tournée asiatique entamée au Japon, poursuivie à Singapour puis en Chine, le président américain a par ailleurs haussé le ton envers Téhéran.

Il a fait savoir que les discussions portaient désormais sur les "conséquences" pour l'Iran de son refus d'un projet d'accord sur son programme atomique, laissant ainsi planer la menace de sanctions accrues.

Mis en ligne le 19/11/2009

20/11

http://www.lalibre.be/actu/international/article/543843/o...



Politique

1 Iran

Mahmoud Ahmadinejad

"Aucune force mondiale ne peut penser à menacer le peuple iranien"

Le président Ahmadinejad a déclaré que Téhéran ne négociera pas les droits nucléaires de la nation iranienne, précisant que le fait de coopérer avec l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) selon ses propres critères signifie que l'Iran fera ce qui profite à l'Occident.
"Il n'y a pas de force au monde qui puisse penser à menacer le peuple iranien", a affirmé Ahmadinejad devant le Parlement, ajoutant que les actions émotionnelles menées par certaines forces contre l'Iran sont dues aux pressions des groupes sionistes qui ont provoqué plusieurs défaites à l'ex-président Bush. 

16/11/2009    

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=11...

 

L’atout nucléaire est chez nous.

"L’atout dans les négociations nucléaires est entre nos mains".

Le président iranien qui parlait en directe sur le plateau de la chaîne Sahand de la télévision iranienne a mis l’accent sur la Résistance de l’Iran pour récupérer ses droits avant de souligner : l’ennemi a utilisé tout ce qu’il avait et aujourd’hui il n’a aucun moyen pour nous menacer et l’atout nucléaire est entre notre main. Le président iranien a ajouté la question nucléaire a donné au peule iranien une occasion de résister et d’effacer à jamais les menaces ennemies débutées, depuis l'avènement de la révolution islamique.

Evoquant les différends entre les économies occidentale et islamique, Ahmadinejad a ajouté que l’économie capitaliste repose sur le maximum d’intérêts et il n’y a pas de place pour l’éthique, elle divise les hommes et détruit les familles, mais en économie islamique, la valeur est donnée à une production a maxima et une consommation a minima; et il incombe à tout un chacun de travailler aussi bien pour lui-même que la société.

21-11

http://french.irib.ir/index.php/info/liran-et-liaea/27559-ahmadinejad--latout-nucleaire-est-chez-nous-

 

La nation iranienne est prête à coopérer avec la communauté internationale pour réformer la conjoncture mondiale.

Extrait

Le président Ahmadinejad, rappelant l’attachement de la nation libre iranienne à la paix et à l’amitié entre les peuples, a annoncé que pour réformer la conjoncture mondiale et les difficultés de la communauté humaine, la nation iranienne est prête à coopérer avec la communauté internationale pour l’avènement d’une sécurité durable dans le monde.

Le président iranien a déclaré que les relations entre l'Iran et les pays occidentaux pourraient s'améliorer s'ils changent leurs manières et respectent les droits de l'Iran et de la nation iranienne.

Si Mahmoud Ahmadinejad n'a pas mentionné les Etats-Unis dans son discours prononcé mardi à Tabriz, dans cette province du nord-ouest du pays, ses mots ont été les mêmes que ceux utilisés par les responsables iraniens pour s'adresser à Washington.

"Si nous constatons un changement clair et fondamental dans leur comportement, si la nation iranienne voit qu'ils changent vraiment d'attitude, renoncent à leurs manières agressives et arrogantes, et respectent les droits de la nation iranienne et rendent les biens de notre peuple, s'ils tendent une main sincère, alors la nation iranienne y répondra favorablement."

Le président Mahmoud Ahmadinejad a poursuivi qu’il était nécessaire d’œuvrer dans le cadre de projets culturels fondamentaux en levant les problèmes économiques.

Lors d'une rencontre avec les dignitaires religieux de Tabriz, il a ajouté que les fideles de cette province sont attentifs et adhèrent aux idéaux de l'Islam et de la révolution.

La révolution islamique a relevé des défis en accomplissant ses missions, a-t-il déclaré, tout en notant que la première de ces missions avait été de répondre à l'hostilité et aux menaces des puissances de l’Arrogance contre la sécurité nationale.

«L'autre mission a été le système économique courant» a déclaré le président iranien évoquant une économie iranienne gérée par l'Etat et la façon dont les subventions sont redistribuées qui constituent un obstacle à la croissance économique.

Mahmoud Ahmadinejad se référant a l'article 44 de la constitution, a précisé que le secteur public de l'économie sera cédé au secteur privé et que des consultations ont lieu en ce moment au parlement iranien pour une meilleure utilisation des subventions publiques.

Il a espéré que les obstacles économiques pourront être levés rapidement mais que tant que les problèmes persistent, cela ne pourra que retarder le lancement de travaux touchant aux infrastructures du pays et de projets culturels, a conclu le chef d’Etat iranien.

Source : IRNA

 20 novembre

http://www2.irna.ir/fr/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/actualite.Irna.201...

 

L'Iran a bien initié la proposition sur le combustible nucléaire

La proposition selon laquelle l'Iran donnera une partie de son uranium à la Russie et à la France, en échange d'uranium enrichi, a été initée par l'Iran et non par l'Occident, a annoncé lundi le président Ahmadinejad.
Les occidentaux ont fait un faux récit de ce qui s'est passé durant les négociations sur le programme nucléaire iranien, en démentant le fait que c'est l'Iran qui a fait cette proposition, a déclaré le président Ahmadinejad lors d'une conférence de presse, après avoir rencontré son homologue brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva.
Le plan soumis à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévoit que Téhéran exporte 70% de son uranium faiblement enrichi vers la Russie et la France, où il sera transformé en combustible pour un réacteur iranien produisant de l'énergie nucléaire.
En déclarant que son pays à droit à l'uranium enrichi à 20%, Ahmadinejad a affirmé avoir écrit aux gouvernements russe et américain pour exprimer sa volonté d'acheter du carburant enrichi d'autres pays.
Le gouvernement iranien a donné des réponses satisfaisantes aux six questions de l'AIEA et il n'existe aucun indice prouvant que le programme nucléaire iranien a un objectif militaire, a-t-il indiqué.
"Nous espérons toujours atteindre un accord. L'achat et la vente de combustible sont libres, et il revient aux acheteurs de fixer les conditions d'achat. Pour atteindre un accord, nous ne renoncerons pas à nos droits", a ajouté le président iranien.

Source: xinhua

24-11

http://french.peopledaily.com.cn/International/6822482.ht...

 

Attaque militaire contre l'Iran :"chose du passé".  

Le président Ahmadinejad, a minimisé les possibilités d'une attaque militaire de son pays par Israël ou les Etats-Unis, considérant que "les armes et les menaces sont chose du passé".
Interrogé au cours d'une conférence de presse sur ses craintes éventuelles d'une attaque armée à l'Iran, Ahmadinejad a répondu que "l'ère des attaques militaires était terminée maintenant; nous sommes à une époque de dialogue et d'entente. Les armes et les menaces sont chose du passé". 
Sans dissimuler un sourire ironique, le président iranien a ajouté que cela était clair "même pour les personnes mentalement attardées". Et d'ajouter: "ceux que vous mentionnez ("Israël" et les Etats-Unis) n'ont pas le courage d'attaquer l'Iran, ils n'y pensent même pas".
Ahmadinejad s'est entretenu lundi pendant plus de trois heures avec son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, avec qui il a abordé la question du programme  nucléaire iranien. 
Lula a affirmé le droit de l'Iran au nucléaire civil, appelant à trouver "une solution juste" sur ce dossier.
Après Brasilia, le président Ahmadinejad poursuivra mardi sa tournée sud-américaine en Bolivie et au Venezuela pour chercher des soutiens auprès des dirigeants de gauche face aux Occidentaux sur la question nucléaire.

24/11

 http://www.almanar.com.lb

http://www.alterinfo.net/notes/Attaque-militaire-contre-l...

 

Un mouvement nouveau a commencé à libérer le monde de la domination de quelque pouvoirs de l'intimidation  

28/11

 Le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré vendredi qu'un mouvement nouveau vient de débuter, qui appelle le monde à se libérer des pouvoirs de l'intimidation.
«Un mouvement nouveau a commencé à libérer le monde de la domination de l'Arrogance mondiale de quelques états; ajoutant que ce vaste mouvement pour le changement de la conjoncture actuelle va se poursuivre", a déclaré, le président Ahmadinejad, aux journalistes à l'arrivée à l'aéroport international de Téhéran Mehrabad tôt vendredi matin après sa visite au Sénégal.
Se félicitant des relations établies avec cinq nations d'Afrique et d'Amérique du Sud, qui l'ont conduisit en Gambie, au Brésil, en Bolivie, au Venezuela et au Sénégal, le chef d'Etat iranien a déclaré que les ordres et les règlements établis par quelques puissances ne seront plus entendus par le monde, les gouvernements et les nations ne sont pas prêtes à se soumettre à un ordre dont la fin est imminente.
Il a rajouté que les signes, les bases et les points forts 'un nouvel ordre et les développements mondiaux doivent être identifiés.
Le président a ajouté que le monde change rapidement et qu'unl nouveau monde est à façonner.
"Les signes et les preuves démontrent que quelques gouvernements autoritaires n'ont pas été en mesure de résoudre les problèmes ni de répondre aux demandes du public."

28/11

 http://www2.irna.ir

http://www.alterinfo.net/notes/Le-president-Ahmadinejad-un-mouvement-nouveau-a-commence-a-liberer-le-monde-de-la-domination-de-quelque-pouvoirs-de-l_b1733830.html


a) Elections présidentielles

Moussavi déterminé à poursuivre la contestation en Iran.

Nb

Le chef de file de l'opposition iranienne Mirhossein Moussavi a réaffirmé sa détermination à poursuivre le mouvement en faveur de réformes, quel qu'en soit le prix. "Le gouvernement ne doit pas intimider les gens pour qu'ils changent de voie", déclare l'ancien Premier ministre sur son site Kaleme. "Ce mouvement se poursuivra et nous sommes prêts à payer n'importe quel prix", ajoute-t-il.

Ses partisans comptaient se rassembler ce dimanche pour commémorer l'assassinat d'un couple d'opposants poignardés par des agents en 1998, mais les forces de l'ordre, déployées en nombre, ont barré l'accès au lieu du rassemblement, rapporte un témoin ayant requis l'anonymat.

"Ils dispersent les gens. La police ne laisse personne s'arrêter dans le secteur", a-t-il déclaré.

Le meurtre de Dariush Forouhar et de son épouse, qui dirigeaient le Parti de la Nation d'Iran, illégal mais toléré, avait choqué l'opinion publique.

Les sites internet réformistes ont lancé un nouvel appel à manifester le 7 décembre, à l'occasion de la Journée des étudiants.

22/11

http://fr.news.yahoo.com/4/20091122/twl-iran-38cfb6d_1.ht...


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n°20 - journal d'Iran - 10- 11 au 29-11-:Suite - "Aucune force mondiale ne peut penser à menacer le peuple iranien"


n°20 - journal d'Iran -  10- 11 au 29-11-:Suite  -  "Aucune force mondiale ne peut penser à menacer le peuple iranien"



journal d'Iran n°20 du 10- 11 au 29-11

                                    C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html<...

Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

2 Politique Internationale

1  Organisations Mondiales & régionales

2 Usa

3 Les voisins

 


2 Politique Internationale

Organisations Mondiales & régionales 

a) AIEA

Nos inspecteurs n'ont rien "trouvé d'inquiétant" sur le site nucléaire de Qhom

 Selon le directeur général de l'AIEA, Mohamad El-Baradei, les inspecteurs n'ont fait aucune découverte inquiétante sur le site nucléaire iranien inspecté fin octobre.
Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui ont pu se rendre sur le site nucléaire en cours de construction près de la ville sainte de Qhom n'y ont rien "trouvé d'inquiétant".
Le directeur général de l'agence onusienne, Mohamed El-Baradeï, l'a annoncé au New York Times dans son édition de jeudi, déclarant par ailleurs oeuvrer à une possible compromis entre l'Iran et les puissances que sont la Russie, la France et les Etats-Unis qui ont proposé de l'alimenter en combustible nucléaire à des fins civiles.
Les constatations des inspecteurs de l'AIEA sur le site en construction à l'intérieur d'un montagne du désert proche de Qhom "n'ont rien d'inquiétantes", a dit le diplomate égyptien.
L'Iran a révélé en septembre l'existence de ce site.
Les comparaisons des plans avec le site, entretiens avec les scientifiques et employés locaux et prélèvements d'échantillons de sol figureront dans le prochain rapport de l'AIEA sur les activités nucléaires sensibles de l'Iran, attendu à la mi-novembre.
Le directeur général de l'AIEA dont le mandat expire fin octobre, a affirmé par ailleurs qu'il n'existe aucun document à l'appui de soi-disant efforts de l'Iran pour se procurer des armes nucléaires.
Selon Reuters, Mohammad El-Baradeï l'a affirmé lors d'une réunion au Conseil des relations étrangères des Etats-Unis à New-York.

06/11

 http://www2.irna.ir

http://www.alterinfo.net/notes/

 

L'Iran pourrait commencer à enrichir de l'uranium en 2011, selon l'AIEA

L'Iran a l'intention de commencer à enrichir de l'uranium en 2011 dans l'installation dont l'existence a été révélée en septembre, estime l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans un nouveau rapport publié aujourd'hui.

L'AIEA estime également que ce site, situé près de la ville sainte de Qom, pourra abriter 3000 centrifugeuses d'enrichissement d'uranium, a précisé un responsable proche du dossier.

Le rapport ne donne pas de précisions sur les capacités de cette usine d'enrichissement, mais le responsable interrogé sous le couvert de l'anonymat note qu'elle paraît conçue pour produire une tonne d'uranium enrichi par an.

Une telle quantité serait suffisante pour une ogive nucléaire mais pas pour alimenter la centrale de Bushehr (sud), dont la construction est quasiment achevée, ou les autres réacteurs civils que l'Iran compte mettre en service dans les prochaines années.

Dans un rapport de sept pages publié lundi, l'AIEA précise qu'au 2 novembre, l'Iran disposait de 8600 centrifugeuses, mais que seulement 4000 étaient utilisées pour des activités d'enrichissement, soit 600 de moins qu'en septembre. La production iranienne d'uranium enrichi reste toutefois stable depuis juin avec environ 100 kilos par mois, a précisé le responsable ayant requis l'anonymat.

L'AIEA note que la production de l'usine d'enrichissement de Natanz, dont l'existence avait été révélée en 2002, stagne à ses niveaux du milieu de l'année.

Téhéran dément vouloir développer un programme d'armement nucléaire, affirmant que les opérations d'enrichissement visent seulement à fabriquer du combustible nucléaire.

16/11

http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/actuali...

 

Le dernier rapport du gendarme du nucléaire tombe à pic!

Livré lundi par  le directeur de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), Mohamed El Baradei, le contenu de ce document confidentiel de sept pages a tout de suite été ébruité par les chancelleries occidentales.

Car le ton de réprimande est inhabituel.
L’agence onusienne de Vienne sermonne l’Iran sur le blocage des négociations entamées à Genève en octobre. Elle déplore aussi que la République islamique ne lui fournisse toujours pas l’ensemble des informations qu’elle est en mesure d’exiger légalement. Et elle redoute que d’autres sites nucléaires aient été dissimulés à ses inspecteurs.
Elle accuse enfin l’Iran de lui avoir sciemment menti sur la date de construction du site clandestin d’enrichissement d’uranium de Qom. Les fondations du bunker auraient été coulées en 2002. Or, Téhéran affirmait que le début des travaux avait eu lieu cinq ans plus tard.

Pour Barack Obama, en visite officielle en Chine, ce document est une aubaine.

Il veut obtenir de Pékin un soutien entier sur ce dossier. Les informations contenues lui permettent de mettre le régime de Pékin devant ses responsabilités.

Les Américains voulaient montrer qu’ils avaient tout fait pour ramener l’Iran dans le giron de la communauté internationale. Ils ont dans le même temps laissé les Français se montrer plus agressifs envers les négociateurs iraniens. Désormais, preuve est faite de la duplicité de Téhéran.(…)
Solidarité nouvelle
Dans un communiqué commun, les Etats-Unis et la Chine ont hier fait part de leur «préoccupation face aux derniers développements concernant le nucléaire iranien».

La Russie les a rejoints, appelant l’Iran à «répondre positivement à la proposition de l’AIEA». Une belle unité, qui renforce le président américain. Car, plus que tout, Obama souhaite afficher une solidarité nouvelle entre membres du Conseil de sécurité, traditionnellement opposés sur la manière de réagir aux ambitions régionales de l’Iran.
Les services de renseignements américains doutent des capacités d’un l’Iran belliqueux à se doter de la bombe avant 2013. Chacun s’accorde à penser que la politique américaine de la main tendue a déstabilisé les cercles du pouvoir à Téhéran. Les luttes internes seraient ainsi en partie responsables du blocage.
En laissant les Iraniens répéter inlassablement en négociation qu’ils ne cesseront jamais d’enrichir leur uranium, Washington met Moscou et Pékin en porte-à-faux. Et ouvre la voie à l’idée de nouvelles sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, voire à une nouvelle résolution.

Pour la première fois en quatre ans, le Groupe des Six, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France), plus l'Allemagne, a préparé un projet de résolution condamnant l'Iran, qui pourrait être soumis au vote des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) jeudi ou vendredi.

(source AFP)

18.11.

http://www.liberation.fr/monde/0101605191-chavez-et-ahmad...

 

Combustible nucléaire: ElBaradei espère s'entendre avec l'Iran avant la fin de l'année.

Le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei espère conclure un accord sur le combustible nucléaire avec l'Iran avant la fin de l'année, ont annoncé vendredi les médias européens.
"Les sanctions contre l'Iran seraient indésirables, car elles pourraient exacerber la réaction négative de Téhéran", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse consacrée à la fin de son troisième mandat à la tête de l'AIEA.
Téhéran avait antérieurement décliné la proposition de l'Agence approuvée par les six médiateurs internationaux sur le problème nucléaire iranien (Russie, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine et Allemagne). Il s'agissait d'expatrier environ 70% de l'uranium faiblement enrichi en vue de son traitement ultérieur en Russie et de la fabrication de barres de combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran.

20 novembre -

http://fr.rian.ru/world/20091120/185533236.html

 

ElBaradei tire sa dernière salve.

Extrait

Mohamed ElBaradei, âgé de 67 ans et Prix Nobel de la Paix(...) en 2005, qui a dit être au "point mort" avec Téhéran.

Pour la première fois en quatre ans, le Groupe des Six, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France) + l'Allemagne, a préparé un projet de résolution condamnant l'Iran.

Le texte sera soumis vendredi matin au vote des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), réunis pendant deux jours au siège de l'agence onusienne.

Il épingle la dissimulation par Téhéran, jusqu'en septembre dernier, de la construction d'un nouveau site nucléaire dans une montagne à Fordo, près de la ville sainte de Qom.

Pour les grandes puissances comme pour l'AIEA, il s'agit de faire la lumière sur la nature véritable du programme nucléaire iranien: purement civil comme l'affirme le régime islamique ou, au contraire, également militaire comme le soupçonnent les grandes puissances.

Téhéran, par la voix de son représentant à l'agence onusienne, Ali Asghar Soltanieh, a immédiatement riposté en menaçant de "limiter" sa coopération avec l'AIEA "au strict minimum" en cas d'adoption de cette résolution.

Jeudi, Moscou a instamment appelé l'Iran à respecter ses engagements, à l'issue d'un entretien entre le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, et l'ambassadeur iranien, Mahmoud Reza Sajjadi.

Et même le directeur général de l'AIEA, l'Egyptien Mohamed ElBaradei s'est montré jeudi "déçu" par le jeu de ‘cache-cache’ iranien. Sa proposition de compromis quant au processus d'enrichissement de l'uranium iranien est "équitable" et "de nature à grandement aider à répondre aux inquiétudes suscitées par le programme nucléaire iranien". Il s'agit de "passer de la confrontation à la coopération et d'ouvrir la voie à un large dialogue entre l'Iran et la communauté internationale", a-t-il souligné.

L'offre initiale de Mohamed ElBaradei, "une occasion unique" et qui "doit être saisie" par Téhéran, selon lui, prévoit l'exportation par l'Iran de 70% de son uranium faiblement enrichi en Russie pour y être enrichi davantage puis transformé en France en combustible pour son réacteur de recherche, avec comme "modalité alternative" un stockage intermédiaire en Turquie, pays ami tant de l'Iran que des grandes puissances.

Ainsi cet uranium ne pourrait plus servir pour un éventuel usage militaire, principale crainte des grandes puissances.

AFP – Le Matin -
Vendredi 27 nov 2009

http://www.lematin.ch/flash-info/monde/nucleaire-iranien-...

 

L'AIEA siffle la fin de partie…

Avec le vote d'une résolution condamnant Téhéran, l'agence atomique rend le dossier à l'ONU.

Les grandes puissances nucléaires ont affiché une surprenante unité de ton face à l'Iran en soutenant jeudi, au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne, le vote d'une résolution condamnant l'Iran pour avoir dissimulé l'existence d'un site clandestin d'enrichissement d'uranium à Fordo, près de Qom.

Exprimant une «sérieuse inquiétude» à propos d'éventuelles autres installations nucléaires dissimulées par Téhéran, le groupe des Six réunissant les cinq États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne) et l'Allemagne sont parvenu à rassembler 25 voix, soit une majorité parmi les 35 sièges que compte le conseil des gouverneurs, l'organe exécutif de l'agence atomique, avant la tenue du vote vendredi.

Aveu d'impuissance des inspecteurs de l'agence

Cette solidarité formelle entre grandes puissances était loin d'être acquise.

D'intenses tractations en coulisses ont permis de retourner les deux soutiens traditionnels du régime iranien, la Russie et la Chine, plutôt réticentes à sanctionner un partenaire commercial si précieux. Pékin aurait été convaincu par des émissaires venus de Washington de la nécessité d'accroître la pression sur les Iraniens, tandis qu'Israël considère désormais les progrès nucléaires du régime chiite comme une «menace existentielle». Or une guerre au Moyen-Orient perturberait sensiblement les exportations de gaz et de pétrole dont dépend fortement l'économie chinoise.

Cette résolution ne change pas fondamentalement la donne, l'Iran se trouvant déjà sous le coup de trois volets de sanctions internationales depuis le printemps 2006, du fait de son refus à stopper ses activités d'enrichissement de l'uranium.

Selon des diplomates occidentaux, en appelant le directeur général de l'AIEA, Mohammed ElBaradei, à rendre compte au Conseil de sécurité, elle vise à «marquer formellement» la frustration de l'agence atomique, embourbée depuis près de sept ans dans une interminable enquête en territoire iranien, et son impuissance face aux violations répétées par le régime islamique de ses obligations en matière nucléaire.

L'AIEA «se trouve dans l'incapacité de statuer sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien», a répété jeudi Mohammed ElBaradei, qui abandonnera ses fonctions lundi après douze années passées à la tête de l'agence.

Rappelant que Téhéran refusait toujours de communiquer sur une «possible dimension militaire» de son programme nucléaire, il constate que «cela fait maintenant plus d'un an, depuis que l'agence a pu aborder pour la dernière fois ces questions en suspens avec l'Iran».

À moins que Téhéran ne reconsidère un accord avorté de fourniture d'uranium enrichi à des fins médicales, «nous avons vraiment atteint le fond de l'impasse», épiloguait le haut fonctionnaire égyptien.

«Qu'ils votent cette résolution, avertissait jeudi l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, et il y aura des conséquences à long terme. Cela pourrait mettre en danger l'atmosphère constructive qui prévalait jusqu'ici.» «En clair, ce ne sera plus la peine de demander aux Iraniens de se montrer plus coopératifs», renchérissait un diplomate soutenant Téhéran.

27/11

http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/27/01003-200...


b) OTAN

L'ABM pour contrer un Iran doté de l'arme nucléaire ()

Si l'Iran se dote de l'arme nucléaire, l'OTAN se verra contrainte de protéger ses territoires et sa population au moyen d'un bouclier antimissile, a déclaré jeudi à Berlin le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen cité par les médias internationaux.
"Si Téhéran se dotait de l'arme nucléaire, cela pourrait concerner l'OTAN, parce qu'il s'agirait alors de protéger nos territoires et nos populations contre une éventuelle menace. Nous envisageons actuellement la possibilité d'installer un bouclier antimissile couvrant notamment l'Europe", a indiqué M.Rasmussen sur le seuil de sa rencontre avec la chancelière fédérale allemande Angela Merkel.
"J'espère que nous pourrons empêcher l'Iran de se doter d'un potentiel nucléaire au moyen de la pression diplomatique et politique", a-t-il noté.

D'ailleurs, l'OTAN n'est pas une organisation internationale habilitée à exercer des pressions sur l'Iran, a ajouté M.Rasmussen à la question de savoir quelle serait la réaction de l'Alliance aux menaces nucléaires nord-coréennes ou iraniennes.
Les Etats-Unis prévoient la création d'un système international de défense antimissile capable de protéger "tous les alliés de l'OTAN", a rappelé M.Rasmussen.
Jeudi, le secrétaire général de l'AIEA Mohammed ElBaradei a déclaré à Vienne que l'Agence n'était pas en mesure de clarifier les questions en suspens relatives au programme nucléaire iranien depuis qu'elle avait réussi à "entraîner l'Iran dans la discussion à ce sujet il y a un an".
Le 21 octobre, l'AIEA, l'Iran, la France, la Russie et les Etats-Unis ont élaboré une série de propositions sur l'enrichissement d'uranium iranien à l'étranger pour les besoins du réacteur de recherche de Téhéran. Toutefois, l'Iran n'a pas encore accepté le projet d'accord à ce sujet.

 27 Novembre

http://fr.rian.ru/
http://www.alterinfo.net/L-ABM-pour-contrer-un-Iran-dote-...

 



2 Politique Internationale

2 Usa

Obama - Clinton

Obama réussit à isoler l’Iran sur le nucléaire……grâce a un rapport confidentiel du gendarme mondial du nucléaire.

Obama

15.11

Les Etats-Unis et la Russie ont haussé le ton, alors que l'Iran persiste à refuser l'accord sur le traitement de l'uranium. "Le temps commence à manquer" a déclaré Barack Obama.

Les présidents Dmitri Medvedev et Barack Obama ont déclaré dimanche 15 novembre à Singapour que l'Iran risquait de nouvelles sanctions si aucun progrès n'était enregistré rapidement sur son programme nucléaire controversé.
Si Washington au départ semblait prêt à laisser du temps à l'Iran pour étudier le compromis proposé par l'Agence de l'énergie atomique (AIEA), Barack Obama s'est fait presque menaçant à Singapour .

"Le temps commence à manquer"
"Malheureusement, jusqu'ici au moins, l'Iran ne semble pas en mesure de dire oui à ce qui, de l'avis général, constitue une approche créative et constructive", a déploré le président des Etats-Unis, s'exprimant aux côtés de Dmitri Medvedev en marge du Forum de coopération Asie-Pacifique (Apec), à Singapour.
"Le temps commence à manquer en ce qui concerne cette approche", a-t-il ajouté.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/p...

 

Obama menace à nouveau l'Iran

Barack Obama, a déclare que la porte est encore ouverte pour que l'Iran accepte la proposition de l’AIEA sur l’échange de combustible nucléaire mais a averti de « conséquences » si Téhéran ne change pas d'avis.(…)  
 L’ébauche du traité sur le nucléaire de mi-octobre discutée à Vienne stipule que l'Iran doit envoyer à l’étranger son uranium légèrement enrichi (LEU) pour être enrichi et retourné au pays pour le réacteur de recherches scientifiques médical de Téhéran.

L'idée a été d’abord acceptée par l'administration Obama.  

 Le Ministre des Affaires Etrangères Iranien, Manouchehr Mottaki, a annoncé Mercredi que l'Iran n'enverrait pas son uranium enrichi à l'étranger pour être traité pour le réacteur de Téhéran. Il a indiqué que l'Iran envisageait au lieu de cela d’échanger l'uranium sur son sol.   
 « L’Iran n'enverra pas son uranium enrichi à 3,5% hors du pays, » a déclaré Mottaki cité par l’ISNA . « Ce qui signifie que nous envisageons d'échanger l'uranium enrichi à l'intérieur de l'Iran. »  
.    
 « Nos attentes seraient qu’au cours des semaines suivantes, que nous développions un paquet de mesures potentielles que nous pourrions mettre en place, qui indiquerons notre sérieux à l’Iran, » a déclaré Obama.  
  Mottaki a également indiqué que l'Iran préfère enrichir domestiquement son uranium à 20%, ou achèter directement l'uranium enrichi à 20% dont ils ont besoin plutôt que de l'échanger contre leur LEU contre des barres de combustible.  
  « Cependant, puisqu'ils insistaient pour l'échange, nous avions décidé d'ouvrir une fenêtre d’opportunités et d'étudier les différents aspects de cette possibilité… Mais puisque leur évaluation concernant la quantité de combustible à être  échangé est à l'opposé de celle de nos experts, les examens techniques sont encore en cours, » a-t-il ajouté.  
  « Nous avons appelé pour la mise en place d’une commission technique à Vienne de sorte que nous puissions présenter nos points de vue. La commission doit d’abord être établie, » a-til noté.  
  L'Iran a demandé des modifications dans le traité, réitérant que ses préoccupations « économiques et techniques » doivent être réservés étant la proposition.
 
  Les USA ont indiqué qu'aucun changement ne sera apporté au traité, insistant sur le fait que l'Iran devrait accepter l'échange.   

19 Novembre

Traduction Alter Info
 
http://www.presstv.ir/detail.aspx?id=111665&sectionid...

http://www.alterinfo.net/Obama-menace-encore-l-Iran_a3945...


Clinton 

22-11

Hillary Clinton a jugé jeudi "regrettables et déplorables" les cinq condamnations à morts prononcées jusqu'ici, ce qui lui a valu une vive réaction du ministère iranien des Affaires étrangères.

Un porte-parole l'a ainsi invitée dimanche à respecter l'indépendance du système judiciaire, rappelant que l'ingérence dans les affaires de l'Etat était inacceptable.

Samedi, Nabi Habibi, a appelé à l'organisation d'un procès contre Mirhossein Moussavi, qu'il accuse d'avoir répandu le "vaste mensonge" de la fraude électorale.

http://fr.news.yahoo.com/4/20091122/twl-iran-38cfb6d_1.ht...


b) Les grandes manœuvres

17-11

Obama a déclaré que, dans le cadre des six médiateurs pour le dossier nucléaire iranien (Russie, USA, Grande-Bretagne, France, Chine et Allemagne),que  Washington avait entamé des consultations sur de nouvelles sanctions contre l'Iran en vue de contrer les efforts déployés par Téhéran en vue de promouvoir la composante militaire de son programme nucléaire.

http://fr.rian.ru/world/20091119/185527783.html



2 Israël

b) Les grandes manœuvres

L’armée de l’air israélienne intensifie la préparation de ses pilotes ...

Ses pilotes ont intensifié leurs préparations en vue d’une attaque contre les installations nucléaires de Téhéran.

Ces derniers s’entraîneraient face au tir simultané de plusieurs missiles anti-aériens contre leur appareil, parmi lesquels le redoutable système S-300 dont Israël tente d’empêcher la livraison par la Russie aux Pasdaran, les gardiens de la révolution.

De source militaire, l’amélioration des techniques de défense en vol des pilotes israéliens répond à une plus large menace posée par l’approvisionnement en missiles anti-aériens de la Syrie, du Hezbollah et, de moindre mesure, du Hamas.

Pour l’heure, l’armée iranienne ne dispose que d’une seule arme défensive de pointe : le TOR-M1. Il s’agit d’un système antiaérien mobile de courte portée. De fabrication russe, il est surtout efficace contre les avions d’attaques au sol, les drones et les hélicoptères de combat.

Le TOR-M1 avait été déployé autour de la centrale nucléaire syrienne de Daïr Alzour. Lorsque les chasseurs de Tsahal sont venus bombarder le site en septembre 2007, ce système ne leur a causé aucun dommage.

Parallèlement, l’armée israélienne continue elle aussi d’augmenter ses capacités de défense anti-aérienne. En cas de confrontation avec l’Iran, il ne fait guère plus de doute qu’Israël sera exposée aux tirs de missiles balistiques iraniens, de même qu’aux roquettes du Hezbollah.

L’armée de l’air est en passe d’achever la construction d’un immense simulateur anti-aérien.

La structure a été implantée dans une base militaire située près de Beer Sheva. Ce complexe sera équipé des systèmes Patriot-3 (contre les missiles balistiques), Hawk (contre les avions de combat) et Iron Dome (contre les roquettes de courte portée).

Le simulateur servira à l’entraînement des pilotes, mais également à étudier et améliorer les performances de l’arsenal anti-missile israélien.

Maxime Perez
le 26 novembre 2009

http://www.israelvalley.com/news/2009/11/26/25333


Le tout dernier scénario anti-iranien du régime israélien.  

La publication par le quotidien américain, Los Angeles Times, de fausses images d'un cargo qu'on prétend transporter d'armes d'origine iranienne à destination du Hezbollah libanais a révélé un autre scénario monté de toute pièce contre l'Iran.

Certaines photos du cargo publiées par ce quotidien sont très révélatrices. Sur l'une d'entres elles, on voit l'étiquette du « Mintry of SEPAH », « c'est-à-dire le Ministère du Corps des Gardiens de la Révolution, tandis que ce Ministère a été dissous, il y a 20 ans. La publication de ces photos a montré que soit les protagonistes de ce scénario n'ont pas de bonne mémoire historique, soit ils voulaient publier, intentionnellement, les fausses images que le Ministère de la Guerre du régime sioniste leur avait fournies.

Dans le même temps, le quotidien israélien « Yediot Aharonot » a reconnu que les tapages propagandistes des médias israéliens sur le plan régional et international s'étaient soldés par un échec, car le régime sioniste n'a pas pu convaincre et satisfaire l'opinion publique internationale.

Ce scénario est lancé à un moment où un gouvernement d'union nationale a été formé, au Liban et le rapport Goldstone sur les crimes commis par l'armée israélienne, lors de son offensive contre la bande de Gaza, a été voté à une large majorité par l'Assemblée générale de l'ONU. Un haut membre du mouvement du Jihad islamique de la Palestine a souligné que l'objectif du récent tapage médiatique du régime sioniste à l'encontre de l'Iran est de s'échapper aux lourdes conséquences du rapport Goldstone. Cheik Nafez Ezam a déclaré que même le capitaine et les membres d'équipage du cargo avaient démenti l'existence d'armes. Si ce cargo transportait, a-t-il précisé, des armes, les responsables du régime sioniste ne lui aurait pas permis de quitter la Palestine occupée après quelques jours.

http://french.irib  

Lundi 16 Novembre 2009
http://www.alterinfo.net/Le-tout-dernier-scenario-anti-ir...   


c) Sur le terrain

Peres à Buenos Aires pour contrer l'influence de l'Iran  

Le président Peres, est arrivé dimanche en Argentine, seconde étape après le Brésil d'une mini-tournée en Amérique latine. L'objectif est de contrer "l'infiltration iranienne" dans la région.
Lors d'une rencontre lundi avec la présidente argentine Cristina Kirchner, M. Peres doit également aborder la question de la paix au Proche-Orient, une semaine avant la venue à Buenos Aires du dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
Il s'agit de la première visite depuis 20 ans d'un chef de l'Etat israélien en Argentine, pays abritant la plus grande communauté juive d'Amérique latine (300'000 personnes).
Mardi, M. Peres a appelé le Brésil voisin à exprimer une "voix claire" contre la "menace" nucléaire iranienne, à deux semaines d'une visite à Brasilia de Mahmud Ahmadinejad.

Cette tournée se produit alors que deux autres pays du continent, le Venezuela et la Bolivie, ont rompu en janvier leurs relations diplomatiques avec Israël, pour protester contre l'offensive militaire à Gaza en décembre 2008-janvier 2009.
En mai dernier, le ministère israélien des Affaires étrangères avait également établi un lien entre le Venezuela et la Bolivie et le programme nucléaire iranien. Les deux pays avaient démenti.
15 novembre

http://www.alterinfo.net/notes/Shimon-Peres-a-Buenos-Aire...


e) Prisons, exactions & torture

Un ancien vice-ministre iranien est incarcéré en Israël.

L'ancien vice-ministre iranien de la Défense Ali Reza Asgari, porté disparu depuis près de trois ans, a été enlevé par des agents israéliens et est aujourd'hui retenu en Israël, ont rapporté dimanche plusieurs sites web iraniens d'information.

Ali Reza Asgari, général à la retraite qui a servi dans les rangs des Gardiens de la révolution, a disparu lors d'un voyage privé en Turquie en décembre 2006.

En mars 2009, un ancien responsable du ministère allemand de la Défense a déclaré que M. Asgari fournissait des informations considérables à l'Ouest sur le programme nucléaire iranien.

Des responsables iraniens et la famille du disparu ont eux affirmé qu'il avait été enlevé.

Selon des informations diffusées dimanche sur un site internet baptisé Alef, les renseignements allemands et britanniques auraient aidé des agents israéliens pour enlever Ali Reza Asgari et l'emmener en Israël. Le site est proche d'un parlementaire iranien conservateur.

Le ministère israélien des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire.

16/11

http://fr.news.yahoo.com/3/20091115/twl-iran-israel-dispa...


n°20 - journal d'Iran - 10- 11 au 29-11-:Fin - "Aucune force mondiale ne peut penser à menacer le peuple iranien"

n°20 - journal d'Iran -  10- 11 au 29-11-:Fin -  "Aucune force mondiale ne peut penser à menacer le peuple iranien"



journal d'Iran n°20 du 10- 11 au 29-11

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Sommaire :

2 Politique Internationale

4 Le Monde

 




3) Les parties prenantes - Les voisins

Arabie Saoudite

Le roi est inquiet
extrait

À l'instar de Sarkozy, le roi Abdallah est inquiet de la menace nucléaire iranienne.(…)

Les relations sont mauvaises entre les deux pôles de l'islam - Téhéran pour les chiites et Riyad pour les sunnites.

Le monarque saoudien approuve la fermeté de ton française contre l'Iran.

Mais il ne veut pas d'une attaque israélienne, qui déstabiliserait la région et risquerait de compromettre son programme de réformes dans le royaume.

«Comment mettre sur pied une politique de sanctions qui tienne la route pour éviter la confrontation ?», se demande-t-on côté français.

http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/17/01003-200...
17/11

Chine

Hu prône le dialogue.

Obama, a de nouveau menacé l'Iran concernant son programme nucléaire, alors que son homologue Chinois a souligné la nécessité de trouver une solution diplomatique. « L’Iran a une opportunité de présenter et de démontrer ses intentions pacifiques, mais si elle échoue à tirer profit de cette opportunité, elle fera face aux conséquences, » a déclaré Obama dans une conférence de presse commune avec Hu Jintao à Pékin ce Mardi. « Nous avons convenu que la République Islamique de l'Iran doit fournir l'assurance à la communauté internationale que son programme nucléaire est pacifique et transparent, » a-t-il ajouté.
Hu Jintao a
cependant insisté sur le fait que le conflit autour des programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord doivent se résoudre par le dialogue, selon l'Agence de presse Xinhua. « Tous deux, demeurons investis pour résoudre le problème nucléaire de la péninsule Coréenne par le dialogue et la consultation, » a indiqué Hu après la réunion avec Obama. « Un tel engagement sert les intérêts communs de la Chine et des Etats-Unis et de tous les autres parties concernées. »

Obama a gardé un ton menaçant juste un jour après que l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (IAEA) a publié son dernier rapport, confirmant pour la 21ième fois la non-divergence du programme nucléaire Iranien.
http://www.presstv.ir/detail.aspx?id=111477&sectionid...
Traduction Alter Info

17 Novembre  

Commentaires

Commentaires

1 Marc L : Lire dans dossier : John Pomfret et Joby Warrick : Le Message des USA à la Chine : Aidez nous à contenir l’Iran, sinon Israël passera à l’attaque.

Deux hauts fonctionnaires américains se sont rendus en Chine avant la visite présidentielle, et ont averti les chinois que s’ils ne soutenaient pas Washington sur le dossier iranien, Israël passerait à l’attaque, ce qui provoquerait le chaos dans l’approvisionnement pétrolier indispensable à la Chine.

Et vous comprendez tout...

 

2 Posté par Brigitte le 17/11/2009 16:34

Ce dossier nucléaire iranien n'est qu'un prétexte pour nous acheminer vers une nouvelle guerre. Quand Israël et les USA se sentiront prêt, attendons-nous au pire.

http://www.alterinfo.net/Russie,-Chine,-Obama-fait-son-po...



Russie

la Russie «prête» à des sanctions contre l'Iran

Le quotidien russe Kommersant s'appuie sur des sources au sein de l'administration du président Medvedev.

La Russie est «prête» à soutenir les sanctions internationales contre l'Iran, a affirmé samedi le quotidien russe Kommersant en citant des sources au sein de l'administration du président russe Dmitri Medvedev.

«Ces derniers temps nos sources à l'administration présidentielle disent de plus en souvent» que Moscou est «prêt à 100%» à soutenir les sanctions, écrit le journal.

«La question est de faire concorder les évaluations des experts russes et américains sur la nécessité d'une telle décision», a déclaré une de ces sources, citée par Kommersant.

«Il vaut mieux faire coopérer Téhéran»

«Mais, bien sûr, il vaut mieux faire coopérer Téhéran que le frapper par des sanctions, car ces dernières pourraient pousser l'Iran à devenir fermé, et nous n'aurons aucune information sur ce qui se passe là-bas», a-t-elle ajouté.

Selon Kommersant, «le dernier mot sur une éventuelle adoption des sanctions revient aux présidents russe et américain», Dmitri Medvedev et Barack Obama, qui doivent se rencontrer dimanche en marge du sommet du Forum économique Asie-Pacifique, à Singapour.

«Ils vont non seulement parler de la situation autour du programme nucléaire iranien, mais peuvent aussi décider, quand il faut imposer des sanctions» contre l'Iran, indique le journal.

Pas d'accord avec l'AIEA?

Dmitri Medvedev a averti récemment, dans une interview à l'hebdomadaire allemand Spiegel, que de nouvelles sanctions contre Téhéran ne pouvaient être exclues s'il n'y avait pas d'avancées sur le dossier du nucléaire iranien.

Le projet d'accord présenté fin octobre par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévoit que l'Iran devra exporter la plupart de son uranium faiblement enrichi en Russie pour y être enrichi davantage avant d'envoyer ce matériel en France où il sera transformé en combustible.

Dans différentes déclarations faites au cours du week-end dernier, un responsable parlementaire iranien avait rejeté le projet de l'AIEA tout en affirmant que l'option de l'échange d'uranium «restait sur la table».

(Source AFP)

14-11

http://www.liberation.fr/monde/0101602940-nucleaire-la-ru...

 

Washington et Moscou haussent le ton.

Les Etats-Unis et la Russie ont haussé le ton, alors que l'Iran persiste à refuser l'accord sur le traitement de l'uranium.
Le président russe a lui aussi regretté la lenteur des discussions et a évoqué le recours à "d'autres moyens", si les pourparlers restent stériles.
"Grace aux efforts conjoints, le processus n'est pas terminé mais nous ne sommes pas satisfaits de son rythme. Si quelque chose bloque, il y a d'autres moyens de le faire avancer.
"Nous sommes prêts à aller plus loin" pour nous assurer que le programme nucléaire iranien est uniquement à des fins pacifiques, a ajouté Dmitri Medvedev.
"Si nous échouons, d'autres options sont ouvertes, afin d'engager le processus dans une direction différente", a-t-il déclaré, faisant référence à de nouvelles sanctions contre Téhéran.
Dmitri Medvedev avait averti récemment, dans une interview à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, que de nouvelles sanctions contre Téhéran ne pouvaient être exclues s'il n'y avait pas d'avancées sur le dossier du nucléaire iranien.
La Russie s'est traditionnellement montrée opposée à des sanctions alourdies contre le régime de Téhéran.

"Nous attendons, ce n'est pas bon et c'est très dangereux"
Le projet d'accord présenté fin octobre par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévoit que l'Iran devra exporter 75% de son uranium faiblement enrichi en Russie pour y être enrichi davantage avant de l'envoyer en France où il sera transformé en combustible.
Cette formule permettrait d'assurer à Téhéran la livraison de combustible nucléaire pour son réacteur de recherche, tout en assurant un plus grand contrôle des stocks iraniens d'uranium enrichi, afin d'apaiser les inquiétudes internationales.

15.11

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/p...

 

Moscou juge "prématuré" de parler d'un échec des discussions

17-11

 Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a jugé "prématuré" mardi de conclure que les discussions sur le nucléaire iranien avaient échoué, alors que les grandes puissances attendent toujours une réponse de Téhéran à leur offre de compromis.

"Je considère prématuré de dire que ces efforts (les discussions entre les Six et Téhéran en octobre à Vienne, ndlr) ont échoué", a déclaré M. Lavrov lors d'un point de presse à l'issue d'une rencontre avec son homologue kazakh Kanat Saoudabaïev.

http://www.romandie.com/ats/news/091117100300.q6h81wti.as...

 

Pas question de nouvelles sanctions contre l'Iran.

Il n'est pas question d'élaborer des sanctions supplémentaires contre l'Iran au Conseil de sécurité de l'Onu, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères (MID) Andreï Nesterenko, répondant aux questions des médias.
"Il n'est pas question en ce moment d'élaborer de nouvelles sanctions contre l'Iran au Conseil de sécurité de l'Onu. Nous estimons qu'il est  possible d'obtenir la mise en application de toutes ententes genevoises. Il importe à l'étape actuelle de laisser travailler la diplomatie car les émotions excessives ne peuvent que nuire au règlement", a estimé le diplomate.

17-11

http://fr.rian.ru/world/20091119/185527783.html



Turquie

L'Iran et la Turquie veulent renforcer leurs liens.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, et le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, ont exprimé hier le souhait d'un renforcement des relations bilatérales, selon le bureau de M. Ahmadinejad, qui n'a pas fait mention du dossier du nucléaire. « L'Iran et la Turquie pourraient devenir leurs premiers partenaires commerciaux respectifs, et si cette relation commerciale est bien gérée, alors elle servira les intérêts de chacun », a dit M. Ahmadinejad au ministre turc lors de leur rencontre à Tabriz. Le bureau du président a par ailleurs rapporté que M. Davutoglu avait incité les deux pays à travailler de concert afin d'accroître leurs relations.

21-11

http://www.lorientlejour.com/category/International/artic...

 

La Turquie plaide pour une solution pacifique du dossier nucléaire iranien.

Le porte-parole de la diplomatie turque a plaidé pour une solution pacifique du dossier nucléaire iranien.
Burak Özügergin a indiqué aux journalistes que le dossier nucléaire de l'Iran devait être résolue par des voies diplomatiques et le dialogue.
La Turquie déploie, a-t-il ajouté, tous ses efforts, pour réaliser cet objectif.
Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a, ensuite, évoqué la récente rencontre du chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, à Tabriz, dans le nord-ouest de l'Iran, avec le président iranien, prouvant que la Turquie constitue désormais un interlocuteur majeur pour l’Iran.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est de plus en plus considéré comme un défenseur crédible des intérêts arabes et musulmans. Beaucoup de gens respectent son autorité.
De plus, les rapports de la Turquie avec les Etats-Unis ne reposent pas sur une faiblesse de la Turquie. Il a déjà résisté aux pressions américaines et a même refusé une promesse de 6 milliards de dollars [4 milliards d’euros] d’aides et de 20 milliards de dollars [13,3 milliards d’euros] de garantie de prêts parce que l’accord ne lui convenait pas et enfin ses critiques verbales contre le régime israélien après la dernière guerre de Gaza ont aussi contribué à lui donner une bonne image dans la région.
Enfin pour beaucoup de pays dans la région, le programme nucléaire iranien est le seul moyen de contrer le régime israélien dans un rapport de forces.

 http://www2.irna.ir

 26/11

http://www.alterinfo.net/notes/La-Turquie-plaide-pour-une...



 

Le Monde

Brésil

Nucléaire: le Brésil soutient l'Iran.

L'Iran a le droit au programme nucléaire civil, a déclaré lundi à Rio de Janeiro le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva à l'issue d'entretiens avec son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad, en visite de 24 heures au Brésil.

"Nous reconnaissons le droit de l'Iran de développer son programme nucléaire iranien à ces fins pacifiques à condition qu'il respecte les ententes internationales. Le Brésil mène aussi cette politique", a indiqué le président brésilien, lors d'une conférence de presse, avant de noter qu'il rêvait d'un Proche-Orient libre d'armes nucléaires.

L'Iran est sous le coup de cinq résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU assorties de sanctions pour son refus d'établir un moratoire sur l'enrichissement d'uranium.

Téhéran rejette toutes les accusations, affirmant que son programme nucléaire a pour seul but de satisfaire les besoins du pays en électricité

23/11

.http://fr.rian.ru:80/world/20091123/185551827.html

 

M. Lula joue les médiateurs.

Géant politique en devenir, et candidat à un fauteuil permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, le Brésil aspire à jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale.

C'est au nom de cette ambition que son président, Luiz Inacio Lula da Silva, artisan d'une diplomatie tous azimuts, a accueilli lundi 23 novembre, à Brasilia, en visite officielle, son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad, lors de la première étape d'un voyage sud-américain qui conduira ensuite ce dernier au Venezuela et en Bolivie.

Cette volonté brésilienne de déployer une politique étrangère sans exclusive tombe à pic pour l'Iran. La seule venue au Brésil de M. Ahmadinejad, la première d'un président iranien depuis celle du chah en 1965, quelques jours après celle du président de l'Etat d'Israël, Shimon Pérès, est un succès pour la République islamique, qui accueillera à son tour Lula dans le courant du premier semestre 2010.

Que le chef de l'Etat iranien rende visite à ses alliés vénézuélien, Hugo Chavez, et bolivien, Evo Morales, est une chose logique. Qu'il ait été reçu, fût-ce seulement une journée, dans le plus influent pays d'Amérique latine et se soit entretenu, lundi, pendant trois heures avec l'un des dirigeants les plus populaires et les plus respectés de la planète constituent une bonne opération pour le régime de Téhéran, diplomatiquement isolé sur le dossier nucléaire et en quête de légitimité auprès des pays du Sud.

Favorable au dialogue entre l'Iran et l'Occident et convaincu que tout ce qui vise à isoler Téhéran est contre-productif, Lula a fait preuve, lundi, de prudence. Il a appelé son hôte à "poursuivre les contacts avec les pays intéressés (les grandes puissances) pour une solution juste et équilibrée de la question nucléaire".

Il a réaffirmé le droit de l'Iran à développer "l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, en respect total des accords internationaux" mais, constatant que "la non-prolifération et le désarmement nucléaires doivent aller de pair", il a dit rêver "d'un Moyen-Orient sans armes nucléaires, comme c'est le cas en Amérique latine".

M. Ahmadinejad s'est montré modéré dans la forme, évitant tout éclat, mais sans rien céder sur le fond. L'Iran, a-t-il dit, reste intéressé par l'acquisition d'uranium enrichi ou par un programme d'échange sous le contrôle de l'Agence internationale d'énergie atomique (AIEA) - selon le compromis que celle-ci lui a proposé - mais, a-t-il souligné, pas à n'importe quelles conditions.

"L'achat de combustible enrichi est libre, nous pouvons l'acheter, mais ils sont en train de définir les conditions politiques et techniques, cela n'est pas correct", a observé M. Ahmadinejad, avant d'ajouter avoir "encore l'espoir, même si nous n'avons plus beaucoup de temps" d'arriver à un accord.

Il y a quelques jours, M. Ahmadinejad exprimait le voeu que Brasilia soutienne l'Iran face à la "polémique injuste" dont il est l'objet. Lula s'est bien gardé d'un tel appui. Mais son hôte n'a guère à se plaindre de lui. Lors de sa réélection controversée en juin 2009, Lula avait soutenu le régime de Téhéran sans hésiter.

Faisant fi d'un principe qui lui est cher - la non-ingérence -, il avait jugé "impossible " qu'il y ait eu des fraudes massives au cours du scrutin et regretté que "l'opposition n'accepte pas le résultat du vote". Il avait comparé la bataille électorale entre M. Ahmadinejad et ses adversaires à une "rivalité entre Flamengo et Vasco", deux clubs de football de Rio de Janeiro.

Cette visite n'a pas été du goût de tous les Brésiliens. Un millier de personnes ont manifesté contre celle-ci, dimanche, à Rio. Le principal opposant à Lula, et gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, José Serra, écrivait lundi dans une tribune de presse : "Avoir des relations diplomatiques avec des dictatures est une chose, accueillir chez soi leurs dirigeants en est une autre."

 24.11.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/11/24/bresil...


France

15.11

Dans un entretien publié dimanche par le quotidien israélien Yediot Ahronot, Bernard Kouchner, chef de la diplomatie française, estime quant à lui que l'Iran a d'ores et déjà rejeté cette offre.
"Dans les faits, la réponse a déjà été donnée et elle est négative. C'est une honte, une honte. Nous avons demandé le transfert d'une grande part (de l'uranium faiblement enrichi) parce que nous ne voulons pas que, pendant que nous l'enrichissons pour eux, ils continuent à le faire eux-mêmes pour l'utiliser un jour à des fins militaires", poursuit-il. Et d'ajouter: "Nous attendons. Ce n'est pas bon et c'est très dangereux".

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/p...

 

Kouchner : «Les Iraniens se tirent une balle dans le pied»

Interview

Nb…Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Le ministre français des Affaires étrangères revient sur l’attitude de Téhéran dans le dossier nucléaire et croit à un «geste» d’Israël en direction des Palestiniens.(…)

ParChristophe ayad envoyé spécial au Moyen-Orient

 Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avec le président palestinien Mahmoud Abbas, le 17 novembre 2009 à Amman. (© AFP Khalil Mazraawi)

Bernard Kouchner a achevé vendredi une tournée de quatre jours au Moyen-Orient, qui l’a emmené à Amman (Jordanie), Jérusalem et Kaboul.

Bilan et tour d’horizon des dossiers chauds du moment.

L’Iran a refusé l’offre franco-russe d’enrichissement de son uranium. Est-ce qu’on se rapproche de nouvelles sanctions ?

Nous avons fait un geste pour prouver notre bonne volonté. Il a été refusé.

Ce n’est pas un atout pour Téhéran. Ce que les Iraniens viennent de refuser est une rencontre d’experts, mais ils ne se sont toujours pas prononcés sur une rencontre politique à la suite de celle de Genève, fin septembre. Pour le moment, nous n’avons rien décidé, en tout cas, pas aujourd’hui ou demain. Bien sûr, nous envisageons des sanctions, tout en préférant la négociation. Il y a déjà eu trois résolutions de sanctions, votées avec les Russes et avec les Chinois. Nous n’allons pas rester inertes. La communauté internationale tient à réaffirmer une chose très simple : pas de menace atomique supplémentaire. Si l’Iran devait se doter de la bombe atomique, ce ne serait pas acceptable. Il ne faut pas ajouter une crise dans cette région.

Barack Obama a tendu la main aux dirigeants iraniens au début de l’année. Est-ce qu’aujourd’hui les voies du dialogue sont épuisées ?

Non, mais je suis surpris de constater à quel point les Iraniens se tirent en permanence des balles dans le pied. Jamais nous n’avons arrêté de parler avec Téhéran. Nous nous obstinons dans le dialogue, alors qu’on a découvert un deuxième site d’enrichissement iranien [celui de Qom, ndlr], qui a suscité l’indignation générale. L’Iran ne gagne pas du temps, il en perd.

Le mouvement de protestation politique qui se développe dans le pays et au sein même de la hiérarchie chiite est très important, je salue son courage.

Craignez-vous, si la crise se poursuit, qu’Israël finisse par intervenir militairement ?

Israël n’a jamais caché son inquiétude face à l’éventualité d’une arme atomique déployée par l’Iran. C’est une raison supplémentaire de craindre une aggravation des tensions, qui peut se terminer par une confrontation que nous refusons absolument. Les Israéliens en parlent, ils mettent en garde tous ceux qu’ils rencontrent contre cette éventualité redoutable. Ils connaissent l’attitude française et ils l’apprécient : c’est celle de la fermeté tout en poursuivant le dialogue. On n’a pas besoin dans cette poudrière d’une étincelle supplémentaire.

Christophe Ayad envoyé spécial au Moyen-Orient

21/11/2009

http://www.liberation.fr/monde/0101604218-les-iraniens-se...


Sénégal

Le Sénégal réserve un accueil chaleureux au président Mahmoud Ahmadinejad

 Le Sénégal a réservé un accueil chaleureux au président Mahmoud Ahmadinejad à son arrivée à Dakar jeudi.
Reprenant en chœur des chants traditionnels sénégalais et brandissant des drapeaux de l'Iran et du Sénégal ainsi que les portraits du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et du président sénégalais Abdoulaye Wade.
Le président Ahmadinejad est arrivé à Dakar jeudi dans le cadre de la dernière étape de sa tournée internationale qui l’a conduit dans plusieurs pays africains et sud-américain.
Au cours de sa visite à Dakar qui devrait durer une journée, Mahmoud Ahmadinejad s’entretiendra avec le président Wade sur des questions d'intérêts mutuels.
Les deux parties devraient également signer plusieurs documents sur la coopération bilatérale dans différents secteurs.
Les deux présidents ont prévus d’ assister à une conférence de presse commune.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade a réaffirmé son "soutien à l'Iran" dans le dossier du nucléaire, jeudi à Dakar, à l'occasion de la visite de Mahmoud Ahmadinejad, en plaidant que Téhéran avait toujours dit que son programme d'enrichissement d'uranium était pacifique.
Au côté du président Ahmadinejad, Abbdoulaye Wade a déclaré: "Je lui ai dit que le Sénégal était contre la prolifération des armes atomiques, c'est une position bien connue, mais dans le cas de l'Iran, je prends acte du fait que le président de l'Iran, pour la énième fois, me dit que son pays est simplement en train de développer l'uranium à des fins pacifiques".
"Les commissaires de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sont venus, ils n'ont rien trouvé. Vous savez en droit (...), c'est celui qui accuse qui doit apporter la preuve (...) Or dans le cas de l'Iran, on n'a rien trouvé jusqu'à présent", a assuré M. Wade.
J'ai réaffirmé mon soutien à l'Iran. Tant que l'Iran défendra sa liberté et son indépendance en disant, je n'enrichis pas de l'uranium à des fins militaires, le Sénégal restera à côté de l'Iran", a affirmé le chef de l'Etat sénégalais.
"L'Iran aide beaucoup le Sénégal", a fait valoir M. Wade, citant l'exemple de la rénovation du parc des taxis.
Le président iranien, venu pour quelques heures à Dakar, achevait au Sénégal une tournée en Afrique et Amérique du Sud. Il s'était auparavant rendu en Gambie, au Brésil, en Bolivie et au Venezuela.
A Dakar, M. Ahmadinejad a annoncé que l'Iran allait aider le Sénégal à développer une industrie automobile, lui fournir "1.000 tracteurs" ou encore s'impliquer dans la "construction d'unités de stockage d'hydrocarbures".
Depuis 2008, des voitures sont fabriquées au Sénégal avec des pièces importées d'Iran, dans une usine sénégalo-iranienne dont l'actionnaire majoritaire est le constructeur iranien Iran Khodro. 

 27/11/2009 
 http://french.irib

http://www.alterinfo.net/notes/?start=10



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

29.11.2009

n°303 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan - 27-11 – Début -: L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.

n°303 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan - 27-11 – Début  -: L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.


 

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan

   n°303                                                                                                                            27/11/09

                   C.De Broeder & M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1-1    Attentats aveugles : la marque de la CIA.!

1-2    Diana Johnstone : L’Otan du Kosovo à l’Afghanistan : guerres sans frontières.

1-3    Romain Rosso : La "spirale vietnamienne" de l'Afghanistan.

1-4    Gérard Chaliand : En Afghanistan, il faut gagner les estomacs".

Suite

1-6 L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.

1-7 L'Afghanistan vu d'ici.

1-8 William Blum : La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

1-9 Barthélémy Courmont: Les deux piliers de la nouvelle diplomatie US.

1-10 Faut-il des musulmans dans l'armée ?

1-11 dédefensa : L’Ennemi en-dedans nous.

Fin

1-12 William Pfaff : L’Amérique sous la coupe de son armée.

1-13 F. William Engdahl : La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan.

1-14 Jacques Cheminade : Algérie-Afghanistan : l’inéluctable échec de la contre-insurrection.

2 Annexe

2-1 Jules Dufour : Les États-Unis : la « puissance intelligente » au service de la guerre.

2-2 Guimond : Le droit est le fondement de la paix, de la justice et de l’humanité.

2-3-Jean-Claude Paye, Tülay Umay* : Le renversement de la place de la victime : un paradigme de la modernité.


Avant propos

·                    Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants ...



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Do : Attentats aveugles : la marque de la CIA.!

Les USA commanditent des attentats en Afghanistan et au Pakistan, et font croire que ce sont les "Résistants" qui les ont commis, afin de justifier leurs guerres.

Vidéo ici : http://mai68.org/spip/spip.php?article538,

Le 28 octobre 2009, alors que le Beau Bama fait semblant de se demander s’il va oui ou non envoyer quelques dizaines de milliers de soldats de plus en Afghanistan et au Pakistan, ces deux pays furent marqués par des attentats sanglants attribués par la télé-propagande du pouvoir aux "Talibans".

Les "Résistants" auraient assassiné d’un seul coup plus de 90 personnes au hasard dans un marché de Peshawar au Pakistan, exactement comme s’ils avaient voulu justifier auprès des Pakistanais et des Occidentaux la levée en masse de l’armée pakistanaise pour aider l’armée US à les combattre au waziristan. On nous prend pour des cons.

En effet : Le Waziristan, couramment appelé "zone tribale" dans les médias occidentaux, est contrôlé par les prétendus "Talibans", c’est-à-dire par la résistance locale à l’impérialisme US.

Le Waziristan est la clef de la guerre d’Afghanistan, puisque c’est la route quasiment obligatoire pour la logistique de la guerre US contre l’Afghanistan. Cette route passe par un célèbre col nommé Khyber pass qui est le plus souvent contrôlé par la résistance.

L’impérialisme US a par conséquent bien du mal à approvisionner ses troupes en Afghanistan. C’est pourquoi il aimerait bien que l’armée pakistanaise l’aide à faire la guerre au Waziristan qui, il ne faut pas l’oublier, est tout de même une région du Pakistan !

L’article dont le lien est juste ci-dessous vous donnera bien du plaisir en vous faisant constater l’efficacité de la résistance dans ses attaques contre les convois américains qui essaient chaque jour de franchir la Khyber pass : http://mai68.org/ag/1506.htm

De la même façon, les "Résistants" auraient assassiné une dizaine d’employés dans une attaque contre l’ONU à Kaboul en Afghanistan, exactement comme s’ils avaient voulu justifier auprès de l’ONU la guerre du pétrole menée par la grrrande Amérique contre les Afghans.

Là aussi, on nous prend pour des cons.

Bien sûr, le triste spectacle de ces deux attentats terroristes va servir à justifier la guerre sur le plan international auprès de l’ONU et sur le plan national auprès des Américains. Il est clair que, comme ça, le Beau Bama n’aura aucun mal à faire accepter aux Américains et à l’ONU l’envoi de nouvelles troupes pour faire la guerre dans ces deux pays. Sauf si tout le monde fait passer ce message partout où il le peut !

Par conséquent, à QUI profitent ces deux crimes ?

À la résistance anti-impérialiste en Afghanistan et au Pakistan ?

ou bien plutôt à l’impérialisme US et à sa guerre pour les hydrocarbures (pétrole et gaz) de la mer Caspienne ?

Bien sûr, vous l’aurez compris, ces deux attentats servent les intérêts des USA. Ils portent donc la marque de la CIA !

Bien à vous,
do
http://mai68.org

Post-scriptum :

1°) Le terrorisme sous faux drapeau est une technique de guerre très courante. Elle fut employée notamment par les Français en Indochine puis en Algérie ; et aussi, bien sûr, par les Américains au Vietnam et plus tard en Irak. Cette tactique classique, qui est une partie essentielle de la "guerre psychologique", a déjà été employée par les Américains au Pakistan. Souvenez-vous de l’attentat contre l’Hôtel marriott :

http://mai68.org/ag/1506.htm

3°) IRAK - Spectacle meurtrier de guerre civile destiné UNIQUEMENT à l’Occident :

http://mai68.org/ag/1123.htm

3°) Esquisse d’une bibliographie de la manipulation du terrorisme :

http://mai68.org/ag/1056.htm

4°) À la fin de la vidéo, on apprend qu’un soldat s’est suicidé suite à la guerre d’Afghanistan. Soyons bien sûr qu’il n’a pas supporté les horreurs qu’il y a vu et auxquelles on l’a obligé à participer :

http://mai68.org/spip/spip.php?article436

5°) Les guerres du pétrole expliquées aux enfants :

http://mai68.org/ag/1439.htm


1-2 Diana Johnstone : L’Otan du Kosovo à l’Afghanistan : guerres sans frontières.

Conférence organisée par les Amis du Monde Diplomatique à Nice,

Le 12 novembre 2009

Il y a vingt ans, la fin de la Guerre Froide devait introduire une ère de paix.

Pourtant, depuis dix ans, l’Otan fait la guerre – d’abord au Kosovo, aujourd’hui en Afghanistan.

C’est la guerre et non la paix qui est de retour. Pourquoi ?

Je veux présenter plusieurs propositions qui à mon avis sont des évidences, mais des évidences qui ne font pas partie du discours officiel relayé par les médias.

1. Première proposition. Le but principal de la guerre menée en 1999 par l’Otan contre la Yougoslavie – dite « guerre du Kosovo » – était de sauver l’Otan en la dotant d’une nouvelle mission de mener des guerres aux endroits et pour des motifs décidés par elle. (Un but secondaire était de débarrasser la Serbie d’un chef considéré comme trop peu empressé de suivre le modèle économique néo-libéral, mais je laisse de côté cet aspect des choses, qui aurait pu être traité autrement que par la guerre, bien que les bombardements aient hâté la privatisation des industries ainsi frappées de façon expéditive.)

2. Ce but a éte atteint, avec l’acceptation par les alliés européens de la nouvelle stratégie de l’Otan, qui préconise la possibilité des interventions militaires n’importe où dans le monde sous n’importe quel prétexte – voir la liste des « menaces » auxquelles ils faut faire face.

3. Ce changement de politique stratégique, avec des implications graves, a été réalisé sans le moindre débat démocratique dans les parlements européens ou ailleurs. Il a été réalisé de façon bureaucratique derrière un épais écran de fumée émotionnel – on dirait des gaz lacrymogènes – sur le besoin de sauver des populations de menaces qui n’existaient pas et qui étaient inventées précisément pour justifier une intervention qui servait les intérêts à la fois des Etats-Unis et des sécessionnistes albanais du Kosovo. En autres mots, la nouvelle politique de guerre sans limites a été décidée presque en huis clos, et vendue au public comme une grande entreprise humanitaire d’une généreuse abnégation, sans précedent dans l’histoire de l’humanité. C’est ainsi que la « guerre du Kosovo » continue à être célébrée, surtout aux Etats-Unis, servant de preuve que la guerre n’est plus le pire des maux à éviter, mais le meilleur des véhicules du Bien.

4. Suite aux attaques criminelles contre les Tours du World Trade Center le 11 septembre 2001, les alliés européens des Etats-Unis ont suivi sans broncher l’interprétation plus que douteuse donnée par l’administration américaine Bush-Cheney selon laquelle ces attaques constituaient un « acte de guerre ». Encore pris dans un tourbillon sentimental – « nous sommes tous des Américains » – les hommes et les femmes politiques européens ne se sont pas mobilisés pour faire remarquer qu’il s’agissait plutôt d’attaques criminelles – internationales, peut-être, mais qui étaient le fait des individus ou des groupes, non pas d’un Etat, et qui exigeaient logiquement une riposte policière et non pas de guerre. Au lieu de secourir les Américains en leur apportant une dose de bon sens qui visiblement manquait à leurs dirigeants, les dirigeants européens ont invoqué l’Article 5 de l’Otan pour la première fois pour suivre les Etats-Unis agressés dans leur guerre contre les fantômes en Afghanistan. Il y sont toujours…

5. Cinquième proposition. Tout cela fait la démonstration d’une absence quasi totale de débat politique, ou même de pensée, en Europe sur les questions fondamentales de sécurité et de guerre et de paix, et encore moins sur le droit international.

6. Sixième proposition, la plus essentielle et la plus controversée sans doute. Cette lamentable inexistence morale et intellectuelle de l’Europe dans ce chemin vers le désastre est due surtout à une cause : la soi-disante « construction européenne ».

Maintenant je veux revenir sur cette suite d’événements qui nous mène de l’élan « humanitaire » du Kosovo jusqu’au bourbier sanglant d’Afghanistan.

L’Europe et la Yougoslavie

Il est courant de blâmer l’Europe pour son inaction dans l’affaire yougoslave. Mais ce reproche prend le plus souvent la forme d’une lamentation selon laquelle l’Europe aurait dû intervenir militairement pour sauver les victimes, bosniaques, il s’entend. Ce n’est pas une analyse mais une exploitation moralisante par un des partis – les Musulmans de Bosnie – d’une tragédie dans laquelle ils comptent le plus grand nombre de victimes, mais pour laquelle leurs dirigeants politiques (surtout Monsieur Izetbegovic) avaient leur part de responsabilité. Dans cette lamentation sans vraie analyse, l’inaction de l’Europe est attribuée le plus souvent à sa « lâcheté » collective, et même, par certains, à son supposé racisme anti-musulman. Un tel racisme existe en effet ici et là, mais les causes de la faillite européenne dans le cas yougoslave sont ailleurs.

Je voudrais offrir ici une autre interprétation de cette faillite. Elle est plus compliquée, et moins moralisante.

Déjà dans les années 1980, la Yougoslavie sombrait dans une crise à la fois économique et politique. L’endettement du gouvernement central, qui résultait surtout des crises pétrolières et des manipulations du dollar, favorisait la poussée séparatiste des républiques les plus riches, la Slovénie et la Croatie. L’auto-gestion socialiste, paradoxalement, contribuait aussi au mouvement centrifuge. Pourtant le sentiment unitaire restait encore probablement majoritaire. C’est l’époque où précisément une politique attentive européenne d’élargissement aurait pu empêcher le désastre. Après tout, la Yougoslavie, située entre la Grèce et l’Italie, dont le système socialiste était plus libre et plus prospère que le bloc soviétique et qui évoluait déjà vers plus de démocratie de style occidental, était logiquement le candidat prochain pour l’adhésion à la Communauté européenne. Certaines voix isolées signalaient cette évidence, sans être entendues.

Au début des années 1990, c’était le drame. Je ne peux pas raconter toute cette histoire ici, cela se trouve dans mon livre, « La Croisade des fous ». Mais en bref, en 1991, il y avait deux mondes parallèles qui se sont touchés de façon malheureuse. Il y avait le monde yougoslave, où les républiques – c’est ainsi qu’on nommait les composants de la fédération yougoslave – slovène et croate optaient pour la sécession, soutenues par l’Allemagne. Et dans le monde de la construction européenne, le gouvernement français en particulier était totalement absorbé par l’effort de convaincre le gouvernement allemand de fondre son précieux deutschemark dans une nouvelle monnaie européenne, qui servirait de colle dans la transformation de la Communauté européenne en Union européenne. Le résultat est connu. Quoiqu’au départ, aucun autre membre de la Communauté ne voulait suivre l’Allemagne dans la reconnaissance des sécessions sans négociation de la Slovénie et de la Croatie, lorsque la France, en pleines négociations sur la monnaie européenne avec l’Allemagne, a cédé sur les sécessions yougoslaves, toute la Communauté a suivi dans cette décision qui violait le principe de l’inviolabilité des frontières et menait inévitablement à la guerre civile.

Je sais que tout cela devient un peu compliqué, mais je veux souligner un aspect qui est relativement subtil mais essentiel. À cause de la sacrosainte « construction européenne », la Communauté européenne s’est alignée sur la position allemande qui au départ n’était partagée par aucun autre Etat membre. Ils n’ont examiné sérieusement ni les vrais motifs de cette position, ni sa justification, ni ses conséquences programmées. Au lieu de cela, ils ont adopté une version moralisante et unilatérale d’un conflit complexe qui servait surtout à excuser leur violation des pratiques normales – non-reconnaissance des sécessions non-négociées. Mais cela avait pour résultat de les ouvrir aux accusations moralisantes de ne pas avoir fait assez pour « sauver les victimes ». Car une fois admise une vision manichéenne, une solution manichéenne s’impose. S’étant coincée elle-même, l’Europe a essayé de combiner son discours manichéen, qui attribuait toute la culpabilité au seul « nationalisme serbe », avec des efforts de trouver une solution négociée, ce qui était contradictoire et voué à l’échec.

Imaginons par contre que les Etats membres aient agi en Etats indépendants, sans se sentir contraints par la « construction européenne ». L’Allemagne aurait sans doute soutenu ses clients historiques, les séparatistes slovènes et croates, mais elle aurait dû écouter d’autres points de vue. Car la France et la Grande Bretagne, sans doute suivies par d’autres, auraient pensé aux intérêts de leurs alliés historiques, les Serbes. Cela ne veut pas dire qu’on aurait refait la Première Guerre Mondiale – personne n’est aussi fou. Mais on aurait pu reconnaître, de part et d’autre, qu’il y avait d’authentiques conflits non seulement d’intérêts mais aussi d’interprétations juridiques en ce qui concernait le statut des frontières entre républiques, des minorités et ainsi de suite. En regardant le problème yougoslave de cette façon, au lieu de le considérer comme un conflit entre le Bien et le Mal, les puissances européennes auraient pu encourager une médiation et une négociation pour éviter le pire.

L’argument que je veux souligner est le suivant. Un des dogmes de la Construction Européenne est que l’accord entre les Etats Membres est un bien si grand que le contenu de cet accord devient secondaire. On se félicite d’être d’accord, quel que soit la qualité ou les conséquences de cet accord. On cesse de réfléchir. Et l’accord se fait, ou se justifie le plus facilement autour de quelque poncif moralisant – les « droits de l’homme » surtout.

La « construction européenne » ressemble au « processus de paix » au Moyen Orient en ce sens que le mirage d’un avenir hors d’atteinte paralyse le présent, et sert d’excuse pour n’importe quoi.

Je voudrais signaler que, dans le cas yougoslave, les Etats-Unis ne soutenaient pas non plus les sécessions sans négociation de la Slovénie et de la Croatie. L’administration de Bush père était encline à laisser ce problème aux Européens. Donc il est trop facile de blâmer les Etats-Unis. Mais devant l’incurie européenne, et très susceptibles eux-mêmes aux interprétations manichéennes, les Américains de l’administration Clinton ont profité de la situation pour exploiter le désastre yougoslave à leurs propres fins, c’est-à-dire, l’affirmation du rôle dirigeant des Etats-Unis en Europe, la renaissance de l’Otan et quelques miettes sentimentales jetées aux Musulmans pour compenser le soutien sans faille à Israël.

L’Otan et les Menaces

L’évolution des deux dernières décennies pose la question de la poule et de l’oeuf. Autrement dit, est-ce que l’idéologie cause les actions, ou l’inverse ? Je serais tentée, vu ce que je viens de décrire à propos de la Yougoslavie, de dire que c’est l’inverse – au moins, parfois. Ou plutôt, en l’absence de pensée rigoureuse et franche, on est facilement entraîné dans des aventures néfastes par une dialectique entre idéologie et bureaucratie.

Mon deuxième exemple est le rôle de l’Otan dans le monde, et de l’Europe dans l’Otan.

A travers l’Otan, la plupart des pays de l’Union Européenne ont déjà participé à deux guerres d’agression, ou au moins à l’une d’entre elles, et d’autres se préparent. Et tout cela sans véritable débat, sans décision stratégique visible. En attendant la réalisation de la Construction Européenne, l’Union Européenne réellement existante poursuit en somnambule le chemin de guerre tracé pour elle par les Etats-Unis.

Cet état d’inconscience est maintenu par un mythe qui devient plus enfantin avec l’âge, comme une sénilité : le mythe de l’Amérique protectrice, puissante et généreuse, qui est le dernier recours pour sauver l’Europe de tout et surtout d’elle-même. On objectera qu’on n’y croit plus. Mais on fait toujours comme si on y croyait.

Qu’ils y croient ou non – et je ne peux pas le savoir – la plupart des dirigeants européens n’hésitent pas à raconter des balivernes à leurs populations, telles que :

- Les Etats-Unis veulent mettre leur bouclier anti-missile en Europe pour défendre les Européens des attaques iraniennes ;

- La guerre en Afghanistan est nécessaire pour éviter les attentats terroristes en Europe ;

- La France est rentrée dans le commandement de l’Otan pour influencer les Etats-Unis ;

- Nous sommes la Communauté Internationale, le monde civilisé, et nous agissons pour défendre les droits de l’homme.

Et ainsi de suite.

Les Européens acceptent le vocabulaire « newspeak » de l’Otan. Ainsi pour désigner les multiples prétextes de guerre, on utilise le mot « menaces ». Un pays ou une région qu’on entend attaquer est forcément « stratégique ». Et toute action agressive est naturellement un acte de « defense ».

Ici encore c’est idéologie qui suit la bureaucratie, mais qui devient une force extrêmement dangereuse.

Je m’explique.

L’Otan est surtout une bureaucratie lourde, soutenue par des intérêts économiques et des carrières multiples. A la base de l’Otan se trouve le complexe militaro-industriel américain (ainsi nommé par Eisenhower en 1961, mais qui devait inclure le Congrès dans sa dénomination, car l’industrie militaire est soutenue politiquement par les intérêts économiques localisés dans presque chaque circonscription électorale du pays, défendus avec acharnement par son représentant au Congrès au moment de voter le budget). Depuis cinquante ans, ce complexe forme la base de l’économie des Etats-Unis – un keynésianisme militaire qui évite un keynésianisme social qui bénéficierait à la population mais qui est interdit par un anti-socialisme dogmatique.

Lors de la « Chute du mur » il y a 20 ans, c’est-à-dire de l’écroulement du bloc soviétique, il y avait comme un vent de panique chez son adversaire. Qu’allait-on faire sans la « menace » qui faisait vivre l’économie ? Réponse facile : trouver d’autres menaces. Pour les cibler, il y a les « think tanks », ces boîtes aux idées richement financées par le secteur privé pour donner au secteur public – c’est-à-dire le Pentagone et ses émules au Congrès et à l’exécutif – les raisons d’être et d’agir dont il a besoin.

On connait la suite. On a trouvé le terrorisme sous Reagan et Saddam Hussein sous Bush premier, puis le nationalisme serbe et les violations des droits de l’homme, puis encore le terrorisme, et maintenant il y a une véritable explosion de « menaces » auxquelles « la Communauté internationale », autrement dit l’Otan, doit répondre.

UNE LISTE non exhaustive :

- le sabotage cybernétique
- les changements du climat
- le terrorisme
- les violations des droits de l’homme
- le génocide
- le trafic de drogue
- les états manqués (failed states)
- la piraterie
- la montée des niveaux de la mer
- la pénurie d’eau
- la sécheresse
- le mouvement des populations
- le déclin probable de la production agricole
- la diversification des sources d’énergie

(Sources : l’Otan ; Conférence tenue le premier octobre 2009 organisée conjointement par l’Otan Lloyd’s of London - "the world’s leading insurance market" le soi-disant numéro un marché d’assurances du monde.)

Ce qui est à signaler est que la réponse supposée à toutes ces menaces, parmi d’autres, est forcément militaire, et non pas diplomatique. On peut parfois jouer à la diplomatie, mais puisqu’on est le plus fort militairement, à Washington celle-ci est vite amenée à préférer le traitement militaire de tout problème.

Toutes ces menaces sont nécessaires pour justifier l’expansion bureaucratique du complexe militaro-industriel et de sa branche armée, l’Otan. La seule idéologie qui peut les unifier n’est plus un système de pensée mais une émotion : la peur. La peur de l’autre, la peur de l’inconnu, la peur de n’importe quoi. Et à cette peur la seule réponse est militaire.

Cette peur tue la diplomatie. Elle tue l’analyse et le débat. Elle tue la pensée.

L’incarnation de cette peur agressive est l’Etat d’Israël. Et l’Occident, au lieu de calmer la peur israélienne, l’adopte et l’intériorise.

La Menace par habitude : la Russie

Mais il y a une menace qui ne se trouve pas sur la longue liste officielle, mais qui pourrait être la plus dangereuse de toutes, pour l’Europe en particulier. On en parle peu, elle prend une place de choix dans les activités frénétiques de l’alliance atlantique : c’est la Russie. La Russie, ou plutôt l’Union Soviétique était l’ennemi contre lequel tout était organisé, eh bien, cela continue. C’est la menace par habitude, ou par inertie bureaucratique.

De plus en plus, l’Otan se trouve engagée dans un encerclement stratégique de la Russie, à l’ouest de la Russie, au Sud de la Russie et au Nord de la Russie.

À l’ouest, notamment, tous les anciens membres du défunt Pacte de Varsovie sont devenus membres de l’Otan, ainsi que les Etats Baltes anciennement membres de l’Union Soviétique même. Certains de ces nouveaux membres appellent à cor et à cri le stationnement de plus de forces américaines en vue d’un éventuel conflit avec la Russie. A Washington il y a quelque jours, le ministre des affaires étrangères de la Pologne, Radek Sikorski, a réclamé le stationnement de troupes américaines dans son pays “pour servir de bouclier contre l’agression russe”. L’occasion était une conférence organisée par le think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS) sur “les Etats-Unis et l’Europe centrale” pour célébrer la chute du mur de Berlin. Il est caractéristique de ce que l’ancien ministre de la guerre américain Donald Rumsfeld a appelé “la Nouvelle Europe”, que Sikorski a eu la citoyenneté britannique depuis 1984 (il avait alors 21 ans), a fait ses études à Oxford et a épousé une journaliste américaine, ayant lui-même travaillé comme correspondant pour plusieurs journaux et télévisions américains. Avant de devenir ministre des affaires étrangères de la Pologne, Sikorski a passé plusieurs années (de 2002 à 2005) à Washington dans les think tanks American Enterprise Institute, pépinière des néo-conservateurs, et la New Atlantic Initiative en tant que directeur exécutif. Ce Polonais appartient donc à cette couche très particulière de stratèges originaires de l’Europe centrale qui, depuis le début de la Guerre Froide en 1948, ont considérablement influencé la politique étrangère américaine. Un des plus importants de ceux-ci, Polonais lui aussi, Zbigniew Brzezinski, a parlé à la même conférence des “aspirations impériales” de la Russie, de ces menaces envers la Géorgie et l’Ukraine et de l’intention de la Russie de devenir “une puissance mondiale impériale”.

Il est largement oublié que la Russie avait volontairement et pacifiquement laissé filer ces Etats qui aujourd’hui se prétendent « menacés ». Il est encore plus oublié que les Etats-Unis avaient, le 9 février 1990, à l’occasion de négociations sur l’avenir des deux états allemands, rassuré Gorbachev en lui promettant que si l’Allemagne unifiée intégrait l’Otan, « il n’y aurait aucune extension des forces de l’Otan d’un centimètre de plus à l’est ». Et lorsque Gorbachev revenait à ce sujet, en précisant : « Toute extension de la zone de l’Otan est inacceptable », le secrétaire d’Etat américain James Baker a répondu, « Je suis d’accord ».

Ainsi rassuré, Gorbachev a accepté l’appartenance de l’Allemagne réunifiée à l’Otan en croyant – naïvement – que les choses s’arrêteraient là et que l’Otan empêcherait efficacement tout « revanchisme » allemand. Mais, déjà l’année suivante, le gouvernement de l’Allemagne réunifiée a mis le feu aux poudres balkaniques en soutenant les sécessions slovènes et croates…

Mais revenons au présent. La mobilisation contre la prétendue « menace » russe ne se limite pas aux discours. Pendant que Sikorski épatait ses anciens collègues des think tanks washingtoniens, les militaires étaient à l’oeuvre.

En octobre, des vaisseaux de guerre américains sont arrivées directement de manoeuvres au larges des côtes écossaises pour participer à des exercices militaires avec les marines polonaises et baltes. Cela fait partie de ce que le porte parole de la Marine américaine décrit comme sa « présence continue » dans la Mer Baltique, tout près de Saint Petersbourg. À cette occasion, les responsables des pays baltes parlaient de « nouvelles menaces depuis l’invasion russe de la Géorgie » et des exercices navals de grandes envergure à venir l’été prochain. Tout cela en projetant l’augmentation des budgets militaires – 60 milliards d’euros par la Pologne pour améliorer ses forces armées.

Il est important de noter que cette activité dans la Mer Baltique sert aussi à faire entrer officieusement les pays scandinaves historiquement neutres, la Suède et la Finlande, dans les exercices et les plans stratégiques de l’Otan. Les pays scandinaves, avec le Canada, auront un rôle à jouer dans la course pour s’accaparer des ressources minérales qui deviendront accessibles avec le retrait de la calotte glacière. Des manoeuvres se font déjà en préparation de cette éventualité. Ainsi l’encerclement de la Russie par le nord se poursuit.

Aujourd’hui, non contents d’avoir absorbé les Etats baltes, la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie et j’en passe, les dirigeants américains, vigoureusement soutenus par « la Nouvelle Europe », insistent sur la nécessité de faire entrer dans le giron de l’Alliance dite « Atlantique » deux voisins proches de la Russie, la Géorgie et l’Ukraine.

Dans ces deux cas, on s’approche dangereusement à la possibilité d’une vraie guerre avec la Russie… surtout en Ukraine. L’Ukraine est une très grande « Krajina » yougoslave… les deux mots signifient « frontières » en slave … divisée toutes les deux entre Orthodoxes et Catholiques (Uniates dans le cas de l’Ukraine), avec en prime la grande base navale russe à Sébastopol, dans une Crimée à la population majoritairement russe… réclamée par les dirigeants actuels ukrainiens qui la transféreraient volontiers aux Etats-Unis. Voilà l’endroit rêvé pour déclencher la Troisième Guerre Mondiale – qui serait sans doute la vraie « der des ders ».

Les dirigeants baltes sont là pour interpréter l’inquiétude russe devant cette expansion de l’Otan comme la preuve de la « menace russe ». Ainsi, dans une « lettre ouverte à l’administration Obama de l’Europe centrale et orientale » du juillet dernier, Lech Walesa, Vaclav Havel, Alexander Kwasniewski, Valdas Adamkus et Vaira Vike-Freiberga ont déclaré que “la Russie est de retour en tant que puissance révisionniste en train de poursuivre un programme du 19ème siècle avec les tactiques et les méthodes du 21ème siècle”. Le danger, selon eux, est que ce qu’ils appellent “l’intimidation larvée” et “l’influence colportée” (influence peddling) de la Russie pourrait à la longue mener à une “de facto neutralisation de la région”.

On peut se demander où serait le mal ? Mais le mal est dans le passé et le passé est dans le présent. Ces Américanophiles continuent : “Notre région”, disent-ils, “a souffert quand les Etats-Unis ont succombé au ‘réalisme’ à Yalta. … Si un point de vue ‘réaliste’ avait prévalu au début des années 1990, nous ne serions pas dans l’Otan aujourd’hui…” Mais ils y sont, et ils réclament “une renaissance de l’Otan”, qui doit “reconfirmer sa fonction centrale de defense collective en même temps que nous nous adaptons aux nouvelles menaces du 21ème siècle.” Et ils ajoutent, avec un brin de chantage, que leur “capacité de participation dans les expéditions lointaines est lié à leur sécurité chez eux.”

La Géorgie est là pour montrer le danger représenté par ces petits pays prêts à entraîner l’Alliance Atlantique dans leurs querelles de frontières avec la Russie. Mais ce qui est très curieux est le fait que ces dirigeants particulièrement belliqueux de petits pays de l’Est ont souvent passé des années aux Etats-Unis dans les institutions proches du pouvoir ou ont même la double nationalité. Ils sont patriotes de leur petit pays tout en se sentant protégés par la seule superpuissance du monde, ce qui peut mener à une agressivité particulièrement irresponsable. Ce président géorgien, Mikeil Saakachvili, qui en août 2008 n’a pas hésité à provoquer une guerre avec la Russie, a été boursier du Département d’Etat des Etats-Unis dans les années ’90, recevant les diplômes des universités de Columbia et de George Washington, dans la capitale.

Parmi les signataires de la lettre citée, il faut noter que Valdas Adamkus est essentiellement un Américain, immigré de Lithanie dans les années 40, qui a servi dans le renseignement militaire américain et dans l’administration Reagan, qui l’a décoré, et qui a pris sa retraite en Lithuanie en 1997… pour être tout de suite élu comme Président de cet Etat de 1998 jusqu’au mois de juillet dernier. Le parcours de Vaira Vike-Freiberga est semblable : d’une famille qui a fuit la Lettonie pour l’Allemagne en 1945, elle a fait carrière au Canada avant de rentrer en Lettonie juste à temps pour être élue présidente de la République entre 1999 et 2007.

La Construction européenne contre le monde

En épousant ces peurs, qui à l’origine sont des constructions pour justifier une militarisation, les Etats membres de l’Union Européenne se mettent en opposition avec le reste du monde. Le reste du monde etant une source inépuisable de « menaces ». La reddition inconditionnelle de l’Europe devant la bureaucratie militaro-industrielle et son idéologie de la peur était confirmé récemment par le retour de la France dans le commandement de l’Otan. Une des raisons de cette capitulation est la psychologie du président Sarkozy lui-même, dont l’adoration pour les aspects les plus superficiels des Etats-Unis s’est exprimée dans son discours embarrassant devant le Congrès des Etats-Unis en novembre 2007.

L’autre cause, moins flagrante mais plus fondamentale, est la récente expansion de l’Union Européenne. L’absorption rapide de tous les anciens satellites d’Europe de l’Est, ainsi que des anciennes républiques soviétiques d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie, a radicalement changé l’équilibre du pouvoir au sein de l’UE elle-même. Les nations fondatrices, la France, l’Allemagne, l’Italie et les pays du Bénélux, ne peuvent plus guider l’Union vers une politique étrangère et de sécurité unifiée. Après le refus de la France et de l’Allemagne d’accepter l’invasion de l’Irak, Donald Rumsfeld a discrédité ces deux pays comme faisant partie de la « vieille Europe » et il s’est gargarisé de la volonté de la « nouvelle Europe » de suivre l’exemple des Etats-Unis. La Grande-Bretagne à l’Ouest et les « nouveaux » satellites européens à l’Est sont plus attachés aux Etats-Unis, politiquement et émotionnellement, qu’ils ne le sont à l’Union Européenne qui les a accueillis et leur a apportés une considérable aide économique au développement et un droit de veto sur les questions politiques majeures.

Il est vrai que, même hors du commandement intégré de l’OTAN, l’indépendance de la France n’était que relative. La France a suivi les Etats-Unis dans la première guerre du Golfe – le Président François Mitterrand espéra vainement gagner ainsi de l’influence à Washington, le mirage habituel qui attire les alliés dans les opérations étasuniennes douteuses. La France s’est jointe à l’OTAN en 1999 dans la guerre contre la Yougoslavie, malgré les doutes aux plus hauts niveaux. Mais en 2003, le Président Jacques Chirac et son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin ont réellement usé de leur indépendance en rejetant l’invasion de l’Irak. Il est généralement reconnu que la position française a permis à l’Allemagne de faire de même. La Belgique a suivi.

Le discours de Villepin, le 14 février 2003, au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, donnant la priorité au désarmement et à la paix sur la guerre, reçut une rare « standing ovation ». Le discours de Villepin fut immensément populaire dans le monde entier et a accru énormément le prestige de la France, en particulier dans le monde arabe. Mais, de retour à Paris, la haine personnelle entre Sarkozy et Villepin a atteint des sommets passionnels et la persécution judiciaire de Villepin dans l’affaire obscure de Clearstream représente l’ensevelissement de la dernière velléité d’indépendance politique de la France sous une avalanche de boue vengeresse.

Qui parle aujourd’hui pour la France ? Officiellement, Bernard Kouchner, prophète de l’ingérence humanitaire qui, lui, approuvait l’invasion de l’Irak. Officieusement, les soi-disant « néo-conservateurs » qu’on ferait mieux d’appeler les « impérialistes sionistes », tant leur véritable projet est un nouvel impérialisme agressif occidental au sein duquel Israël trouverait une place de choix.

Le 22 septembre 2009, le Guardian de Londres a publié une lettre demandant que l’Europe prenne fait et cause pour la Géorgie dans le conflit de l’Ossétie du Sud. Signée par Vaclav Havel, Valdas Adamkus, Mart Laar, Vytautas Landsbergis, Otto de Habsbourg, Daniel Cohn Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann, Mark Leonard, Bernard-Henri Lévy, Adam Michnik et Josep Ramoneda, la lettre proférait les habituelles platitudes prétentieuses sur les « leçons de l’histoire » , toutes justifiant l’utilisation de la puissance militaire occidentales, bien sûr : Munich, le pacte Ribbentrop-Molotov, le mur de Berlin. Les signataires exhortent les 27 dirigeants démocratiques de l’Europe à « définir une stratégie pro-active pour aider la Géorgie à reprendre pacifiquement son intégrité territoriale et obtenir le retrait des forces russes stationnées illégalement sur le sol géorgien… »

Pendant ce temps, les alliés de l’Otan continuent à tuer et à se faire tuer en Afghanistan. On peut se demander quel est le vrai but de cette guerre, qui, au début, était de capturer et punir Osama bin Laden.

Un autre objectif, plus confidentiel, est valable quelle que soit l’issue de ce conflit : l’Afghanistan sert à forger une armée internationale pour policer la « globalisation » à l’américaine. L’Europe est surtout une « boîte à outils » dans laquelle les Etats-Unis peuvent puiser pour poursuivre ce qui est essentiellement un projet de conquête de la planète. Ou, comme on dit officiellement, la « bonne gouvernance » d’un monde « globalisé ».

Les « impérialistes sionistes » sont sûrement conscients de ce but et le soutiennent. Mais les autres ? A par ces illuminés, on a l’impression d’une Europe somnambule, qui suit la voix de son maître américain, en espérant qu’Obama sauvera tout le monde, mais sans pensée et sans volonté propres. Plus triste que les tropiques.

Pour conclure, je reviens à la fameuse « construction européenne ». Je suis consciente qu’il y avait une époque où il était permis, et presque raisonnable, d’espérer que les vieilles nations européennes se mettraient ensemble paisiblement dans ce que Gorbatchev, ce grand cocu de l’histoire, appelait « notre maison commune ». Mais depuis il y a eu Maastricht, le néo-libéralisme, le Traité constitutionnel rejeté puis adopté contre toute procédure démocratique, et surtout, les élargissements irréfléchis vers les pays dont les dirigeants pensent à poursuivre la Guerre froide jusqu’à l’humiliation totale de la Russie.

Aujourd’hui, cette construction a ceci de paradoxal : elle sert d’Utopie qui distrait du présent en attendant un avenir qui domine l’horizon. Et pourtant, elle est vide de contenu. Elle est dictée beaucoup moins par un espoir d’avenir que par une peur et une honte du passé. L’Europe des nations a perdu sa fierté et même sa raison d’être dans les deux grandes guerres du vingtième siècle, dans le "totalitarisme" mais surtout – et cela est relativement récent, depuis 1967 pour être précis – à cause de l’Holocauste. L’Europe doit se rendre incapable de commettre une nouvelle Shoah en abolissant l’Etat nation, jugé intrinsèquement coupable, en devenant "multiculturelle" et en se joignant à la Croisade menée par son sauveur historique, les Etats-Unis, pour apporter la bonne gouvernance et les Droits de l’Homme au monde entier. L’Union Européenne n’a pas de contenu, elle est vouée à se fondre dans "la Communauté Internationale" à côté des Etats-Unis. La Construction européenne est donc tout d’abord une "déconstruction", pour emprunter un mot de philosophe.

Ce mirage cache un avenir totalement imprévu et, aujourd’hui, imprévisible.

Diana Johnstone 

18/11

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n°303 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan - 27-11 – Suite -: L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.

n°303 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan - 27-11 – Suite  -: L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.


 

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Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan

   n°303                                                                                                                            27/11/09

                   C.De Broeder & M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  Suite

1-6 L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.

1-7 L'Afghanistan vu d'ici.

1-8 William Blum : La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

1-9 Barthélémy Courmont: Les deux piliers de la nouvelle diplomatie US.

1-10 Faut-il des musulmans dans l'armée ?

1-11 dédefensa : L’Ennemi en-dedans nous.

1-12 William Pfaff : L’Amérique sous la coupe de son armée.


1-5 L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.

Après avoir largement couvert le conflit en Irak, les journalistes américains tournent les yeux vers Kaboul. Mais leurs moyens sont plus limités. 

Lorsque George W. Bush a interdit aux médias, en 2004, de photographier les cercueils des soldats américains tués lors d’opérations en Irak ou en Afghanistan, de nombreux journalistes sont montés au créneau pour défendre la liberté d’information, se souvient The Washington Examiner.

Le quotidien conservateur note que depuis la levée de cette interdiction, en avril 2009, les médias ne se pressent guère pour témoigner du coût humain de l’engagement américain. Ils étaient 35 pour couvrir l’arrivée du cercueil du sergent Phillip Myers le 5 avril, 17 pour celui du soldat Israel Candelaria Mejias, et il n’y en avait plus qu’un seul, le 2 septembre, pour celui de David Hall, constate amèrement le journal gratuit.

Le gouvernement Obama se demande s’il va envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan, mais un escadron de journalistes est déjà arrivé sur place.

Nombre d’entre eux sont en provenance de l’autre guerre américaine à l’étranger, en Irak. “C’est comme si la promotion Bagdad 2003 était aujourd’hui la promotion Kaboul 2009”, explique Richard Engel, de la chaîne NBC. Comme elle n’est plus occultée par l’Irak, la “guerre oubliée” devient soudain bien visible. Les chaînes de télévision ont ouvert de petits bureaux et les grands journaux ont étoffé leur personnel dans le pays et au Pakistan. Mais ce conflit est couvert avec un budget limité. “L’Afghanistan a toujours été la guerre du pauvre”, confie Lara Logan, de CBS. Les médias d’information dépensent moins eux aussi.
Pour la première fois depuis des années, l’Afghanistan est devenu “le sujet principal” des médias américains, note le Project for Excellence in Journalism, un organisme qui évalue le travail de la presse.
“Il y a eu une explosion de la couverture médiatique”, confirme Renee Montagne, la présentatrice de Morning Edition, une émission d’information de la National Public Radio, qui a passé un mois en Afghanistan cet été.

On s’intéresse essentiellement à la nouvelle stratégie que le président Obama souhaite y mettre en place, mais les événements qui se déroulent dans le pays reçoivent également une plus grande couverture. Comme l’Irak, l’Afghanistan pose plusieurs problèmes délicats aux journalistes. Le premier d’entre eux est la sécurité. Celle-ci ne cessant de se dégrader dans le pays et la menace d’enlèvement étant constante, les médias ont renforcé les mesures de précaution destinées au personnel sur le terrain.
Les finances constituent un autre problème. Malmenés par la récession, certains médias ont considérablement réduit leur personnel à l’étranger, qui était déjà limité, et ont du mal à financer la couverture de deux théâtres d’opérations. Pour certains journalistes, le pays était déjà mal couvert avant les récentes réductions budgétaires. Les grandes chaînes américaines s’en étaient presque entièrement retirées quand l’attention s’était portée sur l’Irak en 2003. Elles faisaient appel à des producteurs implantés dans le pays ou au Pakistan et couvraient rarement le conflit. CNN, la chaîne câblée qui possède la plus grosse rédaction internationale, faisait appel à des pigistes locaux et avait des correspondants qui se rendaient ponctuellement sur place. The New York Times a un correspondant en Afghanistan depuis novembre 2001. Comme d’autres journaux, il emploie également des journalistes locaux. Le Los Angeles Times et The Washington Post déclarent avoir désormais des correspondants à Kaboul et à Islamabad, au Pakistan.
A côté de la situation sanglante qui régnait en Irak, l’Afghanistan “faisait rarement l’actualité”, rappelle Mark Jurkowitz, le directeur associé du Project for Excellence in Journalism. Il explique qu’en 2007 l’Afghanistan représentait moins de 1 % de tous les reportages d’information. La couverture de l’Afghanistan a modestement augmenté pendant la première moitié de l’année 2009, au moment où Barack Obama déployait des troupes supplémentaires et parlait de changer de stratégie. Elle a augmenté de façon plus significative pendant l’été, à l’approche de l’élection présidentielle et avec l’émergence de débats sur la présence militaire. Depuis, l’Afghanistan fait partie des “principaux sujets de la semaine”, confirme Mark Jurkowitz.
CNN, Fox News Channel et NBC ont toutes un correspondant à temps plein à Kaboul. CBS y emploie un “journaliste numérique”, selon ses propres termes, et ABC y a un producteur et y fait tourner des correspondants. Les médias expliquent leur décision d’accroître leur présence en Afghanistan par l’élection présidentielle américaine de 2008. L’Afghanistan avait été un thème fréquent pendant la campagne, confie Tony Maddox, directeur général de CNN International. Il y a douze à dix-huit mois, sa chaîne a jugé que ce pays “chauffait”. Les organes d’information qui investissent à Kaboul tirent les leçons de Bagdad. Ils ne se retranchent plus dans des locaux fortifiés dont l’entretien et la sécurisation coûtaient des millions par mois. “A Bagdad, tout le monde s’est très vite retrouvé avec une énorme installation dont le fonctionnement coûtait une fortune. On ne veut pas que cela reproduise”, précise Tony Maddox.

 Le bureau de CNN à Kaboul est plus “léger”, ajoute-t-il. Car la plupart des sujets concernant l’Afghanistan se déroulent en province. “En Irak on pouvait savoir ce qui se passait à partir de Bagdad”, mais en Afghanistan tout se passe dans les régions tribales et au Pakistan.
Difficile de déterminer l’intérêt des téléspectateurs
La sécurité demeure la principale préoccupation. Selon Lara Logan, la correspondante à l’étranger de CBS, en Afghanistan les dangers sont de plus en plus difficiles à évaluer. “Les journalistes tentent encore d’établir où sont les limites”, ajoute-t-elle. Ils ne sont pas à l’abri d’un enlèvement. David Rohde, du New York Times, a été enlevé par les résistants en novembre 2008 et retenu pendant sept mois. Stephen Farrell, également du New York Times, a été retenu par les résistants pendant quatre jours en septembre.
Les organes d’information ont du mal à déterminer l’intérêt que lecteurs et téléspectateurs accordent à l’Afghanistan. La semaine du 5 octobre, CBS Evening News, le journal télévisé de la chaîne, a été consacré trois jours de suite à l’Afghanistan.

Le taux d’audience a baissé chaque jour, pour passer de 4,3 % des ménages le premier jour à 3,4 % le troisième. Quand il est revenu à son format habituel, le quatrième jour, l’audience est remontée à 3,9 %. La baisse d’audience en a un peu déprimé certains à la rédaction, mais pour Rick Kaplan, le producteur exécutif de CBS Evening News, “ce n’était pas une question d’audience, mais de responsabilité”. L’Afghanistan est, selon lui, “un sujet d’une importance vitale qui définira notre histoire pour les années à venir”.

6/11

http://www.courrierinternational.com/article/2009/11/05/l...


1-6 L'Afghanistan vu d'ici.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vuedes auteurs mais doit être vu comme information

L'Afghanistan vit ses deuxièmes élections présidentielles depuis la chute des résistants en 2001.

Pays en guerre, pays d'ethnies, pays complexe; Radio-Canada.ca réunit des Afghans émigrés au Canada et les meilleurs experts pour le décrypter et vous offrir l'occasion d'en discuter.

26 aoû

L'Afghanistan pris en étau, selon Olivier Roy

Dans un deuxième article d’une série de deux, Radio-Canada.ca a interviewé Olivier Roy, éminent spécialiste des résistants et de l’Afghanistan depuis bientôt 30 ans et chercheur au CNRS, décrit les rapports de force des puissances étrangères qui se jouent dans ce pays.
D’État tampon, l’Afghanistan est devenu un champ de bataille où s’affrontent les influences contradictoires des acteurs régionaux, croit Olivier Roy. « L’anarchie existe depuis que les étrangers sont intervenus directement », selon le chercheur, qui précise que le pays avait auparavant connu une longue phase de stabilité. (Écouter l’extrait)
Selon lui, la solution en Afghanistan passe avant tout par son voisin à l’Est, le Pakistan. « Il n’y aura pas règlement de la situation afghane tant que l’on n’aura pas fait évoluer la situation au Pakistan », tranche-t-il, catégorique.
Il estime notamment que le Pakistan adopte une attitude ambivalente, se positionnant comme un allié des États-Unis, tout en soutenant les fondamentalistes. (Écouter l'extrait)
Il ajoute que les résistants afghans se globalisent à partir du Pakistan, qui constitue pour eux une porte vers l’extérieur. À ce sujet, il évoquait
dans le précédent article l’émergence des néo-résistants, qui « sont beaucoup plus dans une perspective régionaliste, voire mondialisée, ce qui les rend moins susceptibles d'être attirés par une solution politique purement afghane ».
L'Iran implantée dans les zones non pachtounes
Le Pakistan ne constitue pas la seule puissance étrangère implantée en Afghanistan. De l’autre côté du pays, l’Iran s’assure aussi d’une présence « extrêmement importante » dans les zones non pachtounes au Nord, au centre et dans l’Ouest, croit le chercheur. Le dari, l’une des langues parlées sur le sol afghan, s’avère d’ailleurs un dialecte issu du persan, parlé en Iran – ce qui assure une présence culturelle importante à l’Iran. Sans compter plusieurs projets économiques ou d’infrastructures.
« Mais l’Iran adopte politiquement un profil bas, parce que les alliés de l’Iran sont les non pachtounes », précise Olivier Roy.
Rappelons que l’Iran avait invité l'Afghanistan et le Pakistan à un sommet en mai dernier.

La république islamique avait aussi été invitée à participer à la conférence sur l'Afghanistan qui s'est tenue en mars dernier à La Haye, aux Pays-Bas. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Mehdi Akhoundzadeh, avait demandé aux troupes étrangères de quitter l'Afghanistan. « La présence de forces étrangères n'a pas amélioré les choses dans le pays, et il semble qu'une augmentation des troupes va se révéler inefficace, elle aussi », a déclaré Mohammad Mehdi Akhoundzadeh.
L'Iran, pays chiite, soutient le gouvernement du président Karzaï et entretient des liens étroits avec les populations chiites afghanes établies à l'ouest, de l'autre côté de la frontière entre les deux pays. Il s'était opposé au régime résistant, essentiellement sunnite.
L'Arabie Saoudite ambivalente
Quoique plus éloignée, l’Arabie Saoudite influence elle aussi la destinée de l’Afghanistan. Principale puissance sunnite, elle a inspiré intellectuellement les madrasas, ces écoles coraniques à la base du mouvement résistant.
Aujourd’hui, l’Arabie saoudite soutient avoir coupé les ponts avec les résistants. Mais Olivier Roy décrit une position ambivalente et complexe, dans laquelle « le roi Abdallah aimerait favoriser une solution politique ». (Écouter l’extrait)
C’est donc dans cette mosaïque d’influence qu’intervient la Force internationale d'assistance à la sécurité de l’OTAN, qui compte des soldats de 42 pays différents, dont le Canada.
À ce sujet, Olivier Roy estime que le président américain Barack Obama fait preuve de lucidité avec
sa nouvelle stratégie « Afpak », qui englobe le Pakistan avec l’Afghanistan, ainsi que d’autres pays de la région, dans la recherche d’une solution afghane.
Le chef d'État américain avait annoncé, de concert avec les Nations unies, la mise sur pied d’un groupe de contact pour l'Afghanistan et le Pakistan réunissant tous les pays qui ont intérêt dans la sécurité de la région, soit les pays de l'OTAN, les pays d'Asie centrale, les pays du Golfe, l'Iran, la Russie, l'Inde et la Chine en mars dernier.

6/11

Propos recueillis par Florent Daudens

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/enProfondeurTimeline...


Chroniques de l’anti-empire

1-7 William Blum : La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

« Il est interdit de tuer ; par conséquent tous les assassins sont punis, à moins qu’ils ne tuent en grand nombre et au son des trompettes »
Voltaire

Question : avec combien de pays faut-il être en guerre pour ne plus pouvoir prétendre au Prix Nobel de la Paix ?

Réponse : Cinq. Barack Obama n’est en guerre que contre le Pakistan, l’Afghanistan, l’Irak et la Somalie. En attendant de recevoir le prix en mains propres, il a mis l’Iran en liste d’attente.

La société civile somalienne et l’appareil judiciaire sont tellement dévastés par des années de guerres qu’on ne s’attendrait pas à voir les Somaliens intenter un procès contre Washington et sa prétention de larguer des bombes sur ce misérable pays à chaque fois qu’il estime que les intérêts de l’empire sont en jeu. Mais un groupe de Pakistanais, qui se sont baptisés les « Avocats pour la Defense de la Constitution », qui se souviennent encore vaguement d’un passé plus civilisé pour leur pays, ont intenté un procés devant la Haute Cour pour obliger le gouvernement fédéral à faire cesser les innombrables attaques américaines par drones sur la population civile. Le groupe affirme qu’un porte-parole de l’armée pakistanaise avait déclaré qu’ils avaient les capacités d’abattre les drones, mais que le gouvernement avait fait le choix politique de laisser faire. (1)

L’administration Obama, comme l’administration Bush, se comporte comme si le monde n’était qu’une grande Somalie sans foi ni loi et les Etats-Unis le chef de guerre. Le 20 octobre, le président a encore une fois démontré son amour profond pour la paix en rendant hommage à la Maison Blanche à quelques 80 vétérans de la guerre au Vietnam, après avoir attribué à leur régiment une « citation présidentielle » pour « leur héroïsme extraordinaire et leur bravoure éclatante » (2) Le correspondant de guerre Michael Herr a rendu hommage aux soldats du Vietnam à sa manière. : « Nous avons repris rapidement le terrain, avec les grands moyens, dans le chaos et avec un maximum de brutalité. Notre machine de guerre était dévastatrice. Et versatile. Elle était capable de tout sauf de s’arrêter ». (3)

Que faudrait-il pour que les Obamaniaques se réveillent de leur transe amoureuse pour leur cher Lauréat du Prix Nobel ? Peut-être si le Président annonçait qu’il reverserait l’argent du Prix pour la construction d’un monument dédié à la Première – et oh combien grandiose – Guerre Mondiale ? Le monument pourrait être gravé ainsi :

« Souvenons-nous que Rudyard Kipling avait réussi à convaincre son jeune fils John de s’engager dans la guerre. John est mort au cours de son premier jour de combat. Plus tard, Kipling écrivait ceci :

« Si on demande pourquoi nous sommes morts,
dites que c’est parce que nos pères ont menti.. »

« La Constitution tient compte de ce que l’histoire de tous les gouvernements nous enseigne, à savoir que le pouvoir exécutif est le pouvoir le plus intéressé par la guerre, et le plus enclin à la faire. C’est pour cela qu’elle confie soigneusement la responsabilité de la guerre au pouvoir législatif. »
James Mason, dans une lettre à Thomas Jefferson, le 2 avril 1798.

Sage précaution, en effet. Cela dit, chaque président américain, l’un après l’autre, a entraîné le pays dans une guerre sanglante sans l’approbation du Congrès, du peuple américain, du droit international ou de l’opinion publique internationale. Des millions ont manifesté contre la guerre en Irak avant son déclenchement. Et encore plus de millions ont voté pour Barack Obama en croyant partager son dégoût pour les Guerres Sans Fin de l’Amérique. Ils n’avaient aucune raison concrète pour le croire – durant sa campagne, Obama a constamment réitéré des menaces guerrières contre l’Iran et l’Afghanistan – mais ils se sont accrochés à cette idée.

Si le machisme suffisait pour expliquer les guerres, si les hommes aimaient tellement faire la guerre et se battre, alors pourquoi faut-il instaurer un service militaire et punir les récalcitrants ? Pourquoi sont-ils obligés de lancer des campagnes de publicité pour séduire les jeunes à s’engager dans l’armée ? Pourquoi certains font-ils tout pour être exemptés ou déclarés inaptes ? Pourquoi s’exilent-ils pour échapper au service ? Pourquoi désertent-ils en masse en plein milieu d’une guerre ? Pourquoi la Suède, la Suisse ou le Costa Rica n’ont pas de guerres ? Il y a pourtant sûrement de nombreux machos dans ces pays.

« Engagez-vous,
visitez des contrées lointaines,
rencontrez des gens intéressants,
puis tuez-les
. »

La guerre permet aux hommes d’avoir un comportement qui, en d’autres circonstances, serait qualifié de psychotique.

« Parfois je me dis qu’il faudrait instaurer une loi de la guerre qui vous obligerait à vous rapprocher de quelqu’un le temps d’apprendre à le connaître, avant de lui tirer dessus. »
Colonel Potter, dans M*A*S*H (film et série télé comique US – NDT)

« Dans le combat entre le Bien et le Mal, ce sont toujours les gens qui se font tuer »
Eduardo Galeano

Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, un dirigeant Résistant a déclaré « Dieu est à nos côtés, et si les autres tentent de mettre le feu à l’Afghanistan, Dieu nous protégera et nous viendra en aide » (4)

« Je crois que Dieu s’exprime à travers moi. Sans ça, je ne pourrais pas faire mon travail »
George W. Bush, 2004, pendant la guerre contre l’Irak. (5)

« Je crois que le Christ est mort pour mes péchés et que par Lui je trouve ma rédemption. C’est là que je puise ma force et trouve un soutien chaque jour. »
Barack Obama (6)

Pourquoi les chefs d’église n’interdisent pas aux catholiques de s’engager dans l’armée avec la même ferveur qu’ils leur interdisent de s’approcher d’une clinique où l’on pratique des avortements ?

Dieu, la guerre, la Banque Mondiale, le FMI, les accords de libre échange, l’OTAN, la guerre contre le terrorisme, la guerre contre la drogue, les candidats « anti-guerre », les Prix Nobel de la Paix, peuvent tous être vus comme différents instruments au service de l’impérialisme US.

Tom Lehrer, le merveilleux chanteur-compositeur engagé des années 50/60, a déclaré un jour : « la satire politique est devenue obsolète le jour où Henry Kissinger a reçu le Prix Nobel de la Paix. » Peut-être que chaque génération doit réapprendre à quel point ce prix est devenu une farce, ou qu’il l’a toujours été.

Parmi ses lauréats, on trouve un certain nombre d’individus dont le rapport avec la paix dans le monde est le même que celui que l’administration Bush avait avec la vérité.

Prenons un exemple d’actualité : Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins Sans Frontières, a remporté le Prix en 1998. Kouchner, qui est devenu le ministre français des affaires étrangères, milite depuis longtemps en faveur d’une intervention militaire contre l’Iran. La semaine dernière il a invité l’Iran à conclure un accord sur le nucléaire qui serait acceptable pour les puissances occidentales, sans quoi Israël pourrait infliger Dieu sait quelles horreurs sur les Iraniens. Israël « ne tolérera pas une bombe iranienne, » a-t-il dit. « Ne le savons. Tout le monde le sait. » (7) (traduction à partir de cette version anglaise – NDT). Il existe un mot pour désigner une telle menace voilée : « chantage ». Un mot normalement associé aux maffieux. « Faites ce que je vous dis et tout ira bien ». Ou, comme Al Capone l’a dit un jour : « Des mots aimables et une mitraillette sont plus efficaces que juste des mots aimables ».

La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

Il ne s’agit pas de l’extrême droite haineuse, ou d’un meeting de racistes agités... mais d’une droite respectable, celle qui occupe des postes de haut rang dans les académies et dans chaque administration, Républicaine ou Démocrate. Il s’agit de membres du très respecté Council on Foreign Relations (CFR).

Voici Joshua Kurlantzick, « chargé des questions de l’Asie du Sud-est » au sein du CFR, qui écrit dans le non moins respecté Washington Post sur comment – malgré tous les discours alarmistes – il ne serait pas plus mal que l’Afghanistan se transforme en un autre Vietnam parce que « le Vietnam et les Etats-Unis sont devenus des partenaires en Asie du Sud-est, avec des échanges officiels, et sont en train de construire une relation commerciale et stratégique importante, et encouragent toutes les bonnes volontés des deux côtés... L’Amérique n’a pas gagné la guerre là-bas, mais avec le temps elle a gagné la paix... Les vétérans américains de la guerre se sont publiquement réconciliés avec leurs anciens adversaires... Un programme (d’échanges scolaires) pourrait garantir que la prochaine génération de dirigeants Afghans voient les Etats-Unis d’un autre oeil. » (8) Et ainsi de suite.

A la réflexion, il s’agit là moins de propos extrémistes de droite que de propos... comment dire ? ... c’est quoi le terme déjà ? Ah oui, « idiots ». Car que cherche-t-il à démontrer exactement ? Que l’Allemagne et Israël sont en très bons termes... et qu’il faudrait donc en tirer des conclusions par rapport à l’Holocauste ?

Quant à dire que l’Amérique a perdu la guerre, c’est encore pire. Parce que c’est faux. La plupart des gens croient que les Etats-Unis ont perdu la guerre. En détruisant le Vietnam de fond en comble, en empoisonnement les terres, les eaux, l’air et le patrimoine génétique pour plusieurs générations, les Etats-Unis ont en fait réussi à atteindre leur objectif initial : empêcher le Vietnam de représenter un bon exemple de développement en Asie, une alternative au modèle capitaliste. C’est pour la même raison que les Etats-Unis sont en guerre contre Cuba depuis plus de 50 ans, pour que le modèle alternatif cubain ne soit pas aussi séduisant qu’il aurait pu l’être si on lui avait fichu la paix.

Et pendant toutes ces années depuis la fin de la guerre au Vietnam, les millions de vietnamiens qui souffrent de maladies et de malformations provoquées par les épandages US de « l’Agent Orange » n’ont reçu aucune aide médicale de la part des Etats-Unis, aucune réparation écologique, aucune indemnisation, aucune présentation d’excuses officielle.

C’est exactement le même sort qui attend les Afghans – leurs terres et/ou corps touchés par l’uranium appauvri, les bombes à fragmentation, et toute une panoplie d’armes chimiques – dans le Nouvel Ordre Mondial de Kurlantzick. « Si les relations entre les Etats-Unis et l’Afghanistan ressemblent un jour à nos relations avec le Vietnam, ce serait une excellente chose », écrit-il. Que Dieu bénisse l’Amérique.

Une dernière réflexion sur l’Afghanistan : la suggestion que les Etats-Unis pourraient, et devraient, résoudre ce dilemme (qu’ils ont crée) tout simplement en se retirant de ce trou perdu est fermement rejetée par le gouvernement et les médias. Même certains critiques de gauche sont réticents devant une décision si osée – car qui sait quelles horreurs pourraient en découler ?

Mais lorsque l’Union Soviétique a entamé son retrait de l’Afghanistan (entre mai 1988 et février 1989), personne ne leur a demandé de rester. Peu importait la raison, peu importait les conséquences du retrait. Mais si les Russes ont pu se retirer plus facilement que les Américains c’est parce qu’ils n’y étaient pas pour des raisons impérialistes, comme le pétrole ou les gazoducs. Ces raisons pour lesquelles les Etats-Unis ne peuvent quitter l’Irak.

[....]

5/11

William Blum

ARTICLE ORIGINAL
http://killinghope.org/bblum6/aer75.html

traduction (partielle) par Le Grand Soir

http://www.legrandsoir.info/La-recherche-desesperee-de-qu...


1-8 Barthélémy Courmont : Les deux piliers de la nouvelle diplomatie US.

Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vuedes auteurs mais doit être vu comme information

"Puissance intelligente" et "responsabilité" : tels sont les deux piliers de la nouvelle diplomatie américaine.

Que retenir des premières semaines de l’administration Obama en matière de politique étrangère ?

Les attentes étaient grandes, témoignant du rôle unique de Washington sur la scène internationale, et les premières mesures ont été observées avec attention dans toutes les régions du monde, preuve s’il en est de l’espoir suscité par l’élection de Barack Obama.

Mais au-delà de ces espérances, comment définir le changement insufflé à la politique étrangère de la première puissances mondiale ?

Entre puissance intelligente et responsabilité, la nouvelle administration entend ainsi donner un nouveau cap à la politique étrangère américaine, mais avec quels effets ? 

Puissance intelligente, mode d’emploi

La puissance intelligente (smart power) est le nouveau terme à la mode désignant la politique étrangère de l’administration Obama. Le concept a été développé par Joseph Nye, déjà instigateur du soft power dans les années 90, et formulé par Hillary Clinton, à l’occasion de plusieurs interventions sur l’engagement américain sur la scène internationale. Et depuis deux mois, il s’impose comme le principal thème de réflexion des think tanks spécialisés dans la politique étrangère à Washington.

La puissance intelligente propose de concilier les outils du hard power et du soft power

En substance, la puissance intelligente propose de concilier les outils du hard power (puissance militaire, économie), et du soft power (diplomatie, culture, capacité d’influence) pour proposer une politique étrangère à la fois cohérente, acceptable, et capable de s’imposer. Une rupture avec le hard power des années Bush, mais également le refus d’un retour en arrière. En d’autres termes, une adaptation à la nécessité de proposer une politique étrangère ferme sur des dossiers tels que la prolifération des armes de destruction massive et le terrorisme, mais dans le même temps ouverte à la coopération, et à l’écoute des requêtes des alliés de Washington, mais également de ses adversaires potentiels.

La responsabilité, vis-à-vis de qui ?

 Autre slogan à la mode à Washington, et invoqué par Barack Obama lui-même, notamment lors de son discours de Chicago le soir de son élection, la responsabilité de Washington sur la scène internationale consiste à ne pas refuser les obligations propres à la première puissance mondiale. Le nouveau président américain estime ainsi que, en opposition avec un repli sur soi, et sans pour autant privilégier un engagement trop marqué, les Etats-Unis doivent rester la puissance indispensable, présente sur les principaux dossiers internationaux, mais agissant dans le même temps de concert avec ses alliés et les autres grandes puissances. Une responsabilité vis-à-vis du multilatéralisme, et des attentes de l’opinion publique, américaine et internationale, qui ne souhaite pas voir Washington se replier sur soi.

Quels effets escomptés ? 

La nouvelle politique étrangère américaine est ambitieuse. Le premier effet est bien entendu de modifier l’image de Washington sur la scène internationale, en offrant un visage plus positif de la puissance américaine et de la manière dont elle se pratique. Mais c’est surtout dans les résultats que les effets sont attendus.

Washington entend mettre en avant une gestion multilatérale, tout en maintenant son rôle de leader

Ainsi, en modifiant la stratégie vis-à-vis des Etats voyous, et en adoptant une stratégie plus globale sur les questions régionales, Washington entend progresser sur des dossiers tels que la Corée du Nord ou l’Iran (en invitant ces deux pays au dialogue), et ne pas s’aliéner le nécessaire soutien d’alliés en Irak ou en Afghanistan. En d’autres termes, Washington entend mettre en avant une gestion multilatérale des grands dossiers internationaux, tout en maintenant son rôle de leader, et sans manquer à ses obligations de première puissance mondiale.

Quelles limites ?

Certes, les concepts de puissante intelligente et de responsabilité sont respectables, et répondent à un besoin indispensable de changer l’image des Etats-Unis sur la scène internationale, après les dommages occasionnés par l’administration Bush. Mais passé l’effet d’annonce, il convient de s’interroger sur les limites de cette nouvelle politique étrangère. A cet égard, tant dans la relation avec les alliés que dans le bras de fer avec les adversaires, cette politique d’ouverture se heurte à plusieurs difficultés. On pense ainsi aux efforts demandés par Washington à ses alliés en Afghanistan, qui créent de nouvelles lignes de tensions transatlantiques, mais aussi aux résultats possibles dans le traitement des Etats voyous.

Ainsi, dans le cas d’un échec dans les négociations sur le désarmement dans la péninsule coréenne ou dans l’abandon du programme nucléaire iranien, la puissance intelligente de Washington serait montrée du doigt par ses détracteurs. Or, devant la difficulté de ces deux dossiers, et le caractère souvent imprévisible de Pyongyang et de Téhéran, force est de reconnaître que la diplomatie américaine est soumise à rude épreuve, et attendue au tournant.

Barthélémy Courmont

http://www.contre-feux.com/international/les-deux-piliers...


1-9 Faut-il des musulmans dans l'armée ?

Evidemment personne ne pose la question comme cela, ce n’est pas correct. Mais c’est bien quand même l’un des sujets qui ressurgissent après la fusillade de Fort Hood, jeudi dernier. Et l'occasion, pour certains, de faire encore une fois l'amalgame entre "islamiste" et "musulman".

Le commandant Nidal Malik Hasan, le tueur, est né aux Etats-Unis de parents d’origine palestinienne. Très hostile aux guerres menées par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan, il aurait crié « Allah Akbar » avant d’ouvrir le feu sur ses camarades, faisant 13 morts et 30 blessés.

Ces dernières années, l’armée américaine a fait un effort délibéré pour tenter de recruter des musulmans. Pour profiter de leurs « compétences linguistiques » ou aider à « gagner les cœurs » en Irak ou en Afghanistan. Des primes ont été offertes aux engagés parlant arabe, dari, persan, kurde ou pachto, ainsi qu’un accès accéléré à la citoyenneté américaine pour ceux qui ne l’auraient pas encore.

Des aumôniers ont été recrutés et des salles de prière mises à disposition des soldats musulmans. 3572 musulmans déclarés servent aujourd’hui dans les forces armées américaines, selon les chiffres du Pentagone. Selon les associations comme l’American Muslim Armed Forces and Veteran Affairs Council, le nombre réel dépasserait toutefois les 20 000, beaucoup préférant ne pas faire état de leur religion dans l’armée. Le commandant Hasan lui-même, qui portait la dishdasha et fréquentait assidûment la mosquée, avait affirmé dans son dossier militaire ne pas avoir de «préférence religieuse». 

Toute cette politique de recrutement semble aujourd’hui ébranlée par la fusillade de Fort Hood: quelques hommes politiques ou commentateurs suggèrent que l’armée n’aurait fait là… qu’introduire « l’ennemi » dans ses rangs. Pour Allen West, ancien officier à Fort Hood et candidat au Congrès pour les prochaines élections de 2010, la fusillade de Fort Hood fut une «attaque de la jihad islamique ». « Notre pays est tellement paralysé par la political correctness que nous avons permis à un ennemi vil et résolu d’ouvrir une brèche dans ce qui devrait être l’endroit le plus sûr de l’Amérique, une base de l’armée » écrit cet ultra-conservateur sur son site de campagne.

Sans aller jusque là, le sénateur Joe Lieberman a lancé aussi sur Fox News qu’il considère aussi la fusillade comme un acte d’ « extrémisme islamiste » : « Il y a des signes d’avertissement très très forts que le docteur Hassan était devenu un extrémiste islamiste et qu’il s’agissait donc d’un acte terroriste ». De fait, le plus intriguant dans cette affaire est que ce commandant Hasan avait tout de même émis des signaux qui auraient certainement dû alerter sa hiérarchie : selon d’autres soldats et anciens soldats, il s’était plusieurs fois emporté contre les guerres américaines en Irak et en Afghanistan et aurait appelé les musulmans à se « dresser contre l’agresseur ». Certains officiers expliquent maintenant qu’ils ne l’avaient pas dénoncé de peur d’être accusés de discrimination

Mais tous ces commentaires sur « l’ennemi dans les rangs » sont bien sûr juste à l’opposé de ce que la hiérarchie militaire américaine veut entendre. Officiellement, la ligne de l’armée n’a pas changé : les musulmans restent les bienvenus dans les rangs. Les officiers redoutent plutôt que la fusillade de Fort Hood réveille encore une fois les soupçons contre les soldats musulmans, à nouveau regardés comme des terroristes en puissance. Le général George Casey, chef d’état-major de l’armée de terre, a le mieux résumé la position officielle : « Notre diversité, non seulement dans notre armée, mais dans notre pays, est une force. Et aussi horrible qu’ait été cette tragédie, je pense que cela sera pire encore si notre diversité est attaquée».

Pour prolonger, trois petits témoignages recueillis en 2007 déjà par la BBC, de soldats musulmans dans l’armée américaine.

09/11/2009

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2009/...


1-10 dédefensa : L’Ennemi en-dedans nous.
La tragédie de Fort Hood, comme il est convenu d’appeler la chose, semble réunir tous les éléments pour faire de l’événement la parfaite illustration de l’impasse où se trouve le système de l’américanisme, qui règle la marche du monde dans les soubresauts de ses erreurs, de ses échecs et de son effondrement en cours, qui nous influence et nous imprègne tous, qui suscite la révolte de plus en plus radicale de notre psychologie. L’événement et les circonstances des 13 personnes tuées et des 28 blessées par la major Hasan à la base de Fort Hood, déclenchant un flot mondial d’informations et de commentaires dans tous les sens qu’on imagine, la personnalité et la carrière de Nadil Malik Hasan, constituent un résumé saisissant de cette impasse du système de l’américanisme. Extraits.

La bataille de nous-mêmes contre nous-mêmes Le drame est tellement spécifique et illustratif qu’il décourage le commentaire sur ses circonstances politiques et sociologiques. Nous disons cela, non par désintérêt pour la chose mais par simple référence à l’évidence. Un homme calme, musulman et d’origine arabe (palestinienne), déterminé à s’“intégrer” dans l’American way of life, animé d’un patriotisme certain; puis confronté aux conditions psychologiques atroces qu’impose la politique belliciste du système, aux conditions épouvantables de ces guerres stupides et cruelles racontées sinon causées par ceux-là même dont ils devaient soigner les psychologies dévastées par ces mêmes guerres; en même temps confronté aux mensonges généralisé de la technique virtualiste devenue philosophie et raison de sembler être, à l’inhumanité de la bureaucratie militaire et du conformisme qui glace les esprits et emprisonne les émotions – tout y est, effectivement. L’intérêt central est ailleurs.

L’homme, le major Hasan, a changé de deux façons. Il y a la réalisation de la réalité monstrueuse du système qu’il respectait et au cœur duquel il se trouvait, ce qui est une évolution vers la lucidité du jugement; il y a, parallèlement, et ceci à cause de cela, la pression imposée à sa psychologie par cette démarche intellectuelle, ce qui est une évolution vers la folie de l’acte. Là-dessus, on peut gloser sur l’“extrémisme” infiltré et sur l’“Ennemi du dedans”, ou bien sur les manipulateurs qui maintiennent un état permanent de terreur en prolongeant ces guerres injustes, selon la thèse, mais c’est perdre son temps. Cela revient à l’esprit qui donne des explications de circonstance, en général inventées et filles elles-mêmes de ses propres dérèglements psychologiques, à un phénomène fondamental qu’on rate en s’attardant sur le chemin de ses effets “collatéraux”. Hasan et les actes d’Hasan illustrent une fois de plus, cette fois d’une façon tragique (les morts) et symbolique (au cœur de l’armée US), la pression mécanique, sans source consciente désormais, que le système incontrôlable impose aux psychologies humaines. Nous sommes à mille lieues des querelles sur l’idéologie, sur la religion, sur la politique, même si tous ces facteurs sont exprimées pour tenter de nous donner à nous-mêmes une explication cohérente et, surtout, conformiste – même si tous ces facteurs sont utilisés d’une façon ou d’une autre, pour manipuler chacun à son avantage les soubresauts de l’affrontement avec le système – même si tous ces facteurs répondent à l’empire d’une raison que nous avons pervertie au point où elle nous conduit, à son extrême, au crétinisme intégral. Nous sommes dans l’exploration d’une prison exerçant d’une façon mécanique cette pression terrifiante sur la psychologie humaine. La communication alimentant le virtualisme, l’organisation bureaucratique brisant l’enchaînement de la cause à l’effet et diluant le sens de la responsabilité jusqu’à le faire disparaître, le devoir de conformisme de la pensée donnant la liberté absolue de ne penser que d’une seule façon, constituent les gardiens vigilants et puissants empêchant d’ouvrir la porte de la prison pour pouvoir, de l’extérieur, contempler ce système monstrueux qui nous enferme et se révolter contre lui. Alors, la révolte s’exprime d’une autre façon, comme elle peut. L’instant de folie meurtrière du major Hasan, Tea Party, la formation du BRIC, la critique contre le JSF, les voitures-suicides et les suicides de France-Télécom, l’activisme sur Internet constituent quelques-unes des facettes de cette résistance jusqu’au désespoir ou jusqu’à la folie. Vous avez de la peine à relier ces actes entre eux, à leur donner un semblant de cohérence, à porter enfin ce fameux jugement moral qui nous importe tant parce que la morale ne peut s’exprimer d’une façon acceptable que si elle est portée au cœur du monstre; mais si vous parvenez à vous évader un instant et à jeter un regard général sur le monstrueux système qui nous emprisonne, l’évidence vous hurle la vérité. On aurait souvent tendance à qualifier nos écrits d’“anti-américains”. Nous-mêmes prenons le soin d’employer l’expression, peu élégante pourtant, d’“anti-américanistes”, pour tenter de rappeler constamment la différence. Il s’agit de se battre contre un système, non contre un pays, une communauté, un rassemblement humain, même si tel pays, telle communauté, tel rassemblement humain est effectivement le vecteur favori, sinon fondamental du système. C’est effectivement le cas des USA, raison pour laquelle nous parlons de “système de l’américanisme” en sous-entendant évidemment qu’il s’agit d’une chose globale, universelle, du système qui est un cancer qui ronge mortellement toute notre civilisation. La seule bonne nouvelle des terribles événements auxquels nous assistons, y compris la tuerie de Fort Hood, est bien que les psychologies n’en peuvent plus de sa tyrannie, parce que sa tyrannie est devenue insupportable, parce qu’un système tyrannique qui s’effondre rend sa tyrannie absolument insupportable. La “seule bonne nouvelle” est par conséquent que le système s’effondre… Mais elle est de taille. La bataille en cours est bien celle qui voit la révolte désordonnée et dans tous les sens de la psychologie humaine contre la tyrannie du système en cours d’effondrement. Tout le reste n’est qu’accessoire, tous les arguments et les batailles autour des différents domaines du système; la morale “droitdel’hommiste” des bateleurs politiciens, la géopolitique hermétique des experts appointés, la dialectique hyper-postmoderniste de la communication, le scientisme prometteur comme si la grandeur des catastrophes qu’il a engendrées nous garantissait de la grandeur des triomphes qu’il nous promet, l’utopie des anti-systèmes qui ne rêvent que de substituer leur système à celui qui s’effondre et ainsi de suite. Nous ne sommes pas menacés de désordre ou de chaos, nous sommes à cause de nous-mêmes les ordonnateurs du désordre et du chaos. L’Ennemi intérieur, en-dedans nous, est présent depuis si longtemps et sa pression est si forte, que la bataille fait rage – en-dedans nous, dans notre psychologie même, nous-mêmes contre nous-mêmes puisqu’à cause du système l’Ennemi intérieur c’est nous-mêmes contre nous-mêmes, entre ce que le système nous impose de devoir accepter et tout ce que notre nature rejette désormais avec la force du désespoir. Nous sommes nous-mêmes guerre, désordre et chaos intérieurs. Aucune autre bataille n’est plus importante que celle-là et toutes les batailles du monde doivent être jugées et jaugées à l’aune de celle-là.

de defensa.org

10 novembre 

http://socio13.wordpress.com/2009/11/10/l%e2%80%99ennemi-...


1-11 William Pfaff : L’Amérique sous la coupe de son armée.

L’analogie entre Afghanistan et Vietnam et devenue un lieu commun. Même type de conflit ingagnable, mêmes demandes répétées de renforts censés assurer la victoire, même tentation de porter le feu au-delà de la frontière pour casser la logistique et détruire les sanctuaires de l’ennemi. Selon le chroniqueur et historien William Pfaff, le Pentagone reprendrait également à son compte ce parallèle, à une différence - de taille - près. Pour la plupart des militaires américains - réécrivant aujourd’hui l’histoire contre toute vraisemblance - le Vietnam n’est plus l’archétype du conflit sans espoir mais est désormais considéré comme une campagne qui aurait été finalement victorieuse si l’armée n’avait été trahie par les « défaitistes de l’arrière. » Obama aura-t-il le courage - ou la simple possibilité - de s’opposer à cet un outil militaire qui veut sa revanche sur l’histoire et qui est désormais privé du contrepoids qu’apportait la société civile par le biais de la conscription ? William Pfaff en doute.

La création d’une armée de métier aux Etats-Unis pourrait bien avoir été la décision la plus dangereuse jamais prise par le Congrès. La nation fait face aujourd’hui à une crise politique dont l’enjeu non déclaré est celui d’une confrontation entre le pouvoir du Pentagone et celui du président nouvellement élu.

Barack Obama n’a pas encore annoncé sa décision concernant la guerre en Afghanistan, mais il y a tout lieu de penser qu’il va se ranger à l’avis des militaires. De fait, soumis à l’intense pression de ses adversaires républicains, il s’apprête à renoncer à son pouvoir présidentiel, et à rester à l’écart des décisions stratégiques fondamentales pour la nation.

Stanley Mc Chrystal, le général qu’il a nommé au commandement des opérations en Afghanistan, demande un renfort de 40 mille soldats, portant l’engagement total des États-Unis à plus de 100 mille hommes (ou plus, dans le futur). Il déclare qu’il ne saurait réussir sa mission sans eux, et même dans ce cas, ne sera peut-être pas capable de gagner la guerre en une décennie. Mais l’opinion publique américaine ressent généralement des doutes au sujet de cette guerre, particulièrement dans l’électorat du Président.

Le Président Obama va presque certainement faire ce que ses généraux lui demandent, ou décidera de quelque chose de très semblable. Il comprend quels sont les enjeux politiques en temps de guerre.

La guerre du Vietnam a été contestée par l’opinion dans les années 1970, alors que le gouvernement lui-même savait que la victoire était peu probable, selon les documents du Pentagone. Aujourd’hui, l’opinion doute de la victoire dans la guerre en Afghanistan. Cependant, désormais la plupart des Américains - qui n’étaient pas là à l’époque ! - lisent une version de l’histoire de la guerre du Vietnam qui prétend que ce n’était pas une défaite.

On affirme qu’il y a simplement eu un effondrement du soutien des civils pour la guerre, provoqué par la presse de gauche, qui aurait produit une désaffection de l’opinion tant dans le pays qu’à l’intérieur de l’armée de conscription, entrainant un effondrement de la discipline militaire, des assassinats (« fraggings ») d’officiers trop agressifs au combat, et une démoralisation dans les rangs. Telle est la version à laquelle adhèrent aujourd’hui la plupart des officiers dans l’armée.

Il s’agit de la version américaine du mythe du « coup de poignard dans le dos » auquel ont cru les militaires allemands et les cercles politiques de droite, après la première guerre mondiale.

Dans le cas des États-Unis, la défaite au Vietnam était à l’époque douloureusement évidente, et peu de personnes croyaient que le Congrès des États-Unis ou l’administration Nixon (qui a signé l’accord de paix avec le Nord Vietnam) étaient en train de trahir le pays.

Aujourd’hui, cette interprétation révisée de la guerre du Vietnam, affirmant qu’elle était en réalité une « victoire perdue », est devenue une question sensible car la plupart des dirigeants du Pentagone sont partisans d’une « longue guerre » contre le « terrorisme musulman ». Un ordre de retrait de l’Afghanistan, de l’Irak (ou au Pakistan) donné par l’administration Obama, subirait de nombreuses attaques en provenance du Congrès, des médias, et provoquerait des manifestations d’insubordination implicites de l’appareil militaire, dirigées contre la « reddition » d’un gouvernement Obama accusé de manquer de patriotisme et d’être inapte à gouverner.

Les conservateurs sont convaincus que toute politique qui ne se traduirait pas par une victoire totale pour les Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, au Pakistan - et dans les prochains mois, peut-être en Somalie, au Yémen, ou, éventuellement, en Palestine ou dans l’Afrique subsaharienne, (ou même contre un Iran déterminé à poursuivre ses ambitions nucléaires) - serait une humiliation et une défaite américaine.

Après le Vietnam, le Congrès a mis fin à la conscription, qui durant cette guerre était profondément injuste : les pauvres et les classes laborieuses ont été appelés sous les drapeaux, alors que nombre de privilégiés provenant de familles influentes trouvaient des médecins complaisants ou des doyens de collèges prêts à fournir des dérogations injustifiées à ceux — tel le futur Vice Président Richard Cheney - qui avaient d’« autres priorités » que le patriotisme et le service national.

Le Congrès a créé une nouvelle armée composée uniquement d’engagés volontaires. La sociologie de cette nouvelle armée est très différente de l’ancienne armée de citoyens. Elle est désormais faite de gens qui voulaient être des soldats, ou souhaitaient bénéficier de l’enseignement universitaire dispensé aux engagés, ou étaient souvent des diplômés du secondaire qui n’avaient guère d’autres choix. Mais depuis le 11 septembre, et l’invasion de l’Irak, cette armée nouvelle fait de plus en en plus appel aux immigrants ou aux jeunes étrangers qui peuvent obtenir un permis de séjour permanent aux États-Unis en s’enrôlant dans l’armée américaine. Les États-Unis utilisent également de plus en plus de mercenaires étrangers recrutés par des entreprises privées.

Son caractère d’armée professionnelle est fondamentalement différent de celui de l’ancienne armée. Auparavant, les officiers de carrière de West Point étaient en temps de guerre largement dépassés en nombre par ceux en provenance de la conscription, qui étaient diplômés des écoles des aspirants-officiers ou des officiers de réserve formés dans les universités (où une grande partie du coût de l’enseignement supérieur pouvait être prise en charge en échange d’une durée d’engagement).

Ainsi, l’armée américaine depuis le début de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la fin du Vietnam était en fait une armée démocratique, avec des conscrits civils, et une majorité de sous-officiers et officiers qui étaient des civils en temps de paix, solidement enracinés dans la société civile, ayant souvent une famille à la maison, et qui accomplissaient leur devoir patriotique de façon temporaire (ou « pour la durée de la guerre »).

Les armées professionnelles ont souvent été considérées comme une menace pour leurs propres sociétés. L’un des officiers de Frédéric le Grand décrivait la Prusse, comme « une armée dotée d’un Etat, dans lequel elle était temporairement casernée, pour ainsi dire. » Mirabeau, l’homme d’Etat de la révolution française, avait affirmé que « la guerre est l’industrie nationale de la Prusse. » Considérant la partie du budget national des États-Unis qui est maintenant consommée par le Pentagone, le même raisonnement vaudrait pratiquement pour les USA.

Cette nouvelle armée a également des ambitions politiques. Elle domine aujourd’hui la politique étrangère américaine, disposant d’un millier de bases à travers le monde, avec des commandants régionaux qui sont autant de proconsuls impériaux. Le général Mc Chrystal et son supérieur, le général David H. Petraeus, ont été mentionnés comme de possibles futurs candidats à la présidence. Le dernier général à être devenu président était Dwight Eisenhower. C’est l’homme qui a mis en garde les Américains contre « le complexe militaro-industriel. »

William Pfaff,

9 novembre 2009

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2882

n°303 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan - 27-11 – Fin -: L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.

n°303 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan - 27-11 – Fin  -: L’Afghanistan fait, enfin, couler beaucoup d’encre.


 

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie'de l'Afghanistan

   n°303                                                                                                                            27/11/09

                   C.De Broeder & M.Lemaire                       



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  Fin

1-12 William Pfaff : L’Amérique sous la coupe de son armée.

1-13 F. William Engdahl : La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan.

1-14 Jacques Cheminade : Algérie-Afghanistan : l’inéluctable échec de la contre-insurrection.

2 Annexe

2-1 Jules Dufour : Les États-Unis : la « puissance intelligente » au service de la guerre.

2-2 Guimond : Le droit est le fondement de la paix, de la justice et de l’humanité.

2-3-Jean-Claude Paye, Tülay Umay* : Le renversement de la place de la victime : un paradigme de la modernité.


1-12 F. William Engdahl : La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan.

L’un des aspects les plus remarquables du programme présidentiel d’Obama, c’est que, dans tous les États-Unis, peu de gens ont remis en question, dans les médias ou ailleurs, la raison de l’engagement du Pentagone dans l’occupation militaire de l’Afghanistan. Il existe deux raisons fondamentales, dont aucune ne peut être dévoilée ouvertement au grand public.

Derrière tous les débats officiels trompeurs sur le nombre de troupes nécessaires pour « gagner » la guerre en Afghanistan, si 30 000 soldats de plus sont suffisantes ou si le besoin est au moins 200 000, le but réel de la présence militaire étasunienne dans ce pays pivot d'Asie centrale est éclipsé

Pendant sa campagne présidentielle de 2008, le candidat Obama a même affirmé que l'Afghanistan, et non pas l'Irak, est l’endroit où les États-Unis doivent faire la guerre.

Sa raison ?

Parce que, selon lui, c'est là que l'organisation Al-Qaïda est retranchée et c’est la « vraie » menace pour la sécurité nationale. Les raisons de l'implication étasunienne en Afghanistan sont tout à fait différentes.

L'armée US occupe l'Afghanistan pour deux raisons : principalement pour rétablir et contrôler la plus grande fourniture mondiale d’opium des marchés internationaux de l'héroïne et utiliser la drogue comme arme contre ses adversaires sur le plan géopolitique, tout particulièrement, la Russie. Le contrôle du marché de la drogue afghane est capital pour les liquidités de la mafia financière en faillite et dépravée de Wall Street.

La géopolitique de l'opium afghan

D’après un rapport officiel de l'ONU, la production d'opium afghan a augmenté de façon spectaculaire depuis la chute du régime résistant en 2001. Les données du Bureau des drogues et des crimes des Nations-Unies montrent qu’il y a eu plus de cultures du pavot pendant chacune des quatre dernières saisons de croissance (2004-2007), qu’en une année sous le régime résistant. Plus de terres sont dédiées à l'opium à présent en Afghanistan que pour la culture du coca en Amérique latine. En 2007, 93% des opiacés du marché mondial provenaient d'Afghanistan. Ce n'est pas par hasard.

Il a été démontré que Washington à choisi soigneusement le controversé Hamid Karzaï, un chef de guerre pachtoune de la tribu Popalzai, longtemps au service de la CIA, revenu de son exil aux États-Unis, fabriqué comme une mythologie hollywoodienne autour de sa « courageuse autorité sur son peuple. » Selon des sources afghanes, Hamid Karzaï est aujourd'hui le « Parrain » de l'opium afghan. Ce n’est apparemment pas par hasard s’il a été et reste aujourd'hui encore l'homme préféré de Washington à Kaboul. Pourtant, même avec l'achat massif de votes, la fraude et d'intimidation, les jours de Karzaï en tant que président pourraient se terminer.

Longtemps après que le monde a oublié qui est le mystérieux Oussama Ben Laden et ce qu'est Al Qaida, sa prétendue organisation terroriste, -- ou se demande même s'ils existent -- la seconde raison de la fixation de l’US army en Afghanistan apparait comme un prétexte pour créer une force de frappe militaire étasunienne permanente avec un série de bases aériennes fixes en Afghanistan. L'objectif de ces bases n'est pas de faire disparaître les cellules d'Al Qaïda qui pourraient avoir survécu dans les grottes de Tora Bora ou d'éradiquer un « résistant » mythique, qui, selon des rapports de témoins oculaires, est en ce moment composé majoritairement d’habitants afghans ordinaires en lutte une fois encore pour débarrasser leurs terres des armées occupantes, comme ils l’ont fait dans les années 80 contre les Soviétiques.

Pour les États-Unis, la raison des bases afghanes, c’est d’avoir dans leur ligne de mire et d’être capables de frapper les deux nations du monde qui, réunies, constituent aujourd'hui la seule menace à leur pouvoir suprême sur le monde, à l’America's Full Spectrum Dominance (domination US sous tous ses aspects), comme l’appelle le Pentagone.

La perte du « Mandat Céleste »

Le problème pour les élites* au pouvoir à Wall Street et à Washington, c’est le fait qu'ils soient désormais enlisés dans la plus profonde crise financière de leur histoire. Cette crise est indubitable pour le monde entier, et le monde agit en faveur de sa propre survie. Les élites étasuniennes ont perdu ce qui est connu dans l'histoire impériale chinoise sous le nom de Mandat Céleste. Ce mandat est donné à un souverain ou à une élite régnante à condition qu'ils dirigent leur peuple avec justice et équité. Quand ils règnent tyranniquement et comme des despotes, en opprimant leur peuple et en en abusant, ils perdent ce Mandate Céleste.

Si les puissantes élites riches du privé qui ont contrôlé les politiques essentielles, financières et étrangères, la plupart du temps au siècle dernier au moins, ont eu un jour le mandat céleste, il est évident qu'elles l’ont perdu. L'évolution interne vers la création d'un État policier injuste, avec des citoyens privés de leurs droits constitutionnels, l'exercice arbitraire du pouvoir par des non élus, comme le ministre des Finances Henry Paulson et maintenant Tim Geithner, qui volent des billions de dollars du contribuable sans son consentement pour renflouer de la banqueroute les plus grandes banques de Wall Street, des banques jugées « trop grosses pour couler, » tout cela démontre au monde qu'elles ont perdu le mandat.

Dans cette situation, les élites au pouvoir sont de plus en plus désespérées de maintenir leur contrôle sur un empire mondial parasitaire, faussement appelé « mondialisation » par leur machine médiatique. Pour maintenir leur domination, il est essentiel que les États-Unis soient capables de rompre toute coopération naissante dans le domaine économique, énergétique ou militaire, entre les deux grandes puissances de l'Eurasie qui, en théorie, pourraient présenter une menace au futur contrôle de l’unique superpuissance : la Chine associée à la Russie.

Chaque puissance eurasienne complète le tableau de contributions essentielles. La Chine est

l'économie la plus robuste du monde, une énorme main-d'œuvre jeune et dynamique, une classe moyenne éduquée. La Russie, dont l'économie ne s'est pas remise de la fin destructrice de l'ère soviétique et des grossiers pillages au cours de l'ère Eltsine, possède toujours des atouts essentiels pour l’association. La force de frappe nucléaire de la Russie et son armée présentent la seule menace dans le monde d'aujourd'hui à la domination militaire des États-Unis, même si ce sont en grande partie des reliquats de la Guerre Froide. Les élites de l'armée russe n'ont jamais renoncé à ce potentiel.

La Russie détient également le plus grand trésor du monde en gaz naturel et d’immenses réserves pétrolières dont la Chine a impérieusement besoin.

Ces deux puissances convergent de plus en plus à travers une nouvelle organisation créée par elles en 2001, connue sous le nom d'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). En plus de la Chine et de la Russie, l’OCS inclut les plus grands pays d'Asie centrale, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

Le but allégué de la guerre des États-Unis contre à la fois les résistants et Al Qaïda, consiste en réalité à installer leur force de frappe militaire directement en Asie centrale, au milieu de l'espace géographique de l'OCS montante. L'Iran est une diversion. La principale cible, c’est la Russie et la Chine.

Officiellement, Washington affirme bien sûr avoir établi sa présence militaire en Afghanistan depuis 2002 pour protéger la « fragile » démocratie afghane. C'est un argument singulier, quand on voit la réalité de sa présence militaire là-bas.

En décembre 2004, lors d'une visite à Kaboul, le ministre de la Guerre Donald Rumsfeld a finalisé ses projets de construction de neuf nouvelles bases en Afghanistan, dans les provinces de Helmand, Herat, Nimrouz, Balkh, Khost et Paktia. Les neuf se rajoutent aux trois bases militaires principales déjà installées à la suite de l’occupation de l'Afghanistan pendant l'hiver de 2001 à 2002, prétendument pour isoler et éliminer la menace terroriste d'Osama Ben Laden.

Le Pentagone a construit ses trois premières bases sur les aérodromes de Bagram, au nord de Kaboul, son principal centre logistique militaire ; de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan ; et de Shindand, dans la province occidentale de Herat. Shindand, sa plus grande base afghane, est construite à seulement 100 kilomètres de la frontière iranienne, et à distance de frappe contre la Russie et la Chine.

L'Afghanistan est historiquement au cœur du grand jeu anglo-russe, la lutte pour le contrôle de l'Asie centrale au 19ème siècle et au début du 20ème. La stratégie britannique était alors d'empêcher à tout prix la Russie de contrôler l'Afghanistan, ce qui aurait été une menace pour le joyau de la couronne impériale britannique, l’Inde.

L'Afghanistan est de même considéré par les planificateurs du Pentagone comme hautement stratégique. Il constitue une plate-forme d’où la puissance militaire étasunienne pourrait menacer directement la Russie et la Chine, ainsi que l'Iran et les autres riches pays pétroliers du Moyen-Orient. Peu de choses ont changé sur le plan géopolitique en plus d'un siècle de guerres.

L'Afghanistan se trouve sur une position extrêmement vitale, à cheval sur l'Asie du Sud, l'Asie centrale et le Moyen-Orient. L'Afghanistan est aussi situé le long de l’itinéraire envisagé pour le pipeline pétrolier, depuis les champs pétrolifères de la mer Caspienne jusqu’à l'océan Indien, où la société pétrolière étasunienne, Unocal, avec Enron et Halliburton de Cheney, avaient été en négociation pour les droits exclusifs du gazoduc d’acheminement du gaz naturel du Turkménistan à travers l'Afghanistan et le Pakistan, vers l’énorme centrale électrique à gaz naturel d’Enron à Dabhol près de Mumbai (Bombay). Avant de devenir le président fantoche des États-Unis, Karzai avait été un lobbyiste d'Unocal.

Al Qaïda n'existe pas en tant que menace

La vérité, concernant toute cette tromperie autour du but réel en Afghanistan, devient claire si on examine de plus près la prétendue menace d’« Al Qaïda » là-bas. Selon l'auteur Erik Margolis, avant les attentats du 11 septembre 2001, le Renseignement étasunien accordait assistance et soutien à la fois aux résistants et à Al Qaïda. Margolis affirme que « La CIA projetait d'utiliser Al Qaïda d’Osama Ben Laden pour inciter à la révolte les Ouïgours musulmans contre la domination chinoise, et les résistants contre les alliés de la Russie en Asie centrale. »

Les États-Unis ont manifestement trouvé d'autres moyens pour soulever les Ouïgours musulmans contre Pékin en juillet dernier, par l’intermédiaire de leur soutien au Congrès mondial ouïghour. Mais la « menace » d’Al Qaida demeure le pivot d’Obama pour justifier l’intensification de sa guerre en Afghanistan.

Mais, à présent, James Jones, le conseiller en sécurité nationale du Président Obama, ancien général de Marine, a fait une déclaration, enterrée opportunément par les aimables médias étasuniens, sur l’évaluation de l’importance du danger représenté actuellement par Al Qaïda en Afghanistan. Jones a

déclaré au Congrès, « La présence d'Al Qaïda est très réduite. L'évaluation maximale est inférieure à 100 exécutants dans le pays, aucune base, aucune capacité à lancer des attaques contre nous ou nos alliés. »

À toutes fins utiles, cela signifie qu’Al Qaïda n'existe pas en Afghanistan. Diable...

Même au Pakistan voisin, les restes d'Al Qaïda ne sont presque plus décelables. Le Wall Street Journal signale : « Chassés par les drones étasuniens, en proie à des problèmes d'argent, et trouvant plus de difficultés à attirer les jeunes Arabes dans les montagnes sombres du Pakistan, Al Qaïda voit son rôle rapetisser là-bas et en Afghanistan, selon des rapports du Renseignement et des responsables pakistanais et étasuniens. Pour les jeunes arabes qui sont les principales recrues d’Al Qaida, ‘’il n'est pas romantique d’avoir froid et faim et de se cacher’’, a déclaré un haut responsable étasunien en Asie du Sud. »

Si nous comprenons les conséquences logiques de cette déclaration, nous devons donc conclure que la raison pour laquelle de jeunes soldats allemands et d'autres de l'OTAN meurent dans les montagnes afghanes n'a rien à voir avec « gagner une guerre contre le terrorisme. » Opportunément, la plupart des médias choisissent d'oublier le fait qu’Al Qaïda, dans la mesure où cette organisation a existé, était une création de la CIA dans les années 80. Elle recrutait et formait à la guerre des musulmans radicaux de la totalité du monde islamique contre les troupes russes en Afghanistan, dans le cadre d'une stratégie élaborée par Bill Casey, chef de la CIA sous Reagan, et d'autres, pour créer un « nouveau Viêt-nam » pour l'Union Soviétique, qui aboutirait à la défaite humiliante de l'Armée Rouge et l'effondrement final de l'Union Soviétique.

James Jones, le patron du National Security Council, reconnaît à présent qu'il n'y a pratiquement personne d’Al Qaida en Afghanistan. Peut-être serait-il temps d’une explication plus honnête de nos dirigeants politiques sur la véritable raison de l'envoi d’autres jeunes en Afghanistan, pour mourir en protégeant les récoltes d'opium.

Ndt : Le mot élite est un euphémisme de plus en plus utilisé ces derniers temps pour désigner un individu qu’aucune valeur humaine n’embarrasse dans la réalisation de ses ambitions. C’est devenu un synonyme de psychopathe.

F. William Engdahl

F. William Engdahl est l'auteur de plusieurs ouvrages en anglais dont deux sont traduits en français :
OGM : Semences de destruction : L’arme de la faim (le livre original en anglais, Seeds of destruction)
et Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain. Il est joignable depuis son site.
Article original en anglais : America's Phoney War in Afghanistan, publié le 21 octobre 2009.
Traduction : Pétrus Lombard
F. William Engdahl est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

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1-13 Jacques Cheminade : Algérie-Afghanistan : l’inéluctable échec de la contre-insurrection.

Il est nécessaire d’aller aux sources pour mieux comprendre le vice de composition. Le général d’armée David H. Petraeus, à la tête de l’United States Central Command (CENTCOM), a préfacé la traduction française du manuel de Contre-insurrection, théorie et pratique (Editions Economica, 2008), qu’il décrit comme « le seul vrai grand livre sur la guerre révolutionnaire ».

Cet ouvrage a été rédigé en 1964 par David Galula, un lieutenant-colonel français mort depuis plus de quarante ans, à partir de son expérience de la guerre d’Algérie.

Si nous nous penchons aujourd’hui sur ce texte, c’est parce que, de l’aveu même de Petraeus et du général McChrystal, commandant en chef des forces alliées en Afghanistan (Force internationale d’assistance civile à la sécurité, FIAS), il constitue la référence fondamentale de la stratégie poursuivie par l’armée américaine en Irak d’abord, puis aujourd’hui en Afghanistan.

L’auteur fut remarqué pour la première fois par les services américains lors d’une conférence sur la contre-insurrection organisée par la Rand corporation en 1962. Stephen Hosmer l’invita alors à décrire son expérience dans ce qui devint son premier livre, Pacification in Algeria, 1956-1958, publié en 1963 et réédité en 2006. Contre-insurrection a été érigé en lecture obligatoire au Command and General Staff College (équivalent américain du Collège interrarmées de défense, notre ancienne Ecole de guerre) et au centre de préparation des militaires désignés pour encadrer les forces de sécurité irakiennes et afghanes.

Galula, opposé à la politique du général de Gaulle et fort de la pacification de son secteur du Djebel Mimoun, en Grande Kabylie, prétend que la guerre d’Algérie aurait été gagnée (voir encadré) « si la politique de la France n’avait pas changé ». Il ne restait plus, souligne-t-il, qu’à « éliminer les irréductibles ». C’est sur ce qui apparaît aujourd’hui comme une grande illusion que se base donc toute la politique anglo-américaine.

L’on dit chez leurs ennemis que les « chiens retournent à leur vomi » ; il serait politiquement et militairement absurde de leur donner une fois de plus raison. D’autant plus qu’en Afghanistan, la situation des forces alliées est bien plus défavorable que ne l’était celle des forces françaises en Algérie.

Notre objectif est de montrer ici point par point les raisons qui infirment le manuel de Galula. Toute politique de contre-insurrection est en effet vouée à l’échec, pour aussi logiques que soient ses apparences, lorsqu’elle est imposée par des forces extérieures dans un contexte international qu’elles ne maîtrisent pas. La leçon est, aujourd’hui comme hier, que plus tôt une armée d’occupation, ou du moins perçue comme telle par la « population indigène », se retire, mieux ça vaut pour tous les acteurs du conflit.

Pour Galula, « la population est l’enjeu majeur ». Il préconise toute une série de recettes pour la contrôler, en conjuguant l’élimination des résistants avec un effort d’assistance au développement dans les domaines économique, social, culturel et médical et des méthodes de guerre psychologique inspirées – sans le dire tout en le disant – du maoïsme. Cependant, et c’est bien là la raison majeure de la défaite française en Algérie, il n’est jamais possible de transformer une force d’occupation en force de construction d’un pays. Face à cela, tous les petits « livres bleus de la contre-insurrection » ne peuvent rien. En Algérie, c’est le refus de la métropole de former un peuple uni avec la population musulmane qui fit de notre armée une armée d’occupation au service des pieds noirs et des collaborateurs de notre administration.

L’on dit aujourd’hui qu’en Afghanistan on pourrait obtenir de meilleurs résultats, c’est-à-dire sinon gagner, du moins aboutir à une « non défaite », avec plus d’effectifs.

C’est absurde. Il y a actuellement là-bas 68000 soldats américains, un peu plus de mercenaires, 35000 soldats européens et environ 90000 soldats afghans dont un très grand nombre sont mal payés et non opérationnels.

Le « surge » (forte augmentation d’effectifs) réclamé par le général McChrystal serait, dit-on, de 40000 hommes. Or, en Algérie, la France disposait de 500000 hommes une fois le contingent mobilisé et d’environ 150000 supplétifs (harkis) déterminés, sans compter les groupes de défense passive établis dans presque tous les villages. Et si nous avons obtenu des résultats militaires, nous ne sommes pas venus politiquement à bout de « l’insurrection ». Pire encore, plus notre victoire militaire devenait apparente, plus notre défaite politique s’affirmait, comme plus on multiplie les polygones à l’intérieur d’un cercle, plus on se rapproche du cercle mais en même temps plus on prouve le caractère incommensurable du cercle par rapport au polygone. L’excellent cartésien Galula commet là en politique la même erreur qu’Archimède en géométrie : il croit à la quadrature du cercle !

En Afghanistan plus encore qu’en Algérie, la crédibilité des forces collaborant avec l’occupant est quasi nulle. L’on ne peut de l’extérieur bâtir une administration et des forces locales auxquelles la population puisse faire longtemps confiance. La fraude électorale du gouvernement Karzaï, l’implication de sa parentèle dans le trafic de drogue, son incapacité à empêcher les attentats terroristes à Kaboul même le discréditent totalement. De plus, les frappes aériennes anti-terroristes effectuées par drones, si elles peuvent éliminer des ennemis dangereux, tuent aussi fatalement des civils au sein desquels ils sont imbriqués. Chaque ennemi tué provoque ainsi la haine de dizaines ou de centaines d’éléments hostiles.

En Algérie, Galula croit que l’influence extérieure a pu être réduite presque à zéro par le maillage du territoire et la fermeture des frontières tunisienne et marocaine. Ce fut une illusion. C’est aux frontières, en Tunisie et au Maroc, que se tenait l’armée de réserve de l’insurrection.

De plus, le maillage exigeait la déportation de populations en milieu rural dispersé et acquis à l’ennemi. Cette politique de hameaux stratégiques, reprise par les Américains au Vietnam, s’avéra un désastre politique et humain, justement dénoncé par un courageux inspecteur des Finances qui s’appelait Michel Rocard. Les populations déplacées et relogées perdaient leurs anciens moyens de subsistance et dépérissaient physiquement et moralement, en développant une rage sourde contre l’armée et ses harkis. La situation en Afghanistan est bien pire. Le trafic de drogue et le fanatisme religieux rendent la situation bien plus incontrôlable. De plus, le relief du pays et son caractère féodal, avec un seigneur de la guerre contrôlant chaque vallée et chaque champ de pavot, rend pratiquement impossible l’exercice du pouvoir par un gouvernement central associé à ces unités locales « loyalistes » que voulait Galula. Le recensement de la population, que la France avait pu réaliser en Algérie pour contrôler les familles, est ici pratiquement impossible, l’exercice du droit de vote apparaissant dès lors comme une tragique pantalonnade. Enfin, contrairement à nos officiers des affaires indigènes et à nos hommes de terrain, le commandement américain est largement ignorant de la culture et des langues locales, et dépend d’informateurs par nature douteux. Enfin, les frontières de l’Afghanistan sont bien plus poreuses que celles de l’Algérie des années cinquante, le Pakistan et, de plus en plus, l’Iran se trouvant impliqués dans le drame.

Finissons par un point fondamental : la décomposition morale des métropoles. Dans le régime monétaire et financier actuel, non seulement des intérêts britanniques participent activement au trafic de drogue, mais les résistants eux-mêmes investissent leurs bénéfices dans les réseaux associés à l’occupant – comme le « trésor du FLN » était investi en Suisse !

A ceux qui croient dans la logique de Galula, impeccable sur le papier et fausse dans la réalité, nous répondons qu’il est temps de partir et que le plus tôt sera le mieux, car l’occupation corrompt l’occupant et l’occupé. Toutes les guerres d’occupation sont des guerres de perdants, en Algérie, en Tchétchénie ou en Afghanistan. Et plus elles durent, plus les pertes sont lourdes. C’est seulement dans le contexte d’un système de crédit productif public, décidé entre les plus grands pays du monde en vue de grands travaux effectués en commun, que cette « paix par le développement mutuel » dont parlait Paul VI dans Populorum progressio, peut prévaloir, dans le monde en général et en particulier en Afghanistan, où le conflit est devenu mondial, comme l’était devenue la guerre d’Algérie

 

L’illusion militaire

 

« En Algérie, où les Français disposaient à partir de 1956 d’une supériorité écrasante sur le FLN, leurs efforts furent initialement dispersés sur l’ensemble du territoire, avec des concentrations de forces le long des frontières de la Tunisie et du Maroc et en Kabylie, une région rocheuse et très peuplée. Les forces du FLN furent rapidement brisées, mais l’absence, entre autres, de doctrine et d’expérience de ce qu’il convenait de faire au-delà des opérations militaires, empêcha que la victoire française fût totale.

En 1959-1960, la stratégie française s’appliqua d’ouest en est, en commençant par la région d’Oran, puis par les montagnes de l’Ouarsenis, pour se poursuivre en Kabylie et s’achever dans la région de Constantine. Cette fois, des leçons avaient été tirées de l’expérience précédente, et il y eut moins d’atermoiements. A la fin de l’année 1960, lorsque le gouvernement français décida de changer totalement de politique et de se désengager d’Algérie, les forces du FLN avaient été réduites à un effectif compris entre 8000 et 9000 hommes, isolés du reste de la population et divisés en petits groupes inoffensifs. Ils ne possédaient plus que 6500 armes, dont la plupart avaient été enterrées faute de munitions. Les chefs de wilaya (région militaire) avaient perdu tout contact (même par radio) avec l’organisation FLN exilée à l’étranger. Des purges internes décimaient leurs rangs et quelques-uns des principaux dirigeants du FLN en Algérie commençaient même à parler de reddition. L’étanchéité des frontières empêchait toute infiltration autre que ponctuelle et limitée. Les forces françaises comprenaient 150 000 musulmans, sans compter les groupes de défense passive établis dans presque tous les villages.

Il ne restait plus, si la politique n’avait pas changé, qu’à éliminer les irréductibles, ce qui aurait pris un temps considérable étant données la taille du pays et la nature du terrain. En Malaisie, cette phase finale de la contre-insurrection a duré cinq ans. »

David Galula, Contre-insurrection, théorie et pratique, chapitre 6, pages 146-147.

Jacques Cheminade

18 octobre

http://www.solidariteetprogres.org/article5912.html



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28.11.2009

n°302 - dossiers de l'Afghanistan - 26-11 : - Début - : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.

 dossiers de l'Afghanistan - 26-11 : - Début  - : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°302 du 26-11

                       C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

Tiré à part :

Le prix Nobel de la paix, Barak Obama, envoie 35 000 soldats supplémentaires pour faire la guerre en Afghanistan !

1 Dossiers

Les trois défis d'Hamid Karzaï après sa réélection controversée.

1-2 D.B. Grady : L’ange gardien de son frère.

1-3 Jean-pierre Perrin: Hamid Karzaï reste roi en Afghanistan.

1-4 William Pfaff : Création d’une armée de métier aux Etats-Unis.

1-5 Jim Jarrassé : L’armée anglaise et la «stratégie du sac d'or».

1-6 Rémy Ourdan : Les mercenaires mettent le cap sur l'Afghanistan.

1-7 Les appelés font de meilleurs soldats que les volontaires.

1-8 Le dilemme des seigneurs de la guerre en Afghanistan.

(suite)

1-9 Jean-Michel Vernochet : Le piège Afghan.

1-10 La "spirale vietnamienne" de l'Afghanistan. .

1-11 Guimond : La signification du « changement d’allure » de l’Europe en Afghanistan.

1-12 Les 'Special Ops' proposent un programme d'assassinat des 'ennemis d'Etat'.

1-13 Guantanamo : Les dossiers

1 Spotless Mind : Le secret de Guantanamo.

2 Craig Murray, ancien ambassadeur britannique : la CIA envoie des personnes se faire torturer en Ouzbékistan.

3 Ruhal Ahme, un enfant de 9 ans torturé à Guantanamo.

4 Mauricio Duenas : Torture à la musique: des musiciens indignés.

(Fin)

2 Brèves

2-1 De meilleurs équipements ne permettront pas de remporter la guerre, estime Nick Parker.

2-2 Les dégâts psychologiques de la guerre en Afghanistan sur les GI.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Des blessures de guerre moins visibles mais plus chères.

3-2 Cyril Da : Comment les Etats-Unis financent les résistants.

3-3 Pierre Haski : Enlisement en Afghanistan : le récit cash d'un expert français.

3-4 Romain Rosso : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.

3-5 Marcel Druart : "N'attendons pas des résultats instantanés !"

3-6 Guerre d’Afghanistan : ils l’ont dans le cul !

3-7 Présence française en Afghanistan



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tiré à part :

Le prix Nobel de la paix, Barak Obama, envoie 35 000 soldats supplémentaires pour faire la guerre en Afghanistan !

Barak Obama, qui a été nommé récemment prix Nobel de la paix, va faire un envoi massif de soldats pour faire la guerre en Afghanistan.

Entre temps, il avait dit qu’il ne fermerait finalement pas Guantanamo.

Et avant l’été, il avait déjà décidé de maintenir les tribunaux militaires d’exception.

On nous avait dit qu’Obama était un Kennedy noir. Sachant que C’est Kennedy qui a vraiment lancé la guerre du vietnam, c’était vrai !

Souvenez-vous bien que lors de son investiture, Obama avait fait un discours de guerre.

Un court extrait vidéo convaincant est à voir ici :

http://mai68.org/spip/spip.php?article598

Barak Obama prix Nobel de la paix :

http://mai68.debithost.net/spip/spip.php?article478

Obama décide de maintenir les tribunaux militaires d’exception :

http://mai68.org/spip/spip.php?article222

Les médias du pouvoir sont tous très heureux qu’Obama ait été élu, voici pourquoi :


1 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Les trois défis d'Hamid Karzaï après sa réélection controversée.

Nb : Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

Hamid Karzaï a gagné son pari : il conserve le pouvoir suprême.

La commission électorale officielle l'a proclamé, lundi 2 novembre à Kaboul, président de la République islamique d'Afghanistan, soldant ainsi un scrutin présidentiel tortueux. Près de huit ans après avoir été installé à la tête du régime post-résistant par la communauté internationale, il va continuer à présider aux destinées d'un pays stratégique et tourmenté, situé à la croisée des turbulences de l'Asie centrale et du sud ainsi que du Moyen-Orient, et ligne de front dans la bataille contre le djihadisme international.

Sarkozy assure Kaboul de son soutien

Sarkozy a félicité son homologue Karzaï pour sa réélection lundi, et l'a assuré du "plein soutien de la France", dans une lettre rendue publique, lundi 2 novembre, par l'Elysée. "Vous avez réuni sur votre nom dès le premier tour, le plus large soutien du peuple afghan", écrit le président Sarkozy, soulignant également "le retrait dans la dignité du Dr Abdullah" (son rival). "Il faut maintenant aller de l'avant, et nous tourner vers l'avenir du peuple afghan. Des progrès ont été accomplis ces dernières années, mais beaucoup reste à faire", poursuit le président Sarkozy. - (AFP.)

Les défis qui l'attendent sont immenses. Autant sa première élection au suffrage universel en 2004 - la première dans l'histoire du pays - avait soulevé un certain optimisme, autant sa réélection de 2009 s'inscrit dans un climat dégradé. Hamid Karzaï va devoir avant tout combler les failles ouvertes par des années de politique inconséquente. Il va lui falloir restaurer une cohésion nationale affaiblie, reconstruire une relation avec l'Occident endommagée et initier un dialogue avec les groupes "réconciliables" de l'insurrection. Sur ces trois gros chantiers de son nouveau mandat, le président Karzaï, fin tacticien mais pauvre stratège, n'a plus le droit à l'erreur.

La cohésion nationale afghane sort diminuée de ce processus électoral éminemment controversé, entaché de fraudes massives. Avec le désistement de son principal rival, Abdullah Abdullah, héritier de feu commandant Massoud, le Lion du Panchir, Hamid Karzaï a été privé d'un second tour et donc d'une victoire régulière. "Il n'obtient pas sa légitimité par le vote mais par la décision d'une commission électorale", souligne Homayoun Chah Assefy, colistier de M. Abdullah.

Ce déficit de légitimité introduit une césure dans l'équilibre politique issu de la conférence de Bonn qui a fondé, fin 2001, l'ère post-résistante. Déjà en butte à une opposition armée dans le Sud et l'Est pachtounes, M. Karzaï est maintenant aux prises avec une opposition politique, principalement animée par les Tadjiks du Nord. C'est comme un nouveau front qui s'ouvre face à lui.

En dépit de l'échec de récents pourparlers, l'idée d'un gouvernement d'union nationale, faisant une place de choix au camp de M. Abdullah, reste d'actualité. "Nous représentons désormais une force avec laquelle il faut compter, déclare Ahmed Wali Massoud, frère du Lion du Panchir. Aucun gouvernement ne pourra diriger ce pays en nous ignorant." Hamid Karzaï est orfèvre dans l'art d'offrir des postes pour acheter les loyautés. Mais il aura affaire à un camp qui exigera autre chose que des strapontins d'apparat.

La communauté internationale pousse ardemment en ce sens. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, était à Kaboul, lundi 2 et mardi 3 novembre, pour convaincre MM. Karzaï et Abdullah de cicatriser les plaies de la campagne. Derrière lui, les Américains s'activent beaucoup pour recadrer un Hamid Karzaï qu'ils jugent responsable de l'émiettement du paysage politique. La relation entre le président afghan et l'administration Obama a été exécrable depuis le début de l'année.

Politique de la main tendue

A Washington, la corruption du régime de Kaboul est analysée comme un des principaux aliments de l'insurrection. Maintenant que l'hypothèque électorale est levée, l'heure est aux félicitations. Mais M. Obama a averti qu'il jugera sur les "actes" et non pas sur "les paroles". Les Américains attendent que son prochain gouvernement inclût des ministres honnêtes et compétents. Au-delà, ils escomptent surtout des "réformes internes". L'idée d'affaiblir les pouvoirs de la présidence au profit du Parlement, afin de rendre le régime plus représentatif, est dans l'air. M. Karzaï l'acceptera-t-il ?

Enfin, le président reconduit sera attendu sur le terrain de la "réconciliation nationale". Cette formule désigne la main tendue à une insurrection composite dont les résistants fournissent le gros des troupes. M. Karzaï prend l'affaire très à coeur car elle touche sa région d'origine, le Sud pachtoune.

Durant la campagne, il a annoncé qu'il ferait des gestes aussitôt après son élection. Cette politique de la main tendue comprend deux volets de nature différente : la "réintégration" des résistants locaux, qui implique la mobilisation de moyens financiers pour permettre leur réinsertion dans la vie civile ; le " dialogue politique" avec l'état-major des résistants, basé à Quetta (Pakistan). "La réintégration de certains résistants locaux peut aller assez vite, prévoit un diplomate étranger. Mais le dialogue politique sera un processus autrement plus lent." Les obstacles à ce dialogue sont nombreux : réticences des résistants à négocier dans l'état actuel du rapport des forces militaires, exigence du départ des troupes étrangères. Le débat, en tous les cas, va être lancé au plus haut niveau.

3/11

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/11/03/l...


1-2 D.B. Grady : L’ange gardien de son frère.
Mercredi, le New York Times a rapporté que Ahmed Wali Karzaï, le frère du président afghan Hamid Karzaï, est employé par la CIA. Tandis que les explications ne sont pas formellement condamnables (la CIA et les Forces d’Opérations Spéciales US lui louent une enceinte et l’utilisent souvent comme intermédiaire pour communiquer avec les Résistant), on sait très bien comment cette information sera perçue dans la région. Les théories selon lesquelles l’Afghanistan est un Etat fantoche de l’Occident sont confirmées. Cela appuie les rumeurs disant que les intérêts d’Hamid Karzaï sont entre les mains de l’hégémonie américaine. Et, cela aggrave la « crise de confiance » que connaît le peuple afghan envers son gouvernement, comme le décrit le Général Stanley McChrystal dans son Appréciation Initiale de Commandement. Selon toutes les indications, c’est une catastrophe pour l’administration Karzaï. Et cela a été dévoilé une semaine avant le deuxième tour forcé (par les Etats-Unis) de l’élection présidentielle.

Ahmed Karzaï n’est pas un simple gouverneur-copain d’un Etat qui s’enfonce dans une guerre de plus en plus terrible. Il est la cheville ouvrière de l’opium en Afghanistan, le Pablo Escobar de l’Hindu Kuch. Selon le Général McChrystal, cette guerre ne peut pas être gagnée tant que le commerce illicite de l’opium reste sans entraves. L’ISAF [la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité en Afghanistan] a passé huit années à incendier les champs de pavot de tout un chacun et, pourtant, il semble que Ahmed Karzaï touche des subsides de la CIA et bénéficie » d’un laissez-passer. Un fonctionnaire américain a raconté au New York Times : « Il n’y a aucune preuve de l’implication de Wali Karzaï dans le trafic de drogue, certainement rien qui puisse tenir devant un tribunal ». Ne manquait qu’un clin d’œil et un sourire complice.

Lorsque le Sénateur John Kerry a annoncé un deuxième tour inattendu entre Hamid Karzaï et Abdullah Abdullah, on a parfaitement compris que Karzaï était sur la sellette. Il est exact que les élections d’août dernier ont été entachées de violence, de corruption et d’irrégularités électorales, mais tous ceux qui peuvent localiser l’Afghanistan sur une carte s’y attendaient. Vu la récente montée en flèche de la violence, vu les pertes étasuniennes croissantes et les forces résistantes qui s’enhardissent, y a-t-il la moindre raison de croire que les choses iront mieux en novembre ?

Avant que ne soient révélés les liens entre Ahmed Karzaï et la CIA, cette élection semblait être un risque inutile pour les soldats américains chargés d’apporter la sécurité et la couverture politique à un président vacillant. Il apparaît à présent que c’est une méthode calculée pour entreprendre un coup d’Etat sans verser de sang.

En 1963, Ngo Dinh Diem était au pouvoir depuis neuf ans au Sud Vietnam.

L’administration Kennedy en avait hérité d’Eisenhower.

L’ancien Secrétaire d’Etat John Dulles disait que Diem était « le meilleur à leur disposition ». Le leadership de Diem était ténu, ses réussites étaient encensées au-delà de leurs mérites, et ses échecs étaient de dimension épique. Cependant, au final, c’est son frère qui causa sa perte. L’administration Kennedy autorisera la CIA a monter un coup qui trouvera Diem et son frère à l’arrière d’un véhicule blindé de transport de troupes et du côté opérant de fusils semi-automatiques.

Comme l’Agence a évolué ! Ces derniers temps, ils révèlent le nom de certains alliés soigneusement entretenus pour être des larbins des Etats-Unis et truquer les élections, mais qui sont devenus indésirables.

En dévoilant ce lien entre la CIA et la famille Karzaï, les Etats-Unis ont tacitement donné le feu vert à un changement de régime en Afghanistan. Si Karzaï est chassé du pouvoir par Abdullah Abdullah, l’administration Obama pourrait revendiquer avoir fait table rase – un nouveau général, un nouveau plan et une nouvelle diplomatie avec un nouveau gouvernement. Dans un sens, c’est une bonne nouvelle pour ceux qui soutiennent le plan de McChrystal. Mais si Karzaï survit à ce deuxième tour, celui-ci serait bien avisé d’éloigner son bureau des fenêtres et de ne pas s’attendre à beaucoup de latitude de la part des Etats-Unis.

D.B. Grady

The Atlantic, publié le 1er novembre
article original : "His Brother's Keeper"
http://politics.theatlantic.com/2009/10/his_brothers_keep...
Traduit de l'anglais par [JFG-QuestionsCritiques]

http://questionscritiques.free.fr/edito/Atlantic/Karzai_C...


1-3 Jean-pierre Perri : Hamid Karzaï reste roi en Afghanistan.

Nb : Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

Analyse

Même délégitimé par sa réélection frauduleuse, le Président est au centre du jeu politique. 

C’est le grand bal des perdants.

Avec un président affaibli par une interminable mascarade électorale, des alliés occidentaux qui l’accablent mais n’ont d’autre solution que de lui donner une nouvelle légitimité, une présidence américaine incapable de se décider rapidement sur la stratégie militaire à suivre. Avec aussi, dans la coulisse, les résistants qui, eux, comptent tous les faux pas.

Affaibli, Hamid Karzaï l’est à l’évidence : à cause de la fraude massive à la présidentielle du 20 août. A cause aussi de la faible participation, de l’ordre de 30%. Au bout du compte, il n’aura été choisi que par 13 ou 14% des électeurs. S’ajoutent les sévères admonestations de la Maison Blanche à son encontre. Mais est-il autant amoindri qu’il le paraît ?

«Un homme brisé». ?

Deux hypothèses s’opposent. L’une le décrit comme un homme qui a mordu la poussière et devra composer pour garder le pouvoir. L’autre souligne, au contraire, qu’il a résisté aux pressions américaines, refusé de former un gouvernement de coalition avec son principal adversaire, Abdullah Abdullah - une solution qui a la préférence de Washington -, et qu’il pourrait dès lors encore donner du fil à retordre à ses alliés occidentaux. «Je ne vois pas où est la victoire de Karzaï», insiste Homayoun Chah Assefy, cousin du défunt roi Zaher, qui était le numéro 2 sur le «ticket» présidentiel d’Abdullah Abdullah. «Même sa réélection est illégale : selon la Constitution, la Commission électorale n’avait aucune légitimité pour valider son élection, seule la Cour suprême le pouvait.»«A présent, Karzaï est un homme brisé. Les Etats-Unis et leurs alliés ont voulu le punir, la campagne contre lui a d’ailleurs été orchestrée là-bas comme le montrent bien toutes ses révélations publiées dans le New York Times [qui a récemment présenté son frère, Ahmed Wali, comme un trafiquant de drogue et un agent de la CIA, ndlr]. Mais en même temps, les Occidentaux le voulaient comme président. Ils lui ont donc tout reproché afin de l’affaiblir et lui imposer leurs conditions», ajoute-t-il. D’où cette analyse : «Il va être contraint de changer, d’ouvrir son cabinet, de se débarrasser des seigneurs de guerre [qui ont tous soutenu sa candidature] et de sa clientèle la plus corrompue. La communauté internationale veut ce changement et il n’y a aucune raison qu’il ne s’y plie pas. Sinon, je ne le vois pas terminer son mandat.»

Potentats locaux.

Une autre analyse est possible. Celle qui voit Karkaï continuer d’ignorer les injonctions de Washington de changer de cap, de mettre fin à sa gestion de chef tribal, avec la corruption et le népotisme qui vont de pair. Car, même humilié, il reste au centre du jeu afghan. Et celui-ci ne se déroule jamais comment les chancelleries occidentales l’imaginent. D’abord, dans un pays soumis à la guerre depuis trente ans et où la démocratie balbutie, les élections ne sont pas si importantes - elles le sont davantage pour les Occidentaux qui en ont besoin pour justifier leur présence militaire. De plus, dans le contexte afghan, où les renversements d’alliance sont permanents, nombre de potentats locaux, de leaders tribaux, de chefs petits et grands vont chercher à se rapprocher «On a touché le fond. Il faut qu’on remonte. Pendant trois mois, je vais me taire», indique justement Homayoun Assefy, l’allié d’Abdullah. Ce dernier va donc peiner pour réunir une coalition d’opposants. Dans cette hypothèse, ce sera à Washington et ses alliés de prendre le chemin de Damas et de tendre la main à Karzaï. Une route difficile : les relations entre les présidents afghan et américain sont si mauvaises qu’ils ne se parlent pas au téléphone. «Fin août, lorsque Richard Holbrooke [l’émissaire américain pour l’Afghanistan et le Pakistan] est venu à Kaboul, Karzaï l’a fait attendre quatre jours avant de le recevoir. Il l’a convoqué un soir alors que celui-ci présidait un dîner dans une ambassade», raconte Shahir Zahine, directeur du réseau de radios Kilid. Dès lors, c’est plutôt Obama qui fera le premier pas, selon lui. Il estime déjà que les deux présidents se sont «réconciliés».

Jean-pierre Perrin

16/11

http://www.liberation.fr/monde/0101602912-hamid-karzai-re...

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n°302 - dossiers de l'Afghanistan - 26-11 : - (suite) - : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.

n°302 -  dossiers de l'Afghanistan - 26-11 : - (suite) - : La spirale vietnamienne de l'Afghanistan.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°302 du 26-11

                       C.De Broeder & M.Lemaire



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Sommaire :  

Tiré à part :

Le prix Nobel de la paix, Barak Obama, envoie 35 000 soldats supplémentaires pour faire la guerre en Afghanistan !

1 Dossiers (suite)

1-9 Jean-Michel Vernochet : Le piège Afghan.

1-10 La "spirale vietnamienne" de l'Afghanistan. .

1-11 Guimond : La signification du « changement d’allure » de l’Europe en Afghanistan.

1-12 Les 'Special Ops' proposent un programme d'assassinat des 'ennemis d'Etat'.

1-13 Guantanamo : Les dossiers

1 Spotless Mind : Le secret de Guantanamo.

2 Craig Murray, ancien ambassadeur britannique : la CIA envoie des personnes se faire torturer en Ouzbékistan.

3 Ruhal Ahme, un enfant de 9 ans torturé à Guantanamo.

4 Mauricio Duenas : Torture à la musique: des musiciens indignés.



1-9 Jean-Michel Vernochet : Le piège Afghan.

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information
Alors que la corruption du gouvernement Karzaï s’étale sur la place publique et que la communauté occidentaliste avalise des élections qui sont une honte pour la Communauté internationale, l’Afghanistan s’enfonce sans complexe, dans son rôle de premier narco-état planétaire.

Une chose est certaine : si l’Otan semble découvrir aujourd’hui – et bien tardivement – le “problème”, la prodigieuse production d’opiacé et de ses “produits dérivés” tels l’héroïne ne servent pas seulement à enrichir la clique mafieuse au pouvoir à Kaboul, ni à financer les “covert actions” de la CIA à travers le monde. Non, en sous-main c’est à une nouvelle Guerre de l’opium à laquelle nous assistons dirigée principalement contre l‘lIran qui doit faire face à ce double fléau que sont d’une part la criminalité liée à un trafic intensif de la drogue à travers son territoire, de l’autre à la surconsommation des drogues afghanes par des populations iraniennes fragilisées par la crise sociale et économique...

Celle-ci étant largement accentuée par le blocus financier et économique auquel l’Iran est soumis de la part des États-Unis. Enfin, last but not least, la diffusion extensive de la drogue afghane vise également certaines couches particulièrement vulnérables de la population russe. Une guerre qui ne dit pas son nom et pourtant une guerre bien réelle.  

Au moment même où le pays se ré-embrase et qu’éclatent de dures émeutes à Kaboul, les Américains se désengagent du piège afghan. Les Européens en alliés fidèles prennent le relais sous couvert de l’Otan. 
 Pour les États-Unis rien ne va plus.

Chaque jour qui passe en Irak, mais aussi maintenant en Afghanistan, les résistants, termes politiquement corrects désignant les résistances nationalistes et islamistes, font de la vie quotidienne des GI’s un enfer. Tout comme pour les Français des forces spéciales sous commandement américain, qui viennent de perdre deux des leurs.
Cinq ans après la conquête afghane, les armes ne se sont pas encore tues. Au contraire le pays s’embrase et le piège afghan se referme sur un Occident qui n’a pas su tirer les enseignements de la défaite soviétique de 1989.
 À telle enseigne que les grands médias semblent oublier un conflit qui tourne au cauchemar en Irak et une coalition qui se délite. L’Italie de Romano Prodi retire ses troupes et un Tony Blair en fin de parcours se prépare à faire de même. Quant au Pentagone, il ne cache plus sa hâte de remettre les clefs de Bagdad aux seules forces irakiennes.  
 En Afghanistan, les Américains, qui subissent certes moins de pertes mais n’en connaissent pas moins de cuisants revers, allègent de 3500 hommes les troupes de « Liberté immuable », Enduring Freedom, qui en comptaient jusqu’ici 19000.
Reflux ou redéploiement en prévision d’une prochaine échéance iranienne ? En tout cas, Washington se déleste du fardeau afghan sur les bras de ses alliés. Ceux-ci accroissent en conséquence leurs contingents afin de boucher les trous et de renforcer un dispositif qui peine à maintenir un semblant de stabilité dans un pays où les combats s’intensifiant, la vraie guerre refait surface. 
 Cinq ans après la victoire écrasante des forces américaines sur les Résistants, à coups de bombardements massifs, le bilan de l’occupation s’avère au final désastreux. Non seulement les Résistants, dans lesquels l’Occident voyait une armée de gueux en haillons (des va-nu-pieds cachés dans des trous creusés à flanc de montagne que les stratèges en communication de Washington désignaient comme les super bunkers de Tora Bora), ne se sont pas soumis, mais plus encore, ils montent aujourd’hui dans tout le pays à l’assaut des réduits occidentaux. Plus seulement au Sud, dans la région de Kandahar, siège du pouvoir taleb et de Mollah Omar, mais un peu partout dans un pays revenu au tribalisme d’antan et au règne des petits chefs locaux.
 Un bilan lourd et des chiffres accablants qui en disent long sur l’incapacité des forces américaines à reformater les montagnards afghans aux normes de la world society. Les femmes qu’ils étaient venu libérer de leur burka et du joug d’un patriarcat archaïque, sont plus que jamais ensevelies sous leur drap céruléen.

Quant aux Résistants, le président Hamid Karzaï, élu en 2004, s’est employé à tenter un rapprochement avec le Mollah Omar en amnistiant 600 dirigeants de l’ex-régime islamique dont quelques-uns siègent à présent au Parlement aux côtés de seigneurs de guerre reconvertis en d’actifs narcotrafiquants.
 Rien n’a vraiment changé dans un pays en guerre perpétuelle depuis 1979 qui n’a connu d’accalmie que durant le bref épisode de la dictature islamique, qui avait quelque temps mis fin à l’insécurité générale. Un pouvoir rétrograde certes mais qui était malgré tout parvenu, peu avant sa chute, à faire taire les armes et à réduire, sous la pression internationale, la production annuelle d’opium à seulement 180 tonnes ! A contrario, 2005 a vu la barre des 4600 tonnes être franchie. L’Afghanistan, occupé par l’Amérique et l’Otan, est ainsi devenu le premier narco-État de la planète fournissant 87% de l’héroïne mondiale, soit une valeur d’exportation estimée en 2005 à 2,7 milliards de dollars. 
 Comment dans ces conditions ne pas parler d’un fiasco général, de Bagdad à Kaboul, de la politique de la Maison-Blanche ?

Cinq ans après une victoire qui paraissait décisive, les Résistants dirigés par le borgne Mollah Omar et l’unijambiste Dadullah, l’actuel chef militaire des résistantsdont la coalition annonce périodiquement la capture, défient plus que jamais la toute-puissance américaine.
 Des forces américaines qui se trouvent confrontées depuis un an à une contre-offensive de plus en plus calquée sur la guerre irakienne de résistance et de harcèlement du conflit afghan caractérisé. La multiplication des attentats suicides, étranger à la culture afghane, tout comme les primes offertes pour l’assassinat des collaborateurs (250 dollars pour un fonctionnaire afghan et 1700 $ pour un étranger) créent un climat asphyxiant d’insécurité générale.
 Les unités occidentales et locales sont exposées comme en Irak aux bombes artisanales déclenchées à distance grâce à tous les gadgets issus de la société de consommation : minuteurs de cuisinière électrique, programmateurs de machine à laver, boîtiers infrarouge pour ouverture de porte, télécommandes de jouets, téléphones portables… Et les dispositifs de brouillages contre les mise à feu à distance restent inopérants face à l’ingéniosité des résistantsqui, via internet et sur CD, se transmettent d’Irak en Afghanistan leurs dernières astuces et tout leur savoir-faire. Dans son dernier rapport, en août 2005, l’Onu recensait de mai 2004 à mai 2005, une augmentation de 50% du nombre des attentats et le doublement de leur efficacité en terme des pertes humaines. Pour qui en douterait encore, l’irakisation du conflit afghan est bien en cours et ce nouveau second front marque peut-être un vrai double enlisement.
 Ces derniers jours, la communauté internationale assiste consternée à une recrudescence des combats (300 morts en quelques jours dont de nombreux civils victimes de bombardements coalisés) qui opposent des groupes de plus en plus importants de combattants afghans : au-delà de la centaine contre quelques dizaines auparavant. Attaques dont le nombre progresse régulièrement pour dépasser 200 par mois. L’émeute couve à Kaboul où les forces coalisées tirent sur la foule…
 Si en raison même de son insuccès en Irak et en Afghanistan, la Maison-Blanche choisissait une logique de fuite en avant - qui la conduirait vers une possible confrontation militaire avec l’Iran - il faut à présent admettre que volens nolens, l’Europe se trouve elle aussi engagée, à la suite des É-U, dans le piège afghan. Sachant que la continuité linguistique, culturelle de l’Afghanistan à l’Iran sont des données réelles, la question cruciale se pose finalement de savoir quelles pourraient être les conséquences d’une extension à l’Iran de deux conflits qui sont aujourd’hui deux ratages et surtout, à tout point de vue, deux coûteux enlisements.  
 Afghanistan : chassé-croisé Europe-Amérique
 Les 8300 soldats originaires de 37 pays de la Force internationale d’assistance à la sécurité, FIAS, sous commandement Otan, doivent être doublés dans les mois à venir afin de suppléer aux retraits progressif de contingents américains. 900 français dont 200 commandos des Forces spéciales, cantonnées à Spin Boldak. ne sont équipés que de moyens légers : pas d’hélicoptères et une faible puissance de feu. Intégrées au dispositif américain, les forces spéciales françaises bénéficient toutefois de son soutien logistique. Les Français disposent de l’appui aérien de trois Mirage 2000D basés à Douchambé au Tadjikistan.
 La FIAS est créée le 20 décembre 2001 par la Résolution 1386 du Conseil de Sécurité des NU. Le 11 août 2003, elle passe sous commandement de l’Otan, laquelle décide le 8 décembre 2005, de « rehausser le niveau de son soutien en faveur de la paix et de la sécurité en Afghanistan ». Traduit du langage diplomatique, cela signifie que l’Europe et le Canada s’engagent directement, aux côtés des É-U dans un conflit de longue durée dont nul ne peut prévoir l’issue compte tenu de son actuelle évolution. L’opération Liberté Immuable implique 22 000 GI’s (moins 3 500 dans les prochaines semaines), 3 500 Anglais et 2300 Canadiens.

Officiellement 25 ??? soldats américains ont trouvé la mort depuis janvier 2006, qui sera l’année du désengagement américain d’Afghanistan, l’Otan devant prendre la relève : autant dire que les Européens reprennent à leur compte cette guerre américaine.
 La Fias/Otan, chacun des 26 pays de l’Otan sont représentés : Allemagne :
2 200 ; Italie : 1 200 ; Pays-Bas : 1 400 ; France : 900 ; Royaume-Uni : 700 ; Espagne : 600.
 France, Australie et É-U, entretiennent également des forces spéciales. La fusion prochaine de l’opération Liberté Immuable et de la Fias/Otan est désormais à l’ordre du jour.

 Source
http://www.geopolintel.fr/article165.html

Jean-Michel Vernochet 

Mardi 17 Novembre 2009

http://www.alterinfo.net/LE-PIEGE-AFGHAN_a39335.html


1-10 La "spirale vietnamienne" de l'Afghanistan. .

Enfermée dans ses immenses bases, l'armée américaine ne peut gagner la guerre en continuant à la mener à distance.

Sa culture, fondée sur la puissance du feu, s'oppose à celle des soldats afghans, féodale et mystique.

C'est le constat dressé par Michel Goya, directeur d'études à l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire.

De retour de Kaboul, Michel Goya, directeur d'études sur les nouveaux conflits, livre ses "impressions" dans la première livraison de la lettre de l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (IRSEM), nouvellement créé. Elles sont riches d'enseignements sur le fossé culturel entre l'US Army et l'Armée nationale afghane (ANA). Et, de fait, sur le sort de la guerre.

Ecrans plats et produits made in USA

Cet officier, historien de formation, était invité par l'opération Epidote (qui forme les officiers afghans), afin de prononcer des conférences au profit des équivalents afghans du Collège interarmées de defense (CID) et du Centre des hautes études militaires (CHEM). Il décrit la façon dont beaucoup d'Américains vivent la guerre, à l'abri dans leurs bases, véritables "oasis de prospérité", avec écrans plats et produits made in USA surabondants. Les Afghans y sont absents, "sauf pour [les] nettoyer", écrit-il.

Pis: leur manière d'opérer à distance s'oppose à la culture guerrière afghane, féodale et mystique. Des méthodes guère différentes de celles employées lors de la guerre du Vietnam. Les Américains compensent la "médiocrité tactique" de leur infanterie par une puissance de feu écrasante, notamment aérienne. Résultat: celle-ci "transforme en héros ceux qui s'opposent à elle, en martyr ceux qui en sont les victimes et en vengeurs les proches de ces martyrs." C'est précisément cette "spirale vietnamienne" que le général Stanley McChrystal, le commandant en chef des forces de l'Otan en Afghanistan, veut enrayer, car elle est "incontestablement perdante à terme", souligne Goya. Un combat que le général américain doit mener contre la culture de sa propre armée.

L'historien s'intéresse - c'est inédit - à ce que pensent les officiers afghans. Leur vision n'est guère encourageante. Tant qu'elle sera au service d'une politique corrompue, leur action militaire ne peut que l'être elle-même, estiment-ils. Quant aux contingents occidentaux, ils les voient comme des "corps étrangers" qui se barricadent dans leurs bases et se relaient sans cesse. Bref, la greffe ne prend pas.

Les généraux afghans sont notamment "sidérés" par le décalage entre les dépenses de l'Otan et la faiblesse du traitement des militaires. Exemple: une mission moyenne, sans tir, d'un chasseur-bombardier équivaut presque à la solde d'un bataillon afghan... Selon Goya, il suffirait probablement de doubler cette somme pour diminuer l'important taux de désertion dans les rangs de l'armée afghane (12% chez les sous-officiers et 34% chez les militaires du rang) et d'attirer les mercenaires du bon côté. Ce qui couterait 200 à 300 millions de dollars par an, alors que les Américains en dépensent près d'un milliard par semaine ! "Mais il est vrai, écrit-il, que personne ne demande vraiment leur avis aux officiers afghans."